‹ ItalieChapitre 39 sur 68 · MANFREDI, SYLVIO · texte numérisé non relu

MANFREDI, SYLVIO

MANFREDI

Quelle es! jolie! mon parti est pris, Sylvie.

SYLVIO

Maiifredi...

MANFREFM.

Je ne suis plus votre chef.

SYLVIO

Et le serment qui te lie à nous.

MANFREDI

J'ai jure , j'ai promis de vous donner le bonheur , j'ai promis de nourrir vos bandes de lazzarones, je le ferai, vous aurez de l'or; au lieu de combattre dans les ravins , vous combattrez en rase campagne; au lieu d'assassiner, vous irez guerroyer contre les Sarrazins qui menacent la Sicile.

CINOIIIEME TA BLE AT. l'I^,

SYLVIO

Tu disposes de nous à ton aise , Manfrcdi.

MANFREDl.

Je veux que cela soit, entends-tu bien? je veux que cela soit ainsi... ou sinon...

SYLVIO-

Ou sinon, tu nous trahiras, n'est-ce pas? Trahisnous, mais tu nous appartiens , Manhedi ; nos voix parleront du haut du gibet, et tout le peuple saura que tu fus notre chef.

MANFREDl.

N'as-tu pas encore assez de taches sur ton nom» Sylvio , pour essayer de les laver... Est-ce bravoure que d'assassiner? ne vaut-il pas mi(HJx combattre les ennemis de sa patrie , que de piller son pavs? parle ?

SYLVIO

11 faut commencer par délivrer son pays des tyrans qui le torlurent au dedans , avant d'aller combattre les étrangers... Notre association n'a eu pour but unique que de rendre la liberté à Naples. C'est demain soir que nous devons agir, et c'est aujourd'hui que tu veux nous abandonner , au moment du succès! Manfredi, tu ressembles à ce pêcheur qui retire sa ligne de l'eau lorscjiu* le poisson nllail commencer à mordre... ru''{]('( his..

\'1\ ITALIK, DU A ME.

Jsahclla n'eiisera pavS moins à loi , le siège ducal de Na|)les n'en sera pas moins \v, lien... Manlrcdi, réfléchis donc.

MANFREDI

Sylvio, malédiction sur le jour où je t'ai connu.. — Mais pourquoi cette fanfare ?

Il va à la fenêtre.

SYLVIO

C'est le boute-selle qu'on sonne... le duc Henri s'en retourne à Ferrare... tiens le voici lui-même.

MANFREDI

Que lui remet-on là , Sylvio ?

SYLVIO

Une cassette pleine d'or , Manfredi , ancienne dette du duché de JNaples au duché de Ferrare.

MANFREDI

Il fait ses adieux , le voilà devant mon oncle.

SYLVIO

Il baise la main d'Isabella.

Isabella lui remet vme écharpc.

(:1N(,)1)IK!V1E TABLEAU. Ti '»

SYLVIO

Et le duc ombrasse Lsabclla.

MANFREDI

Que disait-on à la cour du duc de Ferrare, Sylvio ?

SYLVIO

Que c'était un noble et galant chevalier , qui laisserait plus d'un regret aux beautés de INaples , et qu'Isabella ne le verrait pas partir sans déplaisir; car on dit qu'il l'aimait, et... que...

MANFREDI

Et que...

SYLVIO

Et qu'on le payait de retour.

MANFREDI

Il l'aimait... cs-tu bien sûr, Sylvio, qu'il l'aimait ?

SYLVIO

Mais on les voyait toujours ensemble à la promenade... puis ces adieux à genoux de tantôt, cette echarpe; — Manfredi, je suis content, pour toi , que le duc soit parti.

Et moi , qu'il ne soit pas reste.

ITALIK , DHAIVÏF.

SYI.VIO

De la jalousie.

11 est parti... et ne pouvoir...

MAM HKDl.

SYLVIO

Le duc doit passer à côté de uolre caverne

MANFREDI , après unf pause.

Yiens , Sylvio , j'ai à te parler.

Ils soiiciil.

Yï.

La Caverne «îes Ijazzarosics.

PERSONNAGES

WIANFREDI.

HENRI DE I ERRARE

PIETRO

SYLVIO

GIACOMO

DON FÉLIX

MICHAEL

ULRIC

JACOPO

STROZZI

SANDER

FERABRAS.

Lazzarones.

Une caverne. Au fond , une petite porte taillée dans le roc laisse apercevoir un tertre sur lequel est posté un lazzarone aux aguets. A droite et à gauche ; deux portes latérales , où deux lazzarones font sentinelle. A gauche , Sander est agenouillé au pied d'une madone sculptée dans le rocher. A droite , Piétro dort couché sur une peau de tigre. Cinq ou six lazzarones dorment étendus à terre. Il est presque nuit.

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