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COSSA A FERRARE ET A BOLOGNE

FlG. 552. — Cosimo Tura.

Annonciation.

(Ferrare, Cathédrale.)

(Cliché Alinari.)

Fig. 553. — Franc, del Cossa.

Travaux féminins.

(Ferrare, Palais Schifanoia.)

(Cliché Anderson.)

tôt des Bentivoglio. On fait remonter à ] 470 l'arrivée de Cossa à Bologne. Quoiqu'il n'eût guère plus de trente ans, il jouissait déjà d'une véritable réputation. Tout jeune, il avait modelé des terres cuites, puis s'était adonné à la peinture et y avait fait des progrès remarquables ; dans le concours pour la décoration du palais Schifanoia, il avait triomphé de tous les autres artistes : on y peut encore voir une paroi entière de sa main ; elle atteste la vigueur et l'heureuse fertilité de son talent (fig. 553).

Malheureusement ses œuvres au palais Bentivoglio de Bologne ont été détruites, en 1 507, avec celles de Costa et de Francia ; celles de la chapelle Garganelli, au Dôme, commencées par Cossa et finies par Roberti, ont eu le même sort. Il reste de lui un tableau au Baraccano,et, à la Pinacothèque, une peinture à la détrempe d'un style large et puissant, mais d'un réalisme si

Fig. 554. — Agnolo et Bart. Krri.

Couronnement de la Vierge.

( Modem'. M usée d'Fstc.) (Cliché Alinari.)

Fig. 555. — Bartolomeo Bonascia.

Pi eta.

(Modène, Musée d'Esté.) (Cliché Alinari.)

LE NORD DE L'ITALIE

rude qu'on a de la peine à la croire sortie des mêmes mains qui ont mis tant de charme gracieux dans les fresques de Schifanoia, dans la prédelle du Vatican et dans ses autres œuvres.

Contrairement à ce que Ton a cru longtemps, Cossa eut bon nombre d'imitateurs. La preuve en est fournie par plusieurs peintures à la détrempe, à San Petronio, à San Giovanni in Monte (de Bologne) et à Modène par les œuvres des Erri et de Bartolomeo Bonascia (1468-1527), auquel on doit la vigoureuse Pietà du palais d'Esté (fig. 555), peinte en 1485. C'est ainsi que la seconde école de Modène tire son origine des artistes ferrarais et de Cossa en particulier. Le fait qu'on découvre dans cette école des éléments dérivés de Pier délia Francesca et de Squarcione ne modifie en rien cette opinion, car ces éléments étaient précisément une des bases constitutives de l'école ferraraise. Tous les documents confirment ce jugement, en montrant les fréquents rapports artistiques entre Modène et Ferrare.

Parmi les diverses familles de peintres modénais de cette période, il faut distinguer celle des Erri, à qui Ton doit le retable du Musée d'Esté (fig. 554) et quelques fresques de l'Abbaye de Nonantola. Le retable fut peint par Agnolo (1449-1465) et par Bartolomeo ; ce dernier vécut plus longtemps et continua les fresques du palais de Borso d'Esté, à Sassuolo. Benedetto (1436-1453) et Pellegrino ( 1 454- 1 497) restèrent fidèles a la même manière, tandis qu'Annibal, un peu plus tard, s'inspira de Costa et de Francia.

Fig.

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