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ROUTE 57. — DE NAPLES A MELPI ET A BARLETTA

du iv« siècle. On sait, en effet, cju'il y avait au iv« siècle des juifs établis dans TApulie. Cependant les inscriptions en langue hébraïque mises sur ces tombeaux font supposer qu elles sont postérieures au x" siècle.

A 15 kil. N. de Venosa et 19 kil.

N.-E. de Melû est Lavello. Entre Melfi et celte ville, on traverse la Rendina et l'on arrive, après beaucoup de détours, à :

Lavello, — 4600 hab., petite ville qui fut ravagée par le tremblement de terre de 1851.

De Ijuvello à (28 kil.) Canosa; si Ton veut s'y rendre directement en suivant à quclqiie distance la rive dr. de VOfanto, on ne peut faire le trajet qu'à cheval à travers une contrée coupée de marais, de tourbières et de forêts. — On peut aussi se rendre de Lavello à Canosa par une route plus longue, en passant par (23 kil.) Spiiuizzola, OODO hab., d'où, traversant les montagnes dites Murgie d'i MinervinOf ou arrive [\ i kïi.) kAIinervino, 8000 hab., et de là on gagnerait (16 kil. Canosa. — Le plus ordinairement on va de Lavello a Cerignola 'env. 20 kil. V. p. 509). On traverse' l'Ofanlo dans le trajet. De Gerignola à Canosa (environ 16 kil.) on traverse encore l'Ofanlo [violens Aiiftdus d'Horace), le dernier cours d'eau important de cette extrémité S.-E. de l'Italie, qui divise la Capitanale de la province de Bari, et on vient à :

Canosa *, — 10,000 hab. Située sur le penchant d'une colline et sur le site de Canusium, dont parle Horace* dans son voyage à lirindes. 11 la dit fondée par Diomède et insuffisamment pourvue d'eau. Cet état de choses n'a pas changé; quelques puits, à près d'un mille de Canosa, sont, dit Keppel Craven, les principales ressources des habitants. C est à Canosa qUfe Yarius se sépara, avec des larmes, de ses amis Virgile et Horace. — Canosa a été ravagée par les tremblemenls de terre de 1351, 1456, 1617, 4851. La cathédrale, dédiée à San Sabino, présente de l'intérêt par ses détails

* Horace, on le sait, accompagnait, avec Virgile, Yarius et d'autres personnages romains. Mécène, envoyé par Octave à Brindes pour y négocier un rapprochement avec Antoine, qui se dirigeait vers ce port avec une flotte considérable (57 ans av. J -G.). Horace, âgé de 2S ans, lit de ce voyage le sujet de sa •atirev* l. h'.

d'architecture et par la tombe de Bohémond, prince d'Antioche, fils de Robert Guiscard et un des héros de la Jérusalem délivrée. — Celte ville a acquis, dans ces dernières années une grande importance archéologique par les anciens tombeaux souterrains qu'on y a découverts et les vases et autres objets curieux qui y étaient conservés et qui ont été transportés au musée de Naples. On remarquera aussi une porte triomphale antique.

 moitié chemin entre la ville de Ca* nosa et la mer Adriatique, sur la rive dr. de rOfanto, est l'emplacement de la ville de Cannes. Si, en venant de Cerignola vers Canosa, quand on a passé le pont jeté sur l'Ofanto, on tourne à g., une petite heure après on se trouve sur le champ de bataille de Cannes.

est célèbre par la défaite qu'Annibai y fit subir aux Romains, sous les consuls Ëmilius Paul us et Terentius Varron (en juin (?), 216 avant J.-C).

Une portion de la plaine entre la ville et la rivière est encore appelée par les habitants «c Pezzo di sangue. 2> Mais on pense aue c'est là peut-être un souvenir d'une bataille du xi« s. [Quelques critiques placent le lieu de la bataille sur la rive g. de l'Ofanlo, au lieu de le placer sur la rive dr., comme cela résulte particulièrement du récit de Polybe et de Tite- Livc, qui disent que les Romains avaient leur aile dr. appuyée au fleuve. Dans cette position, ils pouvaient très-bien, à cause des méandres de la rivière, être tournés vers le midi, comme les Carthaginois, selon le récit, étaient tournés vers le iS., et être plus incommodés par lèvent de S.-O. venant du Yultume (Yulturno vente, T.-Liv. XXII, 43), qui leur poussait au visage les tourbillons de pous* sière. Le présomptueux et incapai>le T. Varron, his d'un boucher enrichi, qui, contre l'avis de l'autre consul, engagea celte bataille dans une plaine où Annibal prenait l'avantage par la supériorité de sa cavalerie, se réfugia (sans doute en se faisant jour à travers l'ennemi) à Venusia (Venosa), oà il arriva avec environ 70 cavaliers. Quant à4*aul Emile, il s'était fait tuer sur le champ de bataille. — Cette bataille n'avait pas coûté à Annibal 6000 hommes, dont les deux tiers étaient des Gaulois. Les Romains perdirent 70,000 hommes.]

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