‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 186 sur 422 · ROUTE 29. — ROME. — PALAIS. — FARNÉSINE · texte numérisé non relu

ROUTE 29. — ROME. — PALAIS. — FARNÉSINE

sées. Elle fut exécutée par Michel-Ange.

— Le !•' étage de la cour est bien de San Gallo. « Jamais Vignole, malgré ses rares qualités, n'atteignit à cette mâle proportion, à cette Tirilité de profils. Le 2* étage est de Michel-Ange, qui, chargé de mettre la dernière main à une œuvre à laquelle San Gallo avait consacré seize ans, au lieu de tendre à l'unité et à l'harmonie, méconnut ses devoirs en y portant le désordre et la fantaisie. — Vignole succéda à Michel-Ange, mort en 1564, et Jacques de la Porte à Vignole, mort en 1573 ; et il acheva la façade postérieure du palais en 1589. — La façade entière est en briques ; l'entablement, les bandeaux, les bossages, les croisées, colonnes et frontons, sont en travertin, qui provi -nt en partie du Colisée et du théâtre de Marcellus. — Les cours étaient autrefois décorées de statues, parmi lesquelles le fameux Hercule, de Glycon r Athénien, la Flore, le groupe de Dircé, connu sous le nom du Taureau Famèse, qui ont été transportés à Naples, ainsi que d'autres marbres antiques. Dans la cour principale, on voit un sarcophage que l'on dit être celui de Geciiia Metelia (?) .

— Au !•' étage on trouve quelques sculptures : une statue équestre de Caligula [restaurée] ; et 2 figures couchées, par Giac. delta Porta, qui étaient destinées au tombeau de Paul III, à S*-Pierre. [La Charité semble une réminiscence de la Nuit de Michel-Ange.]

La grande Galerie, de 20 met. de long, contient l'ipuvre capitale d'Annibal Carrachcy et une des productions classiques les plus remarquables de la peinture italienne. Poussin disait que depuis Raphaël on n'avait rien vu de supérieur aux fresques de ce plafond. Elles firent une grande sensalion, portèrent aux maniéristes un coup irrésistible, et établirent l'ascendant de l'école des Carrache. Ce vaste ensemble de Iresquos, dans lequel Annibat Carrache fut aidé par son fière Augitstin, par le Dominiquin et quelques

autres de ses élèves, et auquel il travailla plus de huit ans, ne lui fut payé que 500 écus (3000 fr.j. La composition centrale est le Triomphe de Bacchus et d'Ai'iane. — Les autres sujets sont : — Pan olTrant une peau de chèvre à Diane.

— Mercure remettant la pomme d'or à Paris. — Apollon enlevant Hyacinthe. — L'Aigle et Ganymède, par le Guide. — Polyphème jouant sur ses pipeaux. — Polyphème poursuivant Acis. — Persée et Andromède, par le Guide. — Persée pétrifiant avec la tête de Méduse Phinée et ses compagnons. — Junon accueillie par Jupiter — Galatée avec des Tritons et des Amours. — Apollon etMarsyas. — Borée et Urythie. — Eurydice. — Europe et le Taureau. — Diane et Endymion. — Hercule et lole. — Aurore enlevant Céphale daiis un char. — Anchise et Venus. — L'Amour et un Satyre. — La nymphe Salmacis et Hermaphrodite.

— Syrinx et Pan. — Héroet Léandre. — 8 petits tableaux au-dessus des niches, par le Dominiquin : Arion ; Promélhée; Hercule combattant le dragon des Hespcrides ; il déhvre Promélhée ; Dédale et Icare; Calisto au bain, métamorphosée en ourse; Apollon recevant sa lyre de Mercure. — Cabinet : peintures à fresque par Annib. Carrache : Hercule entre le Vice et la Vertu (l'oi iginal est à Napîes) ; Anapius et Amphinome sauvent la vie à leurs parents dans une éruption de l'Etna; Ulysse et Circé; Ulysse et les Sirènes; Persée et Méduse; Hercule et le lion de Némée. -^ Une salle est peinte à fresque ^nr Daniel de Voherre, Fr. Salviati ; Taddeo Zucchero et Vasari : Puix entre Chirles V et François 1"'; Martin Luther discutant avec le nonce Cajetano. — Dans une salle attenante, trois fresques du Dominiquin : Narcisse ; Apollon et Hyacinthe; Vénus et Adonis déchiré par le sanglier. C'est un des caractères de l'époque où ces peintures furent exécutées, que le goût prédominant pour la mythologie; mais d ne justifie pas (pour parler le langaçe énergique de la Bruyère) « ces saletps des dieux peintes pour les princes del'Eglisel »

Farsésine — (Plan de Rome, C, 4),

— VILLA Chigi, acquise à vil prix, à la fin du XVI* siècle, par le card. Alex. Farnèse. Ce palais, ^ui appartient aujourd'hui à l'ex-roi de Naples, a été

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c^dé poup cent aps, à c\^^rge de \e restaurer, au marquis de Lerna. La restauration s'achevait en 1862. — Ce palais fut construit par Baldassare Peruzzi pour le banquier Chigi, qui, à S3 mort, arrivée 4 jours après celle de Raphaël, laissa une fprtvme colossale. — La Farnésine, autrefois y\sible tous les jours, ne Test plus que le 4" et le 15 de chaque mois.

Chigi donna à la Fa|"nésine un repas à LéonX, a douze cardinaux, etc.; où, parmi les prodij;alîtés renouvelées des Romains, on servit des plats de lanjçues de perroquets. La vaisselle d'or et d'argent, au fur et à nieçure qu'on desservait, était jetée dans le Tibre, au bord duquel avait sar^s doute été construite une salle à manger provisoire. Du reste, ces richesses ainsi jetées par la fenêtre étaient recueillies dans un filet. Ge n'était qu^up étalage puéril de luxe. Titien, qiii assistait au ?*epas, nous apprend c(ue le prix de trois poissons servis au repas ii^ontàit à 25() écus. À celte bonne fortune ne fut pas convié probablement cette fois le parasite Tamjsius, doilt Paul Jove raconte rbistoiré : qui suivit à la piste, dans l'espoir d'en avoir sa part, un ombre monstrueux, renvoyé en cadeau de palais en palais. Il espérait qu*il allait enfin s'arrêter chez le banquier Chigi ; mais celui-ci fit porter le poisson, paré de Heurs, chez la célèbre courtisane Imperia [V. p. 23Q), où sa gourmandise parvint enfin à le rejoindre. Ge même Chigi , amoureux des repas splchdiaes, des beaux poissons et des jeupeà courtisanes, aimait aussi les arts, et figure parmi les Mécènes de répoaue. Raphaël fut un des [►cintres qu'il employa à embellir sa vouptueuse résidence.

On va ^4nairer à la F^rnésine les cél^brcis fresques de Raphaël :

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