‹ Italie du nordChapitre 95 sur 200 · VIERGE AUX ROCHERS · texte numérisé non relu

VIERGE AUX ROCHERS

FlG. 27O. — LÉONARD DE VlNCI. — La CÈNE.

(Milan, Réfectoire de Sainie-Marie-des-Grdces.)

s'étaient engagés à exécuter pour la Confrérie de la Conception, à San Francesco de Milan, un retable à cadre sculpté, avec la Vierge au centre et deux anges aux côtés. La Vierge, plus tard appelée Vierge aux Rochers, avait été peinte par Léonard ; les deux anges furent l'œuvre d'Ambrogio de Prédis (fig. 262). D'après les conventions, le prix devait être de 300 ducats, dont 100 pour la partie du milieu due à Léonard. Mais les experts eurent l'indignité de le diminuer jusqu'à prétendre que la Vierge, loin de valoir 100 ducats, en valait à peine 25 ! Naturellement, le maître protesta, réclama la somme de la première estimation ou la restitution de sa peinture. Le résultat auquel aboutit le conflit fut que De Prédis remplacerait la Vierge de Léonard par une copie, qui depuis est passée à Londres. Quoi qu'il en soit, même si l'on conteste l'authenticité du Musicien de la Collection Ambrosienne (fig. 268), et si l'on ne tient pas compte du bizarre amalgame de branches, de feuillages et d'écussons de la salle délie Asse " au Château, dont

Fig. 271. — LÉONARD.

Sain ri: A.NNE. CARTON.

(Londres, Académie des Beaux-Arts.)

LE NORD DE L'ITALIE

FlG. 272. — LÉONARD.

La Vierge, l'Enfant Jésus

et Sainte Anne.

(Paris, Louvre.)

les traces presque effacées ont été récemment restaurées, il reste à Milan l'œuvre la plus considérable du grand maître, la Cène, peinte à la détrempe sur le mur du réfec- \^J*!*^Jnk toire de Sainte- Marie-des-Grâces,

entre 1495 et 1497 (fig. 267, 269 et 270). C'est peut-être la peinture la plus célèbre du monde, celle qui a été le plus souvent reproduite. On comprend l'admiration la plus enthousiaste et la plus ardente en face de la grandeur de cet ensemble, de l'harmonie parfaite de la composition, de la beauté des formes, au moment dramatique où les apôtres bouleversés entendent la parole terrible de Jésus résigné : L'un de vous me trahira ! " De chaque côté du Sauveur, se voient deux groupes de trois figures, groupes bien définis et en quelque sorte indépendants, quoique, par leurs gestes et leurs regards, ils se rattachent bien aux autres apôtres. Le Christ est vraiment le centre de tout le drame ; c'est de lui que procèdent et à lui que se rapportent tous les sentiments, tous les gestes.

Léonard resta à Milan jusqu'en 1 499.

A la chute de Ludovic le More, il retourna dans sa patrie. Il travailla un certain temps en qualité d'architecte et d'ingénieur militaire au service de César Borgia (1502) et visita quelquefois Milan ; mais Florence fut vraiment le centre de son activité artistique pendant plusieurs années. Il y exécuta le carton de la Sainte Anne, aujourd'hui à Londres (fig. 27 1 ) et le tableau sur le même sujet, mais d'une composition différente, qu'on voit au Louvre (fig. 272). Dans la salle du Conseil, au palais de la Seigneurie, il commença la Bataille d'Anghiari et

Fig. 273. — Léonard.

La Joconde.

(Paris, Louvre.) (Cliché Alinari.)

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