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CARACTERE ARCHITECTURAL DE BOLOGNE

Novare), s'embellit de magnificences nouvelles (fig. 505) ; on vit

s'élever ce fameux Castel Tedaldo, chanté par l'Arioste, et que

Clément VIII fit abattre.

Bologne est adossée aux collines qui regardent le Nord, en bordure

de l'immense vallée du Pô ; cette situation l'expose à d'énormes

chutes de neige, et elle lui a valu son plus singulier caractère architectural : toutes ou presque toutes les rues y sont flanquées de portiques, déjà très développés au XIIIe siècle, comme le prouvent les maisons Isolam (fig. 506), Grassi, etc.

Soutenus d'abord par des poutres de bois, appuyés sur des bases de sélénite, ils protègent généralement un étage de la maison et en soutiennent un autre. A mesure que le bien-être s'accrut et que l'art se développa, ces portiques prirent des formes plus grandioses et plus belles ; les piliers de bois furent remplacés par la pierre et la brique ; les chapiteaux de marbre

Fig. 5o6. — Bologne. — Maison

Isolani.

(Cliché Dell' Emilia.)

furent plus ouvragés ; les ornementations en terre cuite s'épanouirent le long des corniches, autour des arcades et des fenêtres. Et toutes ces colonnes, ces voûtes, ces arcades, tantôt alignées en bordure des rues qu'elles rendent semblables à des nefs de basilique, tantôt courbées comme des rangées d'arbres le long des canaux, tantôt obscures à côté de places ensoleillées, ou éclairées en face de coins sombres, arrivent à créer des replis et des oppositions de lignes, des jeux de lumière qui n'ont pas peu influencé sur le développement de la grande école bolonaise de

ric,. 507. — Bologne. — Palais

Bevu vcqua.

(Cliché Dell* Emilia.)

Fig. 5o8.

Bologne. — Palais du Podesta.

(Cliché AlinarL)

LE NORD DE L'ITALIE -

perspective et de décoration, florissante pendant plus de trois siècles, depuis le théoricien et architecte Sebastiano Serlio.

La première Renaissance bolonaise correspond aux seigneuries de Santé et de Giovanni II Bentivoglio, de 1455 à 1506; il n'est pas exagéré de dire que cent édifices au moins, grands ou petits et de valeur diverse, subsistent encore de cette époque à Bologne. Malheureusement le palais qui pouvait donner une idée de la splendeur de cette cour, et dont on disait qu'il était le plus bel édifice civil de l'Italie ", fut détruit par la fureur populaire, secrètement excitée par Jules II. Œuvre de Pagno di Lapo Portigiani (de Fiesole), dont on admire encore le palais Isolani (1451-1455), il a servi de modèle à de nombreuses constructions contemporaines. Une foule d'artistes bolonais et toscans coopérèrent à cet édifice, surtout Marsilio Infrangipani d'Altomena (Pontassieve) et Tommaso Filippi da Varignana, qu'on retrouve associés pour d'autres entreprises. Les sculptures de la façade sont attribuées a Francesco di Simone Ferrucci (fig. 507), auteur du monument Tartagm et de nombreuses œuvres disséminées

en Romagne. Comme dans toutes les grandes villes d'Italie, les artistes étrangers affluaient aussi à Bologne : outre ceux que nous avons déjà cités, nous y trouvons le Mantouan Sperandio, qui a dessiné le sommet du campanile de San Petronio et sculpté la décoration du tombeau d'Alexandre V, peut-être aussi celle de la façade du Corpus Domini (fig. 510),

Fig. 5oy. — Parme.

Saint-Jean-l'Évangéliste.

(Cliché Alinari.)

Fig. 5io. — Bologne. — Porte

i>k l'Eglise du Corpus Domini.

[Cliché Dell' Emilia.)

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