LES EDIFICES DE LA RENAISSANCE
à moins quelle ne soit due à Infrangipani et a ses disciples, comme celle du palais du Podestà ; Francesco de Dozza, qui construisit, outre le gros œuvre du palais du Podesta (fig. 508), le campanile de San Petronio, etc. Cependant, il faut mettre au même rang que ces artistes étrangers les constructeurs et les architectes bolonais qui s'inspirèrent de Lorenzo di Bagnomarino, d'Antonio di Vincenzo, de Fieravante Fieravanti, et le fils de ce dernier, Rodolfo, dit " Aristote ", esprit des plus original, tour à tour artiste, ingénieur, mécanicien; il mériterait depuis longtemps une monographie capable de mettre en lumière ses talents universels. En effet, aidé de Bertola (de Novate), d'Aguzio (de Crémone) et de plusieurs autres, il contribua largement aux progrès des problèmes hydrauliques dont on attribue en général la découverte à Léonard. Il consolida un campanile à Venise, en déplaça un à Bologne, d'une distance de trente-cinq pieds, éleva des forteresses, des maisons, et enfin travailla au Kremlin, à Moscou, où il mourut à soixante-dix ans, en 1486. Andréa Marchesi (1515-1530), appelé le Formigine, du lieu de sa naissance, chef d'une famille d'artistes, et d'un grand atelier où l'on travaillait, outre le marbre, le bois et les cadres destinés aux tableaux de Francia et de ses élevés, était un délicieux sculpteur ornemaniste, qui fit preuve d'une singulière et robuste>originalité dans la construction du portique de San Bartolomeo (1515), du palais
Fantuzzi (1517-1522) et du palais
Ml • f> Fig. 5ii. — Bologne. — Palais
alvezzi-Uampeggi, terminr par son F
fils vers le milieu du XVIe siècle. (Cliché AUnarï.)
LE NORD DE L'ITALIE
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'Il, 1.' Lj . . 1 1
5 12. — Parme. — Madone de la Steccaïa.
. (Cliché Alinari.)
Si aucune autre ville de T Emilie ne peut rivaliser avec Bologne pour le nombre des édifices de la Renaissance, toutes cependant en possèdent quelques échantillons remarquables.
Nous avons déjà parlé de Ferrare et d'autres cités de moindre importance. A Modène, on vanle l'église de San Pietro, rebâtie en 1476 par Pietro Barabani (de Carpi) ; à Reggio,
l'ancienne maison des Manfredi, aujourd'hui Rocca-Saporiti, due peut-être à Bartolomeo Spani ; Parme s'enorgueillit de ces merveilles d'élégance robuste, l'intérieur de Saint-Jean-1'Evangéliste (1510; fig. 509) et la Madonna délia Steccata (1521 ; fig. 512), œuvres de Bernardino Zaccagni (de Torchiara) ; Plaisance enfin possède les églises non moins belles de San Sisto (1499-1511; fig. 513) et de Santa Maria di Campagna (1522; fig. 515), construites par Alessio Tramello, qui s'y est inspiré des formes de Bramante.
On voit que, pendant cette heureuse époque, tout centre important de l'Emilie eut ses architectes, dignes d'une renommée qui ne leur a point encore été accordée. Il n'en est pas ainsi de la sculpture, car il est avéré que presque toutes les œuvres sont dues à des étrangers. Nous avons déjà vu des tailleurs de pierre vénitiens à Bologne et à Ravenne, et partout des Lombards et des Toscans.
Niccolô dall' Arca, quoique Esclavon d'origine, appartient à l'art de l'Emilie, où il passa presque toute sa vie ; à côté de certains caractères exotiques, ses œuvres empruntent d'autres traits aux sculpteurs
Fig. 5ï3. — Plaisance. — San Sisto.
(Cliché Alinari.)
NICCOLO DALV ARCA
FlG. 5l4- — NlCCOLÔ DALL' ARCA. PlETA.
(Bologne, Église de la Vila.) (Cliché Dell' Emilia.)
qui 1 avaient précédé à Bologne, et aux deux robustes peintres ferrarais, Cosimo Tura et Francesco del Cossa. Les ornementations des tableaux de Cosimo au Musée de Berlin et celles de la fresque de Cossa au Baraccano de Bologne, les plis larges et profonds des vêtements dans la peinture à la détrempe du même Cossa à la Pinacothèque de Bologne, présentent des affinités évidentes, indiscutables, avec les sculptures de Niccolô dall' Arca ; celui-ci, d'autre part, plus jeune que les deux peintres, travaillait comme eux à Bologne, pendant les mêmes années, et n'a pu rester insensible à leur manière puissante, qui Ta invinciblement attiré. Quoi qu'il en soit, énergique jusqu'à la violence dans l'expression et dans le geste des Maries " qui se désolent autour du Christ mort (1463), semblables aux pleureuses des funérailles du temps, dont il avait fallu prévenir les excès par des ordonnances (fig. 5 1 4) ; solennel et recueilli dans sa Madone du Palazzo Publico (1478; fig. 516), il a su, dans la grande cimaise du tombeau de San Domenico ( 1 469- 1 473 ; fig. 51 7), atteindre une grâce peu commune. Après tous ces travaux et quelques autres, il
mourut en 1494 en déplorant que tant d'efforts ne l'eussent pas empêché de finir dans la misère.
Ses Maries de
l'église délia Vita " sont, sauf erreur, les premières grandes statues de terre cuite qui apparurent en Emilie. Le tombeau des Van, par Jacopo délia Quercia, n'a que des basreliefs et de petites statues symboliques ; il n'a pas
Fig. 5i5. — Plaisance. Santa Maria ni Campagna.
(Cliché Mi ii a ri.)