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LES SCULPTEURS EN TERRE CUITE

Fig. 5i8. — Guido Mazzoni. — Pieta.

(Modène, Église San Giovanni.)

(Cliché Alinari.)

de sculpteurs en terre cuite. On admire les ornements modelés par Andréa Camillo et Paolo Bisogni, mais bien plus encore les belles statues d'Antonio Begarelli (1498-1565), souvent disposées en groupes picturaux, dune expression si suave quelles ressemblent à des créatures du Corrège, traduites en terre cuite (fig. 520). Il est sûr du reste que Begarelli connut le grand peintre à Parme, où il laissa des statues très élégantes à San Giovanni Evangelista.

Mais qui racontera l'histoire des sculpteurs en terre cuite de Modène ?

Leur fortune dura plus longtemps qu'on ne croit.

En 1 573, les moines de San Vitale (de Ravenne) commandèrent à Modène une série de chérubins en terre cuite pour décorer une corniche, ce qui fait supposer que plusieurs terres cuites ornementales, dispersées en Emilie, et qu'on croyait bolonaises, pourraient bien être de Modène. Quoi qu'il en soit, Bologne produisit peut-être la plus riche série d'œuvres de ce genre ; de plus, grâce aux solides matériaux employés dans leur fabrication, ces terres cuites résistaient aux grandes gelées qui détruisaient les ornementations sculptées dans les grès du pays, mous et friables.

La corporation des maîtres bolonais possédait de grands fours, où, dans des moules de bois ^t plus tard de métal, on imprimait et on cuisait des briques capricieusement ornées (fig. 519). Pour les corniches et les autres décorations, on disposait ces briques de diverses manières, et on arrivait ainsi à des effets variés. Les premières terres cuites " font leur apparition au XIIIe siècle, les dernières au XVIe, Les amateurs du style baroque les trouvèrent trop vulgaires et les

Fig. 5iq. — Terres cuites.

(Bologne. Musée Civique.)

(Cliché Dell' Emilia.)

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 520. — Â. Begarelli.

Madone avec l'Enfant

et Saint Jean.

(Modè)ic, Musée Civique.)

(Cliché Ali na ri.)

supprimèrent, en les remplaçant par des feuillages, des enfants dodus de plâtre ou de stuc ; ils sont déjà détériorés pour la plupart, tandis que les terres cuites restent, après des siècles, plus solides que le marbre.

Vincenzo Onofrio et Alfonso Lombardi (1497-1537), de son vrai nom, Cittadella, originaire non de Ferrare, mais de Lucques, suivirent l'exemple de Niccolô dall' Arca et de Mazzoni : ils modelèrent en terre glaise de grands reliefs et des statues et les cuisirent au four. Lombardi, dans ses statues, part dune conception picturale et naturaliste, mais il atteint l'effet en disposant ses groupes d'une manière plus serrée et en idéalisant davantage les figures isolées. Parmi ses œuvres les plus appréciées, on range les basreliefs du socle du tombeau de Saint-Dominique, le groupe de la mort de la Madone, à l'Oratorio délia Vita, et la Résurrection du Christ dans la lunette d'une des petites portes de San Petronio

(fig. 522). Il est à remarquer que ce fut pour travailler à ces portes que le Tribolo (1485-1550) vint de Florence à Bologne, où il apportait le style dit romain ", cultivé par les deux Sansovmo et par Michel- Ange.

A Reggio, Bartolomeo Spani, déjà cite (1467-1540?), esprit entreprenant et vigoureux, hésitait entre l'ancienne et la nouvelle méthode. Son neveu, Prospero, dit Clementi, mort très vieux en 1 584, réussit à faire son chemin en suivant avec une sage modération les traces de Michel-Ange. Ses œuvres l'attestent, entre autres les

Fig. 52r. — Alessandro Algardi.

Monument de Léon X.

(Rome. Saint-Pierre.) (Cliché Anderson.)

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