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et renfermant un petit lac. Il sert comme prc de réserve, entouré de murs, pour les chasses royales. On donne 50 c. au custode. — En 1452, Alphonse le Magnanime donna dans ce cratère une grande fête en l'honneur du mariage de sa nièce Éléonore d'Aragon avec l'empereur Frédéric III. Plus de 30,000 personnes y assistèrent, un luxe prodigieux y fut déployé,
£n descendant de la Solfatara vers Pouzzoles, on visite l'amphithéâtre IV.
Pounolet** (Pozzuoliy Puteoli, Puteolœ; les Grecs l'appelèrent Dicœrchia, 12,801 hab. — Pour aller visiter seulement cette ville en voiture à 1 cheval, trajet en 1 h., aller et retour 5 fr.; convenir qu'on reviendra par les hauteurs de Pausilippe). — Cette ville, colonie de Gumes, qui conserve peu de traces de sa grandeur passée, était dans l'anti^ité beaucoup plus étendue et faisait un ffrand commerce avec la Syrie et l'Egypte . C'est ici que Sylla se retira et succomba à ses débauches. Cicéron y avait une villa où plus tard le corps d'Adrien resta quelque temps déposé.
S* Paul y séjourna 7 jours (Actes des Apôtres). Pouzzoles perdit sa prospérité à la chute de 1 empire ; elle fut ravagée par Alaric, Genséric et Totila ; au moyen âge elle le fut par les Sarrasins. En 1550, les Turcs la détruisirent presque entièrement. Déjà antérieurement eUe avait été bouleversée par les éruptions de la Solfatare : en 1538, le soulèvement du Monte Nuovo(V. p. 495) avait désolé
' Dès l'entrée de la ville on est assailli par une foule d'indiridus qui s'offrent à vous guider aux diverses curiosités de la contrée, et vous présentent à acheter de douteux objets d'antiquités. — Pour aller à l'amphithéâtre, facile à trouver seul en montant à dr. dans la ville, offrir seulement 50 c. à un guide. Si le cocher qui vous a amené est complaisant, il tous conduira, en arrivant, à la porte de Tamphilhéâtre et, en redescendant, il passe devant le temple de Serapis. Il fait ensuite un long repos à l'auberge.
la contrée et une partie des habitants s'était enfuie pour se soustraire à la maVaria, — Sur la grande place, statue consulaire ; la tête, bien qu'antique, est ajoutée.
CàTHÉDRALE, sur l'emplacement d'un temple érigé par L. Cafpurnius à Auguste. Colonnes corinthiennes antiques. Tombeaux dePergolèse; du duc de Montpensier, vice-roi deCharlesVIII.
ANTIQUITES DE tOVltOLES.
Temple de Sbbapis — (dans une petite rue à dr. à l'issue de Pouzzoles, du côté de Baja. Un militaire en est le custode. La rétribution n'est pas fixée). — C'est la principale curiosité de Pouzzoles.
EUe a donné lieu à de longues discussions, tant au point de vue de l'archéologie qu'au pqint de vue géologique. Ce monument consistait en un atrium carré de 43 met. 52 sur 37 met. 35, formant un portique de 48 colonnes, ayant chacune une statue en avant. A une certaine profondeur au-dessous du pavé antique de la cour, on en a trouvé un autre en mosaïque. Au milieu était un temple rond de 16 colonnes corinthiennes en marbre africain ; les colonnes, les vases, les statues ont été transportés à Caserte etau musée Borbonico. Autourde l'atrium étaient distribuées des chambres sans communication, servant de salles de bains pour les malades ; ces bains étaient ali^ mentes par des eaux minérales chauchîset froides, dont les sources subsistent, encore. C'était, pour les prêtres. du temple, avec leurs oracles, une double source de revenu. Cependant, malgré la statue de . Sérapis trouvée dans une chambre, malgré l'inscription qui mentionne Vœdes de Sérapis (et non le templum, comme pour riséon de Pompéi; ce culte, détendu par le sénat, ^ était simplement toléré), quelques antiquaires modernes contestent encore cette attribution, la plus généralement admise.
Les ruines mêmes de cet édifice furent perdues pendant plusieurs siècles, et les trois célèbres colonnes du pronaos (portique d'entrée qui avait 6 colonnes), * restées debout et dont nous allons parler étaient enfouies en partie dans les strates du dépôt sous-marin, et le haut en était masqué par des broussailles, quand on les découvrit en 1750. G^ colonnes, d'un
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ROUTE 42. — EMVIROHS DE NAPLBS.
seul bloc de cipolin, ont 13 n^èt. environ d'élévation. Leur surface n'offre aucune altération jusqu'à la hauteur de 3 inèt. 06 au-dessus de leurs piédestaux. Mais« à partir de là, dans une étendue de 2 met. 07 environ, le marbre présente des perforations que Ton a reconnues avoir été produites par des coquilles marines (lilhodomes, Guvier ; modiola lithophaga, Lamarck), espèce vivant encore dans la mer. Ces cavités, qui vont s'élaivissant, contiennent beaucoup de coquilles; leur profondeur et leur étendue témoignent d'un long séjour des lilhodomes dans les colonnes, et par conséquent des colonnes elles-mêmes dans la mer ; la partie inférieure restant protégée par les couches de dépôts sousmaiins et de scories, dont il parait que l'édifice fut couvert pnr l'éruption de la Solfatare au xii* siècle, et la supérieure étant au-dessus du niveau des eaux.
D'après une série de faits et de preuves analogues, on peut conclure que le sol du temple de Sérapis a eu des périodes alternatives d'abaissement et d'exhaussement au-dessus de la mer. La permanence du niveau de la mer depuis 2000 ans étant établie, les phénomènes dont noua venons de parler ne sont donc pas dus à l'abaissement de la mer, mais bien à l'exhaussement de la côte. Avant le soulèvement du Monte Nuovo (1538), le sol du temple de Sérapis était d'environ 5 met. au-dessous du niveau actuel. C'est à ce soulèvement et aux tremblements de terre qui le précédèrent qu'il faut attribuer l'exhaussement si marqué de la côte. Après s'être relevée, elle est entrée de nouveau dans une période d'abaissement.
Le pavé du temple était à sec en 1807 ; nous l'avons vu tour à tour, baigné par la mer, puis à sec.
Le relief de celle contrée a subi de grandes variations sous l'action des forces volcaniques. Si l'on vient par mer à Pouzzoles, on peut remarquer le long de la côte des preuves des oscillations dp aol. Le rocher porte des traces de l'action de la mer a une hauteur de 9 met. 75 au-dessus du niveau actuel. — On trouve de Gaête à Pouzzoles, sur des points élevés et parfaitement secs de la côte, d'immenses dépôts de coquillages.
Templb de Neptune. — Au ri. 0. du précédent. Il est au contraire submergé par la mer. Le hftut des colonnes atteint
le niveau de l'eau. Un autre Templs J[des Nymphes] est aussi sous les eaux. — On a découvert, en 1858, de beaux restes d'un temple qu'on croit avoir été élevé à Antinous, — Au-dessus de l'amphithéâtre sont les ruines d'un théâtre, couvertes d'arbres et de vignes.
Amphithéâtre (pourboire, 50 c.). — Monument remarquable par sa grandeur et la solidité de sa construction. Il a quatre entrées. Les gradins sont soutenus par trois rangs d'arcades. Un portique extérieur servait d'abri pendant l'orage. Le grand diamètre de 1 amphithéâtre a 191 met. de long. Il est moins grand que l'amphithéâtre de Gapoac, et plus grand que celui de Pompéi. On estime qu'il pouvait contenir 30,000 spectateurs. On y donnait des combats de gladiateurs. Dion Gassius raconte que Néron y donna des fêtes magnifiques à Tiridate, prince d'Arménie, et que celuici, lançant son javelot, tua d'un seul ■ coup deux taureaux. Cet amphithéâtre était couvert de vignes et de figuiers iorsaue l'on commença les fouilles en 1838. [L'arène, sous laqtielle s'étendent des galeries et des chambres souterraines, présente une singulière disposition. Au centre s'étend une grande cavité oblongue, et au pourtour sont une suite d'ouvertures carrées, communiquant également avec le sous-sol. C'est par là, dit le bonhomme de custode, qu une machine faisait monter les gladiateurs. £x- Elication absurde : comment des comats auraient-ils pu se livrer au milieu de toutes ces cavités où les combattants auraient été de tous côtés exposés à s'engloutir? (V. Rome, le Colisée.)]
Près de l'amphithéâtre sont des restes de bains faussement appelés temple de Diane, et qu'on avait désignés d'abord sous le nom de temple de Neptune, — Une piscine, nommée le lahyrinUhe de Dédale, dans la villa Lusciano, était un réservoir pour l'amphithéâtre. — La/7Mcina Grande est si vaste qu'on peut la parcourir en barque. Elle sert encore aujourd'hui à son antique destination.
Villa de Gigérov. — € On la rencontre, dit Pline (l. XXXI. c m), sur le ri^ vaffe de la mer, en allant du lac Averne à Pouzzoles ; elle est distinguée par un portique et un bois. Gicéron l'appelait académie, à l'exemple de l'Académie d'Athènes. G'est là qu'il composa ses Aca^
ROUTE 42. — MONTE NtOVO. — LAC LtJGRIN.
démiqueê, » Cicéron écrit à Atticus (XI Y, 16) : « J*ai établi notre chère Pilia [sœur d* Atticus) dans ma maison (de Cumes) auprès du lac Lucrin.... Je vais à ma maison de Pompéi, où je serai peu de jours. Je reyiendrai ensuite ici dans mes maisons de Cumes et de Pouzzoles [Pu~ teolana et Gumana régna). Que je mn plairais dans cet agréable séjour, si les importuns ne m'obligeaient presque à déserter! » On pense que cette TiUa était située à peu de distance du temple des Nymphes. Il en reste quelques massifs en partie submergés.
Tombeaux. — Ils bordaient au sortir de Poasxoles, les routes vers Napleii et vers Rome. On en a découvert un grand nombfe. Dans divers tombeaux et columbaria OD a trouvé, outre une quantité d'objets corieax, les cendres des maîtres ou des affranchis dans des urnes de verre ou de marbre, et celles des esclaves dans des ▼•ses de terre. — On a découvert également uncmETiftRE oui a été enterré par rémpiion de la Soliatara. Les squelettes sont recouverts de tuiles. C'était sans doute le cimetière des plébéiens.
llftiJi. — Pour abriter le port du côté où il était ouvert aux vents du S., on eonstmisit un mftie, formé de piliers massifs liés par des arches comme un pont, et soutenant un portique pour les marchands. Il reste 16 piles de ce môle (13 au-dessus du niveau de l'eau), que l'on a souvent confondu par une erreur grossière, avec le pont de Caligula, formé de bateaux liés ensemble et couverts d'un terre-plein, pour les évolutions de ce tyran insensé, qui le traversa k cheval et en char, portant la cuirasse d'Alexandre, et qui, après avoir joué au hé* ros, finit par s'enivrer et jeta les personnages de sa suite à la mer. Cette impériue fantaisie causa une famine à Rome, par suite du grand nombre de navires réunis qu'elle enleva au transport des grains.
Eotre Pouszoles et le monte Nuovo, raneienne falaise que battait la mer est reculée dans les terres, ei devant elle s*étend une plaine basse appelée la Starza, formée de dépôts sous-marins récents.
La ner empiète sur cette terrasse depuis Quelques années, et tend à se rappiiocher de la falaise.
monte Nuovo; elle se continue par uae route faite, il y a quelques années, qui passe au N. et au'^essus du lac Aveme, et va à l'Arco Felice et à Gumet; la bifurcation descend à g. au bord de la mer» passe près du lac Lucrm et va à Baja.
Nnovo« — Situé i peu près à égale distance entre le lac Âveme et le monte Barbara (Gaurus des Romains, un des plus anciens cônes volcaniques des champs Phlégrétàis: il est aujourd'hui couvert de viçnoblesj. Il a 154 met. audessus de la baie ; il s'éleva subitement en 1538 et combla une partie du lac Lucrin, qui occupait le fond d'un ancien cratère.
Selon un récit du temps, (c le 27 et le 28 septembre, les secousses de tremblement de terre ne discontinuèrent pas à Pouzxoles. Le 29, vers les deux heures de la nuit, la terre s'ouvrit près du lac et laissa voir une bouche d oi!l s'échappaient du feu, des pierres et une boue de cendres qui inonda non-seulement Pouzzolesi mais Naples elle-même. [Des poissons furent laissés à sec sur le rivage). Cette éruption dura deux jours et deux nuits. Le troisième jour elle cessa, et je montai alors, avec un grand nombre de personnes, jusqu'au sommet de la nouvelle colline. De là je pus apercevoir l'intérieur de la cavité circulaire, dans laquelle des pierres qui y étaient tombées éprouvaient en apparence un mouvement semblable à celui des bulletf qui se dégagent de l'eau bouillante. Le quatrième jour l'éruption recommença, et le septième elle pnt une intensité plus grande. Plusieurs personnes qui étaient sur la montagne furent tuées par les pierres et étouffées par la fumée. » Le village de Tripergola, fréquenté pour ses bains, fut englouti, ainsi que les ruines de la villa d'Agrippine et le canal d* Agrippa, entre les lacs Aveme et Lucrin. — On y exploite aujourd'hui de la pouzzolane du monte Wuovo.
LacLttoria. — Situ^ Nuovo, le lac Aveme et par ses huîtres estimée «. Dum nos blanda tene Lucrini, » dit Martial. I comblé par le monte Nu tégé de la mer par un : Herculea) attribuée à Hi traverser les marais au
La grande route se bifurque prés dulcàgeux
ryon. C'est aujourd'hui cageux où l'on conserve
ROUTE 42. — KNVIROKS DE VÂPLB8.
Ires. — Sur la demande des fermiers du lac, J. César fit faire des travaux pour le protéger contre les empiétements de la mer. Cette chaussée fut réparée par Agrippa quand il construisit le port ; on en aperçoit des restes sous Teau.
Si, quittant la route qui suit le littoral de Pouszoles i Baja, on prend un sentier à dr., en laissant le lac Lucrin à g.* on arrife au
liao ATeni«. — Ce lac pittoresque, de 2 kii. 8 de cirtenférence, occupe le fond d'un cratère et est environné de collines, de châtaigniers, de vignes et d'oransers. Sa profondeur n*est nas aussi considérable qu'on le pensait a une certaine époque : elle a un peu plus de 60 met. Son nom latin Avernu$, du grec Aomon, signifie que lea oiseaux n'osaient en approcher. (Lucrèce, Yl ; Virgile, VI, 239.)
Aujourd'hui on y voit des canards sauvages et il est peuplé de poissons. A l'époque de la fondation de Cumes, c'était probablement un volcan à moitié éteint, et les vapeurs sulfureuses qui s'en exhalaient étaient retenues par les épaisses forêts des montagnes environnantes, dont les travaux d'Agrippa détruisirent les sombres et redoutables mystères.
(Strabon, V.) — Annibal vint sur ses oords sacrifier à Pluton. — C'est en cet endroit que Virgile place la scène de la descente d'Énée aux enfers. -—Agrippa fit réunir, par un canal que creusèrent 20,000 esclaves, le lac Averne au Lucrin, afin d'en former un port pour la flotte romaine; mais le lac Averne ne parut pas assez grand pour cette destination.
Il donna sur les deux lacs réunis un si> mulacre de la bataille d'Actium. — Le tremblement de terre qui a fait surgir le monte Nuovo a efface toutes traces de ce travail. Ferdinand II essaya de reprendre, en 1858, le travail d'Agrippa et de faire du lac d'Aveme un port maritime. On voyait en 1862 les traces des déblais considérables qui avaient déjà été entrepris pour établir le canal de communication entre, le lac et la mer.
Ces travaux de creusement ont été abandonnés.
^ Des traces nombreuses de ruines environnent le lac. — On prétend que la fée Morgana rèçne aujourd'hui sur ces bords à la place d'Hécate, ou de Proser* pipe, et qu'au printemps elle anime parfois le lac de ses curieux mirages.
Lorsqu'on arrive au bord du lac Averne, on aperçoit sur la colline en face, la route nouvelle ; à dr., des ruines d'un édifice octogone extérieurement, établbsement de bains, désigné sous le nom de Temple de Mercure, d'Hécate, de Pluton, etc., et plus généralement sous celui de temple d^ApoU Ion; et à g., i l'autre extrémité, fen* trée du tunnel dit :
Tnanel d'A^Ippa. — A Textrémîté occidentale du lac Averne, à g. en Tenant du lac Lucrin. Le nom poétique de gt'otte de la Sibylle a été transporté car les antiquaires, dans leur préoccupation excessive des descriptions de Virgile, à ce tunnel qu'Apippa fit creuser par l'ingénieur Coccems [V. Pausilippe), pour mettre en communication plus direitte le lac et les villes de Cuœes et de Baja ; ils ont voulu y voir la grotte dont Yii]gile parle au VI* livre : « Tuta lacu nigra nemorumque tenebris. >
Strabon, en parlant de ces travaux de Cocceius, dit que toute cette mythologie infernale s'est évanouie, et qu'on reconnaît que tout ce qu'on racontait des Gimmériens, vivant dans des grottes inaccessibles, était une fable. [A la place de ces vaines merveilles des poètes, il en est une, à notre avis, qu'on ne saurait trop admirer ici : c'est la laborieuse industrie avec laquelle, soit les colons primitifs, soit les Romains, reprenant et étendant leurs travaux, ouvrirent dans toute cette contrée ces nombreuses communications souterraines. Cet ancien tunnel a été longtemps obstrué. Mais de nombreux ouvriers y ont travaillé pendant six ans. et depuis 1858 les voitures y passent. Il est de 150 mètres plus long que la grotte de Pausilippe, et est éclairé de distance en distance par des puits carrés très^-élevés qui servent en même temps à l'aérer. Quand on y entre du côté du lac Averne, il présente une légère pente à gravir. On ne tarde pas à apercevoir à l'autre extrémité un jour que l'on croit être celui de la sortie; mais ce n'est qu'une ouverture pratiquée au-dessus.
L'ouverture de la sortie elle-même ne se voit que lorsqu'on est un peu plus avancé.]
Vers la moitié du sentier qui côtoie le bord S. du lac Averne et conduit au tunnel d'Agrippa, on peut, en s'écartant à g. d'um: centaine de pas, aller visiter un souterrain désigné sous le nom de :
ROUTB 42. — BAÏE8.
Antre de Im Sibylle. — L'entrée en est fermée par une porte, et ressemble à une entrée de cave. Un custode, averti au passage» vient ouvrir la porte et fournir des torches (1 fr. par flambeau). Prix d'entrée : 1 fr. (le gardien demande da- Tantale). Si l'on pénètre à l'intérieur, I on voit une salle ayant des traces de i niosaï(|ues. Elle semble avoir servi à des bams d'eau thermale, qaï coule en- , cbre Hur le sol. On la désigne sous le , nom de bains de la Syhille, les peintu- , res noircies (>ar la résine et les torches , et presque invisibles, ne compensent pas j la peine d'une excursion dans ses cavités fangeuses, et remplies d'eau, où il faut . se faire porter par un guide (1 fr.).
' On peut gagner, au N. du lac, la route qui
mène à ÏArco Felice et de là descend vers le lac Fusaro. On pourrait monter aux rui-
I nés de Cumes, et, après, continuer jusqu'à
I Baja. (F. l'itméraire, p. 487.)
Si l'on ne traverse pas le tunnel d*Agrippa, revenant des uords du lac, du I côté de Baja, on s'arrêtera un moment à admirer la belle vue du golfe et son vert amphithéâtre : à g. Pouzzoles et U ligne de collines qui, depuis le monte Barbaro, s'étend le lonç de la mer et est terminée par l'île de Nisita ; en arrière, la montagne des Gamaldules; plus loin« le Vésuve ; en face, vers le S. 0., les c6tes de Gastellamare et de Sorrente ; à dr. le rivage de Baja. Avant d'y descendre, nous remarquerons les ruines pittoresques suivantes : i g., le :
Temple de Diahe, — sorte d'abside ou de moitié de voûte encore debout ; — a dr. le TEMPLE DE Vénus; petit édifice octogonal extérieurement et à 8 croisées ; i la place de sa voûte écroulée il a une couronne de yerdure. On peut le traverser sans tenir compte des réclaniations des individus qui veulent s'en faire un mo^rcn d'exploiter le voyageur. [Dans le voisinage, sur la plage, nous nous sommes reposé i une auberge admirablement située et ayant une terrasse d'où l'on peut jouir de la vue.l — Plus loin, le TEMPLE DE Mebcure (vulgairemeut Truglio), toutes dénominations faussement données par les antiquaires, avant que la découverte de Pompéi eût mieux initié aux usages de la vie antique. [Je m'étonne qu'elles aient persisté, car César Capaccio en fait en partie justice au milieu du xvn* siècle, dans ses Antichilà
di Pozzuolo], Ces diverses constructions voûtées sont des ruines de salles de bains ayant appartenu à quelquesunes des belles villas de la côte et possédant encore leurs conduits en terre cuite qui y amenaient l'eau. — Deux autres restes antiques appellent encore l'attention routinière des touristes qui veulent tout voir :
Les bains de TrltoU (derrière le lac Lucrin), — eaux thermales dans lesquelles on peut cuire, dit-on, un œuf [1 fr.), comme au temps* de Pline. On pense qu'elles communiquent avec les :
Stofe dl Merone — (Étuves de Néron), au bord de la route. On y pénètre par un passage obscur et étroit, conduisant aux sources, qui sortent de puits Erofonds à la température de 55**,56.
es galeries ont une température de plus en plus élevée à mesure au'on s'éloigne de l'entrée ; à un point où l'on commence à suffoquer le custode vous laisse et, gardant seulement son pantalon, prend un seau vide et des œufs, descend un escalier et revient bientôt rouge comme une écrevisse, son seau plein d'eau chaude ; il vous offre ses œufs cuits et vous demande ensuite 4 fr. pour sa peine.
iV. B. Il faut, pendant toute cette excursion des environs de Naples, d'un côté, être muni de petite monnaie; de l'autre, se tenir en garde contre les demandes importunes de prétendus guides, dont on est assailli.
Bàlee (Baja, Balœ), — La côte insalubre de Baîes et son triste château, hôpital de quelques canonniers invalides, ne donnent guère, dit Valéry, l'idée de ce rivage qu'Horace célébrait comme le plus délicieux de Tunivers :
Nullus in orbe sinus Balis prielucet amœnis
Celait en eiïet un séjour de délices pour les Romains, qui y venaient, les uns attirés par les eaux thermales pour rétablir leur santé, les autres comme on va souvent de nos jours aux eaux, par mode et par désœuvrement. C'était devenu un lieu de dissolution : « Littora quse fuerunt castis inimica puellî^ d (Properce.) — Les écrivains latins parlent de ces rivages, retentissant des chants, des concerts, des promenades sur l'eau, des festins, desintngues amoureuses.... « Libidines, amores, adulte^
ROUTE 42. — BinriROMS DE NÂPLE8.
ria,„, convivia, commiiBationeSt canttitt sumphoniaj navigia iactant. > C'est Gicéron qui fait ce tableau (Pro Cœlio), Ainsi que tous les riches Romains du temps, il avait lui-même à Baies une maison de campagne, et Glodius le lui a reproché. Marius, Pompée. César, Caton s*en bâtirent également. A la yérité, c'étaient moins des villas que des forteresses : Non villat este, sed castra ; et elles étaient sur la cime de la montagne, comme pour se tenir â distance de ces troupes de chanteurs nocturnes, de ces essaims de barques de couleurs, sur un lac parsemé de roses, c et fluitantemtoto lacu rosam, » (Senèque, Epist, li.) Si cette vie molle et dissolue donnait déjà aux rivap;es de Bais un mauvais renom vers la fin de la République, les excès y atteignirent sous l'empire un degré inou!. (Suétone, Ne-ron, XXVII.) — On s*y disputait le terrain, et les villas empiétèrent sur la mer. (Horace, Od, II, 17.) On aperçoit encore sous les eaux les restes de ces diverses constructions, ainsi qu'une chaussée qui pssait au pied du rocher sur lequel est le château de Baja, bâti par don Pedro avec les débris dea ruines subsistantes alors de tant de villas antiques, dont les traces mêmes n'existent plus.
Dans le voisinage de Baies on a à traverser quelques propriétés de paysans fermées par une barrière qu'il faut se faire ouvrir moyennant une petite indemnité.
Entre Baïes et Miiône est le hanreau de Bauli {Bacoli), La voiture ne peut pas aller plus loin. C'est près de là qu'étaient diverses villas : celle à^Horten^ tins, dont les restes sont en partie sous les eaux ; sur la hauteur la vtlla de Cé^ sar, qui passa à Auguste et devint la résidence d'Octavie après la mort d 'Antoine; c'est là que Virgile lut à la sœur d'Auguste le passage célèbre de l'Enéide, contenant l'éloge de son fils : c Tu Marcellus eris,.,, » — On croit que les :
Ceato Camerelle (50 cent.) — (les cent petites chambres), appelées aussi les prisons de Néron ou le Labyrintlie^ étaient les substructions ou les celliers de cette villa.
[Sur ces lieux enchantés plane aussi le souvenir d'un parricide, dont l'horreur vivra éternellement dans le récit de Tacite. C'est à Bauli que Héron accueillit
sa mère Agrippine, se réconcilia avec elle, et la* combla de caresses, au moment où il se préparait à la faire périr dans les flots. On sait qu'elle se sauva à la nage; que, recueillie par une barque, elle gagna le lac Lucrin, d'où elle se fit porter a sa maison de campa^e, et que là elle fiit tuée par les meurtriers envoyés par son fils. Tacite nous apprend ou'à l'insu de Héron des serviteurs lai élevèrent un petit tombeau « sur leehemin de Misène, près de la villa de César, qui domine tout le golfe. > Quand le bÂcher fut allumé, Mnester, un de ses affranchis, se frappa de son poignard.]
Des mines désignées sous le nom de tombeau d* Agrippine ont été reconnues être celles d'un théâtre.
Piaoiiui Miridiile (50 cent.). — Ce reste, encore bien conservé d'un magnifique ouvrage antique mérite d'être visité. Ce vaste réservoir creusé dans la montagne à l'extrémité d'un aqoedoc, long de 71 met. et dont la voiMe est soutenue par 48 forts piliers, était destiné à recevoir l'eau amenée par les aqueducs pour l'usage de la flotte et pour celui des nombreuses villas des environs. On ignore l'époque de sa coostmotion. — On croit que la villa où se retira Comélie, mère des Gracques, était située sur la pointe au N. du port de Misène (punta di Pennata) : elle fat aoquise par Marins.
Mara Morlo. — Ce cratère d'an ancien volcan devint un des 3 bassins du port de Misène, — constroit par Agrippa pour la flotte romaine, pour remplacer le port de Lucrin, qui s'était rempli de vase, n a été converti en âne sorte de marais par suite de la constractkn de la chaussée qui le sépare da port actoel.
La tristesse de la solitude r%oe sur ces lieux autrefois si animés. — C'est de Misène que partit Pline l'Ancien lors de l'éniption du Vésuve. — Virgile place le tombeau du trompette d'Êaée à l'extrémité de cette pointe de roofaers, à ce
Oui nuDc Hisenus ab illo Dicitur, aeternumque tenet per saecula nomen.
Quelques antiquaires placent Panciai cap Misène au monte ai 'Prodda, — La langue de terre étroite, entre le cap Misène et le mont Proeida, est appelée Miliscoîa, — par corruption de miUtis
schola, parce que c'était là que les soldats de la flotte faisaient la manœuvre. iOn peut s'y embarquer pour Procida 1 fr. 50.) C'est là qu eut heu la conférence célèbre entre Sextus Pompée, Octave et Antoine. — Les environs offrent beaucoup de restes de tombeaux antiques; un certain nombre servent de celliers pour le vin blanc qu'on récolte ici. — C'est près de laque mourut Tibère, dans une villa qui avait appartenu à Lucullus, et qui était bâtie sur une hauteur en face du cap Misène (selon quelques antiquaires, sur le cap Misène même.) On aperçoit de là, dit Phèdre (¥ah, V, 1, 2), la mer de Toscane et la mer de Sicile. — Le monle di Procida est couvert de ruines.
IiacdeFasaro(2kil. auS.de Cumes).
•^ On vante ses huîtres et ses poissons ; au miheu est un casino où on peut aller les goûter. Ce lac, l'ancienne Achenma, communiquant par un canal avec la mer, servait de port à la ville de Cumes; il parait occuper un ancien cratère de volcan. « En 1838, les huitres furent tuées par des émanations de eaz délétères. »
On voit autour du lac des tombeaux et des ruines de villas.
Sur le Scalandrone, colline située entre les lacs de Fusaro et Averne, on trouve quelques arcades en ruine que l'on pense avoir appartenu à la villa Ùumana de Cicéron, où le grand orateur reçut le jeune Octave, lorsque celui-ci quitta Athènes pour venir recueillir l'héritage de son oncle César.
L'astucieux jeune homme lit sa cour à l'homme politique influent, et l'appela son père. Bientôt il bri{^uait le consulat; Giceron s'y opposait vainement dans. le sénat, et un centurion, tirant son cpcc, disait aux sénateurs : a Voilà qui le fera consul, si vous ne le faites pas vousmêmes! » — Deux ans auparavant Cicéron avait reçu à Pouzzoles César luimême, hôte embarrassant (hospitem gravem), qui vint avec une suite de 2,000 soldats. On ne parla point d'affaires sérieuses, mais de littérature. César fut content delà réception et parut s'amuser. Cependant, dit plaisamment Cicéron, ce n'est point un de ces hôtes à qui l'on dise volontiers : « Ne m'oubliez pas à votre retour. » (Ad Attic, xiii, 52.) Varron et Sénèque avaient aussi des villas dans les environs.
ITALIE DU SUD
Si Ton est Tenu par l'irco Feliee (K.
p. 498), on suit la route qui descend pendant un court trajet, et l'ou se dirige sur la colline où était située Cumes, que les arbres du bas peuvent faire perdre de vue. On y arrive par de petits sentiers humides, tracés à travers les arbres, et, on gravit la colline au hasard.
Cames [CunuBy Ciima), située sur une colline trachy tique isolée, passait pour' la ville la plus antique de l'Italie: A une époque qui remonte peut-être à la guerre de Troie, une colonie de Grecs de l'ile d'Eubée et de l'Asie Mineure vint s'y établir. Strabon dit qu'elle en chassa les Osques, qui l'occupaient. Cumes, à son tour fonda des villes (Naples entre autres) en Italie et en Sicile. Elle implanta dans la péninsule la civilisation du génie grec, et acquit une grande puissance. Au v* siècle, elle vainquit les Etrusques dans une bataille navale, avec son allié Uiéron, roi de Syracuse, bataille dont le souvenir est rappelé par Pindare (!'• ode pythique). En 416, les Samnites s'en emparèrent, et 70 ans après, la domination romaine s'étendit dans le pays. Annibal l'attaqua. Au commencement de l'empire, Cumes fut un peu délaissée pour Baies et Pouzzoles. — Au ix* siècle, elle fut ravagée parles Sarrasins. — En 1207, c'était devenu un nid de pirates; les Napolitains la détruisirent et comblèrent les souterrains où ces brigands cachaient leur rapines.
Sur le sommet de la colline (acropole de Cumes) nous n'avons trouve qu une cabane de douanier. De là la vue embrasse un imniense horizon. A ses pieds, à dr., se dessine la courbe gracieuse du rivage. Au delà de la lande de sable de la plage s'étend à perte de vue une longue forêt giboyeuse (on v chasse le sanglier).
Dans cette direction (N. 0.) on peut distinguer au loin, près de la plage, la tour de Patria ( F. p. 498) . Un peu à g. de ce point la montagne pyramidale qui se profile sur le ciel est le monte Massico, célébré par Horace pour ses vins. Si l'on reporte ses regards à l'E., on voit so dessiner le monte Barbaro {V. p. 493), et à dr. une tranchée dans les collines boisées, au fond de laquelle on aperçoit la percée de VArco Feliee,
Antre de la Sibylle. — La montagne de l'Acropolis était creusée de i^lusieurs galeries souterraines superposées. Une entrée principale était du côté de la mer.
On pense qae c*est ici qu'était l'antre où la sibylle rendait ses oracles (Enéide YI, 41.) Sirsès le détruisit en le faisant rem[)lir de irialicres combustibles, pour réduire la citadelle qu'il assiégeait depuis un an.
Parmi les ruines dont il reste quelques traces, il faut citer : le temple d Apollon
— en dorique primitif, placé sur le sommet de l'Acropolis ; on pouvait l'apercevoir de loin sur la mer ; — ï amphithéâtre
— couvert de terre et d'arbres ; -^ le temple des Géants, — d'où provient une statue colossale de Jupiter assis (au musée de Naples) ; plusieurs autres temples, entre autres celui de Diane, — décou- ▼ert en 1852 par le prince de Syracuse, qui transporta dans son palais, à Naples, ui statue de Diane et les beaux restes de colonnes corintbiennes en cipolin.
Aroo Felice, — porte antique sur la route de Gumes à Pouzzoles. On l'aperçoit à la distance d'environ 2 kil., depuis le haut de la montagne de Cumes. Elle est construite en briques et percée d'une arcade. Elle occupe le fond d'une tranchée ouverte dans la montagne pour y faire passer la route. — [Une route neuve, qui passe au-dessus et au N. du lac Âverne, vient aboutir à l'Arco Felice.] Au-dessus de l'Àrco Felicc, une autre ouverture d'arcade appartenait sans doute à un aqueduc. — Au delà de l'Arco Felice est l'entrée d'une grotte dite di Pietro di Pace, du nom d'un Espagnol qui la fouilla le premier. On a cru d'abord que c'était d'ici que partait le tunnel allant au lac Averne, le tunnel d* Agrippa — (F. p. 494).
Nécropole. — Elle a donné lieu aux découvertes les plus intéressantes, c Les tombeaux y sont construits l'un sur l'autre, formant en quelque sorte 3 étages, appartenant chacun à un âge différent. » Us embrasseraient dans leur ensemble une période de 17 siècles, commençant 1,400 ans avant l'ère vulgaire. Les inférieurs sont creusés dans la terre. Outre les S(]uelettes, on y trouva des vases d'un caractère égyptien, des scarabées, des chapelets, etc. Audessus étaient les tombes pelasgiques, consistant en petites chambres, contenant entre autres objets des vases noirs d'un style archaïque.... Les tombes italo-^recques fournirent des vases d'une exécution supérieure et d'une forme plus élégante, ainsi que divers objets d'or et d'argent, des fragments de robes à broderies d'or, attestant le luxe des habitants. Un souelette fut trouvé avec une robe d'asbeste. Plusieurs des vases les
plus remarquables de Cames, acquis par le marquis Campana, sont actuellement àFïuris, au musée du Louvre.
Retour l Naples.
Grotte de Séjan. — Au retour, soit qu'on revienne de Gumes, soit qu'on revienne de Bîga, on repasse par Pouzzoles. Au delà de Pouzioles, on suit la route du littoral. Si, pendant cette longue excursion, les chevaux ont pu avoir un repos suffisant, on devra, au lieu de rentrer à Naples par la grotte de Pausilivpe, suivre le littoral jusqu'au pied de la montaçne, en laissant à dr. l'île de Nisita (p. 499), et revenir par la belle route de Pausilippe, au-dessus de Mer-
§ellina, afin de jouir de l'admirable vue u golfe. De ce côté il y a une longue rampe à monter, tandis qu'il n'y en a point par l'autre route. Mais on pourrait diminuer la fatigue des chevaux en faisant soi-même une dernière excursion curieuse, c'est-à-dire en se faisant arrêter à l'entrée de la grotte de Séjan .(p. 489), que l'on traverserait à pied, avec le gardien ; et la voiture, remontant à vide, irait attendre à l'issue et n'aurait plus que la descente à faire sur Naples.
La mal'aria règne pendant l'été à Cumes et sur la cote autour de Palria, à cause du peu d'élévation de la plage, sur laquelle les eaux ne trouvent pas d'écoulement. — Le lac de Licola, au N.
de Cumes, était un des foyers de l'infection. On a entrepris dans ces dernières années des travaux de dessèchement destinés à assainir la contrée.
Patria. — Hameau de pêcheurs à l'extrémité S. du lac de Patria. On pense que c'est là l'ancien Liternum, où Scipion l'Africain avait sa villa et où il mourut en exil volontaire. La torre di Patria, qu'on peut apercevoir du haut de la montagne de Cumes, marquerait, dit-on, remplacement du tombeau de Scipion. Trois statues en marbre trouvées au bord du lac sont venues naguère appuyer cette opinion.
Tite Live vît son tombeau portant l'inscription ; Ingrate patrie, tu n'auras pas mes os, avec une des statues renversées par la tempête. Sénèque, dans