‹ Italie du nordChapitre 93 sur 200 · LÉONARD DE VINCI · texte numérisé non relu

LÉONARD DE VINCI

LUDOVIC LE MORE, PROTECTEUR DES ARTISTES A MILAN: IL APPELLE LÉONARD A SA COUR. — LA STATUE ÉQUESTRE DE F. SFORZA ; LES POR- TRAITS. — LA VIERGE A UX ROCHERS ; LA CÈNE. — RETOUR A FLORENCE : LA SAINTE ANNE, LA JOCONDE, LA BATAILLE D'ANGHIARL — SECOND SÉJOUR A MILAN ET DÉPART POUR LA FRANCE.

L'HISTOIRE des Sforza se déroule au milieu des splendeurs et des drames. A l'illustre François, succéda Galéas Marie (1466) ; après dix ans de règne, blessé à mort dans une conspiration, il laissait un fils en bas âge sous la tutelle de sa mère Bonne de Savoie, et le gouvernement entre les mains débiles de Cicco Simonetta. Mais Ludovic dit le More, bâtard de François Sforza (fig 263), ne tarda pas â entrer en scène; pour arriver au pouvoir, il sema la dissension entre Bonne de Savoie et Simonetta, fit décapiter ce dernier et exila la princesse et son fils, un enfant malingre, à Abbiategrasso.

Si ces violences projettent une ombre sinistre sur l'âme de Ludovic, ses qualités de souverain, de profond politique et de protecteur des arts et des sciences illuminent son règne d'un splendide éclat. Ludovic réussit à faire de Milan l'égale des plus importants foyers de la Renaissance : il appela et retint autour de lui des hommes de la plus haute valeur dans tous les domaines du savoir ; cependant sa politique trop compliquée lassa la fortune, et deux fois il fut vaincu par les Français. Non content de posséder a Milan Bra-

LE NORD DE L'ITALIE -

mante et d'autres artistes remarquables, Ludovic le More fit venir à sa cour Léonard de Vinci, dont la seule présence aurait suffi à la renommée du grand prince, comme autrefois l'accueil hospitalier fait à Dante illustra pour toujours la noble famille da Polenta. Nous n'en sommes pas moins de ceux qui hésitent à exalter les bienfaits de l'influence prépon-

dérante qu'exerça Léonard sur l'art en Lombardie.

Avant d'exposer nos raisons, parlons de l'artiste lui-même, de sa vie milanaise ; c'est du reste à partir de ce moment que nous avons une connaissance précise de ses œuvres, de son génie, de son activité merveilleuse, on peut dire universelle. Car la vérité est qu'il ne s'était pas consacré à tel

ou tel art en

Fig. 262. — A. de Prédis.

Ange musicien.

(Londres, National Gallery.)

(Cliché Anderson.)

Fig. 263. — Boltraffio.

Portrait de Ludovic

le More.

(Milan, Collection Trivulzjo.)

(C liché Anderson.)

Fig. 264. — Léonard.

Dessin de statue équestre.

(Musée de Windsor.)

particulier, mais à l'art en général, dans toutes ses manifestations esthétiques et scientifiques.

Personne avant lui n'avait réalisé de façon aussi admirable l'idéal qui appartient en propre au génie italien, surtout à l'époque de la Renaissance :

l'homme parfait, complet, universel, et l'on n'en vit plus après lui. Tous les secrets de la nature, toutes les œuvres de l'esprit humain l'attiraient à la fois ; il voulait tout scruter, tout étudier, tout connaître. Cette prodigieuse avidité intellectuelle l'empêchait peut-être de s'arrêter long-

FlG. 2Ô5. — LÉONARD.

La Vierge aux Rochers.

(Paris, Louvre.) (Cliché Alinari.)

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