LE GUERCHIN ET SON ACTIVITE
FlG. Ô23. — Crespi, dit
'' lo Spagnuolo ". — Saint Jean
Népomucène confesse la Reine
de Bohême.
(Turin, Pinacothèque.)
(Cliché Anderson.)
La seconde génération, pour ainsi dire, de l'école des Carraches est certainement inférieure, mais elle compte encore plusieurs bons peintres, imitateurs de l'Albane, notamment Carlo Cignani ( 1 628- 1719, artiste élégant, vif et solide (fig. 619). Mais l'art séduisant de Reni attirait un nombre bien plus grand d'élèves, en réaction contre la manière ténébreuse ". Rappelons Simone Contarini de Pesaro (1612- 1648; fig. 620), qui joignait à une grande vivacité d'imagination et de coloris une conception et une exécution rapides. Les critiques qui ont rangé Pier Francesco Cittadini (1626-1693) (de Milan) et Gian Maria Viani (1636-1700) au nombre des élèves du Guide n'ont pas
tenu compte des dates. Cittadini, notamment, ne s'est guère inspiré
des Bolonais ; ses portraits (fig. 62 1 ) prouvent plutôt qu'il était
grand admirateur de Vélasquez.
Dans la suite, l'art retomba peu à peu dans la mollesse, contre
laquelle quelques peintres seulement cherchaient encore à lutter. Giampietro Zanotti Cavazzoni, né à Paris en 1674, du célèbre
acteur comique Giovanni Andréa, poète et historiographe de l'Académie Clémentine, peignait
agréablement ; il mourut
en 1 765. Le plus connu
de ses élevés, Ercole Lelli,
grava, comme nous l'avons
vu, des figures anatomiques.
Le meilleur disciple de
Creti fut Ercole Graziani
le Jeune (1688-1 765), dont
les types et le coloris ne
manquent pas de grâce.
De nombreux peintres
se réclamèrent de Canuti
Fig. 624. —Marc' Antonio Franceschini.
DÉTAIL Dl 1 a DÉCORA l ION
l>r PA] aïs DE Ji STII E. \ l'.oi OGNE
(Cliché Dell' Emilia
LE NORD DE L'ITALIE
et de Cignani ; entre autres le propre fils de ce dernier, Felice (1660- 1724), Luigi Quaini (de Ravenne) (1 643- 1717) et Girolamo Bonesi (1653- 1725). Giuseppe Crespi, dit * le Spagnuolo " ( 1665- 1 747) leur était su-
Fig. 625. - Pannini. - Visite de Charles III érieur jj ^^
a Benoit XIV. H • \7
(Napies, Musée.), (Cliché Brogi.) e* travailla a Ve-
nise ; sa tendance à une élégante modernité (fig. 623), et ses tons argentins enchantèrent Piazzetta; Marc' Antonio Franceschini (1648-1729) fut un des plus habiles décorateurs de son temps. Son chef-d'œuvre, la décoration de la salle du Conseil de Gènes, a disparu dans un incendie, mais il reste de beaux spécimens de son talent à Bologne, au Palais de Justice (fig. 624).
Dans les autres villes de l'Emilie et de la Romagne, les peintres ne formaient plus comme autrefois une phalange serrée. Chacun travaillait pour son propre compte, et la variété des sujets correspondait à celle des tempéraments personnels. On ne peignait plus seulement pour orner des églises et des palais princiers, mais on décorait les maisons bourgeoises, les villas, les sièges des académies, les théâtres, etc. La production augmentait, et les artistes exécutaient des sujets sacrés, ou des tableaux de genre avec des joueurs et des buveurs, des batailles, des chasses, des paysages, des fruits, des natures mortes et une profusion de portraits.
C'est par centaines que ces toiles remplissent aujourd'hui les magasins des
Fig. 626. — Ilario Spolverini.
Portrait d'Ant. Farnèse.
(Xaples, Musée.) (Cliché Losacco )