LES MEDAILLES DE PISANELLO
Fig. 199. — F. Benaglio.
La Vierge. l'Enfant
et des Anges.
(Vérone, Musée Municipal.)
(Cliché Anderson.)
gue, Inigo cTAvalos et Tito Vespasiano Strozzi, sont aussi admirables au point de vue de la vigueur des portraits que par les revers, où Pisanello a représenté des nus, des animaux, des paysages ; le sentiment de la réalité y est uni à une élégance incomparable et traduite en bronze avec une technique digne des anciens (fig. 202). Pour nous, il n'est pas moins intéressant comme dessinateur et comme peintre, surtout si Ton réfléchit que presque tous ses tableaux ont été achevés avant ses médailles. Déjà dans ses dessins se révèlent sa passion de recherche et son goût pour les objets naturels les plus beaux et les plus caractéristiques. Il y a, par ce côté, certains rapports entre lui et Léonard de Vinci. Les plantes, les fleurs, les animaux sous leurs aspects les plus divers ont autant d'intérêt pour lui que la figure humaine. Il les étudie avec une égale curiosité et les dessine avec le même soin. Dans la peinture, il ajoute à la beauté un pur reflet de poésie, qui la rend délicieuse. Cette qualité est remarquable dans Y Annonciation, à San Fermo de Vérone ; Fange frémit d'émotion, se replie sur lui-même et se dissimule presque tout entier sous la courbe de ses ailes ; à Sant' Anastasia, Saint Georges semble éviter le regard reconnaissant que fixe sur lui la princesse ; Saint Eustache est surpris par l'apparition du cerf dans la forêt obscure, pleine d'animaux sauvages, où l'entrecroisement des branches ne laisse
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Fig. 200. — F. Bonsignori.
La Vierge. 1 Enfan 1
ET DES Saisis.
(Vérone, Église San Bernafdino.)
{Cliché Broffi I
LE NORD DE L'ITALIE
FlG. 201. — ROMANINO.
La Madone, l'Enfant
et des Saints.
(Brescia, Église San Francesco.)
glio, formé à l'école padouane (fig. 199), ne se réclama bientôt plus que de Mantegna ;
filtrer un rayon " ni du soleil ni de la lune " (fig. 1 97) ; enfin le même charme se retrouve dans l'entretien plein d'émotion de Saint Antoine avec Saint Georges.
En 1436, Jacopo Bellini peignait à fresque dans le Dôme de Vérone sa Crucifixion, où les figures sont si nombreuses ; un peu plus de vingt ans après, Mantegna achevait à San Zeno son fameux triptyque. Ces œuvres insignes et celles de Pisanello furent les principales, mais non les seules inspiratrices des maîtres véronais venus plus tard. Francesco Bena-
FïG. 203. — Caroto. — Tobie
et les Archanges.
(Vérone, Musée Municipal.)
(Cliché Anderson.)
Fig. 202. — Pisanello. — Médaille de slgismond malatesta.
Francesco Bonsignori (1455-1519), après celle de Mantegna, subit l'influence des frères Bellini (fig. 200) ; Libérale (1445-1526), peintre inégal, mais d'une forte personnalité (fig. 205), n'échappa pas davantage à l'inspiration de Mantegna ; Domenico Morone ( 1 442- 1 528 ? ; fig. 209) et son fils Francesco (1470-1529) procédaient l'un de Benaglio, le second de son père, mais tous deux imitèrent d'abord Mantegna, puis Gentile Bellini ; Girolamo dai Libri (1472-1556;