‹ Italie et SicileChapitre 188 sur 426 · JO · texte numérisé non relu

JO

LE VBSUV£.

gravi qu'à pied ou au moyeu de porteurs. L'ascension des pentes de cendre, présentant une inclinaison de 50 desrrés, est excessivement fatigante, parce qu'elle cède sous les pas.

L'ascension du cône demande environ 3/4 d'heure. Nous conseillons de faire cette excursion de manière à se Irouver au haut du Vésuve au coucher du soleil, pour y jouir du splendide spectacle du golfe et du vaste horizon, étincelant des dernières clartés du jour.

Un peu au-dessus de l'ermitage S. Salvatore, s'élève un éditice dont l'apparence excite la surprise au milieu d'un site si désolé ; c'est un observatoire météorologique.

Le Vésuve, dont le cône isolé et fumant forme le point de vue le plus intéressant de la contrée, a une hauteur de 1,200 met. environ. Bien qu'il soit un des volcans les moins élevés, c'est le plus célèbre, et, par une particularité bien singulière, ce point si peu étendu contient une plus grande variété d'espèces minéralogiques qu'aucun autre point de la surface du globe d'une étendue pareille. Le cône de cendres est à l'élévation totale de la montagne comme 1 : 3, tandis que pour le Pichincha, au Pérou, il est comme 1 : 10, et pour le pic de Ténériffe comme 1 : 22. Le cône de cendres proportionnellement plus élevé du Vésuve provient, selon M. de Humboldt. de ce qu'étant un volcan bas, l'aclion

s'est concentrée principalement dans le sommet.

Les écrivains antiques. Diode re de Sicile, Vitruve, Plutarque, Strabon, parlent du Vésuve comme d'un volcan éteint de- )niis des siècles. Selon l'exact Strabon, il présentait alors un seul cône tronqué, au lieu des deux parties dans lesquelles il se divise aujourd'hui : 1" le cône volcanique, ou Vésuve proprement dit ; 2* la Somma, formant au N. et à l'E. du premier une ceinture semi-circulaire, à parois abruptes du côté intérieur et à pentes médiocrement inclinées à l'extérieur. Entre la Somma et le Vésuve est une vallée de 500 met. de large {Atrto del Cavallo). On pense généralement que la Somma est une portion du cône unique constituant la montagne du temps de Strabon, et qui fut en partie détruit lors de la terrible éruption de 79, où périt Pline le naturaliste. C'est alors que se serait produit le cône du Vésuve, et que furent ensevelies Stabies, Herculanum et Pompéi, non sous des torrents de lave, car il parait que celte éruption n'en pioduisit pas, mais sous des masses de débris ponceux,identinues au tuf de la Somma et qui existaient auparavant, comme dans toute la Campanie.

La roche qui compose la Somma diffère des laves du Vésuve. Les strates de la Somma se relèvent régulièrement vers le centre du cône sous un angle de 25 à 50 degrés, et les

flancs sont recoQverts par des couches de tuf ponceux, présen* tant quelques coquilles fossiles des terrains tertiaires, qui semblent attester qu'à une certaine époque géologique le volcan du Vésuve était sous-marin.

En 472» une éruption, dont parlent A m mien Marcellin et Procope, transporta les cendres du Vésuve jusqu'à Constantinopie. — Le Vésuve resta en repos entre l'éruption de 1500 et celle de 1631. pans cet intervalle, en 1538, fut soulevé le Monte-Nuovo, près Pouzzole ; — Le mont Etna au contraire fut en activité pen> dant cette période. — Braccini, qui visita le Vésuve peu avant l'éruption de 1631, dont il fut l'historien, en donne l'intéressante description que voici :

« Le volcan avait 5 mil. ^1 lieue 2/3) de circonférence et environ 1,T)00 pas de profondeur; ses flancs étaient couverts de broussailles, et au fond se trouvait une plaine dans laquelle paissait le bétail. » Le 16 décembre 1631, 7 courants de laves sortirent à la fois et inondèrent plusieurs villages situés au bas delà montagne. Résina, en partie construite sur l'emplacement d'IIerculanum, fut consumée par le torrent de feu. Les mondations de boue ne furent pas moins destructives que celle de la lave elle-même. Car telle est l'abondance des pluies dues à la masse de vapeurs lancées dans l'atmosphère, qu'il se précipite le long des flancs du cône de véritables torrents, qui se char-

LE VESUVE. [boute 90]

gent d'une poussière volcanique impalpable, et, entraînant avec eux des cendres incohérentes, acquièrent une consistance suffisante pour justifier le nom de « laves aqueuses. » (Lyell.) On prétend que 4,000 personnes périrent dans cette catastrophe.

— Si les éruptions modernes n'ont pas donné lieu à des phénomènes d'une intensité aussi redoutable que ceux de l'éruption de 79, qui engloutit Herculanum et Porapéi, néanmoins elles entrai nèi^ent plusieurs fois la destruction partielle des villages bâtis au pied du Vésuve.

Des torrents de lave ont plusieurs fois traversé Torre del Greco. En 1794, ce village fut traversé par un courant qui y fit périr plus de 400 personnes.

Il enveloppa les maisons d'une masse de 12 à 40 pieds d'épaisseur et s'avança, sur une largeur de près de 1,000 pieds, de 3o0 pieds dans la mer.

Lors des éruptions, la fumée s'élève du cratère sous la forme d'une colonne perpendiculaire jusqu'à une hauteur de 3,000 met., et s'élargit à son extrémité supérieure , d'une façon qui l'a fait comparer à un pin.

Les pluies de cendres et de petits fragments de pierres ponces, dits lapilli ou rapilli, durent quelquefois plusieurs jours. Elles durèrent 12 jours dans l'éruption de 1822, observée par M. de Humboldt. Lavapeur d'eau chaude, lancée à la hauteur de 3,000 met., se condense dans une atmosphère plus

Broute 90]

ffoide, et cette brusque conden* (ation augmente la tension électrique; des éclairs sillonaent en tont sens la colonne de cendres, et on«ntend le roulement du tonnerre, distinct du bruit du volcan. Outre les cendres et les lapilli^ le Vésuve lance encore des pierres raesu- 1 anl un mètre cube jusqu'à la hauteur de 1.200 met. Parfois, sous l'influence de la pression inlérieure, la montagne se crevasse et la lave coule par des bouches ouvertes bien plus bas que le cratère. La lave conserve sa chaleur interne quelquefois pendant, des années entières, étant recouverte à sa surface de scories , qui sont de mauvais conducteurs de la chaleur. On a observé, en 1819, à l'Etna, un c<Mu*ant qui, 9 mois après sa sortie du cratère, s'avançait encore sur une pente considérable en parcourant 1 met. enviion par heure. On estime la vitesse ordinaire de la lave, h sa sortie du cratère du Vésuve, à 1,000 met. par heure. A la suite des éruptions, il y a parfois aussi un dégagement d'acide carbonique de dessous les anciennes laves et dans les souterrains et les caves; et ce phénomène est désigné sous le nom de mofettes (mofete). En 1822, il «e manifesta 40 jours après l'éruption. En 1794, il fit périr beaucoup de personnes, qui furent asphyxiées. La durée des phénomènes volcaniques est variable. Tantôt ils conservent leur activité et se reproduisent

LE VÉSUVE, — HERCDLANUM. tSS

pendant des années entières, tantôt ils s'apaisent rapidement.

Bercaltnnm.

C'est à Résina qu'on y descend ; on donne 2 fr. aux guides qui fournissent les torches.

HEacuLANVn (Ercolano) — est, avec PoHPÉi et Stabi^e, une des villes englouties par l'éruption de l'an 79 (F. p. 253). Ces trois villes étaient situées à peu près à égale distance. Celle d'Herculanum, bâtie sur une coulée de lave trachytique, probablement contemporaine de la Sommât fut ensevelie sous une masse de cendres embrasées qui ont caU ciné les objets sur certains points, ou qui , entraînées par des torrents d'eau descendant des flancs du Vésuve, formèrent un tuf d'une telle dureté, qu'on l'a pris longtemps pour de la lave. Toute la matière qui y remplit l'intérieur des édifices y a été évidemment introduite à l'état de limon. Hais les couches supérieures des dépôts ont été recouvertes de coulées de lave à des époques postérieures.

Le nom d'Herculanum a disparu depuis l'éruption de l'an 472.

M. Hamilton y a compté six couches superposées , provenant de différentes éruptions et séparées par des lits de terre végétale dans lesquels on a, dit-on, recueilli une quantité considérable de coquilles terrestres. Toute cette masse accumulée a une épaisseur de 21 à 34 met. Ilerculanum, ainsi que

iS6 HERGULANUBf

Pompéi, était un port de mer.

« A Her^culanum, aussi bien qu'à Pompéi, le petit nombre de squelettes qu'on a trouvés prouve que la plupart des habitants eurent le temps de s'enfuir et purent emporter ou revenir rechercheren partie leurs effets. »

Herculanum remontait à une haute antiquité. Il devint colonie romaine et fut l'une des villes les plus florissantes de la Campanie. Il paraît avoir été une ville plus artistique que Pompéi, livrée au commerce.

Son port s'appelait Retina, nom conservé dans le nom moderne de Résina. Pendant des siècles Herculanum était resté presque oublié, lorsqu'en 1711 Emmanuel de Lorraine, prince d'Elbeuf, ayant besoin de marbres pour orner une maison qu'il faisait construire à Porlici, apprit que, dans un puits creusé à Résina par un boulanger, on en avait trouvé en abondance ; il ordonna de continuer à creuser dans ce lieu , de manière qu'on découvrit le théâtre d'Herculanum par la partie postérieure de la scène. Charles III interdit la continuation des fouilles et les fil reprendre en 1758. Longtemps interrompues, elles ont été reprises de 1828 à 1837.

ÏMÉATHE. — C'est le premier monument et le plus grand qu'on ait découvert. Il pouvait contenir 8,000 spectateurs. Ce théâtre était enrichi de colonnes et de statues en marbre et en bronze, parmi lesquelles

n'a d'aiUeiCtS-:!

4 statues équestres ef S doré. ~ Cette visite, J lueur des flambeaux d'une cave,

médiocre intérêt auj^-'^'^'^y"^ L'emplacement est obi 1*»^ des piliers massifs, di -^f^ étayer les terres sup< -'/wJ.'wL et qui empêchent de i iSîJ^ l'œil la disposition. ~Jd'!n^^ BAsiLiyuE. — Cet édifi jf^-y^'^' de 74 met. et large de < 'ph /lu,^ un porti que de 42 colonn JJ"^^^ orné de statues en mj — a^^ en bronze, et de pein -Xttï fresque. ^^

Sur la place, devant 1 !"^&/s, lique, se trouvaient le statues équestres, qui s4 jourd'hui au musée (F, de M. Noniits Balbus eU fils. If. Nonius, proconsi De 1750 à 1760 on dé l'importante :

Villa d'Aristide ou dei nos. — On y trouva le ivre, les 6 célèbres Dan* le Faune dormant, leMé l'Aristide, l'Homère, la Mi étrusque, une quantité d^ tes, le groupe du Satyre e Chèvre (Musée secret) 61 bibliothèque de papyrus Musée de Naples).

Les rues d'Herculanum droites, pavées de dalK lave et bordées de troti Les maisons particulières tribuées comme à Pompéi^ à un seul étage. *

Fompùi.

On s'y rend de Naples par le

làbrmiie (le li-llarlicllc H Cf Edtlpiii's.Vai-ÎH.

de iranjfrittide

^AAHonù . A'.lfallon. H iorofiLt

mai

IlOf^r

df Jttp tt^r M tir . hman

lit'r d* Sculfilintr ^duSaleon

P»ea méridional du Vésuve, sur 1 plus loin). Ils revinrent môj "ne ancienne coulée de trachy- I fouiller ce sol d'ensevelij

ITIIIB ». Q I

'TALIF DIAMANT.

les en marbre et I

armi lesquelles > On s'y rend de Naples par le

R.OUTË 90]

POHPËl.

ih*î

ïliemin de fer. On descend à la station de Pompéi même. Il y a une bonne auberge dans le voisinage ( hôtel Dioméde ) ; prés de la porte de Stables, il y » une auberge : Osteria di Sta- !fia, qui prend des pensionnaires à 5 fr. par jour. Les visiteurs sont accompagnés par des guides établis par Tautorité. Depuis 1863, on a établi un tourniquet pour compter les visiteurs; on paye 2 fr. d'entrée par personne. Entrée gratuite le dimanche. Par cachet d'abonnement, 15 fr. pour dix entrées. En entrant à Pompéi chaque voyageur reçoit un cachet qui lui permet de parcourir la ville dans toutes les directions.

Une demi-journée suffit pour cette excursion, si, en présence de ces ruines si étendues et si intéressantes, on veut se contenter seulement d'un premier et rapide examen.

Pompéi est la plus grande curiosité de l'Italie. Une ville tout entière est là sous nos regards, conservée telle que l'ont laissée ceux qui l'habitaient il y a 1,800 ans. L'on peut errer dans ses rues, visiter ses temples, ses théâtres, sesédiflces, pénétrer dans les pièces les plus reculées des maisons particulières, et retrouver sur le pavé la trace du dernier char qui l'a traversée.

Pompéi, une des trois villes i's la Campante ensevelies par l'éruption de 79, était bâtie au pied méridional du Vésuve, sur une ancienne coulée de trachy-

ITALIR DIAMANT.

te, à l'extrémité d'un promon toire baigné des deux côtés par la mer, et à l'embouchure du Sarno. Cette ville remontait à une haute antiquité. Cicéron y avait une jolie villa, où il reçut Auguste, Balbus,Hirtius..., et où il écrivit ses Offices. l\ s'y retira après la bataille de Pharsale.

En l'an 65, Pompéi fut ruinée en partie par un tremblement de terre qui dévasta la Campanie. Cependant la ville avait déjà repris toute sa splendeur quand, le 23 novembre 79, au milieu du Jour, éclata l'éruption qui devait l'engloutir sous des torrents d'eau et de cendres, dans lesquelles on ne retrouve aucune des matières que vomit aujourd'hui le volcan dans ses éruptions. Les toitures en bois des maisons furent incendiées ou enfoncées par le poids des matières accumulées. Les bois brûlés , les verres fondus...

prouvent que les matières incandescentes vomies par le volcan parvinrent à Pompéi avant les pluies, qui ne l'inondèrent que lorsqu'elle était déjà couverte de pierres ponces et de cendres. Ces torrents de débris transportèrent de tous côtés les objets mobiliers et fragiles, et en les recouvrant empêchèrent qu'ils ne fussent écrasés par l'écroulement des étages supérieurs. On n'a trouvé qu'un assez petit nombre de squelettes (environ 600) ; les habitants purent s'enfuir (V. Amphithéâtre, plus loin). Ils revinrent même fouiller ce sol d'ensevelisse-

ment, qui n'avait pas encore acquis son épaisseur actuelle de plus de A met. (on peut y reconnaître sept couches superposées, au-dessous de la terre végétale), et ils retirèrent de leurs habitations leurs trésors et des objets précieux de leurs édifices. Ils se rebâtirent un village à quelque distance, auquel ils donnèrent également le nom de Pompéia. Cette nouvelle Pompé! fut à son tour ensevelie, et probablement par l'éruption de 472.

On ne s'explique pas que la découverte de cette ville n'ait pas été faite dès 1592, lorsque l'habile architecte Domenico Fontanat chargé d'amener les eaux du Sarno à Torre dell' Annunziata, fit creuser un canal à travers l'emplacement de Pompéi, le Forum et le temple de Vénus. En 1748, des paysans travaillant à faire un fossé découvrirent des objets d'art. Le roi Charles 111, averti de cette découverte, fit poursuivre les fouilles, et successivement, depuis, une partie de la ville de Pompéi, ensevelie depuis près de 17 siècles, reparut à la lumière. C'est surtout sous la domination française que les fouilles prirent de l'activité. Depuis la chute de Murât, elles ont été poursuivies d'une manière irrégulière, et souvent interrompues. Le tiers de la ville à peine était découvert en 1860; s'il avait fallu 106 ans pour obtenir ce résultat, il eût fallu encore 4 siècles pour la déblayer

K)MPÉI. [ROtJTE 90j

complètement en procédant avec la même lenteur et en ne consacrant à ces recherches, si intéressantes , que la faible somme de 25,000 f r. par an (réduite même à 10,000 fr.), pour travaux et réparations. Par bonheur, le gouvernement italien établi par la révolution de 1860 vint mettre ordre à toutes ces négligences et à ces iniquités.

Le savant archéologue, M. Fiorelli, fut nommé inspecteur des fouilles. Sous son intelligente direction, les travaux furent vigoureusement repris, et on a déterré, en quelques ans, plus de trésors qu'on ne l'avait fait dans les trente années précédentes. Tout a été réforme, moralisé; le visiteur n*a plus à payer la suite de guides, de porte-clefs et de mendiants qui le dévalisaient autrefois.

Un petit musées établi depuis peu, fournit aux curieux l'occasion d'examiner sur place les curiosités découyertes. On y voit des moulages, obtenus à l'aide du plâtre liquide versé dans les cavités formées par les cendres durcies autour des cadavres étouffés, et reproduisant ces victimes dans l'horrible vérité de leur agonie.

Une bibliothèque, contenant déjà les beaux livres publiés sur Pompéi, permet aux studieux de les consulter dans Pompéi même.

Murailles, — découveiles en 1814. Pompéi était défendue par un double mur de 20 à 30 pieds de hauteur et renfermant un

|bodtb 90]

lerre-plein assez large pour être parcouru en certains endroits par 3 chars defront.— Les portes sont entièrement ruinées, excepté celles d'Herculanum et de Nola.

UuEs. — Elles sont droites en général et très-étroites; un •^rand nombre le sont tellement qu'on peut les franchir d'une seule enjambée. Un seul char pouvait y circuler; on voit encore les traces des ornières. Elles sont bordées de trottoirs élevés. Quelquefois un dé en pierre est placé au milieu de la rue pour faciliter le passage d'un trottoir à l'autre en temps de pluie.

Maisons. — L'architecture qui règne à Pompéi dans les édifices publics est une corruption de l'architecture grecque. — Les habitations particulières n'ont la plupart que 2 étages. Quelques-Hines en avaient 3, comme la maison de Dioméde (V. p.

261). Ces maisons, bâties presque toutes sur un même plan, sont remarquables par la petitesse des pièces, ainsi que par les décorations. 11 faut se rappeler que la ville de Pompéi, bien qu'ensevelie depuis 18 siècles, est une ville neuve et rebâtie peu de temps avant l'éruption qui l'a engloutie. Cette circonstance lui a enlevé son caractère archaïque et a contribué à la monotonie de ses constructions refaites à la hâte.

La disposition principale des maisons de Pompéi consiste en deux cours intérieures, envi-

ronnèes de portiques et d'appartements ; l'une, Vatrium, espèce de forum destiné à recevoir les visiteurs et les étrangers; l'autre, le peristylum, appropriée à la vie privée el domestique. C'est là le type du la maison romaine correspondant â la double vie privée et publique des citoyens. Les dispositions variaient d'étendue et d'importance selon la fortune des propriétaires. Les principales étaient les suivantes : — leprothyrum ou vestibule, ayant une porte d'enti*ée sur la rue et une seconde porte ouvrant à l'intérieur sur l'atrium. — Vatrium était une salle carrée dont le plafond laissait au centre une ouverture {compluvium) donnant du jour à la cour et livrant passage aux eaux pluviales, qui étaient reçues dans un bassin carré {impluvium) situé au milieu. Le portique autour de la cour était désigné sous le nom de cavœdium. Autour de l'atrium étaient distribuées des chambres à coucher (cubicula) éclairées par la porte. Au fond de l'atrium était le tablinum, salle d'audience où l'on conservait les images des ancêtres et les archives de la famille. De chaque côté deux pièces appelées ailes (alx) avaient en partie la même destination. Le tablinum servait quelquefois de pièce de communication entre l'atrium et le péristyle : cette communication s'effectuait ordinairement par un corridor appelé fauces.— Le

peristylum était une cour ouverte à l'air, au milieu, et entourée d'un portique à colonnes, servant d'abri pendant la pluie. Au centre était un petit parterre orné de fleurs. Un mur à hauteur d'appui, pluteus, s'étendait entre les colonnes. C'est autour du péristyle qu'étaient les appartements intérieurs, entre autres la salle à mander, désignée sous le nom de triclinium^ d'après les trois lits placés autour de la table, et sur lesquels les convives se couchaient pour prendre leur repas. 11 y avait des inciinta pour l'été et pour l'hiver. Des chambres à coucher étaient distribuées autour du péristyle, comme autour de l'atrium. Au fond du péristyle était Vœcust salle élégante, ouvrant souvent sur le jardin, et où se tenaient les femmes. II y avait encore Vexedra, salle avec des bancs en hémicycle pour la conversation ; la bibliothèque; la pinacotheca uu galerie de tableaux ; le lara- Hum ou chapelle des dieux domestiques; la salle de bains.

Tout au fond était un petit espace libre, planté de fleurs et d'arbustes, nommé xystu». On y voyait des fontaines et des statuettes. C'est là qu'était, sous des treilles, le triclinium d'été.

Dans quelques maisons, comme dans la maison de Salluste, les appartements des femmes occupaient à part une partie de l'habitation, à la manière d'un harem. L'entrée des appartements était gardée par des esclaves

POMPÉl. [route 90]

qui habitaient de petites chambres contiguës. — Les pièces du premier étage, désignées aussi sous le nom de cœnaculaf servaient à loger les provisions et les esclaves. Cet étage avait seul des fenêtres sur la rue. Il présentait quelquefois des terrasses ombragées de treilles. Des conduits en plomb y amenaient l'eau, sans doute pour l'agrément de ces jardins aériens. — On a trouvé du charbon dans des chambres de quelques maisons, mais point de traces de cheminée ni à Pompéi ni à Herculanum; il existe toutefois des espèces de fours avec des tuyaux. — L'absence d'écuries et d'étables n'est pas moins remarquable ; même dans les auberges, les squelettes des chevaux gisaient dans les cours. — Au lieu de numéros sur les maisons, une inscription en lettres rouges ou noires indiquait le nom du propriétaire.

Les maisons, même des riches propriétaires, étaient entourées de boutiques dans lesquelles ils faisaient vendre leurs denrées, ou qu'ils louaient. Elles se fermaient la nuit avec des volels à coulisse. — Les plus petites boutiques, aussi bien que les maisons, sont ornées de mosaïques et de peintures. Malheureusement ces peintures, qui avaient conservé toute leur fraîcheur, s'altèrent une fois exposées à l'air.

Après ces renseignements préliminaires, nous allons procéder à l'indication des princi*

Page 1