XIV. BoRGO, — ou cité léonine (F
p. 143), le dernier quartier réuni à Rome (le Vatican, la basilique de S*-PieiTe, le château S^-Ange, l'hôpital San Spirito, le, palais Giraud).
ftOUTE 29. — ROKE. — COLLINES.
- Si Ton excepte les Quartiers
3u'on achève de construire (4875) près e la station du chemin de fer de S*«- Blarie-Majeure, où les rues, tirées au cordeau, sont formées d'ilôts de maisons, disposés en massifs quadrilatères, les anciennes rues de Rome sont, en général, girolles. Quelqups-uncs cependant sont grandes et régiilicrcs, et ornées de somptueux édifices. — Les trois rues du Corso, du Babouin (Babbuino) et de Ripeiia, qui, de la place du Peuple, pénètrent dans la ville en divergeant, offrent une belle perspective à l étranger qui entre par la voie Flaminienne.
Les rues qui forment le carrefour des Quatre-Fontaines, et, près du Tibre, la rue Giulia et celle de la Lungara (Trastevere), doivent être citées également parmi les plus belles.
ff Après les dévastations du Normand Robert Guiscard, ceux des habitants qui avaient pu échapper au désastre, trouvant en rentrant leurs quartiers ensevelis sous d'immenses décombres, durent chercher on autre terrain pour s'y établir : ils se dirigèrent vers la plaine du Champ de Mars, qui ne contenait que des monumenU publics et des promenades ; ils en occupèrent les espaces vides, et commencèrent à Y élever péle-môlc leurs habitations : c est là l'origine de Rome moderne. En visitant les Quartiers qui avoisinent le Tibre et le Capitole, où, sans doute, ont commencé les premières constructions, on est frappé de leur extrême irrégularité. Les maisons semblent placées là au hasard, sans ordre, de travers. Ces angles saillants plus ou moins pointus ; cette multitude de petits espacements sans aucune forme, appelés places; ces rues en zigzag, tout cela annonce le manque absolu d'une autorité administrative. Les constructions dans le Champ de Mars s'étendirent progressivement sur toute cette vaste plaine : à mesure qu'elles avancent vers la piazza dcl Popoto, les rues sont plus alignées, la forme des places est mieux déterminée.!) (Robello ].
Eclairage. — La ville n'était éclairée autrefois çjue par les fanaux que les dévots plaçaient devant les images sacrées, ordinairement à l'angle des rues. La licence s'arrangeait de cette ol)scurité. Le président de Brosses rn conte que, lui et
ses amis ayant voulu avoir, comme en
France, de grands flambeaux derrière
ITALIE DU SUD
leurs carrosses, on les engagea â supprimer cette illumination nocturne, oui pouvait leur attirer ({uelque mauvaise aftiaire. L'administration française, au commencement de ce siècle, organisa l'éclairage de Rome; une compagme inglaise y a depuis introduit le gax.
CSollinea.
Rome contient 1 0 collines naturel' les et plusieurs ai*tificielles. Parmi les
Iiremières, sept surtout, ayant une ceébrité historique, lui ont fait donner le nom de la ville aux sept montagnes ; ce sont^: le mont Capitoliriy le Pmatin, le Quirinal, le Cœlitu, VAventin, le Viminal et VEsquilin. Le Pincim (Pincio), le Vatican et le J articule ont été enclavés plus tard. D'autres
Çetites éminences, telles que le monte 'eêtaccio, le monte Citorio^ etc..., sont des amas de gravois et de débris accumulés. — Le sommet du Janicule, sur lu rive dr. du Tibre, et Tensembie des sept collines de la rive g. , sont formés de tuf volcanique *.
Le MoHTB Testaccio, — qui, à ce ^e l'on croit, ne daterait que du m* siècle de notre ère, est une accumulation de débris de poteries, produite ou par le
* Trois qualités de pierres sont généralemeia employées à Rome pour la construotion:
1* Le Tufo (tuf volcanique remanié par les eaux, assez tendre à sou exiractioa, se durcit au contact de l'air). C'est dan:» la mer qu'ont dû se déposer les vastes couches de tuf qu'on suit de Uome jusqu'à Radicofani;
t Le Peperino (des monts Âlbaim), variété de tuf compacte, gri»&tre, parsemée de points noirs, très-dure ;
3» Le Travertino, ou pierre de Tivoli ; d'un blanc jaunâtre, parsemée de trous irré^Iiers, smceptible cependaut d'une belle lailte au ciseau.
Le Tufo n'est pas propre (réduit en poudre) à servir de liaison puur un ciment quelconque. — La Poxxolana, seule, mèléa en proportions très-vanables, peut servir à cet objet. La Poxzotana généralement employée rst de trois qualités : la roupie, qui est la plus énergique, unie i la cttaux, donne ua enduit irès-résisla'nt ; la noire, peu c^tlimée,* demande une pi us grande proportion de chaux, pour f'tre ulitemeui employée. Elle sert &ttrtout pour le revêtement eiîléricur des maisons; la grise, qui manque d'énergie, sert aux travaux légers.
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ROUTE 29. — &OME. — COLLINEfi.
hasard d'une Tolonté commune, ou par l'ordre exprès des édUes. Son nom vient du latin testa^ tesson ; on en a fait tes» taceuSi puis Testaccio, « On ne doit pas s'étonner qu'on ait pu rassembler assez de tessons pour en former une colline qui a plus de 1,460 met. de cii-conférence et au moins 52 met. d'élévation : les Romains faisaient un grand usage d'objets en terre cuite; ils avaient des amphores pour le vin, des jarres pour l'huile, des pots pour l'eau, des urnes funéraires, des statuettes de leurs divinités. Les modernes, connaissant la propriété qu'a cette matière d'entretenir la fraîcheur des liquides, ont creusç là de profondes caves, afin d'y déposer les vins pour la consommation de Rome. C'est sur le sommet de cette petite montagne qu'allait souvent s'asseoir le Poussin, pour admirer les monuments de Rome au moment du coucher du soleil. »
Mont Capitolin — (près de 43 m.
au-dessus du Tibre), reçut ce nom de ce qu'on y trouva en creusant, sous Tarquia l'Ancien, les fondations du temple de Jupiter, une tête (caput) récemment tranchée. Cette colline se dressait, dans l'antiquité, comme une muraille abrupte. Ce sont les ruines accumulées peu k peu par les modernes, qui ont exhaussé le terrain, et formé ces pentes douces par lesquelles on y arrive aujourd'hui, même eu voiture. (U faut, du reste, se rappeler que la Rome antique n'était pas du côté où est la Rome moderne, qui occupe l'espace du Champ de Mars. La ville ancienne s'étendait du côté du Forum, jusque vers SaintrJean de Latran.) Le mont Capitolin avait k ses extrémités deux sonunets : l'un au N.-E., le Canitole, l'autre au S.-O., où est aujoura'hui le palais Caffarelli (Plan 74 Ë, 5), le monte Capnno, le mont des chèvres, désignation qui se rapporte à une époque d'abandon. De ce côté aussi est la roche Tarpéienne (du nom de la Romaine Tarpeia). Une petite porte (n" 130), k g. dans la rue, sur laquelle est écrit : « Qui si vede la rocca Tarpea, » introduit dans un petit jardin. Ce n'est Ik du reste
qu'une portion du rocher d*où on
!»récipitait les traîtres k la patrie Manfius). Il semble avoir perdu toute sa hauteur. Des maisons k cinq étages sont plaquées contre le rocher. La vue Qu'on a sur les toits situés au-dessous de la terrasse est tout k fait dépourvue d'intérêt. — Entre les deux cimes du mont Capitolin s'étendait l'Intermontium, recouvert, lors de la fondation de Rome, d'un bois de chênes, dont Romulus fit un asile. — Le Temple de Jupiter Capitolin (F. p. 167), fondé par Tarqum, fut rebâti par Sylla ; mcendié et détruit dans les luttes de la soldatesque sous Yitellius ; reconstruit par Vespasien ; de nouveau brûlé sous Titus ; reconstruit par Domitien; il fut déjpouillé par dtiUcon et par Genséric. Au vm* siècle il tombait en ruine. « Nous connaissons, dit Ampère, la forme, l'histoire de ce temple et jusqu'k ses matériaux, mais il est très-difficile de savoir exactement où il était placé. »
Il se range cependant k l'opinion commune qm place le Capitole où est aujourd'hui 1 église d'Ara Cœli. M. Beulc pensait que l'église n'occupe pas tout k fait le même emplacement, mais seulement la portion de terrain où s'élevait le portique qui précédait le Temple. (Quelques savants allemands, visant k l'originalité, ont soutenu une nouvelle théorie; suivant eux, c'est la citadelle qui occupait l'emplacement de l'église d'Ara Cœli, et le temple de Jupiter était du côté opposé. Mais cette opinion n'a point prévalu.] Le temple de Jupiter Capitolin dominait et regardait le Forum. Il en reste quelques pans de murailles dans l'intérieur du couvent des franciscains qui s'étend derrière l'église d'Ara Cœli. — La citadelle (Arx), plus rapprochée du Tibre, était sur le soimuet S.-O. — Un bas-relief, placé dans l'escalier du Palais des Conservateun offre une image exacte de ce qu'étail le temple du Capitole au temps de Marc-Aurèle. — D y avait encore