ROUTE 35. — LAC DE CELANO
L*Acropole de l'ancienne ville volsque est située sur la hauteur. Parmi ses restes de murailles pélasuiques on admire une porte {/loHa delV Arco) à ouvcriure triangulaire, jK)ur ainsi dire ogivale, construite en immenses blocs de pierre sans ciment. C'est un des plus anciens mon iments de larchitecture en Europe.
Elle semble être une copie de la céKbie porte de Mycènes.
Si l'on continue à remonter la rianle et fraîche vallée du Liris, en suivant la grande route, on arrive (15 kil.) à :
Sora*, — 12'»00 ha h., a conservé son nom antique ; sur la rive dr. du Liris. — Ruines d un château féodal et murailles pélasgique^. — De Sora un chemin de montagnes conduit à San Germanu par Alina.
Atina, — 4747 hab.. située, comme Arpino, >ur une «loiible colline an pied des Apennins |22 kil. de Sora, 2 t kil. de San Ge mnno). — Hestes de constructions polygones. — D' Atina à >an Germano la route descend continuellement. Vi<-à-vis du village Sant Elia est, au N. 0 du mont Cassin, le monte Caii'Of du haut duquel on a une vue magnifique et des plus étendues.
excursion au lac de Gelano . pur Sora.
On devra s'informpr à quelle station du chemin de fer {Isoletta ou Ceprano) on peut trouver (en venant de Rome) un i^ervice de voilires pour aller par Sora à Aveszano au burd du lac de Celiino.
De Sora (F. ci-dessus), la grande route remonte à travers l'ctroite et charmante vallée de Hoveto, arrosée par le \jrh; elle en suit la rive gauche de Sora à Avezzano 5 h. 1/2, poste 7 à X fr.) — A environ 10 kil.. de Sora, on trouve balsorano, 3000 hab., le village le plus important de la vallée, sur les pentes d'une éminence couionnée par le château des Piccolomini. A 1*0. les montagnes élevées du voisinage sont couvertes d'épaisses forêts, où abondent les loups, les ours et le l\nx que les paysans nomment gatto parçlo. — A 12 kil. de Balsorano, sur une hauteur à dr. de la route, est Civilà (VAntino, conservant le nom d'Antinum, l'ancienne ville des M-irses. On voit dans le voisinage la belle cascade dite h Schiopi'o. — Continuant à se diriger au N., on rencontre, 6 kil. plus
loin, Civitella Roveto, 2180 hab.; — environ 6 kil. au-dessus de cette localité, la route, resserrée '<ans une goige, monte à Capislrello, 2625 hab. — C'est au pied qU aboutit le canal de décharge (eniissario) de 5700 met. de longueur, creus'' à travers le mont Salvinno, et auquel l'empereur Claude fit travailler 30,000 esclaves pendant onze ans. pour remédier aux crues périodiques du lac, menaçant ^ans cesse la population. — ^ De Capistrello la mute, s'élevMflt d.ms U montagne, atteint un point d%»à oii a une très-belle vue sur le l-ic de Celano, et sur l'Apennin; que domine au N. le Velhio (altiiude 2495 mot. — On l'aperçoit de Rome.) Elle descend ensuite (7 kil.) sur Avosssano, 4718 hab.
principale ville du di Irirt; territoire couvert de vi.nes et d'amandiers.
Château des Darberini. Ine avenue d'ar^ bres d'un kil. conduit d'Avezznno au lac. — (D'Avezzano à Taglincozzo (17kil.^ et î.u vill.g.' de Petrella, V. R, 17.) — 8 kil. R. d'.4vezzano est le bourg de Gftiano*, qui a donné son nom au lac, 6500 hab., situé sur une hnuteur à environ 4 kil. du lac. ChUenu fort de 1450. De Celano à Solmona environ 58 kil. par une route de montagnes à travée un pays siuvage, souvent infesté de brigands. — De Solmona à Aguila, 60 kil. (chemin de fer).
.Lac de Gelano ou Fucino.
Ce lac, situé dans les Abruzzes, au S. E. d'Avezzano et du monte Velino^ une des plus hautes montagnes de l'Apennin napolitiin, est enferuié entre deux hautes rîimifications des Apennins. Ses bords ne présentent qu'une bande étroite de terrain msiréiageux, au de'à duquel s'élèvent des montagnes. U avait 16 kil. de long sur 12 de large. Na surface était estimée à 14,000 he( tares. On croit ou'il occupe le fond d'un ancien cratère. Sa prorondeur ne dépasse pas 15 met. au milieu du lac. Par suite de son élévation au-dessus delà mer (665 mèt.^;, il gelait quelqueîois sur les bords; certains hivers rigoureux, il a même été co'uplétement couvert de glace. Il n a pas d'écoulement visible, et ses crues subites, dont la cause est inconnue, ont amené quelquefois des cataclysmes. Ce lac était poissonneux. Il offrait des beautés pi ttoresques, surtout au S. et à TE. Les serpents pul-
luient dans le voisinage, et les habitants ont conservé l'habileté des Marses leurs ancêtres dans l'art de les charmer. — La preinièie pensée de l'abaisseinent du lac Fucino est due à Jules César, mais ci? fut l'empereur Claude qui tenta de la mettre à exécution; il employa 30,000 hommes dans ce travail, qui dura onze ans et épuisa le trésor public. Pour faire écouler le trop- plein du lac, il fallait conduire les eaux dans la rivière Liris, qui, après un cours d'cnviion 250 kil., va se jeter dans la Méditerranée, sous le nom de Garigliano, près de Gaête; et pour arriver à ce résultat, il fallait creuser au-d ssous du M^ ^alviano, un tunnel d'environ 6 kil. de longueur, à travers des terrains composés de calcaires, de sables, et d argiles, sans être aidé pour ce travail des moyens que fournissent aujourd'hui les instruments de précision, sans poudre, etc. Les résultats ne répondirent pas à l'attente. A l'occasion de l'inauguration de l'émissaire et du dessèchement, Claude donna un combat naval de galères à trois et i|uatre rangs de rames et montées par 19,000 gladiateurs. La garde prétorienne bordait le rivage dans des embarcations, pour fermer toute issue à la fuite des malheureux combattants. Les rives du lac et les collines formaient un va^le amphithéâtre où se pressait une ioule immense de spectateurs. Les gladiateurs ayant crié selon l'usage : « Salut, Empereur, nous te saluons avant de mourir » (ave, imperator, morituri te salutant); et Claude distrait leur ayant rendu leur salut, (avete vos) ils virent là une formule de grâce, et ne voulurent plus combattre. Mais Claude, s'élançant de son siège et courant çà et là, par menaces et par prières, finit par les y décider . (Suétone. Claudôy 21.) « Le combat, quoique entre des criminels, dit Tacite (ilim. xu,57),fut digne des plus braves soldats. » Claude était revêtu d'un habit de guerre qiagniHque, et Agrippine portait une chlajnyde d'or. Le spectacle achevé, on ouvrit les écluses ; mais l'écoulement ne réussit pas, probablement par suite d'un éboulement dans l'intérieur de l'émissaire. Il fallut recreuser Ifc canal. On donna une nouvelle fête, où, les mesures étant mal prises encore, l'eau se précipitant trop violemment, détruisit le pont de bateaux sur lequel était Claude. Agrippine protita de sa terreur pour accuser (et avec raison) |
Narcisse, directeur de ces travaux, de cupidité et de vol. — Trajan, Adrien, l'empereur Frédéric II, Alphonse !•', firent exécuter de nouveaux travaux, qui furent repris au xvii» et au xvm" siècle. En ls26 le gouvernement napolitain entreprit de déldayer et de restaurer l'émissaire de Claude mais ces travaux provisoires furent encore abandonnés, et les eaux du lac, qui montaient toujours, envahirent de nouveau l'émissaire. — Enfin, en 1853, une compagnie napolitaine, à la tête de laqneile était le oanquier Torlonia, fut formée pour repren-, dre ces travaux. On calculait que l'abaissement des eaux du lac devait rendre à la culture près de 16,000 hectares. Les travaux commencèrent en 185 i. Une digue fut construite pour isoler du lac fa tête de l'émissaire. En 1><55, on commença les travaux de la galerie souterraine; un ébimlementdepTus de 100 nièt. l'avait séparée en deux branches, dont l'une était inondée et l'autre, pleine de boue, de déblais, de fra^'ments de bois. Lorsque les travaux du nouvel émissaire étaient déjà achevés sur une longueur de 4300 met , il fallut creuser un canal et une galerie pour faire écouler dans l'émissaire les eaux du lac q^ui montaient de plus en plus et devenaient menaçantes pour les travailleurs. Cet écoulement fut l'objet d'une solennité le 9 août 18(>2. Le niveau du lac étant abaissé d'environ 5 met., les ouvriers à l'abri des infiltrations pouvaient dès lors facilement terminer les 1400 met. de l'ancien émissaire restant à agrandir et à consolider. Le débouché de l'antique émissaire était à peine, moyennement, de 9 met. et demi carrés ; le nouveau a été porté à 20 met. Une écluse colossale en marque l'entrée. (Gazetta uffiziale del Regno d'ilalia.)
Le directeur des travaux était M. de Montricher, ingénieur français qui a amené les eaux de la Dur^nce à Marseille. — M. de Brémont lui a succédé.
Les travaux devaient être terminés dans l'année 1869, et la longueur totale de l'émissaire était calculée à ()500 met.
Le dessèchement complet doit être atteint en 187fi. Le prince Torlonia a établi aux environs des fermes modèles.
Les frais de toute l'entreprise sont évalués à 30 millions de francs. Dans la partie du lac qui a été desséchée ou n'a trouvé aucune trace de ces habitations
ROUTE 35. — ÂQUINO. — SAN GERMAMO.
lacustres, si communes dans les lacs de la Suisse.
Nous reprenons maintenant le chemin de fer de Rome à Naples. La partie du trajet qu'on parcourt ici esl une des plus pittoresques de la route. On côtoie, à g., une ligne de montagnes rapprochées, et on soit un plateau planté de hautes futaies clair-semées et parsemé de vignes et de pâturages.
125 kil. de Rome, Isoletta. — Remblais; tranchées. Plusieure viaducs jetés sur des torrents qui se succèdent rapidement. — Vue intéressante sur les Apennins et sur le i}lonte Cassino que domine le célèbre monastère de ce nom. (C'est à Isoletta que doit aboutir l'embranchement du chem. de fer projeté, venant de Rieti et devant passer à Tafliacozzo et traverser la vallée du liris. Le Liris réuni au Sacco prend ici le nom de Garigliano.
133 kil. Roccasecca, t- sur les collines à g. à peu de distance du chemin de fer. — Pays riche et peuplé. — La vallée s'élargit et forme un cirque magnifique, où, sur la g., s'élève le Mont-Cassin.
Les voyageurs venant de Naples par le premier train, trouvent à cette station une voiture publique peur Sora ; d'où en part une autre pour Avezzano et le lac Gelano.
138 kil. Aquino — (Aquinum), — 1544 hab. La ville d'Aquinum, lieu de naissance de Juvénal, était très-peuplée au temps de Strabon , il y a de nombreux restes antiques dans le voisinage. S* Thomas, le grand théologien du moyen âge, prit le nom de cette ville; il naquit en 1227, au château de Roccasecca, appartenant à son père, comte d' Aquino, et qui était parent de S* Louis, roi de France.
Restes remarquables de l'église S**-Maria Libéra (xi^ s.) à laqueUe on arrivait par un gigantesque escalier de marbre. On signale aussi parmi les
antiquités un arc de triomphe à colonnes corinthiennes, à travers lequel a été dirigée Teau d'un moulin ; et une porte romaine bien conservée (?• S. Lorenzo).
A près de 4 kil. au S. d'Aquino est :
Pontecorvo, — ville et district de 75»iO hab. — Située sur la g. du Garigliano. i^ons le pr mior Empire, Bernadette fut nomme prince de Ponlecorvo.
— Ce district, restitué en 18 15 au pape, formait ain-^i que Bénévent une enclave dans le royaume de Naples.
A la station de San Germano on trouve des chevaux et des ânes, (Un âne 1 fr. 50 à 2 fr.) , à louer pour monter au couvent du Mont-Cassin (On peut demander à y pa>ser la nuit.) — Une visite à ce célèbre monastère est un des plus intéressants souvenirs à emporter d'un voya}çe en Italie. Cette visite mérite bien qu'on y consacre une journée dans le trajet de Rome à Nap'es. On laisserait en garde, contre un reçu, son bagage à la gare du chemin de f«»r et l'on repartirait le lendemain matin par le premier train.
150 kil. San Germano *, — à une petite distance de la station (omnibus 50 cent.) 8000 hab. On peut y séjourner (peu confortablement) pour faire de là des excursions. (Dans ces dernières années cette contrée a été peu sûre à cause du brigandage.) Cette ville, située au pied du monte Cassino, « sur im pan de montagne, pauvre et laide, à ruelles caillouteuses, grimpantes, » occupe l'emplacement d'une partie de la ville volsque de Cassinum. L'église del Crocefisso offre des restes de construction antique. Un botit de l'ancienne voie a encolle des traces de l'ornière des chars, comme à Pompéi. Restes d'un
THÉÂTRE et d'un AMPHITHÉÂTRE, bâti
aux frais d'une matrone de la ville, Umidia Quadratilia. — Sur les bords du Rapido, ruines de la villa de Varron. Antoine s'empara de ce domaine; et de cet asile de la science, il fît un lieu d'orgies. Gicéron le lui reproche
amèrement (PhiUpp,, II, -il). « Bibebatur, liidebatur, vomebatur 0 tecta ipsa misera ! Quam dispari domino ! »
— Au-dessus de la ville, château féodal où les soldats de Manfred furent taillés en pièces par ceux de Charles d'Anjou.
A côté et à rO. de la ville s'élève la montap^ne si connue sous le nom de monte Cassino. a Sur la dr., la montagne disloquée porte un château téodal. Sur la g., on monte par une route en zigzag (1 h. 30 mm.). Au sommet, sur une esplanade, s'étend le grand couvent du Mont-Cassin, carré, étageant ses terrasses, et paraissant d'en bas couvrir la cime dans sa 1 n-
reur. » (Il est fermé de midi à h. 1/2.) Tout autour à Fhorizon se dressent des montagnes. C'est là que S» Benoit jeta, en 529, sur remplacement du temple d'Apollon, les fondements du célèbre :
atontisIèrA du Mont-Cassin '.
« Pour se rendre compte de ce qu'a été la puissance de cette communauté qui a son berceau au Mont-Cassin, il faut se rappeler qu'à l'époque du con: ile de Constance, elle avait déjà donné à TEîîlise 24 papes, 200 cardinaux, 1600 archevêques, une foule d'évêques. Au temps de sa splendeur le Mont-Cassin comptait au nombre de ses domaines 2 principautés, 20 comtf^s, 440 villes, boiirgs ou villages, 250 châteaux, 330 manoirs, 23 ports de mer, 1662 églises. La papauté n'en a pas toujours eu autant. » — V. Alph. Dantier : les Monastères bénédictins d'Italie (Didier, 1867), 2 vol. in-S".
« Ce berceau des ordres religieux, dit Valéry, est comme le Sinaï du moyen âge et de l'histoire monastique. Il conserve encore au dehors l'aspect d'une citadelle, aspect que justifient les événements dont il fut le tliéâtre. Il fut pillé par les Lombards en 580; brûlé par les
* La loi du 7 juillet 1866, qui dissout les communautés religjeu.«es, fait d'une certaine manière une exception en laveur du Mont-Cassin; de S**-trinilé délia Cava; de S'^Martiii de MoBteale ; de la Cbartreust de Pavie.
Sarrasins en 884; plus tard, dépouillé pnr les Normands; enfin détruit par les tremblements de terre de 1439 et 1649.
Au milieu «lu naufrage de la civilisation] seîi religieux sauvèrent par leurs copies les ouvrages ào» grands îio.i.mes de l'antiquité. » Celte conirrégation bénédictine ne fut pas toujours gardienne vigilante et éclairée dé ses trésors littéraires. Quand Boccace visita le monastère, il trouva la bibliothèque ouverte, «ins porte, envahie par la poussière, les livret mutilés par les moines, qui, pour gajin- r quelques sous, en arradiaient les feuilles pour y écrire de petiis psautiers qu'ils vendaient aux femmes et aux enfants. Le commentateur de Danle, Benvenuto da Imola, qui nous a conservé ce récit, le termine par ce tmit d'indignation peu cicéronien : Nunc ergo, o vir stiidiose, frange tibi caput pro faciendo librosl le monastère du Mont^ Cassin réunissait dans son enceinte tous les arts, métiers et professions, logés dans des bâtiments séparés. Sur 300 habitants du monastère, il y a 30 bénédictins, un certain nombre d'élèves et 200 séminaristes. — 'ï Un des moines, le P. Tosti, est un historien, un penseur. » Les membres doivent avoir une fortune indépendante. Les revenus du couvent, à la fin du xvi« siècle, étaient évalués à 5i»0,000 ducats; ils ne sont plus que de 20,000 aujourd'bui. Nonobstant, les religieux continuent à exercer une cordiale hospitalité. On peut obtenir d'y passer la nuit et on y reçoit (gratis) une nourriture fruL^ale. On peut même obtenir d'y séjourner pendant un certain temps, en payant pension. Il n'y a pas de tronc. On ne peut que donner une gratification aux domestiques. — l.es dames ne sont admises que dans l'église.
On entre par une prrotte sombre qu'on dit avoir été la cellule de S» Benoît. Au milieu de la cour < st une citerne ornée des statues de S» Benoît et de sa sœur jumelle S»« Scholastique. Le cloître est entouré de colonnes de granit provenant de l'ancien temple d'Apollon.
L'intérieur de l'éulise est d*une richesse de décoration prodigieuse. La porte principal.', en bronze, fut commandée a Constantinople par l'illustre abbé Didier, depuis le pape Victor III, qui faisait copier par ses religieux Homère, Virgile, Horace, Térence, Théocrite, etc.
Digitizes
ROUTE 55. — MONT-CÂSSIN. — CAPOUB.
On y a sculpté en lettres d*ar?ent les noms des terres. chAtt aux et villajçes déj^endant du monasti^re. A la nel du milieu 011 voit la : Consécration de l'église par le pape Alexandr- Il (1071), fre>que vantée, cle Luca Giordano, que l'on y voit vêtu à l'espagnole a II poursuit tellement le brilla. .t et l'agréable que cette fi esque de l'entrée est une somptueuse et tumultueuse parade d'opéra (Taine). » Il a pt int la chapelle du S»-Sacrcment et la voûte delà nef. On signale une crosse d'or comme un bu* vragede Cellim (?). — L'orgue e>stcité comme un d' s plut beaux de l'Italie.
Dans la chapelle souterraine, dite il Succorpo, ^epo^aient les corps réunis de S* Benoit et de sa sœur. Les peintures de Marco de Sienne et de Mazzoroppi sont altérées par l'humidité. — Au réfectoire : MultiplicHtion des pains, de Fr. et Leand. da Bastano,
La bibliothèque contient environ 40,000 volumes (Taine), parmi lesquels des éditions rat es et des manuscrits. Le plus ancien manuscrit est le commentaire d'Origène sur l'Epitre de S' Paul anx Romains, de 560; puis viennent des sermons de 8^ Augustin ; Frontinus, De aquœductibu* ; un Virgile du xiv« siècle ; copie d'un autre en caractères lombards du !• siècle, avec des vers achevés et suppléés, qui ne sont pas imprimés; un livre de prières avec des miniatures de Bart. Pabio de Sandaiio, de 1409.
— CoUebtion considérable de lettres do Mabillon, Montfaucon, Huinart, Muratori, Mazzocchi» Tiraboschi, adressées à B. Erasme Gattoca, bibliothécaire pendant quarante ans, mort en 1754, et auteur de l'Histoire en 4 vol. iii-fol. de l'abbaye du Mont-Cassin. — Les archives sont riches de 800 diplômes originaux ; le plus ancien est celui d'Ajon, prince de Bénévent, daté de 884. — La tour (qu'on croit avoir été bâtie par S* B«^ noît) a quelques restes de peintures par Giordano, le Morreahe, VEspaanolet et le chev. à'Arpino. — Du haut au couvent on a une vue magnifique.
Le trajet de S. Germano à Capoue est la partie la plus accidentée du parcours : grands remblais ; grandes tranchées; torrents; viaducs.
Au delà de San Germano, on a une
belle vue sur Rocca d'Evandro. — Les montagnes se rapprochent, le pays prend un aspect plus sauvage. — La voie coupe plusieurs fois le torrent qui coule dans une vallée étroite.
159 kil. Hocca d'Evandro, — 2560 hah., sur une montagne à la g. du Garigliano. — A Tissue d'un dénié on aperçoit :
167 kil. Mignano. — Profondes tranchées dans le tuf, à ciel ouvert.
175 kil. Presenzano, —980 hab., à g. à rentrée d'une large vallée, arrosé par le Yolturne.
18a kil. Caianiello (Vairano), — 950 hab. — Ici vient aboutir la route venant d'Aquila.
188 kil. Riardo, — 1504 hab., sur une colline. Château. Grotte curieuse dite de Séjan, près de la(|uelle est une source d'eau mmérale acidulé.
194 kil. Teano (Teanum), 5000 hab., situé au S. E. de la montage Rocca Monfina, ancien volcan étemt.
Ville fondée par les Ausoni. Le consul Fulvius y fit mourir par la hache tous les sénateurs de Capoue, qui avaient pris parti pour Annibal. Ruines d'un théâtre; restes d'un ampbithbàtrs.
Vaste château féodal.
201 kil. Sparanisij — embranchement de la route de Gaële. — Le chem. de fer traversant la plaine du Volturne, atteint :
216 kil Capoue'^ (Capua NuotM)^ — 10,743 hab. Ville forte sur le Vui* turne. Elle fut bâtie au ix* siècle après la destruction de la ville antique ( K. ci-dessous). Ses fortifications ont été refaites par Vauban, puis en 1855. Les femmes ont une réputation de beauté.
En 1501, César Borgia et les troupes de Louis XII, roi de France, en-^ Irèrent par surprise dans Capoue.
7,000 hab. furent massacrés; la ville fut pillée. Beaucoup de femmes se précipitèrent pour échapper au déshonneur. Une tour avait servi de refuge à un ^nd nombre d entre elles ; Borgia choisit les quarante plus belles et les envoya dans son palais à Rome.
— La GÂTHéDRALE possède des colonnes de granit et quelques monuments antiques; dans la crypte romane des bas-reliefs et une mise au tombeau, par Bottigliei'i (elle a été attribuée à BeminJ. — C'est près de Gapoue que le roi de Naples François II fut battu en 1860 par les l'i^montais. — Le chemin de fer franchit le Voltume et le convoi s^arréte à :
221 kil. Santa Maria di Capua* (station).
Capua nuova — est éloignée de 4 kil.
environ de la célèbre Gapoue, où Annibal alla chercher le repus après la bataille de Cannes. L'ancienne Capoue occupait l'emplacement où s*élève aujourd'hui Santa Maria di Capua. Elle fut fondée par les Pclasges. Les Etrusques s'en emparèrent avant la fondation de Rome.
Elle portait le nom de Ft<//t/mum, qu'elle échangea contre celui de Capua, lorsqu'elle tomba au pouvoir des Samnites, puis ensuite à celui des Romains, qui traitèrent les habitants avec une cruauté inouïe, en punition du secours qu'ils avaient prêté à Annibal. Us firent vendre à Tenc^n les habitants, battre de verges et décapiter les sénateurs. Après avoir été de nouveau florissante sous les empereurs, elle fut ravagée par les barbares. Ce fut dans un temps une des premières villes de l'Italie. Elle comptait 300,0U0 hab. Cicéron porte à 40,000 le nombre de gladiateurs qu'on y dressait. (C'est des prisons de Capoue que s'échappa le célèbre gladiateur Spartacus.) Son amphithéâtre pouvait contenir 10,000 spectateurs. On croit aue c'est le plus ancien amphithéâtre de l'Italie et qu'il servit de modèles aux autres. Cet amphithéâtre, de style toscan, avait 170 met. de lon^, 140 de large. Il n'en reste que trois galeries, les constructions souterraines des portions de la caven sous les gradins, et deux des 80 arcades du portique. Il fut restauré par Adrien. Quand les Sarrasins détruisirent Capoue au iv« siècle, ils convertirent l'amphithéâtre en citadelle, et alors il fut entièrement détruit.
Du chemin de fer on peut aperce- Toir devant soi, à Thorizon, le cône du Vésuve.
227 kilom. Gaserle*. — Caserta, 12,000 hab. Le jpalais de Caserte, en face duquel est la station du chemin de fer, fut construit en 1752 par Charles III, sur les dessins de Vanvitelli. Il est bâti en travertin, de forme quadrangulaire, et les quatre corp» de logis correspondent presque aux quatre points cardinaux. Cnacune des grandes cours intérieures forme un palais carré de 79 met. 20 de long sur 52 met. 80 de large. Les avant-corps des extrémités étaient destinés, dans le plan de Vanvitelli, à supporter des belvédères à deux étages, qui ne furent pas exécutés. La façade principale, dépourvue de ces adjonctions, est d'un aspect monotone ; elle ne compte pas moins de 240 fenêtres.
La façade exposée au S. présente trois magnifiques portails correspondant aux trois autres de la façade opposée. Le portail du milieu introduit sous un portique, que soutiennent 64 colonnes de marbre, et qui offre au centre une belle perspective sur les 4 cours. — Le grand escalier est un beau morceau d'architecture, « tout en marbres et en colonnes » dit Valéry. La chapelle est riche en marbres et en dorures. Le tableau du maitre-autel et celui du Maiiage de la Vierge sont de Bonito; la Présentation au Temple est de Raphaël Mengs. — Le théâtre a 16 colonnes provenant du temple de Sérapis à Pouzzoles.
d Une plus grande conception de palais, dit Quatremère de Quincy, n'existe pas en Europe. Si le xvi« ^iècle a produit, quoique dans des masses moins considérables, des palais d'un style d'architecture plus sévère, plus riche en détails classiques et d'une plus haute harmonie, cepeu'tant l'avantage du palais de Vanvitelli est d'être un tout immense réduit à la plus simple expression ; un dans chacune de ses parties, simple avec variété, complet sous tous les rapports. L'architecte dut à de favorables circonstances de terminer lui seul toute si construction dans le cours d'un petit nombre d'années. Aussi le palais ressem-
KOOTB 36. — DC ROME A >WJH.
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ble-t-iï à ces OQyrages qu*oo appelle coulés d'un seul jet »
Un jiirdin rappelant le goût de Versailes, avec une grande jjiece d'eau et des bosquets d'arbres vert^<, s'étend derrière le château. A rextri'milé de U pièce d'eau est un^^ gianile cascade alimentée par des t'aui aaience$ d'une distance de pn's de 4U kil. La partie la plus remarquable du travail est l'aqueduc de SJaddaloni, don^ il est parlé, ci-dessous.
Au N. du parc de Gaserte sont, à 5, Leucio, un parc pour la chasse royale et une manufacture fondée, en 1089, par Ferdinand l".
A Gaserte la ligne» dn ehem. de fer est eoupée par celle de Béaéreal à Naples.
333 W, MaddAlonù-'iUm bab.
— A peu de distaooe de la ville est un ««pMckie qui attire journeHement la visite des voyageurs. Ce magnifique travail connu sous le nom de Ponte délia valle ou di Maddahnit sert à amener l'eau à Caserte. Il fut construit sous Charles lll par Vanvitelli. Il présente trois rangs d'arcades ; c^lui du bas en a 19; celui du milieu, 28, et le supérieur 43. La hauteur totale est de 57 met, 82.
239 kil. Ganoello^ -^ 1073 bab., situé dans une ^aia« oii l'air n'es!
pas salubre«
C'est d'ici que narl un efnbranehemeiit de chem. de fer (de 43 kiU) &e dirigeant, par Nola, Palma, Samo (U.OOO hab.), Coaola, San Gioraio, à San Severino elLaura.
— Trajet en 1 n. 40 min.
246 kil. Acerra, -- H,fm hab., ville d'origine antique (Acierraç), qui fut détruite par Annibal. Territoire no^récage^x et malsain, le cbe«M« d« fer traverse des canaux (Régi Laghi) destinés à procurer l'écoulement de l'eau des marais ; il côtoie aussi un aqueduc amenant de l'eau à Naples.
249 kil. Casalnuovo, — §8(i0 bab„ situé dans un territoire des plus fertiles, mais exposé à k mal' aria.
260 kil. Naples. — La station est à l'extrémité de la ville, loin des hôtels. On d.çvr^ se hâter de prendre u«e
ITAUB DU SOI).
voiture de place. On ne doit pM ptiH dre de vue son bagafe»
ROUTE 3d.
Dt mmE A NAPLE»
1* Par le« marais Poulina «i Ttrumtn
N. B. L'ouverture du chenj. de fer eotre Rome et Naple». qui a eu lieu en fëvrier 1HB3, a fait abandonner ^r la majeure pariie des voyaneur^ la fouie par Tvrmowa/ autrefois presqu exclusiv»'menl fréquentée pour aller de Roni.- à Niples, qui Jailreurs a toujours élé nçu >^ie^ et moim encore dans les anoéea qui ont précède l'annexion .le Rome. P»»ndanl Téié on y est expeeé aux inOuences de k aiararia.
On peut aujourd'hui parcourir v>eM« routa Bon-spuleinenten voilunii ; mais aussii l'aide d un service rétulierde ch<;rain de fer el àà dihjtences; Be Rome en chemin de fer jus- MM à Yelleiri, De YelleiH aoe éiligeace. nartam à 8 h. du malin va, ae à h. tt frX h Terraçtne (envirou 66 kil. . De T$rricimi a tormta une autre diligence (S l>. â cTi de Formiah la staiion du ehem de fer di Sparan^i (5 fr, 90). Trajet : 8 h. 3Q min.i
c£*ÏM*v*^îf'*'*^.'?^'l"'* ^^racim (environ 6dkil.>. Uue dUigeoce part de Terraeinà pour Spnmni» (st«t. du chem. <la fer, F* p. 307), environ 9t kd. Le vayai» de B«iq« a iNaptes par cette route prendrait troU iour>, en y comprenant, outre lu, yisile dm Terraeine, une excursion à Gaêle,
La route par Terracino est un^ des meilleures de TltaKe. Pendant une partie du trajet, on suit la vt« Â^pia»
Pour la deeeriptioa de h première partie de 1« roule )»squ*à Vëlletfi, V. p. m
Reprenant à partir de ¥eUeH la route de posto, m a, en approohaot é^ Gistepqa, une beUe vue sur les maraia Pontini, la mer à l'horizon^ et k mentm Cirufllo (F. ci-^lesaous).
CMtemtk, ^ 1593 hab. ^ iV. A U, ^uide aDglais ée Munmy, d'apiiès div^raeé ipdieatioea qui ki sont iransmiaet, re^ coiiunande de nd pas couehev à Cislema^ à eause do danger de la iital'^ria.) -^ Oi| croit que celte ville est près de remplacement des Trea TA^ierM, une des antiques stations de la via Appia» enir»
Rome et Capoue, doi\t il est ouestioii dans les écrivains latins, et où S* Paul eut la première entrev^Q avec les <iré- .
dbyGoo|f(:
tiens de Rome. •» Les vastes forêts de chênes de Cisteraa ont été longtemps un lieu de repaire pour les brigands: pour la sûreté de la route, on a coupé les arbres des deux côtés. Les marais Pontins étaient déjà mal famés dans l'antiquité. Juvéna'l (Sat. m) parle de ses terreurs de tomter, dans Rome même, sous le poignard des brigands, qui, délogés des marais Pontins, di^scendent dans la ville comme à une curée.
Torrede' Tre Ponti, 33 kil. de Velletri, — maison de poste. C'est ici que commencent les marais Pontins.
Marais Pontins^. — Ils s'élendent de Torre de* Tre Ponti jusqu'à Termcine, entre un appen iice des Apennins et une ligne de dunes boisées qui les sépare de lamer, depuis .\>tura(où Ciccronavaitune villa) jusqu'au mont Circeoet à Terracine. Ils ont 3'i kil de longueur, 10 à 18 de largeur, et une supei Hcie de 18,846 bectares. La pente, presque nulle, a contribué à l'extension des marais, alimentés par les cours d'eau descendant des montagnes à l'Ë. D'un autre côté, les dunes de sable du côté de la mer forment un obstacle à l'écoulement. Les eaux stagnantes s'élèvent à '2 met. dans les parties basses, d'octobre au priiitemps ; elles entretiennent la maCaria, qui fait de celte contrée une sorte de dé>erl abandonné aux troupeaux de buffles. A une certaine époque elle aurait été trèspeuplée. Pline l'Ancien (III, 0) cite un témoignage d'où il résulterait au'on y trouvait 33 villes. On suppose au Appius Glaudius fit construire la voie Appia sur ces marais; 130 ans après lui, le consul Corn. Cetbegus y fit des travaux; César et Auguste en firent également. Les papes essayèrent à leur tour, au moyen âge, de dessécher ces marais; mais cest à Pie YI que l'on doit la plus grande amélioration (de 1777 à 1781) : il rétablit en partie la voie Appienne, abandonnée en 1580, Texcellenle roule qu'il fit l'aire coûta 8 millions et demi de fr. Il restaura, sous le nom de canal Pie, le canal d'Auniste, sur lequel s'embarqua Horace (ùat., \, v); ce canaP se
* De Prony, Detcription hydrograph. et hittor, de$ marais Pontins, Paris, 18i3. ln-4 et allas.
* Selon Ampère (Rev. des Deux-Mondes, !•' nov. 1866), le canal sur lequel s'embarqua Horace n'existerait plub.
rend dans un autre, creusé par un neveu de Léon X, et qui débouche dans la mer, près de Terracine. Axe principal d'écoulement, ce canal reçoit latéralement des canaux secondaires, appelés fosses ndlliaires, pàrc« quils correspondent aux ancienne^ bornes de la voie Appia. Malgré ces travaux, l'air n'a rien perdu de son insalubrité. Ces canaux sont souvent obstrués par des plantes; leur puissance de végétation est telle, qu'en coupant celles qui t*nd)arrassent le fond, on parvient à faire baisser les eaux de 50 centimètres. Une multitude de ponts sont ielés sur ces canaux, navigables pour des bateaux portant 11 à 12 tonneaux. La route, bordée d'ormes et de peupliers, forme une longue avenue qui côt »ie le naviglio Grande. — Les partios de ces marais qu'on a pu livrer à la culture sont d'une lertilité remarquable.
Entre Tre Ponti et Bocca di Fvume, on trouve Foro Appio, qui a conservé son nom antique. C est ici que s'enibarqna Horace, et il parle de ce lieu comme rempli de bateliers et de tavemiers fripons :
Inde forum Appi Differtum nautis, cauponibus atque ma* liffiiis.
Sat. I. V.
Cette localité est ausài consacrée par le souvenir de S* Paul : a Les frères de Rome vinrent au-devant de nous jusqu'au forum d'Appius et aux Très Tabernœ. » (Actes des Apôtres, c. 28.) — La route, en ligne droite, est bordée de rangées d'ormes.
A moitié distance entre Cîstema et Terracine, une route se dirige des marais Pontins vers Sezzè, 6000 hab. On y voit des restes de murailles antiques c les ruines d'un temple. — Une route va de Sezzè à Piuerno (6 kil. S.), 3692 hab.
De Pipemo on peut aller visiter à environ 11 kil. S., Sontiino (V. p. 361). Une route va de Piperno a Frosinone (30 kil. N. E.)
On passe successivement à Bocca di Fiume; Mesa ei Ponte Maggiore.
En approchant de Terracme, on a, à
ROUTE 36. — TERRAGINE.
dr., le monte Circeo ou Circello (le Promontorium Circeium des anciens.
— On peut y aller en 3 h. de Terracine], du haut duquel la vue embrasse un niagnilic|ue panorama depuis Roniu jusqu'au Vésuve (les habitanls le dési-
?:nent sous le nom de monte di San Feice, nom d'une petite ville au pied méridional de la montagne). Le rocher isolé à l'exlrémiié des marais Ponlins servit, suivant les légendes poétiques, de retraite à la magicienne Circé, dont le souvenir s'est perpétué jusqu'à nos jours dans le nom de gratta délia Maga, donné à une caverne tapissée de stalactites. Homère place dans une autre localité cette célèbre magicienne, qui changea en pourceaux les conipar^nons d'Ulysse.
— La vé;];étation du midi s'annonce par les palmiers, les agaves, etc..
Terraoîna* — (Anxur des Volsques, Trq^hina des Grecs), — Environ 5000 hab. Cette ville, fondée par les Volsques, est dans une situation pittoresque, à la sortie des marais Pontins, et à l'extrémité d'une chaîne de collines aboutissant à la mer, de manière à laisser à peine place pour la route. « Impositum saxis latè candentibus Anxur » (Horace : Sat. I, 5). Elle se ressent de l'insalubrité des marais voisins. Elle fut dans l'antiquité une station maritime importante. On y trouve des ruines des divers peuples qui l'ont possédée. — La cathédrale, en style bizantin-italien, est construite sur 1 emplacement d'un temple d'Apollon ou de Jupiter Anxurus, « d'où Sroviennent les colonnes du baldaquin e l'intérieur ». — Au-dessus de la ville sont des restes de murs pélasgiques. — Les ruines du pauis de Théodoric, situé sur le haut d'un rocher, d oii l'on a une très-belle vue sur les marais Pontins et une ligne de cotes étendue, méritent d'être visitées. On trouve à volonté des guides pour y conduire, moyennant une faible rétribution. — Il ne reste de l'ancien port, aujourd'hui ensablé, que les anneaux auxquels on amarrait les navires, et qui se trouvent à côté de l'auberge. I
Au delà de Terracine, la route entre la mer et les rochers forme un défilé célèbre dans les guerres des Romains contre les Samnites.
ToiTe de* Confini 7 kil. de Terracine.
Laissant à g. Monticelli, et à dr. le lac de Fondi, sur les bordîi duquel fleurit jadis la ville ^i'Amyclœ, dont aujourd'hui on ne pourrait 'même désigner la place, on arrive à Fondi. On est maintenant entré dans la terra di Lavoro (terre de Labour) ou la Campania Félix.
Fondi" — 5000 hab. — Petite ville d'aspect assez misérable. La rue principale est sur la voie Appienne. — On visite dans le couvent de dominicains la cellule dans laquelle étudiait 6* Thomas d'Aquin.
Les montagnes des environs de Fondi produisent le fameux vin cœcube, si estimé des anciens. Les vins de ce territoire conservent encore aujourd'hui leur réputation. — Pendant plusieurs siècles Fondi servit de repaire aux brigands. Un des plus célèbres fut Michèle Pezza, né à Itri, connu sous le nom de Frà Diavolo; il devint chef d'une bande nombreuse, surprit et massacra un grand nombre de soldats français, isolés ou en petits détachements, et coupait la communication entre Naples et Rume. Il pillait le pays et brûlait les villaget^ au nom de la reine Caroline. Quand il tomba au pouvoir des Français, on trouva sur lui des lettres de la letne et de Siduey Smith, dans lesquelles elle l'appelait a mon ami, m et où on lui donnait le titre de colonel de l'armée de Sicile. Condamné à mort pour ses crimes, il mourut lâchement, dit un historien napolitain, en exhalant des blasphèmes contre les au^tes amis qui l'avaient poussé à sa dernière entreprise. On l'avait envoyé de hicile avec 300 malfaiteurs tirés des galères, qui furent tués ou pris. — Au ïï. E., à Sora, un autre brigand, plus féroce encore, un meunier nommé Mammone, prêtait aussi son appui à la cour, pendant les guerres civiles, et recevait également des lettres dans lesquelles Ferdinand et Caroline le nommaient « mon général et mon ami. »
11 tua au moins 400 Français ou Napolitains de sa propre main. 11 faisait venir ses prisonnieis alin de les égorger pendant ses repaSf pour se récréer avec sa
ROITTE 5Ç. — DE ROyS A NAPLE8.
bandei au spectacle de leur agonie. On ne saurait raconter les actes effroyables, les instincïs de bote fÔMce de ce monstre, et on ne les croirait pas si le récit n'en avait été t'ait p.ir un conseiller d'Etat, magistrat iiilèjçre. qui raconte coinrae historien et aftii me comme témoin.
Au XVI* siècle, Ferdinand d'Aragon donna Fondî à ProsperColonna. Sa veuve, Julia Gonzaga, une des plus belles femmes d'Italie, y vivait au milieu des larmes, lorsque, en 1534, un frère du célèbre corsaire Barberousse tenta de reiilever en débarquant à l'improviste pendant la nuit, pour la donner, dit-on, a SoliuLin 11. Julia, éveillée par les clameurs de« Turcs, eut le temps de se mettre en sûreté dans la montagne. Le féroce musulman exhala sa colère sur la ville, qu'il mit à leu et à smg; et plusieurs femmes furent conduites en esclavage. Eu 157 i, Fondi fut saccagée une seconde fois par les Turcs.
Jlri^ .^ 5600 hab,, — situé sur une émineace qui domine un château en ruines.
On peut aller d'Itri par la m mtagne, en 2 h., au bord de la n.er, à Sperlonga, village de pêcheurs (anciennement Spelunca) ; on y voit de nombreuses grottos natuielles. Tacite raconte (Ann., IV, 59), que Tibère et Séjan soupant dans une de cet groties, des rochers se détachant à Teutrée écrasèrent queluues esclaves.
Les convives etfrayés s'eufuirept. Séjan, appuyé sur un genou, les bras teùdus, les yeun attachés sur Tibère, soutint les ]X>cbers qui le menaçaient,
4 mesure qu*on avance, la vue étendue qu'on 9 de h mer, de File d'kchia, la beauté du paysage et les souvenirs classiques présentent un double intérêt.
On voit à dr. de la route, dans une vigne, une tour ronde sur une base carrée et ombragée par un caroubier ; cette tour a reçu de la tradition le nom de tour deMlréron, et plusieurs antiquaires pensent que c'est son tombeau.
2- Le village de Casiellone e^t considéré comme occupant reuiplarement de l'ancienne Forrnice, ville célébrée par Horace, qui compare âes vins à ceux de Falerne.
Formies * — 8,000 hab., au bord de la mer. On y visite une prétendue villa de Cicéron; aujour-l'hui villa Caposele, sur remplacement du Prœdinm Formianum^ où Cicéron s^était réfugié, avant d'être assassiné par les sicaires d'Antoine.
11 faut se détourner un peu de la route si l'on veut visiter Gaête ; on y va de Mola di Oaeta (8 kil.) en suivant le bard de la mer.
O^eie*, — 15,000 hah. Cette vUle fut iondée par Ënée en l'honneur de Caieta sa nourrice. « ifitemam moriens famam, Caieta. dedisti. » (Virgile.) — C'est aujourd'hui une forteresse importante ; elle était considérée comme fa clef du royaume de Naples.
Pie IX s'y réfugia et y résida en 1850. Elle a soutenu de nombreux sièges ; le dernier en 1861, lorsque l'ex-roi de Naples, François 11. s'y enferma.
— Protégée par l'isolement t»t la force de sa situation, elle développa sa liberté sous la souveraineté dérisoire des empereurs d'Orient; elle eut ses consuls soumis à Téleclion jjopulaire, et ne perdit son îndéj)endance qu'au xii' siècle. La ville est bien bà lie. «Avec ses vergers d'orangers et de citronniers, dit Valéry, elle est dun aspect ravissant. Les femmes, belles et mises d'une manière pittoresque, portent dans leurs cheveux de jolies tresses ea rubans ; ces cheveux, au lieu d'être de ce noir éclatant des Italiennes, sont d'un châtain presque clair. » Sur le point le plus élevé du promontoire s'élève la iorre tfOrlando, tour de Roland, qui est l'ancien tombeau de Lucîus Munalius Plancus, ou'on aperçoit de la route entre itri et Mola, Parmi les autres vestiges d'antiquités, il faut citer une colonne à 12 faces, sur lesquelles sont gravés les nonas des 12 vents en grec et en latin. — Dans la citadelle est le tombeau du célèbre connétable de Bourbon. — La cathédrale (S*-Érasme) possède im tableau de P. Véronèse, et l'étendard offert par Pie V à don Juan d'Autriche, général des armées chrétiennes à Lépante.
hODTB. 3*7. — DE ROHB X NAPLE^.
On donne le nom de golfe de Gaëte à celte portion de la mer Tyrrhénienne dont celle ville occupe le rond. A 70 kil. environ est le groupe des îles Poucet (Ponza) : les principales sont Ponza, Palniarola et Zannone. — Plus au S., entre ce groupe et l'île d'ischia, sont les ilcs de Vandotena (Ventotene)et Snn Slefano.
La première est l'ancienne Pandataria,
Îui servit de lieu d'exil à la fameuse ulie, fille d'Àujîuste, à cause de sa vie dissolue; à sa iille Agrlppine, veuve de Germapicus; à Oclaxie, sœur deBritannicus, et femme de Néron ; elle n'avait encore que vingt ans lorsqu'on lui ouvrit les veims par ordre de Poppée, à qui on porta sa tête.
En partant de Mola, on entre dans la plaine déserte du Gariglieno, et on trouve les restes d'un aqueduc, d'un
THÉÂTRE ^ d'un AMPHITHÉÂTRE quî ."ppar^
tiennent prol>«ittement à l'ancienne Min tumes) près des marais de laquelle Marins alla se cacher pour se dérober aux poursuites des soldats de Sylla. — La ville de Traetlo^ TKïO hab., qu'on aperçoit sur une éminence, à g. de la route, est dans le voisinage de cette ville antique. — Au àeli de ces ruines s'étend le fleuve G.irigliano (Liris), qui sépare le Latium de la Campanie. On traverse un pont de fer, construit en 1^3'2, ce sur fleuve au cours lent, le tacUurnus amnis d'Horace.
C'est un peu au-dessus de ce point que se livra, en 1505, sur la rive de celte rivière, la bataille du Garigliano, que perdirent par leur indiscipline, les Français, dédaignant d'obéir à un seigneur italien, le marquis de Manloue et a la suite de laquelle Gonzalve de Cordoue, avec ses Espagnols, pins patients et mieux disciplinés, s'empara de Gaêle. C'est peu de temps auparavant que le cbev. bayard défendit seul le passage du pont contre un grand nombre d'Espagnols conduits par Pedro de Paz, « le- <|uel n'avoil pas deux coudées de haut, mais de plus hardye créature n'eusl-on sceu trouver.... Le bon chevalier qui désiroit toujours esire près des coupsj s'étoil logé joignant du pont. . si rudement fut asdaïUy, q« e sans trop grande che-^ v.derie, n'cusi scen ré i>ter... et à coups d'épét; se défendit si très-bien, que les Ëspagniols ne sça voient que dire, et ne cuydoient point que ce fust ung homme, »
On quille ici la voie Appiennô, qui se prolonge sur le rivage de la mer jusqU*à l'embouchure du Volturno (Nulturnus).
— Ellepas>e à iWonrfrfl^«né,5i'00 hab., emplacement de Tancienne Sinuessa, (A Horace, dans son voyage à^ Brindes^ rencontra ses amis Plotius Varius et Virgile.
0 qui complexus et gaudia quanta ftaerum
Après avoir traversé la plaine, au delà du Qarigliano, la roule, d'où on a de belles échapp 'es de vue sur les Apennins, s'élève juqu à :
Santit Agfita. — On remarque à g. la ville de Sesta ('^uessa Aurunca), située sur une montagne volcanique. On y a découvert des restes antiques.
On peut aller visiter (5 milles N. E.de ^e^8a) la ville de Hoc* a M^nfina, 4,900 hab., et lé massif volcanique où elle est située.
Au delà de Sanla Agata on travei-se le petit village de Caccatw, silué au pied du mont Mfissico, conservant son noUa antique, célèbre par le vin dont parle Horace. L mont Massiaue e^t cttte petite chaîne de collines au S. E. de Mondragone, qui sépare la Campanie du La^ tium. Elles contenaient plusieurs vignobles renommés; le vignoble- de Falerne était silué dans la partie septentrionale de ces collines.
Une poste au del* de Santa Airata, la route atteint Sparanisi (station du chemin de fer de Rome à Naples. V la route précédente, p. 367],
De Capoue et de Caserte (p. 368) à Naples, les chemins de fer pas^ent soit par Caucello et Acerra, (F. p. 569 ,8oit par Avei'sa. Celle dernière voie traverse un territoire fertile.
Aversa, — 18,513 hab., ville fondée au xi« sièrle par les Normands. Elle a une célèbre uiaiBoa d'aliénés» établie par Mural. Peintures de Solimèm, à l'église del'Annunziata.
Naples. — (F. R, 57.)
DE ROME A NAPLCB
Par Tivoli, ricovaro, Ar90li, TtigH»cozzOfAvvezzano JacCeiano), Civitella Rovêtu, Sora, Arpino^ Uoletta et ^an Germano (où on reprend lejci^emin de ter).
N. B. Quelques voyageurs, connaissant déjà les deux routes de Home à Nnpies pir le chem de fer et par les marais Pontms, et ne craignant pas de g'exp «ser pendant une excursion de quatre à ( inq jours environ, au mauvais réjfime de sales et dH'>stabes anherfres, pourront prrndre pour se rendre à Naples cette route riche en scènes pittoresques et qui leur permettra de voir Je iac Celano. Us devront se renseigner, à Rome, mm-s'^ulement sur la sécurité de la route, mais encore sur les moyens de transport.
(Pour la description de la première partie de la route, jusqu'à Tivoli et Vicovaro, V. Campagne de Rome, R. 31.) — Au delà de Vicovaro, parvenu au couvent de San r.o<iiiiato, on laisse à g. la vallée de la Licenza, qui mène à Ta villn d'Horace (p. 345). On continue à remonter la vallée de TAnio, que l'on côtoie à dr.; - à la hauteur du village de Roviano, on quitte la vallée de l'Anio, qui se dirige a dr., vers Subiaco, et l'on se dirige au N., vers:
Âraoliy — 461 ! hab., — situé sur une colline, dans un territoire produisant du vin, des olives» des feuilles de mûrier. Palais Massimi. — Entre Arsoli et Ta-
gliacozzo (environ 23 kil.), la route n'est pratic ible qu'à cheval. — On pas^e à Carsroli, (ItKK) hab.) ; — pnis au village de Hoccacerra sur une hauteur d'où l'on a une vue étendue.
Tagliacozzo, — 6800 hab. (environ 45 kii. de Tivoli), dans un ravin profond. — À quelques kil. S. de la ville, on va vis'tpr un site pittoresque, où le Liris prend sn source. — 8 kil. au delà de Tajiliacozzo, on trouve Scurcola, 1500 hab. C'est près de là qu'eut lieu la bataille (26 août 126H^ où Gonradin tut vaincu pir Charles d'Anjou. — De Scurcola se dirigeant vers le lac de Celano, on arrive (7 kil.) à :
Avezzano — (sur celte ville, ses environs et le lac Celano, ancien lac Fuciniis, V. p. 363). — On trouve à Avezzano des services de voitures publiques pour continuer le voyage dans la direction de Maples.
Nous renvoyons également aux pages 362, 363 pour les déiails relatifs a Capistrello, aux localités de la vallée du Liri, à Sora^ Arnino, Arce,
A. la station aUoletta ou à celle de S. Getinano on reprendrait le chemin de fer pour Naplea* (135 kil. ou 110 kil. V. p. 365.)