ROME MODERNE
Baailiqnat. — On compte sept Basiliques principales ; quatre dans les murs : Saint-Pierre, Saint-Jean de Latran, Sainte- Marie-Majeure, Santa Croce in Gerusalemme ; et trois hors des murs : Saint-Paul, Saint- Laurent et Saint'Sébastien.
Place Saint-Pierre. (Pi. B. II.)
Gette place célèbre est de forme elliptique ; elle a été enveloppée sur les côtés, par le Bernin, par une colonnade composée de quatre rangs de colonnes colossales; elles forment trois allées : celle du milieu est assez large pour que deux voitures y passent de front. Ces portiques, portés par 284 colonnes, ont 19 met. 81 cent, de hauteur, et sont couronnés par une balustrade et par des statues colossales de 3 met, 75 cent, de hauteur, faites sous la direction du Bernin. La place a 239 met.
73 cent, sur 191 met. Elle communique avec la basilique au moyen d'une autre place plus petite 96 met. 15 cent, sur 118 met. 89 cent.), plus large vers l'édifice, plus étroite vers la colonnade.
Au centre se dresse un obélisque transporté d'Héliopolis par Caligula. Sixte V le fit élever par Dominique Fontana. Aux deux côtés de l'obélisque sont deux fontaines lançant une gerbe d'eau haute de 6 met. 50 cent.
On monte un vaste escalier à
trois rampes. Aux angles sont deux statues colossales modernes : de saint Pierre, par de Fabris, et de saint Paul, par Tadolini, placées par Pie IX.
Basilique de Saint-Pierre.
Elle fut commencée sous Jules II. — La façade, en travertin, n'a pas moins de 120 met.
19 cent, de largeur et 48 met.
40 cent, de hauteur. Les huit colonnes corinthiennes, qui, vues de l'obélisque, paraissent si petites, ont 28 met. 58 cent, d'élévation et 2 met. 75 cent, de diamètre. Cette façade est de l'architecte C. Maderne. — Elle est surmontée de deux horloges (l'une marque les heures à l'italienne). — On entre par cinq portes dans un magnifique portique de 15 met. 26 cent, de largeur et de 142 met. 60 cent, de longueur, y compris les vestibules des eitrémités, et l'on y voit une reproduction de la célèbre mosaïque, dessinée par Giotio, la nacelle de saint-Pierre. — 5 portes donnent accès dans la basilique. — Intérieur :
la longueur du temple est de 186 met. 98 cent. Celle de la nef transversale, de 135 met. 47 cent.
La hauteur de la nef du milieu est de 45 met. 47 cent. Les 2 anges enfantins, en marbre, soutenant les bénitiers, ont 6 pieds*.
* Voici en palmes (le palme est égal a centimètres M,54) quelques mesures marquées sur le pavé :
Saint-Pétrone de Bologne, S85 pal- BMs (15« mèt.M). ^
ftOME. [route 86]
Coupole. — Commencée par Michel-Ange ; surhaussée par Giacomo délia Porta. Elle est double, comme celle de Brunelleschi; l'escalier qui conduit au sommet passe entre les deux calottes. Elle a 42 met. 20 cent, de diamètre (65 cent, de moins que celle du Panthéon) ; la hauteur totale est de 138 met. 58 cent, (la flèche des Invalides, à Paris, a 105 met. 24 cent.). Sur les quatre piliers, dans l'un desquels est un escalier tournant et les grands arcs qui soutiennent la coupole, est un magnifique entablement dans la frise duquel on lit la fameuse inscription : TV ES PETRVS ET SVPER HANC PETRAU iEDlFIGABO ECCLESIAM MEAlf ; ET TIBI DABO CLAVES RE6NI GŒCLO-
RVM. Dans l'extrémité de la grande nef, à dr., on voit la statue en bronze de saint Pierre. Sous la grande coupole et le maître-autel, on voit le tombeau dit la :
Confession de Saint-Pierre, — où l'on conserve la moitié du corps de saint Pierre et de saint Paul; l'autre moitié est à l'église Saint-Paul, et leurs têtes sont à Saint-Jean de Latran.
Cathédrale de Milan, 606 palmes 155 met. 38j,
Cathédrale de PJorence, 66» palmes (149 met. 45).
Saint-Paul de Londres, 710 fl58 met. 51).
Saint-Pierre de Rome (de la porte à la chaire), 857 palmes (186 met. 98).
La hauteur de Sainl-Pierre n'est dépassée que par celle de la flèche de Strasbourg (environ 4*0 pieds) et des pyramides dégypte (460).
[rOUTI 86] ROI
Paul V fit décorer par Charleê Mademe cette Confession, partie de l'oratoire d'Ânaclet ; 142 lampes y sont toujours allumées. Pie VI y est enterré ; sa statue en marbre est un bel ouvrage de Canova.
HAiTRE-AUTEL, pldcé au-dessus de la Confession, sous un baldaquin exécuté (1633) d'après les dessins du Bemin ; il est tout en bronze doré, soutenu par quatre colonnes torses, d'ordre composite, et il est haut de 27 raèl. 93 cent. (97 cent, de plus que la plate-forme de l'Observatoire de Paris).
Tribonk et chaire de Saint- Pierre. — Au fond de l'abside est la TRIBUNE. Au-dessus de l'autel est le monument de bronze doré appelé la Chaire de Saint- Pierre; il renferme la chaire en bois qui servit, dit-on, à saint Pierre et à ses successeurs. A figures maniérées, par le Bemin t qui soutiennent la chaire, représentent 4 docteurs de l'Église, saint Ambroise et saint Augustin, saint Athanase et saint Jean Ghrysostome. — Sur les côtés, tombeaux : à g., de Paul III Farnése, ouvrage de Guillaume de la Porte, et, à dr., d'Urbain VIII Barberini, ouvrage du Bemin.
Si, en venant du fond de la tribune, on tourne à dr. pour faire le tour de la basilique, on remarquera aux diverses chapelles les belles copies en mosaïque des peintures célèbres, puis les tombeaux de plusieurs papes; nous signalerons seule-
ment les objets les plus intéressants :
Autel de Saint-Léon le Grand:
grand bas-relief d'Attila, par VAlgarde. — En avançant vers le transsept du S., on voit sur une porte latérale le tombeau d'Alexandre VII Chigi ; un squelette de cuivre doré soulève une draperie de marbre jaune. C'est un dernier ouvrage du Bemin.
— Après le transsept du S., on arrive à la :
Chapelle Clémentine. — Tombeau de Pie VII, fait aux frais du cardinal Consalvi, ouvrage de Thorwaldsen ; le pontife est représenté assis entre la Force et la Sagesse.
Près de la chapelle du chœur on voit, sous l'arcade à g., le simple et élégant tombeau d'Innocent VIII, en bronze, pa.rAnt.
Pollajuolo.
Chapelle de la Présentation.
— Tombeau de Clém. Sobieski Stuart, veuve de Jacques III, rnorte à Rome en 1755. Il est posé au-dessus de la porte par laquelle on monte à la coupole.
— Vis-à-vis, tombeau de Jacques III, roi d'Angleterre, et de ses deuxfils,ouvragede Canova.
Traversant la nef et gagnant le côté septentrional de la basilique, on trouve les chapelles suivantes :
1* Chapelle de la Pieta (la première à dr. en entrant dans la basilique). Sur l'autel, groupe en marbre représentant la célèbre Pietà (la Vierge tenant son fils mort sur ses genoux), par Michel'Anget ouvrage qu'il fit i
l'Âge de 24 ans, pour le cardinal J. Villiers de la Grolaie, abbé de Saint-Denis (France). Les fresques sont de Lanfranc. — Dans une petite chapelle, à dr., tombeau de Probus Anicius, préfet de Rome. — Sous l'arcade, monuments de Léon XII, par de FabrU, et de Christine^ reine de Suède, par C. Fontana; bas-relief par TcMdon, sculpteur français ;
2* Chapelle de SAiRT-SÉBiSTiEif.
— Sous l'arcade, tombeaux : du pape Innocent XII, par Filipp.
délia Valle, et de la fameuse comtesse Mathilde, morte en 1116; le portrait sculpté par le Bernin ;
3» Chapelle do Saint-Sacrement. — Le tableau de l'autel, la Trinité, a été peint à fresque par P. de Cortone. Tombeau en bronze, de Sixte IV, ouvrage remarquable d'Antonio Pollajuolo. A côté de Sixte IV, le grand pape Jules II n'a qu'une simple pierre tombale, au lieu du magnifique tombeau qu'il avait commandé à Michel-Ange. — Sous l'arcade suivante, tombeaux de Grégoire IIII, par C.
Rusconi, et de Grégoire XIV.
On arrive ici à la partie de la Basilique qui a été interdite au public (Voir la note ci-dessous) *.
* N. B. k partir d'ici, toute la partie à droite de deus des quatre grands piliers, qui soutiennent la coupole, a été isolée par les constructions destinées à loger la salte du Concile de 1860, qui a proclamé le dogme de rinfaillibilité du pape.
ROVE [route 8S]
4* Chapelle de la Vierge, ou Chapelle Grégorienne, — construite par Jacques de la Porte, sur les dessins de Michel-Ange.
Tombeau de Grégoire XVI, par Amici. Vers le transsept, à dr., tombeau de Benoît XIV Lambertini, par P. Bracci.
Transsept du Nord. — Magnifique tombeau de Clément XIII, ouvrage de Canova.
Souterrain de Saint-Pierre. — Sarcophage de Junius Bassus.
préfet de Rome, mort en 359. — On y voit aussi trois tombeaux des derniers Stuarts morts à Rome. A l'extrémité de cette galerie souterraine, les tombeaux de Grégoire V, d'Othon II, d'Alexandre VI (le tombeau de ce pape si tristement célèbre est vide) ; des papes Pie II et Pie III, de Boniface VIII (sculpté par Arnolfo di Lapo)» d'Adrien IV, de Nicolas V, de Paul II (sculpture de Mino da Fieso le), etc.
Sacristie de Saint-Pikhbs. — Dans le vestibule, statues des
Elle enferme la chapelle Grégorienne et tout le TBARssBPT DU Nord, et les divers monuments et objets d'art suivants : les tombeaux : de Grégoire XVI; — de BenoU XIV ; — de Clément XIII: — de Clément X. • • Les copies en mosaïque : de la G«ir.
munion de saint Jérôme, d'après î :
Domini(tuin; — du Biartyre des Se' .
Processe etHartinien, d'après ValéK' lin; — de saint Erasme, d'apK:; Pouuin; du saint Michel, d'après le Guide; — de la sainte Pétronill.., d'après le Guerchin (la plus bell mosaïque de la basilique); — et la statue de saint Bruno, par Stoldtu
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saints Pierre et Paul, sculptées par Mino da Fiesole. — Sur les raurs des galeries, inscriptions antiques (celles des frères Arvales) . — Tableaux : ^u Fatiore, la Vierge, l'Enfant Jésus, sainte Anne, saint Pierre et saint Paul; de Jules Romain, la Vierge, l'En-, fant Jésus et saint Jean. — Dans la salle du chapitre, fresques de Melozzo de Forli.— Sacristie des Bénéiiciers : sur l'autel, tableau de Muziano, Jésus-Christ donnanties clefs à saint Pierre.
Partie sopiRiEURE de la basilique. — Il faut une permission pour y monter. On parvient à la boule de la Lanterne, qui a 2 met. 43 cent, de diamètre. — La basilique est couronnée de 10 coupoles, outre la grande coupole de Michel-Ànge.
Saint- Jean de Latran (PI. 21).
Sur la Place est le plus grand obélisque de Rome, transporté d'Héliopolis à Rome par Constance.
La Basilique de Saint-Jean de Latrah primitive, fondée par Constantin, subsista prés de mille ans. — La Basilique actuelle a été construite à diverses époques, par les architectes Dom. Fontana, Giac. délia Porta, Borromini. La façade principale est par Aless. Galilei. — 5 portes introduisent dans la basilique. Celle du milieu serait en partie antique. L'intérieur est à 5 nefs. — 2* pilier, à dr., fresque attribuée à Gioito (lé Jubilé de 1300).— Riche Chapelle Torlonia («• à dr.). — Chapelle
CoRsrni (1'* à g.), tombeau de Clément III. Mattre-autel (ciborium gothique). Tombeau de Martin V. — A la voûte de l'abside, mosaïque par frà Jacopo da Turrita (1292). — Sacristie:
Carton de la Vierge de la maison d'Albe, par Raphaël; Annonciation, dessinée par Michel- Ange, peinte par M. Venusii. — On conserve diverses reliques consacrées par une pieuse croyance. — Par le transsept de g. on pénètre dans un cloître intéressant du xiii* s.
Baptistère de Constantin (sur la place de l'Obélisque). Peintures par And. Sacchi, C. Maratta, etc.
Scala Santa (sur la place, au N.-E. de Saint-Jean de Latran).
Le saint escalier est formé de marches qu'on dit provenir du palais de Pilate, à Jérusalem.
Sainte-Marie-M^enre (PI. 37).
€ne rue droite (via in Herulana) conduit de la place de Saint-Jean de Latran à celle de Sainte-Ma rie-Haj eure .
Place. — Colonne corinthienne en marbre blanc, la seule restée entière de celles qui soutenaient la voûte de la basilique de Constantin (p. 182).
Basilique de Santa Maria Mac- 6I0RE, nommée Ifa^giore, parce qu'elle est la principale des églises consacrées à Rome à la Vierge; fondée en 352 par le pape Liberius I". Agrandie en 432, sur le plan qu'elle a conservé depuis. Nicolas IV refit et agrandit l'abside (xni' s.). F.
Fuga^ en faisant la façade principale, d'aspect théâtral, conserva les mosaïques du xm* s.
de l'ancienne façade. On attribue les compositions inférieures à Gaddo Gaddi{\iy* s.). C'est de la loggia construite devant ces mosaïques que le pape donne sa bénédiction le jour de l'Ascension, — La FAÇADE POSTÉRIEURE,
de FI. Ponzio et de Carlo Rainaldi, offre une masse solide, des lignes mouvementées. De ce côté s'élève l'obélisque provenant du mausolée d'Auguste, et l'on voit la belle perspective de la rue délie Quattro Fontane.
Le clocher (le plus élevé de la ville), est de 1376.— Intérieur, d'aspect monumental; 5 nefs, divisées par 44 colonnes ioniques antiques. Magnifique plafond dessiné par Giul. da San Gallo. Mosaïques de l'abside par Jacob Torriti; celles entre les fenêtres, par Gaddo Gaddi. Devant le grand autel, un tombeau est, dit-on, destiné à Pie IX.
— Belle CHAPELLE, DU Saint-SacreiiKKT, par Fontana; tombeaux de Sixte V et de Pie V. Dans une chapelle souterraine, on dit qu'on conserve la crèche. — La richesse de la chapelle de Sixte V est dépassée par la chapelle boRGHÈSE ou Paulike, construite par Flaminio Ponzio (1611). Tombeaux de Paul V, de Clément VIll. Peintures du Guide, du Josépin, de L. Cigoli.
Sakta Croce uf Gerusalemme, basilique; a été érigée par sainte Hélène, mère de Constantin.
Elle y déposa une partie de la
ROME. [route 86]
sainte Croix, trouvée par elle à
Jérusalem. Cette église a perdu l'empreinte de son antiquité; elle fut rebâtie sous Benoit XIV (1743).
Basilique de Saint-Paul hors LES MURS (environ 2 kil. hors de la porte S. Paolo), une des merveilles de l'art chrétien, conservant le caractère antique de ce genre d'édifices. Elle a été détruite en 1823 par un incendie causé par l'incurie des plombiers. La longueur de cette basilique était de 140 met. 65 cent.
La grande nef avait 26 met. 65 cent, de largeur et 34 met. 45 cent, de hauteur. Reconstruite avec une grande magnificence, inaugurée enl847.— Imtériedr divisé en 5 nefs par 80 colonnes.
Aumaitre-autel,4 colonnes d'albâtre oriental, présent du pacha d'Egypte. Dne frise de médaillons contenant 258 portraits de papes, en mosaïque, court autour des nefs. — Beau cloître, charmant spécimen de l'architecture monastique du xiii* s.
Basilique de Saint -Laurent bors les murs (1 kil. hors la porte de San Lorenzo). L'intérieur est à 3 nefs, divisées par 22 colonnes ioniques*. Nef du
1 Dans la volute de la huitiènoe colonne, à dr., on remarque une grenouille et un lézard, en grec, batracos et sawos, rappelant les noms des deux artistes lacédémoniens cités par Pline, qui, après avoir élevé les temples du portique d'Octavie, ne purent obtenir d'y inscrire leurs noms, et sculptèrent ces figures d'animaux sur la base (spira) des colonnes. Pline a-t-il pris le mot spira pour volute ?
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milieu : deux ambons de marbre et une colonne pour le cierge pascal. Au-dessus des colonnes s'étend une frise couverte de peintures modernes par ¥racassinif artiste romain. Le chœur, élevé au-dessus de la nef, a un pavé en mosaïque à dessin géométrique, situé à peu près à moitié hauteur des 12 colonnes antiques qui le bordent à dr. et à g. Ces colonnes cannelées, de marbre violet, posent à une grande profondeur sur le pavé de l'ancienne église. Les chapiteaux sont corinthiens, sauf les deux premiers qui sont composites. Sur le grand arc, mosaïque du vi* s.
Prés de l'église sont les Catacombes DE Saikt-Cyriaqde.
Basilique de St-Sbbastien hors LES liDRs (3 kil. hors de la porte San Sebastiano), bâtie en 367, mais entièrement restaurée au XVII" s. par Flam. Ponziu, n'a conservé aucun caractère de son architecture ancienne.
Près de là on descend dans le cimetière de Saint-Calixte, connu sous le nom de Catacoubes.
Ces catacombes sont ouvertes au public les 21 et 22 décembre.
Basilique Sainte-Agnès hors les MORS — (sur la voie Nomentane.
— 2 kil. hors la Porta Pia). Dans une cour qui précède, on voit une fresque représentant Pie IX échappant au danger de l'écroulemcnt d'un plancher.— On descend dans l'église par 43 degrés.
La mosaïque de la tribune date
de 626 (le 20 septembre ,1870, pendant le siège de Rome par l'armée italienne, un obus lancé par les défenseurs de la ville a traversé les combles de la basilique et endommagé le sofflte).— Il y a une entrée des Catacombes dans le voisinage.
Églises.
« Presque toutes les églises peuvent être divisées en deux groupes principaux : les basiliques antiques et les églises modernes. Les édifices du xu* au xv« s. semblent faire défaut. La plupart des églises modernes sont dans le style qu'on a appelé en France le style jésuite. »
— Particulièrement préoccupé du coté artistique de cette description, nous nous sommes peu attaché à la partie légendaire, qui à elle seule exigerait de longs développements. Le trésor des reliques accumulées à Rome est inépuisable : il semble que rien n'ait été perdu, ou que tout ait été retrouvé. On conserve la baguette de Moïse (à Sl-Jean de Latran) ; la crèche de Jésus-Christ ( à Ste-Marie- Majeure);on a quelques brins de paille et des langes; on a un portrait de J.-C. à 12 ans; un autre donné à St Prudent par St Pierre; des portraits de la Vierge, par St Luc, à en faire une galerie; on a la margelle du puits où J.-C. s'assit quand il dernanda à boire à la Samaritaine (à St-Jean de Latran); la table sur laquelle il fit la cène
avec ses disciples (ibidem); la colonne à laquelle il fut attaché pour être flagellé {à Santa Pras sede) ; la pierre sur laquelle les soldats jouèrent ses vêtement!
(à St-Jean de Latran). A la basilique de St-Pierre, on conserve le sudarium ou saint suaire, linge où est empreinte la face du Christ. 11 est placé au-dessus de la statue de Ste Véronique, sans doute à cause de raffmité des noms : Véronique et vera iconica, vraie image (on trouve iconica pour icon dans Grégoire de Tours) ; la lance avec laquelle le Christ fut frappé au côté (au-dessus de la statue de St Longin). Elle fut envoyée au pape par le sultan Bajazet, qui espérait, en retour, être délivré de son frère Zizim (Rio, II, 105) ; enfin on a trouvé et on conserve à l'église de Santa Croce in Gerusalemme la planche en bois portant la fameuse inscription :
Jésus Nazarends rex Judj^ordm; un des 30 deniers d'argent de Judas; les osselets du doigt de saint Thomas,emblème du doute, offert à son tour à une crédulité qui d'ailleurs n'intéresse pas la foi.
On compte à Rome 389 églises. Nous signalerons seulement les plus remarquables.
Les églises de Rome sont généralement fermées de midi à 2 h.; les basiliques restent ouvertes.
Santa Agnese— (place Navone).
Borromini l'acheva, fit la coupole, la façade. Cette église, récemment restaurée, est à Tin*
ROMB. [route 86]
térieur ornée de stucs dorés, et
décorée de 8 colonnes en marbre, d'ordre corinthien. Les peintures des quatre pendentifs sont du Baciccio. — Monument funéraire de la princesse Talbot-Doria (f 1857), par Tenerani. Dans la crypte on voit un bas-relief, par VAlgarde, représentant la sainte, conduite nue au martyre et miraculeusement couverte de ses cheveux.
Sant' Agostino (PI. 3) — (Saint- Augustin), (auN.-E. de la place Navone) bâtie sur les dessins de Baceio Pintelli par le cardinal d'Estouteville , archevêque de Rouen. La coupole, la première que l'on ait élevée à Rome, fut exécutée en 1580. On va admirer dans cette église la célèbre fresque, malheureusement insuffisamment éclairée et aujourd'hui très-altérée, du prophèie isaïe, par Raphaël, exécutée, dit-on, en 1512, après avoir vu les prophètes de Michel-Ange.
Beau groupe en marbre : la Vierge et sainte Anne, par Andréa Contucci da Monte Sansùvino ; Vierge, par Michel-Ange Car av âge; beau groupe en marbre, par Jacopo SansovinOf de Madone tenant l'Enfant Jésus.
Sant' Andréa délia Valie (au S.
de la place Navone), (PI. 6) — commencée en 1591. Façade par C. Reinaldi. La coupole peinte par Lanfranc. Les 4 Évangélistes, dans les pendentifs, sont des chefs-d'œuvre classiques du Dominiquin. Fresques autour du chœur, par le Calabrais. Tombeaux de Pie II et de Pie 111.
[HOUTE 86J BOHE.
SantiApostoli, — Saints-Apôtres (place du même nomj, (PI.
7) reconstruite par F. Fontana (1702). L'intérieur a été restauré en 1871. Monument du graveur Yolpato, par Canoua, âgé de 35 ans. — Sur la porte de la sacristie, tombeau de Clément XIV, ouvrage célèbre de Canova. Dans le corridor du couvent, cénotaphe élevé à Michel-Ange, qui fut d'abord enterré ici.
Ara Gœli, Santa Maria in Ara Cœli (à côté du Capitole et sur l'emplacement du temple de Jupiter Gapitoiin. — Pi. TA).
On y mon le par un large escalier de 124 marches. Intérieur divisé en 3 nefs par 22 colonnes antiques. On conservée l'église d'Ara Gœli le santissimo hambino, petite statuette que la légende dit taillée d'un arbre du jardin des Oliviers. Le jour de Noël, on l'expose dans une crèche (presepio).
Gapucciki — (les Capucins, ou Santa Maria dklla Goncbzione, près la place Barberini. —PI.
10), bâtie par ordre du cardinal F. Barberini, capucin et frère du pape Urbain VlII. Célèbre tableau du Guide représentant l'archange saint Michel. ~ Dominiquin, Saint François en extase. And. Sacchi, Saint Antoine. P. de Cortone, Saint Paul.
— On va visiter sous l'église le
ClMETlàRE S00T£RRA}N, OÙ SOnt eX-
posés les cadavres desséchés des capucins revêtus de leurs robes. Les ossements, bizai rement arrangés, en forment la décoration.
San Carlo ai Cati.nari (place Catinari--(P1. 11). Église bâtie en 1612. La façade, par /. B, Soria. L'intérieur d'ordre corinthien. La coupole est une des plus grandes de Rome.
Beaux pendentifs du Dominiquin représentant les vertus cardinales. Annonciation de Lanfranc. Au maitre-autel, immense tableau de P. de Cortone : Procession de saint Charles Borromée pendant la peste de Milan. Dans le chœur, belle fresque du Guide (Saint Charles). A g.. Mort de sainte Anne, chef-d'œuvre d* Andréa Scu^chi.
San Carlo — (sur le COrso — PI. 12). Commencée en 1612, terminée par P. de Cortone. La façade, exécutée postérieurement. Cette église abonde en marbres précieux, en peintures, en stucs dorés. Mattre-autel :
Saint Charles présenté au Sauveur par la Vierge, un des meilleurs ouvrages de C. Jfaratta.
ftan Glementé — (sur la rue allant du Colisée â Lalran) -> (Pi.
15). Une des églises les plus anciennes de Rome', intéressante surtout en ce qu'elle conserve la forme des basiliques des époques primitives. Mise en l'état actuel par Clément XI au commencement du xviii* s.
Elle est précédée d'un atrium
* Des fouilles entreprises en 1858 ont fait .découvrir l'ancienne basilique de SainUGIétnent et dei fresques curieuses, ainsi que des suhstrnctions que l'on a voulu faire remonter JJUgjju'au temps des rois de Rome ^?K
ITALIE DIAMANT
194 RC
ou cour carrée à portiques. — L'intérieur a trois nefs ; un des bas-côtés, plus large, était occupé par les hommes. — On remarquera : le beau pavé en opus Alexandrinum ; les deux ambons de marbre ; la mosaïque de l'abside, du mu* s. ; des fresques de Masaccio (Sainte Cécile discutant avec les docteurs).
Gesi^ — (Jésus) place du même nom — (Pi. 19), une des églises les plus vastes et les plus riches de Rome, appartenant à la congrégation des jésuites, commencée en 1568 par le célèbre Vignole; Jacques de la Porte, son élève, fit la coupole et la façade. Fresques de la voûte, de la coupole et de la tribune, par le Baciccio. Transsept de dr. Mort de saint François Xavier, par C. Maratta, tableau qui a noirci. — Tombeau du cardinal Beliarmin; figures de la Religion et de la Sagesse, ))ar le Bernin, — Rien n'égale la richesse de l'autel de Saint-Ignace, dessiné par le P.
Poxzi, jésuite.
Sajc GIoVA^NI de' Florentini (saint Jean des Florentins — au bord du Tibre, à l'entrée de la viaGiulia — PI. 20), construite par Sansovino , San Gallo , Glac. délia Portât C. Maderne.
Façade d'A/. Galileié Peintures ; Santi di TitOi Saint Jérôme; Salvator Rosaj Délivrance des saints Gosme et Damien.
S. Gregorio (sur le ihont Celio — PI. 25). Reconstruite en
1£. [route 86 J
Dominiquin , Flagellation du saint'.
Saht'Ignazio, — (Saint-Ignace de Loyola) (place du même nom entre le Corso et le Panthéon— Pi. 24), commencée en 1626. La façade est de VAlgarde. C'est une des belles façades de style jésuite. — Le P. Pozzi (1642- 1709), jésuite, peintre, sculpteur et architecte, possédant une surprenante célérité d'exécution , peignit le plafond de Saint-Ignace en 10 ou 12 mois.
Sak Lorekzo in LuGiNA (place du même nom) : tombeau de Poussin.
« San Loifi de' Franoesi, — Saint-Louis des Français (près de la place Navone — PI. 27), l'église des Français résidant à Rome. Achevée sur les dessins de Giac. délia Porta, en 1589, Tannée de la mort de Catherine de Médicis, qui y contribua pour des sommes considérables. Elle est la propriété de la France.
— Peintures de la voûte de la nef, par Natoire. — Monument élevé en 1852 à la mémoire des soldats français morts au siège de Rome en 1849. Belles fresques classiques du Dominiquin (Actes de sainte Cécile). — Tombeaux : du cardinal d'Ossat ; du cardinal de Remis ; du peintre Pierre Guérin; de B. Wicar; inscription lapidaire de rarchéologue J.-B. Séroux d'Agincourt.
— Maltre-autel : Assomption , de Fr. Baaaano. Chapelle à g,, tableaux latéraux, par le Ca-
1734. On va y voir des fresques! ravage; fresque de la voûte, du Guide, Saint André, et du | par [le Chev; d'Arpt». ** Tom-
[bo.uîe 86]
beau de M— de Moiîtmorin, érigé par M. de Chateaubriand, qui en composa l'élégante inscription. — Monument à la mémoire de Claude Lorrain, par l,cmoyne.
San Mabco (place du même nom), fondée en 530, rebâtie, en 1468, par Paul II. Façade l^ar Giuliano da Majano. A l'abside, mosaïque de 833.
Santa Maria de(U Angeli, — Sainte-Marie des Anges (place des Termini — PI. 30), une des plus grandes églises de Rome.
Michel-Ange, âgé de plus de 80 ans, établit cette église dans une immense salle (bibliothèque ou cella Calidaria) des Thermes de Dioclétien. 11 conserva en place les 8 belles colonnes de granit d'un seul morceau, mais pour préserver l'édifice de l'humidité, il exhaussa le pavé de 2 met. Longueur de la grande nef, aujourd'hui transversale, lOO'raèt.
62» Sous Benoît XV, Vanvitelli altéra les belles dispositions de Michel-Ange, et mit l'édifice dans l'état où il est aujourd'hui. L'église de Michel-Ange devint la nef transversale de la sienne. — Dans le vestibule rond d'entrée, ajouté par Vanvitelli :
tombeaux de C. Maraita, de Salvator Rosa. Dans le passage, belle statue de saint Bruno, par Houdon. On remarquera les fresques de Romanelli, Pré.sentation de la V. ; du Dominiquin. Martyre de saint Sébastien; Baptême de J.-C, par C. Uaratta (peut-être l'œuvre ca-
KOMu:.
pitale de ce peintre de la décadence).—Enfin, la Mort d'Ananias et de Saphire, peint sur ardoise, par le Pomerancto. — Nef transversale g. ; la Chute de Simon le Magicien, œuvre capitale de Pompeo Battoni (entente du clair-obscur); Saint Basile et l'empereur Yalens qui s'évanouit, ]^air Subleyras. {hans cet ouvrage, le peintre français se montre à la hauteur des peintres italiens de cette époque.) Les autres peintures sont par Musciano, Bianchini, Costanzi, Trevixani. — Le cLoiTiui DES CuAKTREux, derrière l'églisc, a été dessiné par Michel-Ange.
Sakta Maria dell' aniva (prés et auN.-O. de la place Navone), 3 nefs voûtées et presque de même hauteur. Beau mausolée du pape Adrien VI, dessiné par Balt. Peruzzi. Fresques du Sermoneia, de Salviatû Copie en marbre de la Pietà, de Michel- Ange, qui est à Saint-Pierre.
SanU Maria sopra Minérva
- près du Panthéon (PI. 38).
Bâtie au xiv s. sur l'emplacement d*un temple de Minerve.
— A côté du chœur, à g., statue du Christ debout, tenant la croix, par Michel^Ange. Elle fut terminée par Fed. Frizzi, sculpteur florentin. A l'opposite, Saint Jean, par ObiszL Ange présentent à la V. 3 jeunes filles de la confrérie de l'Annunziala; attribué au Fie»ole.
Statue d'Lrbain Vil, par Buonvicino. — Transsept de dr*, chapelle de Saint-Thomas-d'Aquin, Hresque de FUippino Lip-
KONE.
pi. A la voûte, sibylles et anges, par Raffaellino del Garbo. A g. de l'autel, tombeau de Paul IV, dessiné par Pirro Ligorio. — Tombeau gothique de Guiil.
Durand, remarquable par ses mosaïques et ses sculptures, par Giov. Cosimati, — Maitre-autel moderne. Sous l'autel sont les restes de sainte Catherine de Sienne. Derrière le mattre-autel : tombeaux de Léon X et de Clément Vil, par Bandinelli.
Les statues de ces papes sont de Raf. da Mêntelupo, et de Nani di Baccio Bigio. — Prés de Léon X, pierre tombale du cardinal Bembo, consacrée par son fils naturel, qu'il avait eu de la Morosina. ~ Dans un corridor conduisant à une porte derrière la tribune, plusieurs tombeaux de cardinaux, par Giac. délia Porta, le Bemin et C. Rainaldi. Avant de rentrer dans la nef, on voit à dr., enchâssé dans le mur, le tom- . beau d'un humble moine qui fut un grand artiste, de Beato Angelico. L'inscription porte :
Hic JACET VeM. PlCTOR Fb. Io. DE
Flor. Obd. P. (ordinis Praedicalorum). MCCCCLV. — Sacristie, Christ en croix et saints, par Atid. Sacchi, — En rentrant dans l'église, on voit dans la chapelle Saint-Dominique le tombeau de Benoit XIII.
Statuette de saint Sébastien , par Mino di Fiesole.
Le couvent attaché à cette église, résidence du général de l'ordre des Dominicains, est aujourd'hui occupé en grande