‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 150 sur 422 · ROOTE 29. — ROME. — GALERIE DE TABLEAUX DD VAUCAN · texte numérisé non relu

ROOTE 29. — ROME. — GALERIE DE TABLEAUX DD VAUCAN

GALES, — peintes en grisaille, formaient liipredelta de la Mise au Tombeaa de la galerie Borghèse. L'élévation du style qui s'y manifeste déjà ne permet pas d'attribuer cet ouvrage à sa première jeunesse, comme le font légèrement plusieurs auteurs. ^Transporté à Paris en 1797.)

Mitnllo : (trois peintures données par la reine d'Espagne, Isabelle II à Pie IX). — Mariage mysliaue de S»« Catherine [tête ravissante de la Vierge ; même tête que celle du musée du Louvre] : — Retour de l'enfant prodigue. — Adoration des bergers.

Benven. Garofalo : Sainte Famille et S** Catherine d'Alexandrie.

C. CriveUi : Christ mort, entre la Vierge, S^ Jean et la Madeleine [douleur grimaçante].

Ae Guerckin : S* J. -Baptiste. — Incrédulité de S* Thomas (une des meilleures toiles de l'artiste ; transportée à Paris en 1797).

2« Salle : elle ne contient que trois tableaux, les trois chei's-d'ceuvre de la galerie du Vatican :

Raphaël: TRANsneuiuTioif. — Ce tableau, proclamé le chef-d'œuvre de Rafhaêl et de la peinture, était destiné à la rance. Il fut commandé par le cardinal Jules de Médicis. depuis ClémentYII, pour la cathédrale de Narbonne, dont il était archevêque. Clément VU légua ce chef-d'œuvre à l'église de San Pietro in Montorio ; et il envoya à Narbonne la Résurrection de Lazare par Sébastien del Piombo, également commandée par lui et qui appartient aujourd'hui à la riationat Gailery de Londres. Ces deux chefsd'œuvre ont échappé à la fortune de la France. Le tableau de la Transfiguration, devenu méconnaissable, fut enlevé de l'église San Pietro in Montorio, en 1797, par les Français, et resta au musée du Louvre jusqu'en 1815. Il a dû à ce déplacement d'être habilement restauré et désormais soustrait à l'abandon et à la négligence qui compromettent tant de beaux ouvrages conservés dans les églises, et les exposent à périr, comme cela est récemment arrivé à Venise, pour le chefd'œuvre de Titien. — Raphaël, sensible aux critiques adressées a certains ouvrages sortis de son atelier, voulut exécuter lui-même la Transfiguration, afin de montrer dans toute leur valeur les merveilleuses créations de son génie, qui, depuis longtemps, n'arrivaient plus

au jour qu'affaiblies par l'interprétation de ses élèves. Le clair-obscur primitif de la Transfiguration a disparu. Vasari attribue l'obscurcissement de la couleur à l'emploi du noir de fumée dont se servait Raphaël (per capriccio). — Le prix fixé pour ce tableau était de 655 ducats (environ 8,250 fr.). 224 ducats étaient encore dus à sa mort : Jules Romain les toucha en qualité d'héritier, et termina quelques parties inférieures de ce tableau, entre autres la tête du pos<»édé.

Vierge ad Dohataire [Madonna di Foligno). 7— Tableau célèbre, exécuté vers 1512 (pour Sigismond Conti, secrétaire de Jules II, qui v est représenté à Senoux). 11 fut d'abord pkcé à l'église 'Ara Cœli. En 1565, la mère de Sigismond Conti, abbesse deToligno, le transporta dans cette ville t K. p. 81) ; il vint ensuite à Paris, où il fut mis sur toile. Dominiquin : CoMMuiaoïf db S' iÈ-

BÔMB.

Ce chef-d'œuvre du Dominiquin est ici en regard de celui de Raphaël : dans l'opinion générale, ils occupent le trône de l'art. On a blâmé l'étrange nudité de S* Jérôme, au milieu de personnages si richement vêtus. On a surtout adressé à la composition le reproche de plagiat.

(K. Musée de Bologne). Ce tableau, fait pour l'église d'Ara Cœli, ne fut payé que 60 écus au Dominiquin. Les mornes le reléguèrent dans un coin obscur. Ayant commandé à Poussin un tableau, ils lui présentèrent la Communion de S* Jérôme comme une vieille toile bonne pour penddre dessus. Poussin non-seulement fit replacer ce tableau sur le maitre-autel, mais il le proclama, avec la Transfiguration de Raphaël et la Descente de croix de Daniel de Volterre (F. p. 248), un des trois chefs-d'œuvre de la peinture.

Il avait déjà protesté contre les dédains injustes vis-à-vis d'un artiste que poursuivait une haine acharnée. Seul il copiait, à San Gregorio, la fresjue du Dominiquin. Celui-ci, malade, s'y fit transporter et embrassa notre grand artiste, dans lequel il trouvait un ami inconnu. — La Communion de S* Jérôme appartint ensuite à l'église San Girolamo ciella Carità ; et elle a été pendant plusieurs années au musée du Louvre.

3» Salle. — Titien : S» Sébastien ; la Vierge entourée d'Anges, avec plusieurs Saints (ouvrage remarquable du grand coloriste. Annibal Carrache disait du S'

ROUTE 29. — ROKB. — GALBfilB DE TABUSilTX DU TATIOAM.

Sébastien que c'était «il j(V990 4i came).

le GiLerfihin: S*? Marguerite 4e Cortone aa pied de l'autel; au deuxième plan, )e cnien qui retrouya ia tête de son amant ; ce qui motiva sa conversion.

Ribera .'Martyre de S* I^aurent {noir].

Le Gugrchin : S*' Madeleine [tête sans expression], tableau restauré.

Le Pmturicchio : au ciel, Couronnement de la Vierge; en bas, Apôtres et Saints {peint avec sécheresse] .

Le Pérugin : {Résurrection de Jésus- Cbrist. — On croit qu'un des soldats endormis^ [un ëellâtre à' teint frais] est le portrait de Raphaël adolescent ; un autce qui s'enfuit est celui du Péruffin, ressemblant; il fut peint par Raphaël luir même ; ce tableau a été transporté à Paris.

/. Romain et Penni : Couronnement de la Vierge, — commandé à llaphaêl, en 1505^ par les religieuses du couvent de Monte Luce, près Pérouse. A sa mort, il était à peine dessiné sur le panneau (Passavant), et peut à peine âtre classé parmi ses tableaux ; il fut terminé, quatre ans après la mort de Raphaël, par ses élèves ; Jules Romain peipit le haut ; Fr, Penni (le Fattore} peignit la partie inférieure^ et fut peut^fetne aidé par Perino del Vaga, qui avait épousé sa soeur. Ce tableau, enlevé de Pâ^use en 1797, resta au musée du Louvre jusqu'en 1815.

Le Spagna : Nativité [la tête du S» Joseph, seule, est dans le caractère des tètes, du Genacolo de Floreuce].

Raphaël : Cooronhbieht de la. Vierge.

•r- Un de ses premiers ouvrages exécutés à Tâçe de 19 ans pour Téglise desFrandscains, à Pérouse ; envoyé en 1797 au musée de la République française, il y resta jusgu'en 1815 ; il fut nettoyé et transporté sur toile. Raphaël s'y montre encore l'imitateur du Peruffin. Il est eurieux de comparer ce taoleau a la Transfiguration, et Àe voir combien l'art a marché avec la courte existence d'un seul homme.

Le Pérugin : La Vierge et l'enf. Jésus, sur un trône et quatre Saints [œuvre splendide].

Sassoferrato : La Vierge du Rosaire.

Michel-Ange de Caravage : Mise ad Tombeau.

[Le chef-d'œuvre de ce peintre, que Milizia appelle un homme aétestable, aussi bien en peinture qu*en morale. On est

frappé de h puiss^qe. d'eS*^ àe çell^ du coloris, de la force. d'expression. et de la vigueur extraordinaire oe l'exécution. Mais comment {!& pas être choqué cle cet affreux bossu oui jporte le.Chicist,. et des télés ignobles au Christ lui-même et de la Vierge?]

Tiùe^ : Portrait du doge GrittL

fiicçolà Alunnoi deux Ret^les d'autel ; Crucifixion, Rési«prection. — Plusieurs figures de Saints.

Melozzo 4e Forii, -rr^ .Fresque détachée d.u .mur de l'juicienne bibliothèque du Vatican, et transportée sur toile, sous le pontificat de Léon KII. Elle représente Sixte IV, entouré 4e8 cardinaux ■> Julien de la Bovère (depuisjules II) et P. Riacio, ses ^e¥eux, donnant audience au 4:é-r lèbre Platina, préfet de la bibliothèque du Vatican.

4? Salle. — VeUentin : S* Paocàs et S' Martuiisn — (dans la manière du Caravage). A été transporté à Paris en

Guido Reni : Maso» en gloies avec saint Jérôme et saint Thomas. ?— Majl- TxaE DE Saint Pierre- — Un de ses meilleurs ouvrages, peint à rimitation du (^ravage [qmbre^ et fonds noirs^ La toque rouge du bouri^au, à la partie supérieure du tableau, est comme une note aiguë qui détonne dans Tbar^onie de l'ensemble.] Ce tableau a été transporté à Paris.

Poussin : Martyre de S^ Erasme.

Cet atroce sujM lui « fut commandé, dit M. Viardot, peu de temps après son arrivée à Rome, par la protection du cardinal Barberini et du. commandeur del Poz9o, pour être également copié en mosaïque, et faire à Saint-Pierre le pendant' du tableau de son ami Valentin. Poussin n'a pas fait un second tableau de la même dimension ; celui-là est seul de ce genre dans toute son œuvre; maiç il n'est le plus grand de ses ouvrages qu'en superficie. Le peintrerpenseur du Déluge et de la Femme adultère, qui aimait à ressemer dans un petit espace un vaste sujet, semble s'être trouvé mal à Taise devant une toile de quinze pieds> et en traçant des personnages grands comme nature. Le martyr est très-beau ; sa tôle surtout se fait remarquer par une noble et profonde expression ; mais il faut l'avouer, le reste de \fk composition est faible, et l'exécution phis faible encore.

C'est à Paris que règne et triomphe

ROUTE 29. — ROM£. — MOSÉE DU YATICAN.

Poassin. » [Le ton de la eouleur est léger et on peu rougeâtre.]

Anarea Sacchi : Messe et miracle de S* Grégoire le Grand.

Frea, Bdroccio . Extase de S'« Micheline de Pesaro. [Cette peinture facile, mais maniérée et fausse de couleur, passe pour un des chefs-d'ceuvre de l'artiste.]

Buonmcino (le Moretio^ de Brescia) :

la Vierge, S* Jérôme et S* Barthélemi [beau coloris}.

Pa^l Veronèse : S'« Hélène, retrouvant la, Croix.

Le Guide : Madone, S* Thomas et S* Jérôme.

Le Corrège (?) ;. le Christ dans une gloire. '

Cesare da Spsto : la Vierge à la ceinture, entre S* Jean et S* Augustin (tondo, 1521).

Andréa Sacchi : Vision de S* Homuald.

a On Ta comptée longtemps, dit M. Viardot, parmi ce qu'on appelait les Quatre tableaux de Rome. C'était unp

Place trop haute, et dans laquelle on ne a point maintenue» J^ais personne ne conteste que ce tableau, où brille principalement sur tous ces visages de moines un sentiment d'ardente dévotion, ne soit un noble et bel ouvrage. » [D'une couleur très-remarquable. Mais les têtes sont d'un faire uniforme et de pratique.] Il a été transporté à Parts.

Un Paysage de P. PoUery que nous avions vu, ne fait plus partie aujourd'hui de la galerie.

Tapisseries de Raphaël. — (Nous décrirons ici ces grandes compositions (placées dans la longue galerie au-dessus de^ j^dins du Vatican. — F. le Plan), afin de rapprocher toutes les œuvres émanées àenaphaël.)

^ Ces tapisseries, désignées sous le nom à'Arazzt parce que la ville d'Arr^s avait eu longtemps la supériorité pour le tapis de haute lisse, furent commandées par Léon X pour décorer la chapelle Sixtine. Raphaël en commença les cartons en 1515. Ils furent exécutés en détrempe par lui et ses élèves. 7 sur 11 de ces cartons acquis par Charles !•', et mis aux enchères après sa mort, furent achetés par Cromwell (au prix de 300 livres sterling) , et sont aujourd'hui au pal^iis d'Hamploncourt. L'exécution des tapis-

series se fit en Flandre, soiu la direction de B. Van Orley, élève de Raphaël. 13 autres tapis furent exécutés par Van Orley et autres élèves de Raphaël ; ^uel-

2ucs-nns encore d'après ses esquisses, ors du sic de Rome par le oooAétabte de Bsurbon, les tapis furent enlovéa, puis restitués, en 15&5, par 1q connétable de Montmorency. Us furent encore volés en 17S9 et rachetés en 18PS à Gènes par Pie VU. Voici l'indication des sujets de CCS principales tapisseries : — 1. S* Paul rendant aveugle le magicien Elymas (la partie inférieure s'est perdue). •^-< 2. Li^ pidation de S^ Etienne. (Sur la base e«t représenté letrelour du ctu^^ûial. Jqi^ 4e Medicis,,à Florence.) -r 3. S* Pierre

âuérissant un paralytique. ()ean de Méicis se rend prisonnier i la bataille de Ravenne; son évasion.) — r 4. S* Paul en prison à Philippes pendant le treinblôment de terre (ce pnénemène esl repré* sente par un géant), -r* 5./ Conversion, d^ S* Paul. -^ 6. .AUé^qe snr la p^ute (cet ouvrage n'est probablement pas de Raphaël). — 7. Massacre des Innocents.

— 8. Jésus-Christ apparaît à S^ Madeleine (n'est point de Raphaël). — 9. S* Pierre recevant les clefs. [Jean de Médicis, depuis Léon X, déguisé en capucin, fuyant de Florence, lors du bannissanient de sa famille). ^ ,10. Antre représentation du Massacre des Innocents (n'est pas de Raphaël). — 11. Mort d'Ananias. (Retour de Jean de Médicis à Florence.) — 1^. Pèche de S» Pierre. (Le cardinal de Médicis faisant son entrée à Aome pour se rendre au conclave.) —*- d3« S* Paul

E réchant à Athènes. -^ 14. 1«sacrifiee de ystria, où l'on voulait rendre 1^ honneurs divins à S' Paul et à S' Ramabé. (S* Paul à la synaj^gue.) — Les autres tapisseries ne paraissent pas être de Raphaël.

Musée da Taiionn.

Ce musée est au 1*' étage. L'entrée est à rextrémité de la Loge de Bramante (sur la cour S. Damaso.) — Voir le.^ indications données à la page m.

[Le musée du Vatican est le prc|mier musée du monde. L'inmiQnse richesse des objets d'art qui y sont réunis est telle, que î'esprit en ipeste QOafpmiiu s^U premier fibord. Toutefpis il ressort de Fensemble de ce musée

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