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LES FRESQUES DE LA CHAPELLE GARGANELL

ErcoleRoberti(1440?- 1496), moins rude, moins contourné que Tura et Cossa, possédait autant d'imagination, de noblesse et de vivacité. La ' Pala Portuense " (fig. 556), exécutée en 1 480, l'œuvre la plus importante que nous ayons conservée de lui, avec la prédelle de Dresde, nous porte à croire qui'

Fig. 557. — Ercole Grandi. — Pieta.

(Ferrare, Pinacothèque.) (Cliché Anderson.)

n'y avait rien d'exagéré dans la description magnifique, laissée par Vasari, des fresques, malheureusement détruites, de la chapelle Garganelli, à Bologne. Peintre de la cour de Ferrare, trés> largement rétribué, Roberti était le favori d'Eleonore d'Aragon, du cardinal Hippolyte et du jeune duc Alphonse, qui l'emmena à Rome. En 1 490, on le chargea des grandes décorations pour les noces d'Isabelle d'Esté. Cet artiste, actif et fécond, réussit, dans sa courte vie, à exécuter des œuvres nombreuses, où la maigreur caractéristique des figures accentue leur agitation dramatique ; son influence sur beaucoup de peintres fut considérable, entre autres sur Bernardo Parenzano ou Parentino (Voir p. 100), esprit éclectique, qui se réclamait aussi de Mantegna et de Domenico Morone, sur le Modénais Francesco Bianchi- Ferrari, dit" Frare" (1481-1510), artiste soigneux de l'expression sentimentale, sévère dans le choix de ses modèles, comme le prouve sa Crucifixion, au musée d'Esté (fig. 558), mieux que son Annonciation, terminée par Gian Antonio Scaccien. Lodo-

Fig. 558. — Franc. Bianchi-Ferrari.

Cri gifixion.

(Modène, Musée d'Esté.) (Cliché Alinari.)

Fig. 55q. — Ortolano.

Déposition de Croix.

(Rome, Galerie Borghèse.)

(Cliché Andersoii.)

LE NORD DE L'ITALIE -

vico Mazzoli, dit " Mazzolino " ( 1 478- 1 528 ; fig. 560), ne resta pas insensible a l'exemple de Boccaccino (Voir p. 1 92) ; il produisit une quantité de petits tableaux très soignés, d un beau coloris, très mouvementés, mais avec de fréquentes répétitions et des types souvent grotesques.

Gian Battista Benvenuti, dit " l'Ortolano" ( 1 460 î>- 1 529) parut d abord avoir avec Mazzolino certaines affinités ; par la suite, il manifesta un tempérament bien différent, capable de donner à ses toiles de la grandeur, de l'intensité dramatique et une vraie chaleur de coloris. Sa Dé-

position de Croix, au musée Borghèse (fig. 559), empreinte d'une réelle solennité, est un des tableaux les plus remarquables de l'école ferraraise. Ercole Grandi (1465 > - 1535? ; fig. 557) vécut plus avant dans le XVIe siècle, mais, au point de vue de l'art, il retardait sur ses contemporains et restait quattrocentiste, bien qu'à l'exemple de Costa et de Francia il ait su animer ses tableaux en y répandant plus de lumière.

Avec ces deux derniers peintres s'ouvre, à Bologne, une période artistique nouvelle. Lorenzo Costa (1460-1535) se rendit de Ferrare à Bologne et y prolongea son séjour jusqu'à la chute des Bentivoglio, en 1 506 ; de là il passa à Mantoue, où il prit la place de Maiitegna. Les vieux chroniqueurs ferrarais le désignent comme le maître de Francia ; ceux de Bologne le regardent comme son élève. Mesquines vanités régionales ! La vérité est qu'ils se soutinrent mutuellement, travaillant ensemble de bonne harmonie en

Fig. 56o. — I.on. Mazzolino.

Nativité.

(Florence, Offices.) (Cliché Alinari.)

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