CELEBRES FAMILLES D'ARCHITECTES
de lui (fig. 43), et Ton croit qu'il a
aussi conçu et commencé la délicieuse
floraison de marbre de la façade orientale du Palais des Doges, sur la cour
(fig. 43). Elle fut reconstruite après
l'incendie de 1483, par Rizzo et par
ses collaborateurs, Pietro Lombardi,
Lorenzo Bregno et Antonio Abbondi,
dit le Scarpagnino, architecte de la
Scala d'Oro (l'escalier d'or) du Palais
des Doges, des Fabbriche vecchie, au
Rialto, et de San Giovanni Elemosinario. La réputation de Bartolomeo Buono
et de Guglielmo Grigi est due aux
vieilles Procuraties (fig. 33), résidence
des neuf procurateurs qui, après le
Doge, représentaient à Venise l'autorité
la plus haute. Buono est aussi l'auteur
de la cella du campanile de Saint-Marc
et de l'Ecole de Saint-Roch (fig. 40).
Mais la famille la plus active et la plus illustre de cette période
fut celle des Lombardi. Il suffirait à la renommée de Pietro, artiste d'un goût supérieur, d'avoir élevé le palais Vendramin Ca-
lergi (fig. 37), Cussoni à San Lio, l'église de San Giobbe, la cour
intérieure de l'Ecole de San Giovanni Evangelista, les monuments
des doges Pietro Mocenigo (fig. 42) et Marcello, à l'église Saints-Jeanet-Paul, et peutêtre aussi deux des autels de Saint- Marc. A ces travaux s'ajoute encore l'œuvre la plus exquise de toute la Renaissance vénitienne , l'église Santa Ma-
T. 0 ,, ria dei Miracoh
Fig. 43. — Venise. — Cour du Palais des Doges. ( . .
(Cliché Alinari.) (hg. 44), joyau în-
Fig. 42. — Venise. —
Tombeau du doge
Pietro Mocenigo.
(Église Saints-Jean-et-Paul.)
(Cliché Alinari.)
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. 44. — Venise. — Église
Santa Maria dei Miracoli.
comparable d'harmonie et d'élégance, aussi bien dans les proportions que par les décorations de marbres de couleur et de sculptures. L'église n'a qu'une nef (fig. 45), recouverte d'une voûte en plein cintre ornée de caissons dorés et de peintures de Girolamo Pennacchi (de Trévise). On accède au chœur par un escalier flanqué de deux galeries dont la balustrade, aux extrémités, forme les chaires destinées à l'Epître et à l'Evangile. Sur l'abside carrée, ornée de lunettes et de pendentifs dans le style toscan, s'élève la coupole ronde.
Dans plusieurs de ses œuvres, Pietro eut pour collaborateurs ses fils Antonio et Tullio, que, dès leur enfance, il avait initiés aux secrets de son art. Ils travaillèrent ensemble par la suite, à Padoue à l'église du Santo, à Trévise au dôme, à Venise à la chapelle Zeno (à Saint- Marc) aux tombeaux des doges Vendramin (fig. 46) et Giovanni Mocenigo (à Saints-Jean-et-Paul). Mais Antonio mourut jeune, en 1516, et Tullio, qui lui survécut seize ans, accomplit à lui seul de vastes travaux d'architecture et de sculpture ; il acheva l'église San Salvatore, commencée par Spavento (fig. 39), et cisela des œuvres nombreuses pour Saint- jean-Chrysostome, pour l'église Saint- Marc, pour San Martino, pour le Palais des Doges, où il exécuta plusieurs cheminées, et pour Ravenne, où sa statue de Guidarello Guidarelli est considérée comme son chefd'œuvre.
Outre ses fils, Pietro forma des élèves et eut de nombreux disci-
Fig. 45. — Venise. — Eglise , , ,.i r/r -i i»«
Santa Mama dei Miracoli. P^5' de Sorte ?U l[ est dlfflClle d '"'
(Vue intérieure.) (Cliché Aiinari.) diquer avec sûreté les auteurs de