AMALFI. — RAVELLO. — VIETRI. — SA- LER!CE
De îiaples à Castellamare (chem. de fer), 27 kil. — 8 convois par jour. Trajet en 1 h. — Prix : 3 fr. 10 c; 2 fr. 15 c; 1 fr. 25 c; 85 c. — Des billets d'aller et retour (dans la même journée) sont délivrés à la gare pour les voyageurs de 1" et de 2* classe.
On trouve au débarcadère à Castellamare des voilures pour Sorrente, et des ânes à louer pour les courses dans les environs. (2 fr. 50 cent, pour la journée ; 1 fr. 75 cent, pour une demi-journée; la course à Quisisana,80 cent.)
Nous conseillons de faire celte excursion dans l'ordre suivant : aller coucher le soir à Sorrente; le lendemain aller visiter Capri, dans une barque qui transporte ensuite à Araalfi : d'Amalfi gagner Salerne par mer, après avoir visité Ravello; consacrer une journée à l'excursion de Pœstum et revenir de Salerne par un dernier train à Naples, ou le lendemain matin en visitant la Gava.
Variante. — Prendre dans la belle saison, le bateau à vapeur qui va à Sorrente» et à Gapri. — Aller de Salerne à Âmalfi par la nouvelle et intéressante route ouverte le long de la côte du golfe de Salerne.
La première partie de ceUe route est décrite juscju'à Torre delV Annunziata dans la 1" EXCURSION, p. 439.
CSaftelUmare'
' (CasteUammareu-
26 ,380 hab . ,— dansune situation charmante au fond du golfe de Naples, sur lequel cette ville jouit d'une admirable vue, et au pied de montagnes ombragées. — Eue fut construite sur les ruines de Stables, détruite par Sylla dans la guerre sociale ; et ensevelie sous les cendres du Vésuve lors de l'éruption de 79.. On pense que Stabies occupait l'emplacement de la colline à g. en enti^ant à Gastellamare. Les fouilles, qui n'ont jamais été poussées avec activité (1754-82), ont produit quelques objets d'art qui sont au musée de Naples. Les parties découvertes ont été de nouveau ensevelies. C'est ici que périt Pline l'Ancien ( F. p. 442}. — Le nom de Gastellamare vient a'un château bâti au bord de la mer par l'empereur Frédéric H. Charles d'Anjou, frère de S* Louis, entoura la ville de murailles et de tours. — Gastellamare est renommée pour la beauté pittoresque de sa situation, le charme de ses promenades et de ses villas ; pour la douceur de sa température, plus fraîche que celle de Naples et pour ses Eaux minérales, déjà célèbres chez les anciens. (Les sources surgissent à l'extrémité occidentale de la ville.
— Eaux thermales ou froides : chlorurée sodique ; — sulfureuse ; — ferrugineuse; — sulfurée sodique, gazeuse ; s'emploient en boisson.) Audessus de la ville s'élève la montagne Quisisana, un des étages inférieure du monte Sauf Angelo (a* trepizzi), dont les trois pics forment le point culminant de toute la contrée. Quisisana est couvert de villas et de casins ; on y monte par des sentiers ombragés de chênes et de châtaigniers, ainsi qu'au sommet de monte Cappola, La vue est admirable du casino royal de Quisisana, dont la fondation et le nom remontent à Charles d'Anjou. — On visite également le couvent de Monte Pozzano, fondé au xvi* siècle par Gonzalve de Cordoue, sur l'emplacement d'un temple de Diane, ainsi que les petites villes de
Gragnano (10,000 habit., — fabriques de macaroni); et de Lettere, dans une ravissante situation sur les collines à TE. de Gastellamare. — On peut de Gastellamare aller par la montagne à Amalfi, ou monter seulement au mont Sant' Angelo.
De Castellamarey on peut faire en 4 L. rascension (guide et âne 5 fr.) de h montagne Sant* Angelo (a* tre pizzi], mont Gaurus des anciens (altit. 1,520 mètres). Il faut aller à la chapelle élevée sur la plus haute cime. Au delà du village de Piemonte (1 h. 30 min.], on arrive, à travers une suite de scènes sauvages qui contribuenl sans doute à entretenir le mauvais renom de ces lieux, au sommet du passage, d'où on a une vue admirable. Dans ces dernières années cette course n'était pas praticable à cause du brigandaîçe. — Au mois de mai
1875, 3 jeunes Anglaises ont fait cette course à pied avec un guide, et sont descendues à Amalû.
De Gastellamare à Sorrente, —
on suit une route excellente côtoyant le pied des montagnes, taillée dans les rochers calcaires et surplombant en corniche une mer plus bleue que le ciel. Pendant toute cette promenade on jouit de la vue du golfe de Naples. L'ancien sentier de mulet dans la montagne présente des points de vue encore plus étendus. — Si le commencement de cette course est agréable, il faut ensuite pour arriver à Sorrente suivre une longue rue poudreuse. Avec une bonne voilure, il faut 1 h. 30 min. pour descendre de Sorrente à Gastellamare.
Vico ou Vico Eqaanse. — (VicuS ^uanus), parce qu'il l'orme une seule commune avec Equa, Il est pittoresquement situé au bord de la mer sur un rocher percé d'une grotte naturelle que traversent les flots. Fiiangieri a son tombeau dans la petite cathédrale.
On monte à travers des vignes et des oliviers sur la hauteur de la Punla di Scutolo. Après avoir dépssé cette pointe et en avoir contourne une autre, on voit apparaître le ffoH'e et la côte do Sor-
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ROUTE 40. — SORREHTE.
irc^nte. Au delà de Meta qui a deux -|3etits porls, on entre dans le piano di JScrrento, tout couvert de villages et de rv^aisons de campagne, et qui doit à sa cfrltuation élevée au-dessus de la mer une température douce et un air salubre. De pro^nds ravins sillonnent le piano di SSorrento.
Sorrente* [SoTrento),'^Sorrentum «ies Romains, Syrentum des Grecs,
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lais-Fioyal. Sur la liuuteur, le fort S* Elme, à g. duquel, sur une colline plus élevée, le couvent des Camaldules. A l'extrémité g. de Naples, Mergellina et la colline de Pausilippe, couverie de maisons de campagne. A l'extrémité de dr. longue construction des Granili au bord de la mer.
L'aspect de Sorrente, vu de la mer, e^t des plus pittoresques.
La fondation de Sorrente remonte à une très-haute antiquité. Cette ville devint colonie romaine sous Auguste, oui Venrichit d'édifices publics, de temples et d'aqueducs ; elle soutTrit beaucoup de l'éruption du Vésuve en 79; il paraît que la mer l'envahit, car on trouve au pied du rocher sur lequel elle est bâtie des subsiruclions recouvertes par les eaui.
C'était encore au moyen âge une ville de commerce assez puissante. — Les femmes ont une réputation de beauté. — Sorrente fut la patrie du Tasse. On peut 1 voir au bord de la mer, près de la mai- \ son du prince Strongoli, tout ce qui reste i de son habitation; la majeure partie a
disparu, depuis longtemps minée par la mer. Une autre maison, celle de' Sersali, appartenait à sa sœur. C'est là qu'elle accueillit en 1577 le malheureux poète, déguisé en pâtre et s'échappant de Ferrare après sept ans de captivité. — Il y a des restes d'antiquités peu importants : au centre de la ville, une figure à genoux, style égyptien, du temps de Sethos; des substructions d'un temple de Cérès, d'un temple d'Hercule, d'un amphithéâtre. Sous la villa Cucumella, des corridors souterrains, dits le Temple des Sirènes. La villa Puolo est considérée comme ranti(]|ue villa de PoUius Félix, chantée par Stace (Sorrentinum Pollii, Sylv., liv. II). Devant la porte du Piano est la piscine restaurée par Antonin le Pieux, et qui sert encore aujourd'hui. — La cathédrale conserve quelques bas-reliefs anciens. — L'étroit et profond ravin qui contourne Sorrente de trois côtés, les grottes au bord de la mer, sont des curiosités naturelles que ne manquent pas d'aller visiter les voyageurs. — On cultive dans le territoire des oliviers, des orangers et des citroniers.
Excursions aux environs de Sor^ rente. — Les environs de Sorrente, riches en aspects pittoresques, sont trèsintéressants à visiter. Nous citerons : Capo di monte, à 1 h. de Sorrente.
On a de là une belle vue sur la ville et le golfe de Naples. — Les Conti délie Fontanelle et di Geremenna, collines situées à l'Est, à 5 ou ôkil. (âne 2fr.), d'où l'on a une magnifique vue sur les golfes de Naples et de Salerne. De l'esplanade où est bâtie une chapelle, et d'où l'on aperçoit, quand le temps
est clair, les ruines de Pœstum, on peu\ en un quart d'heure, aller à Varcot^anv Elia porte naturelle formée dans *^^^^ cher (détruite en partie en '^^^'ÂtocoI V Camaldoli, au-dessusdeMeta ( K . ^ „^,a* ' * ent supprimé, aujourdvm^
rticulière, d'où l'on ^f^^^^^^ 1 points de vue. T" ^Z^^rtvo^'^
,„uVande route. '«^^^î^sfu^
à cause de la poussière. — **, ^U\»w des Camaldoli, ou peut gagner ^^^^^^ pittoresque d'Arola et Santa f^^.^ ^ tastello, à 6 kil. de Sorrente ,^o
escalier taillé dans le rocher cies ^
Positano sur le golfe de Salerne.
course de 3 h. (par la route de Massa, celle du Telegrafo et '^^ }^ JL^x^s :
Fini, d'où l'on voit, encadrée par ae»
ROUTE 40. — ENYIROIfS DE NAPLEg.
chers et les arbres gigantesques, l'île de Capri. — Une excursion très-mtéressante, par les beaux aspects dont on y jouit, est d'aller de Sorrente a Santa Âgata et au cap Catnpanella et de retourner par Massa (F. ci-dessous).
Santa Agata. — Al h. 1/2 de Sorrente, est un but de promenade favori depuis Sorrente. De Santa Agata, le seul village de la presqu'île dans une position aussi élevée, on arrive en 15 minutes au Deaerto. Le Deserto est la merveille vantée par les guides aux touristes, et le but d'excursion le plus visité. On y monte ordinairement pur l'ancien chemin de Massa, sentier raide et étroit, longtemps enl'ermé entre des murs, et présentant un escalier inéçal. [Noiisy rencontrâmes une Anglaise en litière, portée par huit mariniers, en veste blanche rayée de bleu, et coilTés du bonnet rouge génois.] Au milieu de la solitude du Deserto s'élève, sur une pointe isolée, dominant les deux golfes, un ancien couvent, transformé en école d'agriculture. Sept franciscains y instruisent des enfants de la classe ouvrière. On n'aperçoit pas de là l'île de Capri, la vue du côté du cap Campanella est masquée par le monte San Gostanzo, surmonté d'une chapelle. — On peut revenir à Sorrente par S* Agata. (Pour cette course un âne 3 f r. et pourboire pour le guide) . — De Sorrente à Massa, promenade agréable en voiture (3 fr. aller et retour en 1 h. et 1/2). H est intéressant d'y aller aussi par mer.
Massa Lubrense, — le nom provient d'un affranchi de Néron. C'est un village dans une situation agréable dominant Je golfe. Il avait un temple de Junon sur lequel on pense qu'est bâtie l'église San Francesco. Le 15 août, une de ses églises est un lieu de pèlerinage pour les paysans de la presqu'île et une occasion pour les étrangers de remarquer les costumes et la beauté des femmes. On aperçoit à quelque distance, en mer, un rocher isolé, connu sous le nom de la Vervece. Une route de 5 kil., fertile en beaux points de vue, ramène à travers des bois d'oliviers et des ravins» de Massa à Sorrente. Excursion aa Cap Campanella, — ainsi nommé de la cloche que sonnait, à l'approche des Sarrasins, le gardien d'une tour établie au xvi" siècle. C'est là qu'était un temple élevé par Ulysse à llinerve (Strabon). (Course assez rude do 8 h.)« On pr^md d'abord le mèxo^
chemin que pour aller au Deserto ; puis, après des détours on atteint le village de Termini, bâti au pied du mont San Gostanzo. On commence de là à descendre.
Rien de plus solitaire que la punta délia Campanella, On a devant soi la mer à perte de vue et, à dr., les murailles abruptes de l'île de Capri, du côté où s'élevait le palais de Tibère.
On s'embarque ordinairement à Sorrente pour aller à Capri. On peut aussi trouver des baraues à Massa, point plus rapproché de l'île.
Excursion & Amalfi. — Une route taillée dans le roc en 1852, le long de la côte de Vietri à Amalfi, permet aujourd'hui d'aller en voiture à Amalfi de Vietri ou de Salerne. Cette route dépasse en beauté celle de Castellamare à ^ïorrente. (De Naples à Vietri en chemin de fer. A Vietri on trouve des voitures
r)ur Amalfi [trajet : 1 h 45. voiture à chevaux 8 àÔfr.). — On trouve aussi sur la Marina des bateaux pour s'y rendre par mer.) Les loc4ilités qu'on rencontre dans le trajet sont : Cetara, puis, au delà des deux caps Tumulo et d'Orso, Majori, Minori et Atrani.
De Castellamare à Amalfi. — i" par Pimonte et Agerola ; 2* en 0 h. environ,
§ar Gragnano et monte Faido, d'où l'on escend par Ravello ( V. p. 480) à Amalfi ; 3" on peut aussi se rendre à Amalfi de Castellamare [Hj à 7 h.) ou de Nocera (4 h.) en traversant à pied ou à cheval le petit monte Sauf Angelo. Le chemin du reste est fatigant et n'offre guère d'intérêt. Le haut du passage est aride et sauvage. [Dans ces derniers temps cette course, à cause du brigandage qui désolait môme les environs de Naples, n'était pas sûre.)
De Sorrente à Amalfi, — on peut aller par la montagne, soit par Santa Maria a Castello, et, par un escalier taillé dans le rocher, descendre à Posi" tanOy admirablement situé sur le golfe de Salerne; — soit en gagnant les Conii délie Fontanelle, d'où commence la descente par un escalier rapide sur les flancs pittoresques de la montagne, jus-
3u'à la marina di Scaricatojo, lieu 'embarquement, où il faudrait d'avance s'assurer d'un bateau, qui conduit à Amalfi en 2 h. environ {V, p. 480).
On côtoie des montagnes de 1,200 à 1,500 mètres. .Sur leurs pentes sont les Yillage3 da Pç9itano, s'étendani jusqu'à
ROUTE 40. — AMAiFI.
la mer ; de Prajano; de Fwrore (nom qui proviendrait du bruit des flots dans les tempêtes), une des positions les plus sauvages, au bord d'un précipice. Le
Ï>lus ordinairement cette excursion se ait dans le sens inverse : on va en barque d^Amalfi au Scaricatojo, et de là gravissant l'escalier taillé dans le roc, on descend (un ^ide n'est pas nécessaire] en 2 h. et ift à Sorrente. On peut aussi aller de Sorrente à Amalfi par mer, en doublant la punta délia Campanella, (6 à 7 h., avec, 4 rameurs. 50 fr.).
Quand on va par mer à AmaiO, soit de Sorrente, soit de Capri, après avoir doublé le cap Campanella on passe à peu de distance des trois petites îles appelées l Galli, du mot gualli, désignant les tours dont Pierre de Tolède, sous Charles V, fortifia le littoral des dcux-Siciles.
/ Gallif les îles des Sirènes — (Sirenum Scovuli de Virgile qui y a placé CCS nymphes dangereuses, aux séductions desquelles Ulysse parvint à se soustraire, et qui dévoraient leurs victimes). Dans Homère, leur île est sur les côtes de la Sicile. Ces rochers, aujourd'hui complé- * tement abandonnés, eurent au moyen âge des forteresses qui servirent de prison.
Amalfi**. — C'est un des plus beaux sites du golfe de Salerne, à 12 kil. de la ville de ce nom, à l'entrée d'une gorge enti'e les montagnes.
Amalfi fut au moyen àçe une république illustre qui dommait la mer.
Elle comptait, vers il 30, près de 50,000 hab., et était presque seule en possession du commerce de l'Orient. Elle en a 6,500 aujourd'hui.
Elle aurait été fondée, suivant la tradition, par de nobles familles romaines émigrant au iv* siècle, qiii, après plusieurs tentatives d'établissement sur les côtes de la Dalmatie, sur celles de Pœstum, vinrent se fixer ici. Au T* siècle, c'était, après Capoue, Naples, Bénévent et Gaëte, la ville d'Italie la plus importante, relevant de l'empire d'Orient. Lorsque déclina le pouvoir des empereurs d'Orient, elle
* Maiteo Caméra : Istoria délia Gittà e Gosteria di Amalfi. Napoli,|1836, in-8«
devint une république gouvernée par des doges. Les marchands d' Amalfi et ceux de Venise furent les plus anciens courtiers de commerce de l'Europe. On continue à lui attribuer l'honneur de Vinveniion de la boussole.
Mais on a prouvé que les Chinois étaient en possession de la boussole bien avant Flavio Gioja, d'Amalfi, le prétendu inventeur en 1502. La tradition touchant le fameux Code nautique (Tabulse Amalfitanse) parait aussi obscure.
Le célèbre manuscrit des Pandectes, enlevé par les Pisans au xn' siècle, a fait croire faussement que toute trace du droit romain était perdue avant la découverte de ce manliscrit précieux à Amalfi. (F. Bibliot. Laurentienne, t. !•% p. 614.) — L'île de Caprée fut pendant trois siècles au pouvoir d'Amalfi. Cette ville soutint de longues luttes contre les Sarrasins. Sa puissance fut brisée au xu' siècle, d'îmord par Roger de Calabre ; puis vinrent les Pisans, qui lui portèrent les derniers coups en 1155 et 1157. Après les ravages des hommes vinrent ceux des éléments. La tempête et l'inondation la détruisirent en partie en 1545, et, soit l'action lente des vagues poussées avec violence par le sirocco, soit l'abaissement du rivage, on ne trouve plus de traces aujourd'hui ni de ses quais, ni de son port étendu, ni de ses arsenaux. — Le célèbre pêcheur Masaniello était d'Atrani, dans le voisinage.
Cathédrale de Saint-André, apôtre. (On dit qu'il est enterré dans la crypte.) C'est un modèle de l'architecture introduite par les Normands en Europe après la conquête de la Sicile.
Elle a été restaurée et altérée. Les portes de bronze passent pour être un ouvrage byzantin de l'an 1000. Le vestibule supporté par 7 tîolonnes de Paestum a été démoli en 1865. On y voit une urne anti(]^ue en porphyre servant de fonts baptismaux; 2 sarcophages avec des bas-reliefs ie l'Enlèvement de Proserpino et du mariage
de Pelée et Thétis; au chœur, des mosaïques de Psestum. La statue en bronze de S* André, apôtre, est du sculpteur florentin Mtchel Angelo Naccarino (xvi» siècle). — On remarquera encore la coupole de Téglise S. Gradello.
Excorsions. — Coûtent des GAPucnts, fondé en 1212, puis abandonné; restauré en 1585. Les capucins ayant été supprimés en 1815, l'édifice fut Quelque temps converti en auberge, En 1850, il a été rendu aux moines; c'est aujourd'hui une école navale. — Cloître du xni* sièce. — Ce couvent est dans une situation pittoresque, 130 met. au-dessus de la mer. Les peintres s'en sont souvent inspirés. Ils fréquentent aussi la :
Vallée des Moulins, où sont seize papeteries et des fabriques de savon et de macaroni. (Le macaroni d'Amalfi est renommé. On peut entrer visiter une de ces fabriques.) — Restes de construction du moyen âfçe, que les ciceroni donnent pour des ruines romaines.
La côte aux environs d'Amalfi abonde en corail. Celte côte escarpée, avec ses bois d'oliviers et de myrtes, ses grottes, ses ruines, ses précipices et ses blanches maisons, autour desquelles serpentent les branches de l'oranger, mérite encore l'éloge qu'en fait Boccace (Giorn. II, nov. IV). — ^^ Outre les villages de Positano, de Prajano, de Furore, indiqués cidessus, nous citerons encore à l'O. d'Amalfi : Agerola, 4000 bab., le village le plus élevé de la côte, et Conca» port commerçant du golfe, çittoresquement situé sur un promontoire. — A l'est d'Amalfi sont : Atrani, ne formant jadis, dit-on, qu'une même ville avec Amalfi (comme elles étaient guelfes, Manfred, pendant sa lutte avec Innocent IV, y établit mille Sarrasins, qui ont influencé la urononciation du canton) ; et Scala, établissement important au moyeu âge, qui était entouré de murailles, avait des tours, et 130 églises [?). Le village de Pontone^ aux ruines pittoresques, y était réuni. Scala est située sur une hauteur dominant le ravin del Dragone, a laquelle on monte par un chemin à degrés. Le dôme conserve une mitre offerte par Charles d'Anjou à S* Laurent pour l'avoir sauvé d'une tempête. — Au-dessus de Scala est Ravello.
Nous recommandons l'excursion suivante :
(2 h. 1/2 à pied. — Un guide 2 à 3 fr.) : on monte à Ravello (on trouve à Amalfi des mulets et des chaises à porteurs] et on descend à Minori. Là on peut reprendre la roule de Salerne, le long du littoral, ou s'embarquer pour Salerne (prix d'une barque, 7 fr. 2 rameurs).
Ravello. —1,500 hab. Fondé, dit-on, au IX* siècle, et situé sur la hauteur, visà-vis de Scala. Il acquit aussi une grande importance et eut un grand nombre d'édifices publics et de palais dont il reste des ruines. La cathédrale, dédiée à S* Pantaléon, fondée au xi" siècle par l'amiral Rufalo, a une chaire en mosaïque, magnifique ouvrage de Niccolo Fogia, en 1272 ; un ambon de 1130 et des por* tes en bronze de 1179, spécimen intéressant de l'art au xn« siècle. — Ruines d'un grand palais de Rufalo, en style mauresque ; propriété d un anglais. (La terrasse ofï're une très-belle vue sur le golfe de Salerne et les montagnes de la Calabre). — Minori, 2,500 hab., petite ville industrielle, située entre Ravello et Majori, est célèbre par ses oranges. — Majori rivalise avec Amalfi par sa riante position, par ses papeteries et ses pâtes. (On peut s'embarquer à une de ces deux stations pour t^alerne.) — Au delà du capo d'Orso, près duquel une flotte française commandée par Doria battit une flotte espagnole, on arrive à Cetara, petit village pittoresque, habité par des pêcheurs, et qui, en 1779, devmt un nid de pirates. — Après avoir encore dépassé quelques contre-forts de la montagne, on arrive à Vietri, d'où l'on gagne Salerne ou la Cava et Naples,
D'Amalfi à Sorrente. — On fait ordinairement cette course en prenant à AmalG une barque (2 rameurs 8 fr.J, qui vous débarque à la Marina dt scaricatojo, {V. p. 478) au pied de la côte abrupte du golfe de Salerne, qui s'étend jusqu'à Positano, situé A kil. plus loin, vers Amalfi. De li\ on monte des escaliers taillés dans le roc, puis parvenu (1 h.) sur la hauteur, aux maisons de li Conti ai Geremenna, on descend en 2 h. 1/2 à Sorrente. (On peut se passer d'un guide).
ROOTE 41. — LA CAVA.
ENVIRONS DE NAPLE$ Troisième ezoanion.
LA CAVA. — YIETRI. *— SALERNE. — EBOLI. PŒSTUll.
De Naplet à Saleme, — Ghem. de fer.
54 kii. — 6 convois par jour. — Trajet 2 h. 20 min. — Prix : 6 fr. 15 c; 4 fr. 30 c; 2 fr. 45 c. — Pour la première partie du trajet jusau*à Pompéi, Y. p. 440. — Au delà de Pompei les stations sont : 27 kil. Scafati; Si kil. AngH;-- 35 kil. Pagani; — 37 kil. Nocera; — iiO kil, San Clémente; — 45 kil. La Cava (trajet depuis Maples, en
1 h. 55 min. — Prix : 5 fr. 10 c; 3 fr. 60c.;
2 fr. 05 c. — 40 kil. Vietri (traj. depuis Naples, 2 h. 7 min. ; — prix : 5 fr. 55; 3 fr. 90;2fr.25).
Entre la station de Pompéi 6t celle de Scafati, on traverse une plaine cultivée.
Scafati, — commune de 9,000 hab., sur la rive dr. du Samo. Le sol y est des plus fertiles ; l'air n'y est pas salubre. Fête célèbre le jour de TAscension. -— On aperçoit vers la dr. la ville d^Angrif située dans un territoire fertile où l'on cultive la viçne et le coton. — A mesure qu'on approche de Pagani, ville de 8,000 hab., les arbres se multiplient. A dr., sur le sommet de la montagne, on aperçoit la tour de Ghiunzi. — On arrive au pied des montagnes, à la station de :
fsocera — (Nuceria, l'ancienne rivale de Pompéi, V, p. 448). 7,400 hab., — dans une vallée ceinte de collines, dont quelques-unes sont de la môme formation que la Somma. — On aperçoit, sur la g., un magnifique couvent de capucins,.abandonné (il reste trois ou quatre capucins à la garde de l'église). L'empereur Frédéric II y établit 20,000 Sarrasins, qui devinrent la terreur du pays, et dont le type s'est conservé dans les traits de la population. — Dans la citadelle au-dessus de la ville, le pape Urbain VI soutint un siège de six mois contre Charles Durazzo. Tous les jours, du haut d'une fenêtre, il excommuniait l'armée assiégeante. Il y mit à la torture et enferma dans une citerne plusieurs cardinaux qu'il soupçonnait a'avoir ourdi des complots contre lui. Quand il fut délivré, il les emmena
Ïirisonniers et les fit égorger ou jeter à amer.
ITALIE DU SUD
A partir de Nocera, on s'engage dans la vallée qui mène à la Gava. La route est bordée de peupliers supportant de la vigne. Les montagnes sont couvertes de hameaux, de villas et de tours. — En arrivant à la station de la Gava, on est dominé à g. par une montagne conique^ surmontée d'un castello, et au piedf de laquelle s'élève un couTent de capucins.
La Gava*. — 20,600 hab. c Lt Gava, dit Valéry, est une yallée suisse avec des oliviers et le soleil de Napies. » Cette vallée très-peuplée^ est très -fréquentée pendant la saison chaude par les Napolitains. La villa consiste en une rue dont les mai-^ sons sont en arcades. — On doit aller visiter le couvent de la TrinitX della Gava, dans une situation très-pittoresque, au pied des pics du mont Finestra. Une voiture y monte en 50 min. * (de la station on y monte à âne (1 fr. 50) en 20 min.). — Au tiers du chemin on peut quitter un instant la voiture et aller à une petite distance, à Pietra Santa, jouir d*un beau point de vue sur toute la vallée* A dr., vers le golfe de Saleme, la montagne conique oui attire les regards est le San Satvadore (San Liberatore?). — Ce monastère de bénédictins de la Trinità della Cava, fondé vers Tan 1 925, fut l'asile des lettres dans les siècles barbares. D possède dans ses archives 40,000 parchemins et 60,000 diplômes sur papier, relatifs à rhistoire du moyen âge. Le plus ancien est de 840. La bibliothèque a plusieurs manuscrits précieux.
On y admire un recueil de prières orné de miniatures qui ont été attribuées à Frà Angeîico. C'est là que Filangieri composa son ouvrage célèbre. Au retour, on pomi'a s'épargner une descente fatigante au K>nd de la gorge, au-dessous du couvent,
* Le 28 mai 1862 j'y arrivai à 3 h.; je né
fius entrer, parce que le supérieur et les rères faisaient là sieste. J'eus beau attendre pendant une heure, le concierge n'osv point troubler leur qw^tndt .
léonins ont contribué à sa popularité.
Tout le monde en connaît le vers suivant, sorte d'ultima ratio de la science impuissante : '
Contra vim mortis non est medicamen in
(hortis,
L'école de Salerne fut célèbre longtemps avant l'an 1000. Constantinus Africanus, après 30 ans d'études et de voyages en Orient, rentra à Carthage, sa patrie, et soupçonné de ma^e. à cause de son grand savoir, se réfugia à Salerne, et y fut bien accueilli par Guiscard. Il fut le restaurateur de l'école, (mi devint elle-même l'oracle et la pépinière des facultés de médecine de l'Europe. — Fondée par les anciens peuples de l'Italie, Salerne fut une colonie romaine sous l'Empire. Les Lombards la réunirent au duché de Bénévcnt. Tour à tour prise par les Sarrasins, par les Grecs, et en 1075 par Robert Guiscard, elle devint un des principaux sièges de la domination normande. En 1193, elle fut prise d'assaut et détruite par l'empereur Henri IV.
Cathêdrile. — Elle a perdu son style par suite de nombreuses restaurations et du badigeon. Elle fut fondée en 1084 par Robert Guiscard,
2ui enleva de Pœstum des bas-reliefs, es colonnes de vert antique, etc., pour la décorer. [Parvis à arcades plein ciiitre et à colonnes antiques dépareillées ; surmontées du côté de la façade, de balustres et de statues pitoyables, le dôme tout blanchi à l'intérieur] . Les portes de bronze sont de 1099. Chaire et siège épiscopal r&* vêtus de mosaïques. Qn y voit deui^ tombeaux romains avecj^s bas-reliefs bachiques; des to;nl)03 de princes normands, et dans (a dî^apelle à dr. du maître autel celle du célèbre Hildebrand, le pape Grégoire Vil, mort en exil; elle lut restaurée en 1578 ; on retrouva intact le corps et les vêtements du pape. [Le pavement du fond de l'igltl^ est en bel opus alexandiinum ; près de la grille du ande célébrité au chœur, 2 petits ambons décorés de de médecine ; I "mosaïques dun riche dessin]. La
pour aller voir un rocher sans intérêt désigné sous le nom de GroUa di Bonea.
Des tours disséminées dans la vallée sont destinées à la chasse des ramiers.
Au delà de la Gava, le chemin de fer traverse des tranchées faites dans le rocher, franchit plusieurs viaducs, et, décrivant une courbe, passe au pied du mont San Salvador e ( F. plus haut). Les abords de Yietri sont très-pittoresques.
VietrL — 8441 hab., est un petit bourg heureusement situé au bord de la mer et à l'issue de la vallée de la Cava, à l'entre-croisement des routes qui vont à la Cava, à Amalfi et à Salerne.
Salerne* (Sakitio) . -^ 20,900 hab.
Quoique admirablement situé au fond d'un large golfe, elle n'a pas un aspect gracieux. L'air n'y est pas très-sain.
Klle est assez mal bâtie. Sa plus belle rue est celle de la Marina, ef son édifice le plus important est la cathédrale. Son port, construit en 1260 par le fameux Jean Procida (noble et médecin de Salerne), par ordre du roi Manfred, et réparé en 1318 par le roi Robert, est aujourd'hui ensablé. Une longue ligne de quais plantés d'arbres s'étend le long de la mer (Cow> Garibaldi). Sur le quai on voit un petit monument élevé à Carlo Pisacane, precursore de Garibaldi ( 2 juillet 1864). A l'entrée, «Ju côté de Yietri, s'élève un vaste édifice (le théâtre) et à côté un jardin public, avec bassin et jet d'eau et garni de bancs. De là on peut voir : dW côté sur la montagne, au-dessus de la ville, la forteresse que JSUih&rt Guiscard assiéga pendant 8 ,4lttoi$; c'est aujom^d'hui une prison; .4e l'autre, dans l'éloignement, les maisons blanche* d'Aimlfi s'étageant j^ la colline.
Salerne a eu une dBoyen âge par son et ses apfionsmes r^dlgéi en vers latins I crypte,
très-remarquable pour
ses