‹ ItalieChapitre 31 sur 68 · DON MI.IX · texte numérisé non relu

DON MI.IX

Non , pas encore Mais pourquoi toujours

inviter le duc de Benevente à nos parties de plaisir ?

MU uh\:h.

En etïei , Sylvio, cela peut devenir dangereux pour nous.

SYLVIO

J ai mes raisons pour cela, et nies raisons les voici... Personne en Italie ne se doute que nous sommes à la tête de ces bandes de lazzarones qui donnent tant de souci et de tourment aux troupes de monseigneur le duc de Naples... on ne le sait pas , mais d'ici à peu on pourrait le savoir , et il nous faut un point d appui... d'ailleurs , nos bandes n'ont pas grande confiance en nous ; il leur faut pour chef un homme dont le nom soit plus sonore que celui de Félix et de Giacomo... il nous faut un homme qui ait quelqu'inflrence, quelque pouvoir ici... enfin, nous avons une arme'e, mais il nous faut un drapeau... J'ai songe à Manfredi.

TOCS.

Manfredi ! Sylvio.

QUATHIKiyu: TABLE\U. 91

S^l.vio.

Laissez donc , tic ciaii^nez rien... je connais Maniredi... il aime mieux nos parties de plaisir que les hah de ia cour... on le gène au palais;... il souffre de la contrainte qu'il éprouve , et Manfredi aime sa liberté.

RliClUKL.

Mais une fois qu'il saura notre secret , ne crains-tu pas qu'il nous (rahisse?

SYLVIO

INous trahir!... il y a trop de grandeui* dans son ame... Mais tenez, le voici... silence... laissez-moi faire.

MANKRKDl, mirant.

Bonjour , Sylvio... tu vois que je ne me fais pas attendre, quand il s'agil de me rendre à tes invitations, (a 1 1.x.) Eh! bien , Félix , comment se porte la belle Fiametta? on dit son époux raccommodé avec elle, le digne homme! (a oiacomo.) Eh! bien, Giacomo , quelle hauteur y a-t-il du balcon de la senora Grisi au pavé de la grande place ? Prends garde , une autre fois, de te casser le col. (a Mi.i,..ei.) Ijonjour, Michaël ; il paraît que l'autre jour l'orgie a été complète avec les signorsStréga et Sentinelli, car on m'a dil que l'on vous avait trouvés , le matin , couchés sous les débris du banqiuM , (omme

(les t»iicrri('rs sous des monceaux do ('.uiavrcs... (a 11... ) Kl nous, uicssirc llli-'ic, alinons-nous loujoursdona Violclla d'amour j)lalotii(juc ; lalsonsnous toujours des vers pom- la (raîchcur do son IcinI , la (launiic de sa j)riui(!ll(» , la limpidÎN'. de son anie:\.. Mais, Sylvio , quelles senoras as-lu donc invitées aujourd'hui ?

SYLVIO

Aucunes , Maniredi.

MAMRKDI.

Voilà qui est absurde, mon cher ami, une orgie sans femmes, c'est un orchestre sans instrumens, un rosier sans roses... une orgie sans femmes, c'est un flacon sans parfum, c'est un dessert sans Champagne... Allons, point de senoras, nous serons donc obliges, mes amis, de nous asseoir à côté de nos souvenirs , de nous enivrer du passé... Pourvu qu'à la fin, Giacomo, habitués comme ils le sont à voir à côté d'eux des minois charmans, nos yeux, un peu voilés par la chaleur du vin , n'aillent pas prendre nos visages pour ceux de nos maîtresses.

Ils lient.

SYLVIO

Allons, Manfredi, à table.

Ils \ oui s'asseoir autour du hanijuci prrpaïc- daiiN le l)os»juct.

QUATIUKÎVIK T/VBLEAU. 93

MAM'RKDI, y lal.lf.

Quelles nouvelles, ainis?

<;iA( o.Aio

On dir qu'il vient d'arriver de Florence une senora charmante , la sœur de la senoia l^iquita, lu sais? Mais dis-nous, Manlredi, quelles nouvelles à la cour?

MANKRK[)I.

Henri de Ferrare vient d'arriver pour redemander la main d'Isabella , qui lui avait etetiancee avant la mort de Philippe son père,... mais je crains bien que sa demande ne soit pas favorablement reçue.

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