CHAPITRE VI
VENISE. - LA PEINTURE AU XVIe SIÈCLE, DE GIORGIONE A JACOPO TINTORETTO
GIORGIONE : LA VIERGE DE CASTELFRANCO. — PALMA VECCHIO : SAINTE BA RBE. — LA VIE VÉNITIENNE ET L'ART AU DÉBUT DU XVF SIÈCLE : TITIEN BONIFAZIO; LORENZO LOTTO ; PARIS BORDONE ; PORDENONE ; LES DA PONTE (BASSANO). — PAUL VÉRONÈSE ET LE TINTORET.
DES renseignements parfaitement précis sur la biographie, l'œuvre et la personnalité de Giorgione manquent. Ceux qu'on possède ne sont pas cependant assez incertains pour justifier la phrase connue : Giorgione n'est guère qu'un mythe ". Nous savons qu'il naquit à Castelfranco, peut-être en 1478, et qu'il mourut de la peste à Venise en 1 5 1 0 ; on connaît de lui des œuvres incontestées, le retable de Castelfranco, {Epreuve du Feu, à Florence, les Trois Philosophes de Vienne, et la Tempête de la Casa Giovanelli (fig. 1 18), et l'on possède des documents sur d'autres de ses peintures ; on le voit s'éloigner de l'art de Giovanni Bellini et préparer celui du Titien. Une courte existence et une brève série d'œuvres lui ont suffi, comme à Masaccio, pour changer brusquement l'orientation de la peinture. Nous n'en demanderions pas plus, s'il s agissait de tout autre peintre ; mais le génie de Giorgione excite davantage notre curiosité.
Comme d'autres artistes de son temps, il aima la vie joyeuse et la musique. Vasari dit de lui : Quoique d'humble extraction, il se signala toujours par de nobles sentiments et des manières élégantes.