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APERÇU GÉNÉRAL] SUR L'EX-ROYAUME DE NAPLES

V ex-Royaume de tapies occupant la partie méridionale de la péninsule italienne, formait, avec la Sicile, le Royaume des Deux-Sicites,

La chaîne des Apennins traverse le royaume de Naples dans toute sa longueur. Elle forme, au N., le pliteau des Abruzzes. La province de l'Abnizzc ultérieure II* e^t un p lys ftpre, peu cultivé, renfermant de vastes pâturages, et çà et là des vallées ferlile^s. Les sommets des montagnes sont g'néralement couverts de neige, et leurs flancs revêtus d'immenses forêts de chênes et de pins. Les plus hautes montagnes sont : le monte Corno (au N. E. d'Aquila), dont le sommet, le Gran^ Snsso d'ItaHa^ le point culniinint des Apennins, a 2823 met. ^; et le monte Yelino (2428 met.). Cette dernière montagne s'élève au N. du lac Fucino, le plus grand lac du napolitain, aujourd'hui desséché. — Au plateau des

Selon d'autres mesures, 2,992 mètres.

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Abrazzes succède celui du Samnium. Là, la chaîne apennine se divise en deux rameaux : VuUf abrupt de 400 à 509 met., est couvert de pàtura^^es et de bois, tra> verse la Calabre et va d'un côté linir au S., au cap Spartivento^ et <le l'aulre, interrompu un instant par le détroit de Messine, il se prolonge dans la Sicile ; Faulre ramean, de moins de 350 met., et rt'vélu de beaux pâturages, traverse la Fouille et se termine au cap Leuca, Ces chninet; et leurs contre-forts partagent le sol en un grand no'mLre de vallées, « s«'parées les unes des autres, et dont les populations, isolées entre elles, vivent un peu à la façon dos clans. Aussi les races diverses sont-elles encore faciles à reconnaître tant l'assimihtion a été incomplète. »

— L'orographie du royaume de Naples offre un intéiêt particulier par sa formation volcanique et les phénomènes dont elle est emore le théâtre. Les anciens volcans ne se rencontrent pas dans la partie centrale des Apennins. Ils sont tous sur le versant S. 0. de la chnine, une seule montagne exceptée, le mont VoUore, près de Melli. Les plus remarquables senties groupes de Santa Fiore et de Vilerbe, celui du Litium, ceux de SHUta Agata et de Rocca Montina, vers Sessa (terre de Labour), entin celui de Naples, le seul qui pr sente un volcan en activité. Pour ]a description des phénomènes volcaniques, voir le Vésuve et les environs de

Eaux iiin£rales. — Par suite de rincurie de l'ancien gouvernement et l'apathie des particuliers, on n'a point tiré jusqu'ici un parti convenable des richesses du pays sous ce rapport. On sait combien les thermes de la Campante étaient renommés dans l'anti' quité. On compte 64 »ources minérales et thermales dignes d'être signalées dans la Cam* pania felice, lesquelles appartiennent pour la plupart aux cla»»es des sulfurées et des chlorurées 6odique>. Leur température s'échelonne entre -+- 14' et -i- 88* centigr. Mais un très-petit nombre sont pourvues d'aménagements balnéaires. Les bains de Casamicciola. de Bagnoli, Castellamare, Torre Anaunziata, Suessoia sont pourvus du strict nécessaire. On évalue le nombre des buveiurs à ces sources, à S6,000 par an, et celui des baigneurs à 14,000. ( Y. la publication du D' Gaet. Caporale, sur les Eaux minérales de la Gampanie (Naples, 1861) ; et les Bairs d'Edrope, par Jeanne et Le Pileur (Paris, Hachette).

DhrisioBs admlnlstratiTes. — Le royaume de Naples (la Sicile non comprise) était divisé en quinze provinces, i"» Province de Naples; — 2» Terre de Labour [Terra di Lavoro) chef-lieu, Gaserte; Gaëte, place forte et port de commerce; — 3» PrmcipatUé citérieure [Principato citrà), chef-lieu. Saleme ; — A* Principauté ultérieure^ chef-lieu, Avellino; — 5» Molise ou Sannio, cbcf-Heu, C«mpo-Basso;

— 6« Abruz's^e citérieure, chef-lieu, Ghieti; — ?• Abruzze ultérieure /'•, cheflieu, Teramo; — 8» Abruzze ultérieure II; chef-lieu, Aquila, place- forte; — 9» Capitanate, chef lieu, Foggia-; Manfredonia, petit port fortifié; — 10» Basilicate, chef-lieu Potenza; — 44"» Calabre citérieure, chef-lieu, Gosenza; \^* Calabre ultérieure /'•, chef-lieu, Reggio; — 13* Calabre ultérieure II*, chef lieu, Catanzaro;— 44» Terre de Bari, chef-lreu, Bari, port fortifié; — \b* Terre dO' trantc, chef-lieu, Lecce ; Otrante et Brindes, ports fortifiés ; Tarente, place forte, petit port sur une très-belle rade; — 16» Bénévent, Gette division a été conservée, avec les mêmes noms.

Gos provinces correspondent de la manière suivante aux six provinces antiques : le Samnium jAbruzzes, Sannio, Principauté ultérieure et partie occidentale de la

vit «AfLtt. — .AλKIÇU G^NtïlAÏ..

lefrè àé Labour) ; — la Campante (terre de labour et province Je ïîaples) ; — YApuHeûa Pouiîte du moyen â^e (Capitannte et terre de Bari) ; — la Mèuapie{ièrTé d*Otraûte) ; — la lucanie (Basilicaté et Principauté cilérieure) ; — le Êfutium (Calabres),

AgHenltara. — Sur 8,660,000 hectares dont se compose, la superficie du àol, i,90u,000 sont cultivés ou utilisés en pâturages: 000,000 sont en forêts ; î ,760 OÔO en jachères, marais, etc.. L*agriculture est la principale source de prospérité; maia les produits sont bien loin d'être éii rapport avec la richesse du sol, et les habitants ont beaucoup à faire pour reconquérir sur la nature les terrains que le vice des institutions et la négligence lui ont laissé envahir. Les Âbruzzes et le Sannio (Samnium) sont boisés et couverts de pâturages. Une fiopulation de pasteurà s*y livre à Télève du bétail. La Capilanale, sauf sa partie occidentale montagneuse, présente une vaste plaine sablonneuse. Les terres de Bari et d'Otrante ojil Un sol accidenté et fertile, mais eans eau et peu cultivé. Les pâturages remplacent la culture du sol. Le sol de la Basilicatè est plat et peu cultivé. Celui de la Principauté citérieure est riche et fertile Les Calabrcs montagneuses, couvertes de bois et de pâturages, renferment des vallées très-fertiles, mais le pays est malsain çt désert sur les bords de la mer. La Campanie (Campania Félix) est d'une fertilité merveilleuse.

Un même système de aUture, auquel on a donné le nom de campanien, pré^ Ttut 4e Gaëte à Sdrrente. Le trait caractéristique de ce système consiste à faire venir les céréales à l'ombre des arbres, pratique que les voyageurs se sont trop pressés de blâmer. Si la quantité du produit est moindre, la perte est plus que eompenséa par la facilité qu'a le fermier d'y joindre la culture de la vigne, de l'blifier) du mûrier, ou de l'orafnger. Aatnor de Naples^ les eulttires se succèdent sans relâche, et rappellent, par l'assiduité du travail, les jardins des maraîchers autour de Paris, avec la différence, toutefois, d'un sol infiniment plus riche, dont • la fécondité est développée par l'irrigation. — Le système Apulien, ou du Tavo' liere, forme un contraste complet avec le précédent. 11 ra{^elie l'état pastoral des sociétés primitives. On appelle Tavoliere une plaine occupant^ dans la Capitanateet une pMriie de la province de Bari, une étendue de 100 kil. de long et d'environ (K)de large. Desséchée en été, elle se couvre d'herbages en hiver. Déjà, dans l'antiquité, les bergers du Saninium y conduisaient chaque année leurs troupeaux. Yarrou nous apprend que ce droit de pâturage rapportait un riche tribut à Rome. Horace rappelle cette migration dans son épode I'*. Après les Romains, les Lom- JNirds, les Grecs et les Normands continuèrent à lever, ce tribut. Au xv* siècle» Alphonse !•' d'Aragon ramena irrévocablement au fisc ce terrain, qui avait été aliéné, et rendit obligatoire la migration des troupeaux, qui» jusque-là, avait été libre» < transplantant ainsi de la sierra ^ évada dans les plaines de l'Apulie la mesta espagnole avec tousses inconvénients politiques, économiques et moraux. » Ce déplorable s\stème, qui était la ruine de l'agriculture, funeste aux habitants et aux officiers du fisc, qu'il habituait à la fraude, a été signalé comme une cause de démoralisation pour les montagnards^ vivant séparés de leur famille, et passant facilement de leur vie nomade à des actes de brigandage. Il fut aboli sous la domination française, et rétabli en 1817* La migration obligatoire prit fin; mais les

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inonlagnards conduîs^rèïlt voîontairettnent leurs troupi^aux à dô ^ndes distance*. — Le nouveau réirifliè politique de l'îlalie devait faife disparaître un tel état de choses. Le 12 janvier 1805, la Chambre des députés a volé une lei relative à rafl'ranebissement du Tavoliere di Puglia^ ayant pour clq^t de mettre en culture c6 territoire. 11 pourrait nourrir une population de 200,000 tme». Les colons actuels, auxquels la loi de 1817 interdit de cultiver, pourront acquérir la toute propriété de cette terre en payant vingt-deux fois le chiffre de leur redevance annuelle au trésor. — La vigne est cultivée généralement dans la plaine ou sur les coteaux; niais elle occupé ti ^s-rarement le sol à elle seule, elle s'appuie »ur des arbres, formant guirlande de l'un à l'autre, et l'espace intermédiaire est semé de céréales. Une grande partie du vin sert à faire de Teau-de-vie. Quelques vins ont cependant de la réputation, tels que le Lacryma Christi, récolté sur le Vésuve ; le Falerne, ceux du territoire de Pôuzzoles, d'isihiâ, de Procida, de Capri, les viUs des Fouilles... — * LeioUvwrs sont cultivés sur un granl nombre de pijinis, particulièrement dans les provinces d'Otrante et de Bari, où ils occupant les deux tiers du sol. Une gr'tnde partie de l'huile produite est de qualité inférieure et exportée à Livourne, à Gènes et à Marseille, pour les fabriques de savon. Les huiles pour la table les plus estimées sont ctUes de Yico, Sorrente, Massa... — Le figuier est également très-répandu. (A toute heure du jour, dans l'été, on voit, &Naples, des hommes et des femmes vcnartt des environs et portant sur la tête de grandes corbeilles pleines de fiorues artistement disposées en pyr*amide«, et t^ui se vendent trèsbon mHrché.) — Les amandiers el les noisetiers, qui «ont très-abondants, alimentent l'exportation. — Les orangers et les citronniers doivent être aussi comptés parmi les arbres fruitiers, si abondants dans le pays. Ils demandent 6 ou 8 an^ avant d'être productifs. — les plantations de mûriers ont été entravées par la lourdeur des impôt» dont la production de là $ùie était frappée au siècle dernier. ^ L'Abruzze cltérieure produit le riz et le safran. — Le eoton, d'un excellent rapport, est cultivé dans les Calabres, la Basilicate, les provinces d'Otrante, de Bari, de Labour et de Naples. On voit de toutes parts, dans les champs auprès de la ville, ce produit des Indes et de rAmérique. Le meilleur coton est celui qu'on appelle coton de Castellamare et qu'on récolte au piod du Vésuve.

« Le pays est pauvre ; les travaux d'utilité publique ne comptent guère. L'agriculture, la seule ressource sérieuse des populations, est arrêtée dans son développement par ta difficulté des transports *. t>

F»p«lati»a. ^ La pq)ulation du royaume de Napleane s'élevait» en 1823, qu'à

* Un rapport du député Massari sur le brigandage, lu en comité secret les 3 et 4 mai 1863, donne les détails suivants :

Sur 1848 cofnraaB«« des provinces napolHaiiws, 1331 manquent éé routas carpos^ sables, eircoastanct favorable au développement du brigandage. Sur lit communes de la Basilicate, 91 bont >ans routes; sur 108 de la province de Catanzaro, 9i; sur 75 de celle de Teranio. 60. Le long espace qui sépare le» Abruzzes de la Capitauate est également enlièrenieiït dépourvu de routes. Dans la province de Naples même, 84 communes manquent de roules. La provmoe privilégiée son»» ce rapport est celle de t^uri^ Ce dépk»rable état de chose était une conséquence du système politique des Bourbons. Us faisaient construire de magailiques roules dans le voisinage de Naples, pour faire illusion aut étrangers et se donner les apparences d'un bon çouvememaot Civll^

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578 NÀPLBS. — APERÇU GÉNéRAL.

5,052,261.— Toute la population, sauf 2,500 Juifê et 70,000 i4/6a»aw, établis dans la Fouille et suivant la religion grecque, professe le catliolicisme.

Finances. — Au moment de la révolution de 1848, elles passaient pour être dans un état satisfaisant, bien que la dette fût encore de 1(t9,568,000 ducaU napolitains. Les revenus annuels étaient estimés à environ 26 millions de ducats (117 millions de fr.), et les dépenses à peu près au même chiffre.

Armée. — Le développement de la force militaire était pour le royaume de Naples, comme il Test pour la majeure partie des États de l'Europe, une charge disproportionnée pour le budget. Le total général de Tarmée, en 1855, était de 143.586 hommes. L'armée se recrutait par la conscription. Il n'y avait pas d'exemption, mais on pouvait obtenir un remplaçant au prix de 240 ducats. — Le nombre total des marins était de 5000 environ.

Glerflré. — On estimait le nombre des ecclésiastiques dans les Deux>Siciles i 90,000. « Avec un clergé aussi nombreux, l'instruction publique qui aurait pu être très-répandue, était la partie peut-être la plus dérectueuse de l'administration napolitaine.

t et administration. — Le gouvernement du ropume des Deux- Siciles était une monarchie absolue et héréditaire. Le roi gouvernait par ses ministres. Il y avait un conseil d'État dont les membres étaient nommés directement par le roi, et dont les fonctions étaient purement consultatives. — L'administration, établie sur le modèle de l'administration française, avait pour résultat une centralisation excessive. A la tête de chaque province était un intendant, nommé directement par le roi (aujourd'hui l'intendant est remplacé par le préfet). Un conseil provincial de 15 à 20 membres, choisis par le roi, se réunissait tous les ans pendant une durée qui ne devait pas excéder 20 jours ; il examinait les comptes de la province et pouvait grésenter d'humbles requêtes au roi sur les intérêts locaux.

Histoire.

La population des provinces napolitaines se compose des éléments les plus divers. Le pays, divisé par la nature en petites contrées séparées les unes des autres par de grands obstacles, a été favorable à la persistance de caractère des racea qui les ont habitées, et dont les traits, malgré tant d'invasions et de conquêtes, sont encore reconnaissables, tant l'assimilation a été incomplète. Les races primitives de cette partie méridionale de l'Italie appartenaient à la source pêlasgique,et furent ensuite soumises par des tribus de race osque et sabellienne, ellesmêmes d'origine pélasgique, mais ayant longtemps conservé à l'écart dans les montagnes toute la rudesse d'un peuple de chasseurs et de pâtres. De nombreuses colonies grecques vinrent, entre 700 et 450 avant Jésus-Christ, s'établir i l'extrémité de la Péninsule et firent donner aux quatre provinces du Brutium, de la Messapie, de la Lucanie et de l'Apulie, le nom général de Gronde Grèce. C'est là que fleurirent les États de Tarente, de Crotone, de bybaris, de Rhegium, etc., qui comptèrent Pythagore parmi leurs législateurs. Ces provinces furent conquises au III* siècle par les Romains. A la chute de Tempire elles passèrent suo-

MÂPLES. — HISTOIRE. 379

ccssÎTement aux barbares. — En 554, Justioien soumit à son pouvoir l'Italie méridionale et la* Sicile ; et les empereurs grecs, ses successeurs, en restèrent maîtres en partie jusqu'à l'invasion des Sarrasins au ix* siècle. Ceux-ci, au xi* siècle, sont chassés par des aventuriers normands. — William Bras-de-fer, fils de Tancrède de Haiiteville (près de Coutances), devient comte de la Fouille (1043). Robert Guiscard, autre fils de Tancrède de Haufevilie, est nommé 20 ans après duc de la Fouille et de Sicile. — Au commencement du xu« siècle, un descendant de la même famille, consolidant la dynastie normande en Italie, prend le titre de roi de I^aples et de Sicile. Guillaume II, un de ses descendants, étant mort sans enfant mâle, ses États échurent par succession, en 1194, à Henri YI, empereur d'Allemagne.

En 1265 le pape Clément lY, qui ne voyait qu'avec peine ce royaume sous la domination des empereurs d'Allemagne, profita de la minorité de Conradin pour donner ses Etats à Charles d'Anjou, frère de S* Louis. Conradin, âgé de 16 ans, descendit en Italie à la tête d'une armée pour revendiquer son patrimoine ; il perdit la bataille de Tagliacozzo. Charles d'Anjou, s'étant emparé de lui, lui fit trancher la tête. C'est le prétexte d'une rancune tenace que la jeunesse allemande garde à la France. — Le biciiien Jean .de Procida dierche à délivrer sa patrie de la dure tyrannie des Français d'Anjou et de Provence, et engage Pierre III, roi d'Aragon, allié de la maison de Conrad, à passer en Sicile. Les Fi ançais sont massacrés à Palcrme (Vêpres Siciiiennes, 1282). Dès lors s'établit la séparation du royaume de Naples et de la Sicile, qui fut réunie à l' Aragon.

En 1345, Jeanne I'* (de la maison d'Anjou), fut proclamée reine, ayant à peine 16 ans. Elle eut pour premier mari André, qui fut étranglé à Averse [V. Cathédrale de Naples). Elle épousa en secondes noces Louis de Tarente. Tombée dans le mépris par un dernier mariage avec Othon de Brunswick, elle se jeta dans les bras de la France, et nomma pour son successeur le duc d'Anjou. Mais le pape Urbain YI appela au trône un cousin de la criminelle et impudique reine ; Charles de Duras la fit jeter en prison (1381) et bientôt étouft'er sous des matelas.

■ La dynastie de la maison d: Anjou conserva le royaume jusqu'à Jeanne II, dont l'histoire a transmis la vie scandaleuse et le luxe effréné. Elle monta sur le trône en 1343. Jacques de Bourbon, comte de la Marche, son époux, la fit emprisonner. Le peuple se révolta, et Jacques, vaincu, fut contraint d'entrer dans un couvent. Plus tard le pape Martin Y appela Louis III d'Anjou ; Jeanne s'enferma dans le Château-Neuf, et adopta pour héritier Alphonse le Magnanime, roi de Sicile. Mais celui-ci, ne pouvant tolérer l'arrogance de Carracciolo, un des amants de la reine, le fit arrêter, et Jeanne le déshérita. Elle appela plus tard au trône de Naples Hené, comte héréditaire de Provence. Cette double adoption laissa à sa mort (1435) le royaume en proie à des guerres civiles.

Yersla fin du xv« siècle, le roi de France, Charles YIII, héritier des droits des ducs d'Anjou, traversait l'Italie, et entrait à ^aples aux acclamations du peuple. Mais celui-ci fut bientôt irrité par les insolences des soldats français; et Charles VIII, après une courte possession passée en fêles et en tournois, fut obligé de regagner la France. — Louis Xll hérita de ses prétentions sur l'Italie. Après avoir fait un traité pour se partager le royaume de Naples, Louis XII et Ferdinand le Catholique s'en emparèrent ; Gonsalve de Cordoue, avec une duplicité tout à fait dans les

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mœurs du temps et dans laquelle César Borgia se montrait, à la même époque, un maître consommé, se joua des rois napolitains et de Louis Xll. Celui-ci céda, en 1505, à l'Espagne ses droits sur le royaume de ^aples, comme dot de Germaine de Poix, sa nièce.

Le mariage de Jeanne la t'olle, fille de Ferdinand le Catholique, avec Philippe le Beau, fils de l'empereur Maximilien, fit pa>ser dans la Maison d* Autriche le royaume des Deux-Siciles, que réunit Charles-Quint et que l^Espagne conserva pendant deux siècles. La cour d'Espagne le fit gouverner par des vice-rois, et en tira des sommes considérables. Les deux tiers des revenus ordinaires sortaient annuellement du royaume en monnaie d'or pour acquitter les dettes de l'Espagne.

En 1547, le vice-roi don Pedro de Tolède, cherchant tous les moyens d'assujetir le pays, voulut introduire à Naples le tribunal de l'inquisition. Cela souleva une révolte à la tête de laquelle se mit un certain Tommaso Aniello, de Sorrente, nom qui semble prédestiné à l'insurrection, et que le second Masaniello devait rendre si célèbre, juste 100 ans plus tard, en 1647. Sous la domination espagnole, le pays était écrasé d'impôts, et les vice-rois les avaient maladroitement établis sur les objets de première nécessité^ On avait oublié de taxer les fruits et les légumes; ce dernier impôt fut établi. Ces exactions amenèrent la révolte de 1647, soulevée par l'éloquence naturelle d'un simple pêcheur, Thom.is Aniello (Masantello); révolte qui se fit aux cris de : « Vive le roi d'Espagne! A bas les gabelles ! » Le peuple mit le feu aux maisons des ministres et dés agents du fisc, sans dérober la moindre chose. Masaniello se vit bientôt à la tête de 100 000 révoltés, lui obéissant aveuglément. Il négocia un traité avec le vice-roi, le duc d'Arcès, qui promît l'abolition des impôts. Il se jeta aux pieds dû vice-roi, déchira les riches vêlements dont on l'avait revêtu, et dit qu*il n'avait pris les armes qile dans rintérêt du peuple et (ju'il voulait retnurner à son élat de pêcheur. Il échappa comme par miracle à une troupe de bandits rassemblés par les nobles, qui lui tirèrent des coups d'arquebuse dans une église. A la suite d'un grand repas chez le duc d'Arcos, il commença à donner des teignes de folie. Quatre assassins, apostés par celui-ci, le tuèrent à coups d*arquebuse ; un d'eux lui c<.upa la tête et la porta au vice-roi, à la vue de la foule indifférente. La puissance de ce chef populaire n'avait duré que six jours, et il y en avait neuf que la révolte était commencée. La sensibilité du peuple se réveilla le lendemain ; on rechercha le corps de Masaniello, insulté la Veille à travers les rues de Naples, et on lui fit des obsèques royales. — Une nouvelle révolte eut bientôt lieu ; don Juan d'Autriche arriva avec une flotte en vue de î^aples, qui fut bombardée. Le peuple se défendit courageusement et proclama la ■république ; les troubles continuèrent pendant quelques années au milieu des intrigues.

A la mort de Charles II, la couronne d'Espagne passa à Philippe Y, petitm de Louis XIV.

Par la paix d'Utrecht (1713), le royaume de Naples fut cédé à l'Autriche et la Sicile à la I aison de Savoie. A son tour don Carlos, fils de Philippe V, obtint en 1731) la possession du royaume des Deux-Siciles; niais, étant devçnu toi d'Espagne. il céda à son troisième iils Ferdinand le royaume des Deux-Siciles, avec la condition qu*il ne serait jamais réuni à la monarchie espagnole. Celui-ci prit lès rêties dti gt)UVerûement en 1767. Feifdinattd épousa, Tannée sirltante. Marie-Caroliûc

HAPLES. — HISTOIRE. 581

d'Autriche, fille de Marie-Thérèse et sœur de Marie-Ântoiqette. Cette princesse autrichienne exerça une influence irrésistible sur son njari, à qui elle ne laissa qu'une ombre de pouvoir. <— En 1783, un tremblement de terre bouleversa U GalabreetU Sicile, et fit périr 34,000 personnes! — Ferdinand ayant pris part i la coalition contre la France, une armée française envahit en t709 le royaume de Naples, qui devint la Républûjue ParthénoiJéenne. — Eh 1801, Ferdinand, rappelé de Sicile, recouvra son royaume, -r— En 18U6, Napoléon donna le royaume de Naples à son frère Joseph. Puis, Cflui-ci étant devenu roi d'Espagne, Joachim Murai, beau-frère de Napoléon, devint roi de Naples en 1808. Ferdinand, soutenu par les Anglais, se maintint en Sicile. En 18 1 4, il fut remis en possession du trône.

Murât, qui, dans Tintei^tion de sauver sa couronne» avait, en 1814, (ait.alliancc ayec la coalition contre son beau-irère, puis a <opié de nouveau la cause de Napoléon quand la fortune avait semblé lui revenir, essaye, eu 181 ^, de reconquérir Naples. U débarque sur la plage de Pizzo (Calai re), et marche à la conquête de son royaume à la tête de 28 soldats. Poursuivi et attaqué, il veut regagner son navire, dont le cspitaine, un Maltais qu'il avait tiré de Tinfamie, s'éloigne avec ses richesses. Il est enveloppé par une foule d'hommes armés qui le blessent au visage et l'accablent de mauvais traitements, et il est fusillé dans une cour du château de Pizzo ; il était âgé de 48 ans.

La société des Carbonari, ençourap^ée par la cour napolitaine retirée en Sicile et par lord William Bentink, qui s'en était fait un instrument pour tenter de renverser Murât, ^'élait propagée de plus en plus dans le royaume, et avait acquis vers 1819 une grande importance. — En 1820 éclate à Naples une révolution; le roi accorde et jure la constitution demandée U se rend au congrès de Laybach, rentre en 1821 à la suite d'une armée autrichienne, et rétablit le gouvernement absolu. — François /•' succéda à son père en 1825. Il mourut le 8 novembre 1830.

Son fils Ferdinand II , né le 12 janvier 1810, lui succéda. Quelques mesures libérales lui valurent une ovation à son entrée )»olennelle à Naplea (13 janvier 1851). L'espoir d'un gouvernement libérallul bientôt déçu. Il mit le fameux del Garetto à la tête de la police et, à l'exemple de son père, il favorisa les jésuites, et leur livra l'instruction et bientôt le pouvoir, a La pelke finit par envahir le gouvei^ nement et Taministration, sans empêcher les conspirations et les soulèvements. Tout le règne de Ferdinand II n'eu est qu'une longue suite. » Los prisons se remplirent ; de nombreuses familles s'exilèrent. « Une commission des basionaades fut instituée, dont le pouvoir n'eut ni limite ni règle. Le soulèvement de la Sicile le força à jurer la cunstituliou du U février; mais il cumprima le» insurrections à Naples et dans U Calabre, et finit p^r dissoudre le parlement national (13 mars 1849). L'arbitraire fut substitué aux lois. L'abus que ce prince faisait du pouvoir absolu provoqua des avertissements et même des menaces de quelques gouvernements européens. Le seul mérite de ce règne, ce fut l'ordre rétabli dans les finances. Ferdinand mourut en 18S9, à la veille des gr^inds événements qui allaient changer les destinées de l'Italie et renverser le trône des Peux-^iciles.

François lU ii« le 16 janvier 1836, fils de Ferdinand II, lui succède le 22 mai 1859. Il suit les errements de son père, et pratique contre la noblesse et la bourgeoisie libérales son système de suspicion et d'arrestation. Cependant, éclairé

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