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RENOMMEE DE L'ACADEMIE DE BOLOGNE

au point qu'il ne trouvait plus d'ouvrage et ne gagnait même pas de quoi apaiser sa faim. Giovanni Lanfranco (de Parme) (1582- 1647; fig. 611) est l'auteur de grandes fresques à Rome et à Naples, peintes avec une technique vigoureuse et une certaine recherche de nouveauté dans la composition. Sisto Rosa, dit Ba-

dalocchio " ( 1 585- 1 647 ; fig. 609), esprit peu inventif, mais bon dessinateur, travailla d'une manière expéditive. Fortunato Gatti ( 1 596- 1651) a laissé des toiles grandioses, qui pèchent par manque de précision dans le dessin. Deux groupes d'artistes, tout en gravitant dans l'orbite bolonaise, se distinguèrent par des qualités personnelles : le premier est celui de Bartolomeo Schedoni (1570-1615; fig. 613) et de Giulio Cesare Amidano (1570?- 1630; fig. 615). Ils firent usage tous deux d'ombres violemment opposées à des teintes rougeàtres claires ; dans leurs tableaux, les vêtements sont à plis amples et profonds, les visages larges, percés d'yeux trop sombres. Le second groupe, celui de Cento, s'enorgueillit du grand nom du Guerchin.

Le fondateur de ce noyau artistique fut Benedetto Gennari l'Ancien (1 575- 1 6 1 0) ; il eut pour élève le jeune Giovanni Francesco Barbieri (1591-1660), dit le " Guerchin " (Guercino), parce qu'il était borgne, qui passa ensuite a l'école de Ludovic Carrache. De bonne heure, le Guerchin conquit l'admiration, puis la célébrité ; il ne possédait pas seulement les qualités de l'artiste, mais aussi celles qui rendent l'homme aimable ; aussi fut-il recherché par les papes et les rois ; la fantasque Christine de Suède lui rendit même visite dans son atelier.

Fig. 620. — Simone da

Pesaro. — Repos en Egypte.

(Milan, Musée de liréra.)

(Cl. 1. 1. d'Arti Grafiche.)

LE NORD DE L'ITALIE

FlG. Ô2I. — P. -F. ClTTADINI.

Portrait d'une Dame avec

son Fils.

(Bologne, Pinacothèque.)

Ardemment épris de liberté, il refusa toute invitation, fût-elle honorable et avantageuse, qui aurait risqué, même pour peu de temps, de le transformer en courtisan. Sa prodigieuse activité est attestée par les livres où son frère Paolo Antonio (1603-1649) inscrivait toutes ses œuvres : on peut apprécier son talent rien qu'à parcourir les musées même d'importance secondaire, et Ton se persuade qu'il ne tardera pas à prendre sa revanche d'un oubli momentané. Les historiens de l'art ont reconnu en lui trois manières :

la première, qui n'est pas toujours correcte, consiste en oppositions violentes d'ombres et de lumières ; les chairs sont molles et paraissent exsangues. L'influence de Michel-Ange de Caravage ne disparaît pas entièrement dans la seconde manière, où persistent les contrastes entre la lumière et l'ombre, mais plus atténués, plus doucement mélangés. Les chairs sont plus roses, plus fines, le dessin plus exact, la composition plus harmonieuse. Cette seconde manière est la meilleure du Guerchin ; elle nous a valu des œuvres admirables de clarté dramatique et de relief plastique (fig. 614 et 618). La manie déplorable de vouloir imiter le coloris si doux du Guide le

conduisit à la troisième manière ; il abandonna son clair-obscur sévère et fort, sans atteindre la distinction et la suavité de Guido Reni.

Parmi ses nombreux élèves, certains l'imitèrent avec une telle servilité qu'il arrive assez souvent à une critique peu attentive d'attribuer au Guerchin les Fig. 622. — Adeodato Malatesta. j .• 'J* - J

T , ,„ productions médiocres de

La Défaite d Ezelino. ^ . ,

(Modène, Musée.) (Cliché Anderson.) Ses disciples.

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