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XXXIV APERÇU GENERAL DE L ITALIE

Les petites vallées au pied des collines où s'établit Rome étaient marécageuses et exposées aux débordements du Tibre. Aussi Gœthe a-t-il quelque raison de dire qu'aucun peuple de l'antiquité n'avait plus mal choisi son séjour que les Romains. « Je m'unis de cœur, ajoute-t-il, aux cris de désespoir des femmes d'Albe, lorsqu'elles virent détruire leur ville, et qu'il leur fallut abandonner ce bel emplacement, si bien choisi par son fondateur, pour venir vivre au milieu des brouillards du Tibre, et habiter le triste mont Gaelius, avec la douleur de ne pouvoir plus que jeter de là un œil de regret sur le paradis dont on les avait exilées. » Ces marais, ces collines couvertes de bois et de broussailles, n'avaient été dans le principe qu'un asile de bannis ou de bandits : synonyme conservé dans la langue italienne. Hais l'asile des bandits devint une ville sacrée, et les Romains combattirent, à force de génie et dé persévérance, les conditions défavorables de son emplacement. Des égouts (F. Rome, Cloaca maxima) furent construits; des aqueducs s'élevèrent; et, réunissant des sources lointaines, en transportèrent les fleuves suspendus jusqu'au milieu de Rome. « Cette ville éternelle, dit Frontin, qui, sous Nerva, avait l'administration des aqueducs, cette ville éternelle, dont rien n'approche, à qui rien ne peut être comparé [cuipar nihil et nihil secundum)^ sentira mieux par la suite tout ce que Nerva a fait pour lui procurer la salubrité, en augmentant le nombre des châteaux d'eau, des lacs [réservoirs], des eaux destinées aux ouvrages publics, aux spectacles, comme aussi aux particuliers.... Déjà on jouit d'une plus grande propreté, d'un air plus pur, et les causes de l'intempérie, qui faisaient regarder l'air comme infâme, sont détruites. ]> Ces aqueducs versaient dans la Rome impériale 1,300,000 mètres cubes par 24 h. Les aqueducs modernes y versent encore 180,000 mètres. — La distribution des eaux dans Pahis ne s'élevait, dans ces dernières années, qu'à 148,000 mètres cubes I!!

Pour lutter contre les effets de la chaleur humide propre à Rome, les Romains lirent un grand usage des bains. Cela devint un besoin public. « Si le bain n'eût été que chaud, il eût agi dans le sens du climat et produit l'affaiblissement au lieu de la restitution de la force. Mais il comprenait aussi les affusions froides, les frictions, les onctions, l'exercice avec tous les jeux qui concouraient à développer la force et l'agilité. Le bain à la manière antique avait donc un but de réparation, de tonicité. L'instinct, d'accord avec la médecine du temps, avait compris qu'il fallait opposer aux conditions énervantes du climat une influence antagoniste ; la race dut assurément y gagner, et elle conserva pendant longtemps ces traits fortement accentués, ces formes solides qui caractérisaient le type romain. A l'époque de la décadence, il s'altéra dans les classes supérieures, mais il se continua dans la basse population. Les révolutions commencèrent, et avec elles l'œuvre de destruction qui devait battre en brèche les monuments, comme les mœurs, comme les habitudes traditionnelles. Les bains disparurent dans les coutumes, à cause de la réaction qui se produisit contre le luxe et les pratiques plus ou moins sensuelles repoussées par la nouvelle religion. Jamais guerre n'eut un succès plus complet sur le territoire tout entier de la Péninsule. A Naples, les bains sont si peu dans les usages de la vie, que ces établissements ne servent qu'aux étrangers. A Rome, cette hydrophobie à l'endroit des bains n'est pas moins forte que dans la cité campanienne; on s'y baigne si rarement, qu'on pourrait presque dire qu'on ne se baigne jamais. — Si

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