‹ ItalieChapitre 68 sur 68 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Précédens, HENRI DE FERRARE, PIÉTRO, Archers.

Henri de Fervarc entre avec Pietro , accompagne d'une truupc d'archers.

HENRI

Bonjour, monseigneur le duc. Bonjour, messire Manfredi.

MANFREDI, à part.

Lui... lui... Malédiction !

HENRI, bas i Manfredi.

Ne craignez rien, messire, je serai généreux.

PIÉTRO

Maintenant, monseigneur le duc, je re'clame mon brevet de capitaine.

LE DUC

Le voici.

PIÉTRO

Monseigneur , je vais tenir ma promesse.

LE DUC

Quelle promesse.^

•ilO IT/VLIK, DBAIME.

IMIITRO.

Monseigneur le duc, je vous ai promis de vous (lire le nom de eclui qui iussassiria le due Philippe, voire frère.

ISAHFXLA.

L'assassin de mon père î n'a-t-ll pas été puni ?

PIÉTRO

Senora , il ne l'a pas été.

MANFREDI

Que veut eet homme?... quel est eet homme?... Mon onele, d'où vient-il ?

PIÉTRO

Cet homme, monseigneur, veut se venger

cet homme est un lazzarone, et cet homme vient de la taverne duMont-Carmel!... Etes- vous satisfait , monseigneur ?

MANFREDI

Un lazzarone ! il faut le faire pendre au gibet. — Gardes, saisissez cet homme.

HENRI

Messire, un moment ; cet homme m'a sauvé la vie... Assailli par les lazzarones, j'avais été entraîné de force dans leur caverne maudite; un des chefs

NEUVIKMK TABLEAU. 211

avait clil à un tlo ses bandlls ; Il nie laul la vie de; ce seigneur... Le bandit, c'était cet honniie ; je n'ai pas besoin, je crois, messire, de vous dire le nom du chef.

MANFREDI

Mon oncle, ne signons-nous point le contrat ?

PIÉTRO

Un moment. Monseigneur le duc , comme je vous Tai promis , je vais vous faire connaître l'assassin du duc Philippe... C'était il y a treize mois... Je faisais route avec un jeune italien, sur le chemin de San Lorenzo... Nous rencontrâmes ime litière assaillie par des bandits ; c'était celle du duc votre frère ; — nous le délivrâmes... nous nous rendîmes ensuite à l'hôtellerie de la Madone , et nous

y passâmes la nuit — Mon compagnon coucha

dans la même chambre que le duc. Moi, je veillais à. côté ; un moment , j'entendis un soupir prolongé, je regardai par la serrure, et je vis votre frère endormi, dans le sein duquel un honnne enfonçait un poignard... Je fis sauter la serrure avec mon poignard , et j'entrai. Au même instant, une foule de personnes se précipitèrent dans la chambre du duc, et, me croyant l'assassin, m'arrêtèrent... Je

lus condamné comme coupable je parviris l\

m'évader; quelque tems après, je revis le véritable assassin du duc, il était devenu noble cl pnivSsant; il avait richcvSse, opulence.

212 ITALIE, DHAMK.

MANFBEDI.

(a part.) Ail! malheur î inallicur à moi!

ISABELLA

Sou nom ?

PIÉTRO

Il se nommait Tarudan.

LE DUC

Je ne connais personne de ce nom.

PIÉTRO

(a Manfredi.) Et VOUS , Monseigncui* , n'avez-vous connu personne, non plus, du nom de Tarudan?... — Monseigneur le duc, vous le connaissez; cet homme est devenu, comme je vous l'ai dit, noble, riche et puissant ; cet homme est notre chef de lazzarones. (Aisabeiia. ) Je vous Ta vais bien dit, senora, — « Manfredi ne sera pas votre époux, entre vous deux il y a l'abîme d'un crime. »

ISABELLA

Que voulez-vous dire ?

PIÉTRO

Vous aimiez bien votre père , n'est-ce pas ? et vous ne voudriez pas donner votre rnain à la main qui assassina votre père.

DEUXIÈME TABLKAr. 21

ISABELLA

Expliquez-vous?... L'cnicnds-tu , Manfiodi...

^ FIETRO.

Manfrcdi, dllcs-vous? Manfrcdi n'est autre que Tarudan le chef de lazzarones, et l'assassin du duc Philippe.

ISABEM.A.

Grand Dieu !

Elle tombe evanoulcgtlans un fauteuil.

LE DUC, à Pi.'tro.

Vil imposteur ! sors d'ici.

MANFREDI

Il a dit vrai... oui, je suis l'assassin du duc Philippe,., oui, j'assassinai ton père, Isabella... Tu ne sais donc pas , dans un bal, il avait mis le feu au palais de mon père, à moi , pour le brûler et lui voler sa couronne... Yous le savez bien, vous, mon oncle , que le duc Philippe avait brûle mon père... Oui, je l'ai assassine ; j'ai venge mon père. Il n'y a pas d'assassinat là où l'assassinat n'cîst que la punition de l'assassinat, (n tombe sur sa d.aisr. —

Minuit sonne. ) Minuît î ( 11 se .éveille et se lève. ) TcilCZ , UIOU oncle , écoutez ! (on nwmd l,s j-as lies ardieis 'jui comluisent SvImo,

2 1 1 ITALIK, DUAMK.

(fiacoiuo, rtc, nu gibrl. ■ On .ijUMcoil la lueur de» loiclics, ) Jli 1 1 1 CI ï( I ('Z~

VOUS? ils vieancnt, vous dis-jc, ils vicnncnl pilier

voirc ville N'apcrcovcz-vous pas la lueur des

torches? Ils vont mellre le feu à voire ville

Regardez donc, (n coun au i.akon.) Dieu ! qu'aperçois- je?

PIETRO

Les corps de tes amis que Ton hisse aux gihets.

MANFKEDl.

Amis, je vous rejoins.

Il tombe et meurt.

PIEIRO.

Mort , monseigneur ?

LE DUC

Henri de Fcrrarc , vous serez Tepoux d'Isabella.

im.

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