‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 126 sur 422 · BOUTE 29. — ROME. — ' PÂUIS DES CESARS · texte numérisé non relu

BOUTE 29. — ROME. — ' PÂUIS DES CESARS

marque Galatée sur un cheval marin et Poljphème ; lo, assise au pied d'une colonne, surmontée d'une statue de Junon, entre les figures d'Argus et de Mercure qui rient la délivrer. Les compartiments, encadrés de bandeaux colorés, sont séparés par d'élégantes colonnes ornées de feuillages. Les murs des chambres latérales sont divisés en panneaux de teintes unies, surmontés de légères arabesçpies avec figures ailées ou décorés de guirlandes de fleurs et d'attributs divers. A dr. de l'atrium est la salle à manger (Triclinium) égayée par des peintures de paysages. Parmi les ob-

jets décoratifs peints, on remaillera une large coupe de verre chargée de fruits (quelques-uns visibles à travers la transparence du verre), pièce de dessert qui figurerait honorablement dans un riche festin de nos jours *. Entre l'atrium et le triclinium s'ouvre, par un petit escalier, un étroit corridor, fauces, qui s'étend dans toute la partie postérieure de la maison et donne accès aux diverses chambres ou pièces de service.

Si, au sortir des ruines de la maison de Livie, on se dirige dans la direction du versant du Palatin qui regarde le Circus Haximus, on arrive à peu de distance

MAISOR DK UTUB.

'levant les restes d'un soubassement quadranralaire, où M. Yisconti veut voir un temple de Cybèle et M. Rosa un augurratorium ( V. le Plan), lieu où l'on prennit les auspices. Près de là, M. Rosa a découvert une petite rue avec des escaliers descendant vers le grand cirque. •

Avant d'aborder la description des ruines (iQ Palais des Flaviens, disons quelques ïûols de celles qui les précèdent :

I-e mont Palatin est le berceau de Rome, ce qu'est la Cité pour Paris.

v>est là qu'était la Rome carrée {Roma Mrofa), entourée de murailles. Ta- C'te décrit, comme l'ayant vu, le mur de

l'enceinte Palatine, du côté de l'Aventin et du Gœlius, constructions massives élevées sur les pentes de la colline. Le tronçon de la voie Sacrée, qui tourne à droite, près de l'arc de Titus, devait rejoindre la Nova Via et se confondre avec elle. Ovide, qui fournit des renseigne-

< Serait-K» dans celte salle que se passa la scène racontée par Tacite (ann. lY, 54) : « Tibère était à table entre sa mère Livie, âgée, et Agrippine, veuve de Germanicus, qui , traîtreusement prévenue par Séjan qu'on voulait l'empoisonner, immobile, ne touchait à aucun mets. Tibère, pour pénétrer sa pensée, présenta lui-même un fruit à Agrippine qui le remit aux esclave!* sans y goûter.

«ouïe 29.

ftOME. *— PALAIS DES càsÀBA.

ments utiles sur la topogra()hie du Palatin, dit oue cette Yofe, qui venait d'abord du Yélabre, communiquait avec le Forum du temps d'Auguste :

Qua nova Romano nuuc yia jiincta Foro est. {FasL, Yi, 596.)

Les fouilles ont exhumé en partie cette via pavée de blocs de lave. Sur ce Clivus Palatinus, (|ui montait au palais des Césars on a découvert aussi une des principales portes* du mont Palaiin : Posta Mugonia ou Mugionis, ainsi nommée dans le principe à cause des mugissements des troupenux descendant des hauteurs de la colline pour aller boire dans les eaux du Vélabre. — A dr. du Clivus Palatinus et de la Porta Mugonia est remplacement du Temple de Jupiter Stator, élevé par Romulus et déblayé en 1867 ; il a été déterminé d'une manière évidente. Il n'en reste qu'un noyau rectangulaire de blocage datant de l'époque impériale et d'une des dernières reconstructions de cet édifice.

Ovide peut encore ici servir de guide.

Dans ses Tristes (Vl, élég. i), s'adressant à son pelit livre de poésies nouvelles qu'il envoie à Rome, il lui dit où est la porte du Palais ei\Q Temple de Jupiter ^ Stator, — C'est dans ce temple que Cicéron rassembla le Sénat et prononça sa première Catilinairé. Catilina quittait Rome le soir même.

Un espace libre, celui de Varea Palatina, s'étend entre les maisons de Tibère et de Livie et le :

Palais des Fla viens. Demi tien décora, avec une magnificence vantée par Plutarque, la demeure impériale, que son père Vespasien (désireux de restituer au peuple l'immense espace de terrain follement usurpé par la maison dorée de Néron) renferma dans une partie du Palatin. Déjà, de 1720 à 172t$, les somptueuses constructions de Domitien furent découvertes, lors d^s fouilles faites par ordre de François I*', duc de Parme et de Plaisance, et elles lurent décrites par le célèbre et savant prélat Bianchini. Si Ton abordt^ ces ruines parla façade (sur laquelle Nerva fît inscrire : CEdespu-

* One seconde perle de la Roma quadrata est la Porta Romana {Romanula), à l'extrémilé du clivus Vicloriœ ( V. ci-dessus). Il y en avait probablement deux autres qui n'ont point encore été reconnues.

blicœ, { V, le Plan),o; pour indi^âr que la demeure du souverain doit toujours être ouverte à son peuple, ») on trouve trois salles : la saUe centrale {aula regia, de Bianchini, ». Tablinum^ de M. Kosa) a 51 met. 97 de lon;ç sur 38 met. 98 de Urge. Le GuiDB au Palatiic, do M. Yisconti, en décrit, d'après Bianchini, la «lécoration grandiose, les statues, les colonnes en marbres précieux qui en furent exhumées. — A gauche serait le Lararium, chapelle domestique des empereurs. On Y a découvert les restes d'un autel portant dès traces de feu. — A droite est la Basiliouej tribunal * ou salle de conseil. (La dénomination de Dasilica Jovis {V. le Planj. assignée à celte salle dans récriteau indîcaleur, est contestée par M. Visconti.)

Derrière la basilique et au coin N.-O.

du péristyle, un escalier menant à des pièces souterraines communiquait peutêtre avec le cryptoporlicus, venant de la maison de Tibcie, il permettait au souverain de parvenir aux édifices de représentation publique sans passer à travers la foule des clients et des curieux. Le Péristyle, qui s'étend derrière les trois salles précédentes, a une superficie de 3,000 met. carrés. Est-ce dans ce portique que Domitien aimait à se promener parce qu'il en avait revêtu les parois de

Î)ierres, dont la surface polie rélléchissait es objets et lui permettait de voir ceux qui venaient derrière lui (Suétone J)om., 14) ? '

Au fond du Péristyle s'ouvre une vasle salle dans laquelle on reconnaît un grand triclinium (Jovis Cosnatio, selon Capitolin), salle à manger qui était oroée de 16 colonnes de granit. On peut voir au fond de la salle des restes d'un très-beau pavé formé de plaques de porphyre, de serpaitin, de jaune antique et de pavonazzetto, figurant les combinaisons géométriques les plus difficiles, c De ce iri^

* Cette basilique du Palais des Césars existait proliablement déjà avanl les embeU liascments de Domitien; c'est là qu'aui-ait été jugé le consul Livius Asiaticus, devant Claude et Me>saliue, assise à côté de lui sar le même tribunal. Elle se retii-a pour cacher les larmes que lui arrachaient l'innocence et l'éloquence de l'accusé, mais néanmoins elle recommanda à V:lellius de le Taire condamnera mort, parce qu'elle désirait s'approprier les jardins de Luculius (sur le Monte Pincio) qui appartenaient à Asiaticus (Tacite).

ROUTE 29. — ROME. — PALAIS DBS ciSARS.

dùttUm on jouissait de la Yue du péristyle et peut--étre aussi de celle du nymphœwn, salle voisine où l'on voit encore ks restes d*une funtaine de forme elliptique. — Un petit recoin an;ruleux, à côté de rexirémitê de lu salle à manger, est indiqué comme le vomitoriumy cette annexe nécessaire à la gloutonnerie romaine.

* Derrière le triclinium, à quelque dis- 'tauce, on voit les restes de deux salies terminées en hémicycle. Ces deux salles sont séparées du Palais des Fia viens par un petit portique aux colonnes de cipolin. M. Rosa a cm y reconnaître une bibliothèque et une académie (F. le Plan). [Si cette dernière désignation est exacte, ce n'est pas sans une certaine émotion que, dans cette salle silencieuse depuis tant de siècles, on lit sur un écriteau ce passage d'une lettre de Pline (1, 13^ : a Toto mense Aprili nulliis fere Die^, quo non recitaret aliquis. •]

A quelque distance de ces deux salles, entre Textréaiiié du Palais des Fia viens et la maison de Livie, s'étend la vaste plate-forme d'un temple, élevé sur des degrés et supposé être le Templ« de Japitar Victor, bâti en commémoration des victoires gagnées sur les Samnitespar Fabius Maximus (2U5 av. J.-C.). « Les tronçons des colonnes en péperin, originairement revêtues de stuc, en attestent la haute antiquité, d

Si, au delà de 1^ salle de T Académie (V. a-dessus), on suit le sommet de la colline qui domine le Cirque Maxime et on fait le tour des murs du souvent des Yisitandines et de la villa Mills, on découvre à gauche le stadiam du Palatin *, arène pour la course à pied, enfermée dans le Palais impérial, et longue de 185 met., c'est-à-dire ayant la mesure exacte du stade (un huitième du mille romain) ; à une extrémité de Tarène, une espèce de bassin serait la meta ou le but. Le stade était environné d'un portique soutenu par des piliers. Au milieu est une abside, lexèdre, déblayée par M. Rosa en 1871.

Près de l'extrémité S.-O. du stadium est une place environnée de ruines considérables; substructions, salles souterraines du palais étendu, bâti par les derniers Césars, et amplifié avec magnificence par Septime Sévère. C'est sur

' D aa figure pas sur le Plan.

cet angk du Palatin qu'il oonstmisit son célèbre septixonium, conservé assex bien jusqu'à l'époque de Sixte-Quint, qui le démolit. Cfette tour à sept étages, destinée probablement, selon Scaliger, à symboliser par sa forme les 7 lones du ciel, à l'imitation de certains monuments de l'Assyrie, était appelée au moyen âaje teptem solium, teplum to/û, sedes sôlis. On pense que le soubassement de cet édiûce est encore enterré. Cet édifice fut compris dans les donations faites aux moines de San Greçorio, et fortifié par eux pour la protection de leur couvent situé en face.

Maison d Auguste, Damus Augustana ^Plan). — Arrivé au faîte du pouvoir, Auguste aima à habiter le lieu même oi!i les rois de Itome avaient tous eu leur palais. Il habita longtemps une modeste maison nui avait appartenu au célèbre orateur Ilortensius. Cette mai.«on n'était remarauable ni par son étendue, ni par son élégance; les galeries étaient basses et les appartements étaient sans marbres, sans pavés recherchés. ('Suétone : Aug. 72). Plus tard il rebâtit et agrandit sa mai^>on, qu'il laissa comme propriété de l'Etal, et qui devint la résidence ordinaire des Césars. En 1775 un érudit français, Aencoureuil, en faisant des fouilles dans les jardins Spada (villa Mills), découvrit les restes de cette célèbre demeure, qui avait été refaite par Oomitien après un incendie. Le plan de ce vaste palais, à deux étages, fut relevé par un architecte. M. Visconti en donne le tracé dans le Flan général, joint à son GoiDE DU Palatin (1875). Les deux ruines monumenUles (Academia, Bibliotheca, V. le Plan), que l'on voit exhumées, faisaient paKie de ce Palais. Du côté du Cirque Maxime était un grand balcon curviligne d'où l'on pouvait voir les jeux du cirque.

Après avoir parcouru tout le plateau du Palatin, couvert de ruines, il ne faut pas négliger une dernière excursion intéressante ; on devra faire sur les flancs et au pied du Palatin le tour de ses escarpements et des vastes massifs de maçonnerie, de tous âges, qui en soutiennent les terrains et les restes d'é liticcs. En sortant de XAcademia ( F. ci-dessus) on trouve, à gauche, une rampe par la-

3uelle on peut descendre la pente occientale, qui aboutit à des jardins. Cta

AOBtE« — THÉÂTRES £T CIRQUfiS.

n'aurait qu'une idée incomplète. de Tétendue des ruines et des substructions, si on n'en suivait pas, vers la gauche, tout le développement, en avançant par d'étroits sentiers aboutissant à des ravins, en traversant un pont jeté au-dessus de voûtes profondes. Là, de plusieurs points élevés, on a des vues étendues sur Rome et sur tout l'horizon lointain . Après avoir erré au milieu de cet immense entassement de ruines, revenant sur ses pas, on traversera le jardin de manière à faire le tour de la colline dans une direction opposée.

Quand, en suivant à travers le potager les détours d'un étroit sentier, on est parvenu au bas de la pente, on passe devant un portique d'aspect moderne ; il présente sept ouvertures carrées, séparées par des piliers en maçonnerie, supportant des fragments d'entablement antiques. Une des colonnes est en granit.

Derrière cette façade de portique ont été rassemblés divers fragments antiques.

C'est l'atrium d'une maison romaine, déblayée en 1857-69. Suivant l'opinion de Canina, confirmée par des observations ultérieures, cet édifice, dit M. Yisconti, doit être la Domus Gelotiana, dont parle Suétone. Elle fut réunie au Palais impérial. D'après les graphites (^m/"/î<t), ou inscriptions faites sur les murailles et dans les chambres avec une pointe métallique, on pense que c'est un Pœdagoginm*^, école des domestiques ou pages impériaux. Sur un mur à g. on a pu voir le dessin d'un petit âne avec cette légende : J^ahora aselle quomodo ego lahoravi et proderU tibi (travaille petit âne comme j'ai travaillé moi-même et cela te profitera). Le plus célèbre et le plus curieux de ces graphites est une caricature insultante et une dérision du christianisme : ce dessin grossier représente un homme crucifié, ayant une tête d'âne*. Debout à côté est un adorateur. On y lit cette inscription en grec incorrect: AAE SAMENOK KEBETE BEON («AfiÇa/Asvos ffsêerat 0eov) Alexamene

* L'opinion qui a fait donner à ces ruines le nom de Pœdagogium se fonde sur plusieurs graphites qu'on y a déchiffrés ; ceuxci entre autres : Corinthus exit de Pedagio. — Marianus Afer exit de Pedagogiu.

* Jusqu'au m» siècle, dit M. Visconti, les païens lancèrent contre les chrétiens la ridicule accusation d'adorer un Dieu à tête d'âue.

adore Dieu. Le nom de cet Alexameiie, bafoué par un camarade, a encore été trouvé en 1870 par M. Yisconti dans une autre chambre. Le P. Garucci interpréta cette grossière écriture et fit transporter le dessin et la légende de cette caricature au musée Kircher (Collège Romain) où on les voit aujourd'hui. En continuant à faire le tour de la colliac du Palatin, on passe au pied des restes de constructions qui en formaient le mur d'enceinte et qui appartiennent à des époques diverses. On y découvre sur certains points des blocs de pierre sans mortier que l'on fait remonter jusqu'à l'époque légendaire de Romulus et des

Sremiers rois. On estime que ce mur 'enceinte, affaissé aujoura'hui, devait avoir primitivement une hauteur de près de 15 mètres.

Les traditions font défaut pour suivre les dernières vicissitudes du Palais des Césars. On sait qu'il fut habité en 476

{>ar Odoacre ; en 500 par Théodoric qui e fît restaurer. — En 995, trente-huit chambres vers le côté Sud furent données aux moines camaidules de San Gregorio. « Dès le x* siècle les édifices en ruines avaient été envahis par des particuliers qui en firent des caves, des greniers ou des jardins. On y voyait des chèvres et des chevaux errants. Au xvi*s. Sixte-Quint dépouilla le Palatin de ses colonnes de granit et de marbres pour en orner la basilique de Saint-Pierre,

Théâtres et Cirques. — ThÉATREDE Marcellus (Plan de Rome E, 5 — près de la place Montanara); commencé par César et terminé par Auguste, qui lui donna le nom de Marcellus, ce fils de sa sœur Octavie immortalisé par Virgile. Ce théâtre était entouré de portiques ; il reste seulement du côté de la place Montanara, 12 arcades des étages inférieurs. Ces deux ordres d'architecture dorique et ionique (l'étage supérieur a disparu) sont de proportions si parfaites qu'ils ont été adoptés pour modèles*. Cet édifice,

* On lira sans doute avec intérêt les observations critiques qui suivent, émises par M. Vioilet-le-ï)uc, dans ses Entretiens sur l'Architecture (p. 214) : « Les Romains raisonnaient si peu lorsqu'il était question de

ROUTE 39. — ROXR» — THEATRES ET CHOOES.

km par Vitrnre, pouyait contenir 30,000 spectateurs, et fut le second théâtre de pierre édifié à Rome. — Transformé en forteresse au moyen âge, le milieu du théâtre se remplit de décombres, sur lesquels Ballhazar Peruzzi bâtit (1526) le Palais Sayelli ; il ap{|artient aujourd'hui à la famille Orami-Gravina. Ce qui restait d'arcades fut conyerti en ignobles boutiques.

Près du théâtre de Marcellus était le PORTIQUE d'Octavie (F. p. 178).

Théâtre de Pompée — (PL D, 4); le premier théâtre de pierre bâti à Rome ; auparayant on n'en éleyait oue de temporaires. Il fut brûlé sous Tibère, qui le fit reconstruire à ses frais, la fanuUe étant trop pauyre pour se charger de cette dépense. Plusieurs fois restauré, il était encore entier au milieu du yi* siècle. Aux xi* et xn* siècles il deyint un château fort des Orsini. Il y en a des restes yisibles sous le palais Pio (près de la place Campo di Fiori, entre la yia dei Giubbonari et la yia de' Chiayari. — Près de là (dans l'espace compris entre la rue dite : del monte deUa Farina, parallèle à la scène, celles du Sudario, d'Argentina et des Barbieri), était aussi le magnifique Portique de 100 colonnes, éieyé par Pompée, pour mettre le peuple h l'abri de la pluie. Il contenait une curie [curia Pompea) où le sénat se réunissait les jours de spectacle. C'est là que 44 ans ayant

mettre les formes en harmonie avec l'objet, qu'ils placent [ici] sur chacun des ordres [superposés] leur entablement complet , comme si chacun d'eux eût dû terminer l'édifice. Si les colonnes engagées pouvaient tenir lieu de contre-forts, il faut bien reconnaître que les eatablements saillants posés d'une colonne à l'autre étaient plus nuisibles que nécessaires à la solidité de l'édilice, et que leur poids en bascule ne pouvait qu'entraîner les constructions. Prendre les cloisons pour la partie solide et les contre-forts pour une simple décoration, comme le firent les Romains, c'était raisonner en barbares. Les Grecs n'ont pas conunis cette erreur à It basilique des Géanu d'Agrigente. »

. itâub du shd.

J.-€., le 15 de mars, fut frappé César au pied de la statue de Pompée ( F. palais Spada).

Amphitbéatrb FuyiEN — IColiêée) (F. p. 164). ^ '

ÀMPUiToéiTRE CiSTREnsB -- (Plan J, 5, 6 ; — entre la porta Maggiore et la porta S. Gioyanni). il servait au combat des soldats contre les bétes féroces et à des fêtes militaires. Honorius l'enferma dans les murs de la yille.

CiRcos Maximds — (PL F, 6). L'histoire du grand cirque commence avec les origines légendaires de Rome ; ayec Fenlèyement des Sabines. Tout te yieux monde romain a passé par là.

(L'industrie moderne y a établi un ga- %omètre.\ L'origine en est attribuée

Sar les historiens anciens à Romulns.

[ais il n'est point admissible qu'on ait choisi pour donner des fêtes publiques une yallée marécageuse, inondée par le prolongement du Vélabre.

D'un autre coté il n'est pas probable que les patres et brigands rassemblés par Romulus pussent se donner déjà le luxe des courses de cheyaux. Ces jeux sont une importation des Etrusques, et la création du Cirque Maxime ne doit dater que de Tarqmn l'Ancien, et être postérieure aux travaux de dessèchement du Vélabre. — Le grand cirque occupait entre les monts Ayentin et Palatin un espace allongé de 780 met. de longueur sur 166 met.

de lai^e, commençant à quelque distance du Tibre, près la place Bocca délia Verità. D pouvait, au temps de Vespasien, qui l'agrandit, contenir 250,000 spectateurs, et, sous Constantin, près de 400,000. On y donnait des jeux dits circenses, consistant en luttes d'athlètes, en courses à pied, à cheval, en chars, et en chasses de bétes féroces. Le nom de circus vient du circuit que les coureurs étaient obligés de faire autour. A une des extrémités étaient les barrières [carceres) d'où partaient les concurrents ; un mur étroit et bas (êpina) , aux extrémités I duquel étaient du bornés pyrami-

RODTB

-— ROME

dales Imetœ) et de petits édifices derrière lewjueis il feliait passer, partageait le cirque dans sa longueur en deux moitiés. On y élevait des obélisques, des statues, etc. Des fouilles firent découvrir, en 1587, à la profondeur de 8 met., les obélisques couchés d'Auguste et de Constantin, qui décoraient la spina. Celui d'Auguste a été mis sur la place de SaintJean de Latran. — Au bas du Podium, Jules César ajouta un canal de 5 met. de largeur et de profondeur, pour empêcher les éléphants de s'approcher de trop près des spectateurs, comme cela était arrivé... Eruptionem terUavere, non sine vexationepoptUi. (Pline.) -— Une partie des. gradins était adossée au palais des Empereurs. On lit dans Cassiodore (liv. ÏII) que Néron, étant à table, fit jeter de la fenêtre sa serviette dans le cirçpie, pour annoncer au peuple impatient qu'il permettait de commencer le spectacle. C'est dans ce cirque que l'esclave Androclès fut reconnu et défendu contre les autres bêtes féroces par un lion auquel il avait, en Africpie, arraché une épine du pied. (Aulu-Gelle.) — A 1 angle du palais impérial et k l'extrémité du cirque, Septime Sévère fit construire un portique à colonnes de sept étages, nommé Septizonium (V. ci-dessus : page 175). Le cirque fut une dernière fois restauré sous Théodoric. Sixte Y le fit démolir pour employer les matériaux à la construction de Saint-Pierre. — Des vignes, des jardins maraîchers occupent aujourd'hui l'emplacement du grand cirque : quelques rares fragments en subsistent encore.

CiRQOB DE Sallcste— (PI. de Rome G, 1, 2; vers la porta Salara). On peut apercevoir encore la base des gradins. C'est là qu'étaient les jardins de Salluste (7. la place de la ïrinitédes-Monts).

Cirque FLàiONiDs, — construit nar le consul Flaminius, qui périt à la bataille de Trasimène. Ce cirque, situé

- PORnQUES. — ARCS.

entre le théâtre de Pompée, le Capitôle et le Tibre, avait encore des restes considérables au xvi* siècle : ils ont disparu dans la construction du Palais Mattei.

Cirque Agonalis ou d'ALEXAHDRE Sévère. — Cet espace est occupé par la place Navone.

Cirque de Néron ; — il fut détruit par Constantin pour y établir la vieille basilique de Samt-Pierre.

Cirque de Flore. — Sur cette fausse dénomination, voir Place Barberini.

Portiques. — Ds servaient de promenades. Ils étaient multipliés et placés d'ordinaire près des théâtres, afin de servir de lieu d'abri à la foule, en cas de mauvais temps. Nous avons cité tout à l'heure celui de Pompée ; il y avait aussi les portiques de Jtdie, de Philippe y elc.

Portique d'Octavie — (près du théâtre de Marcellus). Bâti par Auguste, qui lui donna le nom de sa sœur. On pense qu'il ne fit qu'agrandir et emnellir le portique, existant déjà, de Metellus Macedonicus. En cas de mauvais temps, il servait d'abri au

eublic dans les enti*'actes du théâtre, fut brûlé sous Titus, et ce serait alors qu'aurait péri, selon Nibby, le fameux Cupidon de Praxitèle. Le portique d'Octavie fut restauré par Caracdla et au v* siècle. 11 n'en reste que 4 colonnes cannelées et 2 pilastres devant Téglise SanV Angelo in Pescheria (marché au Poisson). H formait un parallélogramme à double rang de colonnes, entourant une cour, où étaient deux temples de Jupiter et de Junon ( F. le Plan de Rome, conservé au Capitole). D était enrichi de chefsd'œuvre du ciseau grec.

▲rot. — Nous avons parlé ci-dessus des Arcs de Titus (p. 163), — de Septime Sévère (p. 157), - de Cons-

ROUTE 29. — BOME. — COLONNES.

TANTiN (p. 163). Nous citerons encore les suivants :

Arc de Dolabella et Silanus — (Plan de Rome G, 6) sur le mont tœlius (Fan 10 de Fère chrétienne).

On croit que c'était une des entrées du Champ de Mars du mont Gœlius, qui servait aux exercices militaires pendant les inondations du grand Champ de Mars. Néron y appuya son aqueduc (à l'angle des rues Santi Gio- Tanni e Paolo et délia Navicella).

Arc de Septimb Séyère, dit des Or- FéYREs, — Arcus Argentariiis (4 Plan F, 5) — (près de San Giorgio in Velabro) : petit arc, de forme carrée, et d'une seule ouverture. 11 fut érigé par les orfèvres , les bijoutiers et les marchands, dans le forum Boarium à l'empereur Septimius Severus, à son épouse Julia Pia et à ses fils Garacalla et Géta. Le nom et la figure de ce dernier ont été effacés pai* Garacalla, de même qu'à l'arc de Sévère. L'architecture et la sculpture, entre autres un Sacrifice de la famiUe impériale, témoignent de la décadence des arts à cette époque. — Près de là est l'arc suivant :

Arc de Janus Quadrifons — (Plan F, 5 ; — rue San Giorgio in Velabro], construction solide du temps de la décadence (Septime Sévère). Ces arcs à quatre faces servaient de lieu de réunion aux marchands, et étaient assez multipliés à Rome. Cet arc, revêtu en marbre a 4 arcades et 48 niches qu'ornaient des statues.

Arc de Drusus (Germanicus). — On croit que c'est celui qui lui fut élevé par le sénat, après sa mort, pour sa victoire sur les Germains, lan de Rome 745. On en voit des débris près de la porte San Sebastiano (Plan II.

8), Garacalla s'en servit pour y appuyer un aqueduc destiné à alimenter des Thermes.

Arc de Gallien — (260 ap. J.-C.) (2. Plan H, 4), érigé par un particulier nommé Marc-Aurèle Victor.

ArCDE' PANTANl(F.p.i67.).

CSoloaiM*. — Colonne Tiajane (10 Plan F, 4). Cette colonne, élevée dans le forum de Trajan (p. 167), bien que les ordres y soient mêlés, est un des beaux monuments antiques de Rome. « Ce monument prouve, dit M. Viollet-le-Duc, que, quand le Romain veut être artiste, à son heure, à sa manière, il n'est pas facile de l'égaler. » Le fût de la colonne est composé de 25 blocs de marbre blanc de Carrare, unis par des crampons de bronze.

Le piédestal se compose de huit moi^ ceaux de marbre. Le chapiteau est d'un seul morceau. La hauteur totale, depuis le pavé jusqu'à l'extrémité de la statue, est de 42 met. 87. La colonne seule, avec sa base et son chapiteau, a 29 met. 255 ; le piédestal avec le socle, 5 met. 22 ; le piédestal de la statue, 4 met. 47 ; la statue, 5 met: 575. Le diamètre inférieur de la colonne est de 5 met. 56, et le supérieur de 5 met. 24. Au sommet est un balcon d'où Ton jouit d'une beUe vue. On y monte par un escalier tournant de 182 marches taillées dans le marbre, et éclairé par 45 petites ouvertures.

La colonne (qui porte la trace des boulets du connétable de Bourbon) présente extérieurement un bas-relief en spirale qui suit la direction de Fescaher intérieur, et fait 25 fois le tour. On y compte jnsqu'à 2,500 figures ; celles qui sont près du chapiteau sont plus hautes et ont plus de relief. Cette immense composition représente des sujets tirés des deux expéditions de Trajan contre les Daces, « C^est le portrait le plus fidèle que les RoiAains nous aient laissé d'euxmêmes et aussi de leurs ennemis. »

Ces bas-reliefs ont servi de modèles à Raj^haël et à son école. Le génie romam, différent de celui des Grecs, s'y montre réaliste dans le caractère des figures. U y viole d'ailleurs les rapports de proportions et méconnaît ou néglige les ressources de la perspective, et, comme on a dit justement :

« l'ensemble est conçu avec un sin-

ROUTli ay. — ROME.

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