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mosaïques, contient, dît-on, le corps de révangéliste S* Mathieu, et le tombeau de Marguerite d'Anjou, mère du roi Ladislas et de Jeanne il. L'autel de S* Mathieu et le confessionnal sont de Dominique Fontana, — Dans la sacristie, devant d'autel en ivoire sculpté, travail curieux du xiu* siècle.
PoDitum^.
N. B. La voie la plus rapide de Naples à Pœstum est le ehem. de fer jusqu'à Èboli. —De Naples en chem. de fer jusqu'à Eboli, 80kil. traj. en 5 h. 35 min. — Prix : 9 fr. 05 c; 6 fr. 35 c; 3 fr. 65 c. D'Eboli à Pu stum, trajet en 2 h. — Voitures à 2 chevaux, 18 fr. — Cette excursion se fait ordinairement de Salerne où l'on va coucher, pour partir le lendemain de très-bonne heure.
Poestum esta (37 kil.) de Salerne. Une voiture fait le trajet en 4 heures. Nous conseillons, si Ton retient le soir à Salerne une voiture pour le lendemain, de bien s'assurer de la condition de la voilure et de l'état des chevaux ; une voiture à 2 chevaux de Salerne à Pœstum, 20 fr.-; à 3 chevaux pour 4 personnes, 30 fr. (on y comprendra le péage). Si l'on s'y rend en corricolot cabriolet découvert et très-roulant, et moins cher, on fera bien de convenir que le cocher ne prendra aucun autre voyageur en route ou au retour. On peut aller de Salerne par le premier train du chemin de fer à BaUipaglia (19 kil. Prix : 2 fr, 10 c, 1 fr. 50 c, 85 c.) où l'on retrouvera la voiture envoyée d avance. — Celte excursion par terre était peu sûre à une certaine époque ; des gendarmes escortaient les voyageurs pour les protéger. La maVaria est aujourd'hui, en certaines saisons, le seul danger du voyage de Pœstum. Il faut y aller pendant les mois de mars et d'avril, ou à partir du milieu de septembre. Les serpents y abondent et sont, dil-on, dangereux en été. Si Ton part de grand matin, il faut se précautionner, malgré la chaleur de la saison, de vêtements chauds, qu'on quitte dans la journée et qu'on reprend le soir. On
^ Les ruines de Pœstum sont les colonnes d'Hercule des voyageurs en Italie. Cette circonstance, leur beauté et leur importance pour l'histoire de l'art, nous ont décidé à entrer dans des développements plus étendus que ne semblent le permettre les limites de notre cadre.
fera bien aussi d'emporter des provisions de bouche. — On peut, en partant le matin de Salerne, avoir tout le temps de visiter Pœstum, et retourner par le der»nier train du chemin de fer à Naples.
De Salerne à Pœstum. — Au delà de Salerne, l'excellente route qui va de cette ville à Pœstum s'avance entre la mer et les collines. A partir de iionte di Ca^ gnano, la campagne devient déserte. On
f)asse devant la taverne de Vicenza, «ur e site de l'ancienne Picentia, la capitale des Picentini, transportés du Picenum (sur l'Adriatique) pour repeupler ces plaines désertes. — A BattipagUuy on quitte la grande route de la Calabre et on prend le cliemin de traverse qui mène à Pœstum. On traverse le Tusciano et on s'avance à travers la plaine malsaine en tre ce torrent et le Sele [Silarus des anciens) ; le pont construit par Murât enlevé J)ar les inondations, et plusieurs fois détruit, est reconstruit depuis 3 ans (une seule arche). (C'est entre le Silarus et Pœstum que Crassus défit l'armée dt Spartacus.) La campagne, jusque-là monotone, prend ici un aspect plus pittoresque ; on aperçoit sur la gauche, au pied du mont Alburno, de belles forêts {peuplées de cerfs et de sann^liers, et qui sont une chasse royale). Mais bientôt tout l'intérêt se concentre sur les ruines de Pœstum, dont les massives constructions s'élèvent à l'horizon du milieu de la plaine basse qui s'étend au bord de la mer, et où errent des troupeaux de moutons, de porcs, de buffles et de chevaux. — Les cultures s'étendent de jour en jour dans le voisinage de Pœstum. La plaine est cultivée en blé, maïs, haricots, etc. Le tabac est cultivé, et le gouvernement a établi une manufacture pour sa préparation. Sur les collines oui dominent à l'E. la plaine, est le village de Capaccio, — 1,800 hab. — La voiture s'arrête à une maison isolée où Quelques habitants de Capaccio, à mine fiévreuse, descendent passer la journée et reçoivent les voyageurs.
Les savants, se basant sur diverses étymologies, donnent à Pœstum une origine, tantôt phénicienne, tantôt étrus- (jue ou pélasgique. On s'accorde cependant aujourd'hui à considérer cette ville antique comme une colonie de Sybaris ; et les analogies des monnaies deà deux villes le confirment. On fait remonter son origine à six siècles avant l'ère chré ;
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tienne. Si les écrivains de Tantic^uité ne parlent pas des temples en ruines de Pcestum, qui font aujourd'hui notre admiration, ils célèbrent les champs de roses qu*on y cultivait et leur double moisson annuelle. Les roses de Pœstum sont connues de tout le monde romain; elles parfument les fadeurs antiques de petits billets galants : < Pœstanis rubeant semula labra rosis, d II parait que les colons de Sybaris qui vinrent s'établir ici trouvèrent une yifle antique connue sous le nom de Phistu, qu'ils rebâtirent 'ou agrandirent, et à laquelle ils donnèrent le nom de Posidonia. Quand elle tomba au pouvoir des Romains, ceux-ci effacèrent le nom grec et rétablirent le nom primitif latinisé : Pœstum. Les habitants restèrent cependant fidèles au culte des anciens souvenirs ; tous les ans ils consacraient un deuil public à la perte de leur indépendance. Depuis ce moment jusqu'au règne d'Auguste, l'histoire se tait sur PcBstum. Du siècle d'Auguste jusqu'à l'invasion des Sarrasins, pendant un mtervalle de huit siècles, même silence. Ceux-ci, en 015, surprirent celte ville une nuit et la ravagèrent. En 1080, le Normand Robert Guiscard achève de la ruiner ; il démolit les édifices, enlève les colonnes pour les transporter à Saleme. Après tant d'épreuves, sans doute, Pœstum ne fit plus que languir. Les eaux stagnantes envahirent le sol. Les digues de sables, élevées par la mer, s'opposant à l'écoulement des petits ruisseaux, contribuèrent à leur extension. En 1580, \es habitants se décidèrent à abandonner cette ville maudite et allèrent s'établir à Capccio. Après leur émigration, les rumes de Pœstum, bien que journellement fréquentées par eux, restèrent ignorées de l'Europe. C'est en 1745 que le baron Gios. Antonini appela pour la première fois sur elles l'attention dans son Histoire de la Lucanie, publiée i ?iaples. Elles furent mesurées et dessinées en 1793 par Delagardette, architecte pensionnaire de la République française. — On a trouvé les traces d'aqueducs aboutissant à la ville du côté de la montagne. La difficulté de se procurer de Peau potable dut, dès l'origine, se faire sentir aux habitants de Pœstum. On se demande comment les premiers colons ont pu choisir un emplacement aussi défavorable, sur les bords du Salsum, petit ruisseau aux eaux pétrifiantes qui,
après avoir longé une partie des murs, vient se mâler aux eaux saumfttres et sulfureuses de l'Accius (Solfone)^ Strabon signale déjà la situation de Pœstum comme malsaine. Et cependant Pélasges, Œnotriens, Lucaniens, Samnites, Grecs, Romains, Lombards, Arabes, accourus du Midi, Normands descendant du Nord, sont venus tour à tour se disputer ce mof'ceau de terre empestée.
[Rien ne saurait donner une idée de la profonde impression que cause la vue des grands temples de Pœstum, seuls débris restés debout sur cette plage solitaire depuis plus de 2,000 ans. Avec quel recueillement mélancolique on se plaît à évoquer sous leurs portiques les généra*tiens passées qui s'y sont succédé ! H est surtout une heure inspiratrice de cet rêveries. Pour voir les ruines de Pœstum dans toute leur poétique beauté, il faut attendre que le soleil se plonge dans la mer; quand les ombres commencent â s'étendre sur la plaine, que les buffles errants se confondent dans la brume ainsi que des taches obscures, et que, audessus des vapeurs méphitiques, les temples doriques s'empourprent des derniers reflets du ciel. Quel sujet de triste méditation que cette éternelle et infaillible périodicité des phénomènes naturels dans leurs rapports avec les monuments passagers sortis des mains des hommes ! Depuis des milliers d'années, à chaque saison, à chaque moment du jour, la même ombre qui s'allonge sur ces chapiteaux et contourne ces colonnes, y mesure, comme sur un gnomon, des heures, que l'on ne compte plus, que nul ne redoute, que nul n'espère.... elles ghssent comme des pas silencieux du temps sur ce tombeau d'une cité disparue et de générations oubliées et sans nom.]
Murailles. — Elles formaient autour de la ville une sorte de pentagone et étaient bâties en blocs irréguliers de travertin ; quelques portions encore debout, ont environ 3 met. 50. Des 4 portes élevées aux points cardinaux partaient t voies qui se coupaient au centre de It ville et la divisaient en quatre parties. Une de ces parties comprenait entre le S. et rO. V agora, la basuique et le temple de Neptune. Une de ces portes, à !*£., est encore conservée ; on la croit de l'époque roofiaine. Près de ces portes on a trouvé des tombeaux contenant des vases grecs et peints à Tintérieur.
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Templb de Neptunb. — Ce temple, considéré comme un des plus beaux exemples du génie des Grecs en architecture, l'orme de TE. à l'O. un parallélogramme de 60 met. 70 sur 25 met. 60, compris les degrés. Il a 6 colonnes sur chaque face et 14 sur les côtés, en comptant celles des angles. Ces 36 colonnes d'ordre dorique, élevées sur trois degrés, forment a son pourtour un portioue continu. Elles ont 2 met. 70 à leur diamètre inférieur, et 4 met. 50 de hauteur, d'où résulte une apparence plus massive qu'au Parthénon et au temple de Thésée à Athènes. Elles n'ont pas de base, sont cannelées et coniç^ues, le diamètre supérieur étant d'un tiers plus petit que 1 inférieur ; rétrécissement excessif ! il n'est que de deux neuvièmes aux temples d'Athènes. Elles sont formées de 5 ou 6 tambours ou cylindres de hauteur variable et parfaitement jointoyés. Ce qui donne à rarchitecture du temple de Neptune un caractère tout particulier, c'est la grande saillie des deux pièces principales du chapiteau : le tailloir, grande dalle carrée portant l'architrave, et l'échine, moulure placée immédiatement au-dessous du tailloir. Cette saillie et le grand volume du chapiteau couronnent admirablement le fût massif des colonnes, et contribuent à donner au monument une apparence de force extraordinaire; D'un autre côté, la courbe parabolique, si bien calculée, de l'ove ou échine, et l'amoindrissement de la partie supérieure du fôt des colonnes concourent à l'élégance dans une juste mesure. Si la forme conique des colonnes est d'un effet heureux extérieurement, cette disposition ne me semble pas aussi satisfaisante quand on les regarde de dessous le portique, se dessinant sur le ciel. Les vides inégaux de Tentre-colonnement, beaucoup plus larges en haut qu'en bas. nuisent un peu à mon avis, au sentiment de l'aplomb, si nécessaire en architecture. A l'intérieur règne un double rang de colonnes de dimensions moindres que celles de l'extérieur et supportant une architrave au-dessus de laquelle était posé un deuxième rang de colonnes plus petites encore, destinées à soutenir la toiture des péristyles latéraux. Le milieu du temple était à ciel ouvert ; grâce à cette disposition des temples hypcethres (vnà sous, alBp» ciel serein), les tribunes de ce second étage, auquel me-
naient des escaliers, se trouvaient éclairées convenablement. L'appareil est dans des conditions de solidité telles, qu'elles expliquent comment ce monument a pu résister pendant tant de siècles. (Il y a peu d'années, une colonne d'angle de la façade occidentale fut tellement endommagée par la foudre, qu'il fallut la refaire en entier avec des matériaux pris sur place.)
L'architrave est composée de grosses poutres de pierre ayant toute sa hauteur et toute son épaisseur^ et allant du milieu d'une colonne à l'autre. Ce travertin, ressemblant à celui de Saînt- Pierre de Rome, provient, dit-on, du mont Alburno. Delagardette pensait qu'il venait des carrières de Vietri, près Saleme, où il a trouvé des tambours de colonne tout taillés et abandonnés. Ces blocs auraient alors été transportés par mer. Les combinaisons ingénieuses oui brillent dans les détails de cette architecture attestent la science et la sagacité des architectes grecs, à qui elle est due. Il suffit d'en citer quelques exemples : ainsi les entre-colonnements»
qui sont égaux sur les côtés latéraux du temple, sont inégaux sur les faces et diminuent de largeur à mesure qu'ils approchent des angles. Les colonnes des angles sont plus fortes que les autres. L'encoignure de la frise est occupée par deux triglyphes placés d'équerre, au heu de l'être par deux demi-métopes, conmie on le fit à une époque de décadence.
Ces diverses circonstances sont calculées en vue de l'effet perspectif et d'une grande solidité. Elles se retrouvent seulement au Parthénon et au temple de Thésée. Les cannelures des colonnes sont conçues de la même manière. Les chapiteaux sont composés d'un tailloir simple, d'une grande moulure plate [oveou échine), de 3 annelets et dun gorgerin marqué par des filets en creux si bien adaptés, qu'ils n'interrompent ni le fût ni les cannelures. — La belle couleur dorée, qu'a prise la pierre de ce monument sous Faction du temps ijoute singulièrement à sa beauté. Cependant, si Ton veut reconstituer par la pensée ce temple dans son aspect primitif, au lieu de cette teinte chaude uniforme et harmonieuse, il faut le rêver avec la marqueterie de sa décoration polychrome. Toute cette pierre d'un si beau ton était revêtue de stuc sur une épaisseur de 8 mil-
li mètres. Delagardettc, en faisant déblayer lin des vestibules encombrés de terre et de débris jusqu'au tiers de sa hauteur, découvrit une cannelure encore toute couverte de stuc. — A côté et à ro. du temple de Neplune est la :
Basilique. — On désigne sous ce nom, c^ue ne justifie pas le genre de construction, un édifice entouré de 50 colonnes doriques et difTérant entièrement par sa disjposilion des autres édifices de la Grèce et de la Sicile. Le nombre de 9 colonnes sur ses deux façades est inusité. D'un aspect beaucoup moins élégant que le temple de Neptune, il semble appartenir au même système architeclonique.
Il y a cependant des diftérences essentielles : le fût des colonnes diminue de la base au sommet selon une ligne courbe : au lieu d'être conique, il est renflé. Le dessin si ferme et si pur du chapiteau au temple de Neptune a perdu ici son caractère de force et de beauté. Le tailloir a bien la même saillie, mais l'échiné n'a plus sa courbe heureuâe ; elle s'est aplatie et parait comme écrasée sous le poids de l'architrave. Cet elîet est rendu plus sensible encore par la gorge creusée au-dessous d'elle et qui forme un étranglement entre le chapiteau et le haut du fût, dont elle interromjpt brusquement les cannelures. Le fond de celte gorge est orné de moulures d'un travail précieux, et qui varient d'une colonne à l'autre. On ne retrouve
§lus ici d'augmentation dans le diamètre es colonnes d'angle. Ces diverses altérations du dorique pur et sévère qui brille dans le temple de Neptune ont amené Delagardettc à penser que la basilique, ou mieux le temple, avait été restauré sous les empereurs romains, soit pour faire disparaître des traces de dégradation, soit parce que, les colonnes ayant paru trop courtes et trop grosses, on les aura retaillées, ainsi que leurs chapiteaux, pour leur donner un galbe
Plus conforme aux goûts introduits dans architecture. L'emploi de matériaux différents dans la partie supérieure de l'édifice, ainsi qu un appareil moins soigné, accusent également un remaniement postérieur.
[Bien que je ne connusse ]9as encore cette interprétation quand je visitai Pœslum, je fus frappé de la différence de coloration entre le travertin de la basilique et celui du temple de Neptune. Le
travertin de la basilique est d un ton plus blanchâtre. Cette inégalité de ton serait-elle une conséquence de la restauration ? Je n'oserais le dire. En nie rappelant le beau ton qu'a déjà pris le travertin de S*-Pierre à Rome, il me semble que 16 à 1700 ans sont un temps assez long pour donner à la basilique de Peestum un vernis égal à celui du temple de Neptune, à moins qu'il faille supposer que ce dernier avait perdu tout son stuc a une époque bien antérieure.] — Presque en face de la maison où s'arrêtent les voitures, est, à peu de distance, un Z* temple, dit :
Temple de Yesta on de Cérès. — C'est le plus petit des trois. Il est composé do 34 colonnes, dont 6 sur les faces. Les colonnes intérieures ont des bases, et c'est un des rares exemples que l'on en connaisse dans Tarchitecture dorique.
D'après plusieurs circonstances de sa construction, ce monument est d'um^.
date plus récente que les deux autres, et il parait avoir été restauré par les Romains.
Il y a encore les restes d'un amphi" théâtre et de quelques autres édifices entre les grands temples et le petit.
Le sol de Pœstum, du reste, contient sans doute encore bien des trésors que des fouilles intelligentes pourraient exhumer. — Des fouilles ont été exécutées dans ces dernières années.
ENVIRONS DE NAPLES Quatrième exoursîon.
GROTTE DE PAUSILIPPE. — LAC d'aGHARO.
— OBOTTE DU CUEN. — P18CURBLU. •— SOLFATARE. ASTRONI. — PODZZOLES.
— MONTE N OOVO. — LAC LUCniN. LAC