‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 317 sur 422 · SICILE. — ROUTE 64. — LE MONTE PBLLEGRINO · texte numérisé non relu

SICILE. — ROUTE 64. — LE MONTE PBLLEGRINO

tifîus à réglise. Les femmes n'y entrent point.

Cas4 de* Matti, — hôpital des aliénés (en dehors de la Porta Kuova, sur la route de Pareo), établissement fondé en 1802 par le baron P. Pisani, c|ui remplaça par un traitement intelligent les traitements barbares infligés auparavant aux malades. — En dehors de la Porta Nuova, sur la route de Monreale, s'élève le vaste hospice dit âlbebgo dei Poveri ; et au delà, à quelque distance, on va visiter :

La Cuba — (ou Borgognonif parce que, dans le principe, on y logea un régiment de Bourguignons. — Le mot Cuba paraît une altération de Kaahah, mot arabe qui désigne une maison carrée), convertie aujourd'hui en caserne ; est de la même époque que le monument précédent.

Eille était jadis environnée de jardins embellis de pavillons et d'une pièce d'eau. Quoiaue l'architeclure, en partie conservée à 1 extérieur, soit entièrement sarrasine, on y lit une inscription arabe qui dit que ce palais appartient à Guillaume le Bon, en 1182; à peu de distance, on peut voir dans un jardin particulier :

La CuBOLA, — petite tour du style mauresque le plus pur.

Couvent des Capucins — (à 1 kil. 5 do Palerme et à ciuelque distance de la Cuba) ; était célèbre à cause de son vaste cimetière souterrain (commencé en 1621), divisé en plusieurs rues, éclairé par des soupiraux. On allait y voir rangés symétriquement sur plusieurs étages, des cadavres desséchés, revêtus de leurs habits et suspendus dans des niches le long du mur, avec une étiquette. Les femmes elles-mêmes pouvaient être enterrées dans ces catacombes, couchées dans des caisses et conservées sous verre ; presque toutes vêtues d'habits éclatants.

La ZiSA — (mot arabe signifiant :

excellent (?) est située à TO. et à 1 kil. 5 environ de Palerme, vers Olivuzza. Ce petit palais, dégradé par le temps et par la main des hommes, est, à l'exemple de T^hambra et des palais mauresques, uni au dehors, toute la richesse de la décorarion étant réservée pour l'intérieur. Extérieuremont, c'est un édifice carré, à 2 étages

élevés sur rez-de-chaussée. Le vestibule est orné d'inscriptions coufiques et espagnoles. Dans une salle carrée, décorée de mosaïques, et dont la voûte mauresque forme ce qu'on appelle un rayon de miel, coule une source qui, descendant sur des gradins de marbre, tombe dans des bassins de même matière. On a du haut de la terrasse une vue magnifique de Palerme. — « La Zisa a été considérablement modifiée à l'intérieur par Guillaume Y\ qui, aux yeux de quelques personnes, passe pour l'avoir fondée. »

A peu de distance de la Zisa, on pourra visiter (à 1 kil. 5 de Palerme) les villas de TOliyozzâ. — On peut aussi visiter, au pied du monte Pellegrino, la FAvoRiTA,villa fondée en 1806

{)ar Ferdinand 111, nommée, à cause de a bizarrerie de son architecture,

REALE VILLA ChIMESB, et UU pOU pluS

loin, la VILLA du prince Belmomte.

Au S.-O. et à l'E. de Palerme s'étend la plaine fertile et riante surnommée Conca (Uoro^ et qui, environnée de montagnes arides et aux cimes dentelées, est abritée contre les vents duN.

ou le souffle brûlant de l'Afrique.

Bagheria est une partie célèbre de la belle campagne des environs de Palerme (V. p. 378).

Kxourtîona. — 11 y en a trois principales à reconunander aux voyageurs :

1" la grotte de S** Rosalie sur le mont Pellegrino ; 2" Monreale et San Martino ; 3' Bagheria.

1'* Exouriîon.

LE MONTE PELLEGRINO. — Le mont

Pellegrino, au N. et à 2 kil. de Palerme, est l'ancien Ercta, où le Carthaginois Hamilcar Barcas se défendit pendant trois ans contre les Romains. Cette montagne calcaire, bordée de précipices inabordables, a de la ressemblance avec le rocher de Gibraltar et est à peu près de là même hauteur (environ 600 met.). Son nom provient du mot arabe Belgrin (mon-

SICILE

tagne voisine). Elle est surtout intéressante pour les Palermitains, comme lieu de pèlerinage à leur patronne S** Rosalie. C'était, suivant la légende, une nièce de Guillaume le Bon, qui, dans la fleur de la jeunesse et de la beauté, renonça au monde, se retira dans cette solitude et s'y voua à la vie dévote. Son corps, découvert cinq siècles plus tard (en 1624), fut transporté à Païenne; à cette occasion cessa, dit-on, la peste qui décimait alors la ville. Depuis ce moment S** Rosalie devint la patronne de Palerme et est tenue en grande vénération.

Pour aller au Monte Pellegrino et à la eroUe de S'* Rosalie, on sort de Palerme par fa porta S. Giorgio. On peut se faire coudaire au pied de la montagne en voilure (i (r. 50) et mouler à pied au sommet, en une heure. — On peut prendre à Palerme un âne (2 fr. aller et retour, et autant pour le guide).

La GROTTE DE S*" RosALiE, qui attire tant de pèlerins, n'offre d'ailleurs rien de remarquable. Un chemin taillé dans le roc (la Scala), praticable pour les mulets, conduit en zigzag jusqu'à la grotte, en traversant plusieurs viaducs à arcades. Le couvent masque la grotte, qui est unie à l'église. A la voûte, une foule de gouttières sinueuses reçoivent l'eau qui filtre. Bien que la montagne soit très-aride, les eaux de pluie se réunissent au centre dans une sorte d'entonnoir. On fera bien de monter (10 minutes), jusqu'à la statue de 8'' Rosalie, érigée sur un point escarpé de la montagne et servant de signal aux matelots. On a de là une vue magnifique sur la Sicile, que domine le cônede l'Ktna. On distingue àses pieds, dans la Conca d'oro, le Pavillon chinois et les jardins de la Favorite. Dans la chapelle est une jolie statue de la sainte, en marbre, et couverte d'une robe en or, par le Florentin Greg.

Tedeêchi,

Fête de sainte Rosalie. — Elle dure du 11 au 15 juillet. Chaque nuit Palerme est illuminée. IiC ppetnier des

cinq jours de fête, un immense char tiré par 40 bœufs, portant la statue tle S'* Rosalie, monte i)ar Toledo; le soir du 2* jour il descend illuminé. La grande procession a lieu le soir du dernier jour. Le clergé promène la châsse contenant les relic^ues de la sainte. Le soir, 1« dôme est éclairé par plus de 20,000 bougies. On tire des feux d'artitice dans les soirées du !•' et du 3« jour.

2" Excurgîon.

MonrealbS — Couvent de San Martino.

— Le Guide Murray conseille de diriger sa course, contrairement à ce qui se fait d'ordinaire, d'.ibord vers le couvent de San Martino et de finir par Monreale, les points de vue étant plus pittoresques dans ce sens ; et, en descendant de Monreale à Palerme, on aurait sous les yeux le magnifique panorama de la plaine de Palerme. — La route qui va directement de Palerme à San Martino ^)ar les belles jçorges et le pittoresque village de Boccadifalco, composé d'une seule rue que surplombent les rochers) est carrossable.

Une voiture à un cheval aller et retour, 6 fr.; un fiacre jusqu'à la Saiita, 2 fr. 50 .c. On peut renvoyer sa voiture, à Boecadilalco. Un trouve des ânes à Monreale. On sort de Palerme par la porta Nuova. On passe devant l'albergo dei Poveri, la Cuba^ la Cubola, le palais Palagonia, puis au hameau d*Altarello di Baida.

Monreale'^ — (ou MorreaU; en sicilien Muma/i), ville située sur une hauteur (530 met. ; la montée est un peu roide), à 6kil. et au S.-O. de Palerme. 15,900 hab., qui doivent, dit-on, leur origine aux Sarrasins, et ont encore des mœurs différentes des Palermitains. 11 fut fondé sous le règne de Guillaume 11, dit le Bon, qui, en 1174, fit construire la cathédrale et le couvent, les deux choses à voir dans cette ville. On y arrive par une route montant en zigzag, bordée de fontaines ,

* Dans ces derniers temps cette course, malgré la brièveté du trajet, n'était pas sûre. On s'y faisait accompagner par d«s gendarmes.

SICILE. — ROUTE 64. — MONRBALB.

de petits monuments avec inscriptions latines.

La cathédrale, plus grandiose que S*-Marc de Venise, dédiée à la Vierge, est un des édiflces les plus remar-

Ïiables de la Sicile [V. Duomo di onreale, par le duc de Serra di Falco,in-f', Palerme, 1838). EUe reste le moniunent le plus splendide de cette singulière combmaison de styles qui se produisit alors, et où Ton retrouve l'emploi simultané de Fart byzantin, de Tart italien, du sarrasin et du normand. Extérieurement elle est peu imposante. Mais il faut faire le tour de Téglise pour voir, d*une petite plateforme accessible au public, la partie extérieure de l'abside, si ricHement décorée d'arcatures ogivales et de mosaïques; on a de cette plate-forme une très-belle vue sur la vallée et la mer. Le portail occidental, orné d'arabesques et de mosaïques, a une belle porte de bronze dont les bas-reliefs, en 42 compartiments, sont attribués par l'inscription à maître Bonanno de Pise (1186). Le portique du N., ajouté en 1569, a une autre porte de bronze, dont les sujets de décor, rappelant la porte de l'église de Ravello ( K. p. 480), sont de Barisano de Trani (fin du XII* s. ) . — L'intérieur, tout couvertd'or et de mosaïques, frappe par sa magnificence. Il est divisé en 3 nefs, séparées par 18 colonnes de granit oriental, qui s'appuient sur une base en marbre blanc et sur un socle carré en marbre noir; les cbapiteaux sont en marbre blanc, et quelques-uns sont de style antique. Des arcs aigus retombent sur ces colonnes provenant en général de temples antiques et dont la plupart sont monolithes. Les mosaïques qui revêtent tout l'intérieur de Tédince et où sont re(>roduits des faits de l'bistoire sainte, communiquent à cette église un caractère de magnificence tout particulier. « Séroux d'Agincourt pense que cette église est due à des artistes grecs. Presque partout les personnages ont le costume ^ec. Sur le fronton de I

l'arc qui sépare la nef du chœur oa remarque la sagesse de Dieu (â-Yia aocpU) , adorée par les ailles Michel et Gabriel. Au fond de l'église, dans la demi-coupole de l'abside centrale est une figure colossale du Christ, d'un effet imposant. Dans les absides latérales sont les colossales %ures de S' Pierre et de S* Paul.» [Ici l'art chrétien du moyen âge semble, par la grandeur des proportions, refléter, comme un souvenir lointain, la grandeur colossale des dieux de Phidias.]

— Les plafonds sont modernes ; les anciens plafonds, en bois sculpté, qui étaient d'une grande magniacence, furent en partie détruits en 1811 par un incendie. On remarque encore les sièges du roi et de l'archevêque ; les tombeaux des rois Guillaume le Bon et Guillaume le Mauvais, dans le transsept de droite ; un maitre-autel en argent doré, élevé aux frais du savant archevêque Testa, au siècle dernier. L'église de Monreale prétendait posséder une partie des restes du roi S* Louis, déposés dans un sarcophage, au-dessous d'un autel dans le transsept du N. Une lon^e discussion s'est élevée sur ce sujet entre les savants de Paris el de la Sicile. Le doute subsiste.

— F. M. del Giudice, Descrizions del real tempio di Monreale^ Palermo,

Le COUVENT DES BÉNÉDICTINS, dépendant de l'église de Monreale, a été construit à la même époque. De la terrasse, le regard dominant la vallée de Palerme plonge sur un panorama dont aucune description ne pourrait donner idée. Le cloître abandonné est tout ce qui reste du couvent. Sa colonnade est d'un fini, d'une élégance incomparables (216 colonnes accouplées et de formes variées à Tinfini, tant pour les fûts que pour les chapiteaux). Dans un escalier ^ndiose du couvent moderne on voit une assez médiocre peinture du Sicilien Veloêquezt représentant Guillaume le Bon, qui découvre les trésors cachés

par son père, et un chef-d'œuvre du Raphaël sicilien, Pietro Novelli (le Morrealese) , représentant S* François entouré des principaux chefs des ordres de sa règle. Cette peinture à rhuile date de 1635. — Dans un corridor on remarque un tableau byzantin : la Mort de la Vierge.

Les églises de San Castrense, de la Madonna Dell' Orto et dell' Itria possèdent des fresques de la jeunesse du Morrealese.

On devra visiter à 5 kil. 5 à l'O. de Monreale (s'informer si la présence des brij^nds rend toujours cette excursion daegertîuse) le couvent de San Martino on trouve à louer des mulets). « Au sortir de la grande rue de Monreale, on suit (1 ou 3 min.) la route jusqu'à la croix de bois ; puis on prend le sentier «le mulets qui s'élève obliquement sur les flancs du monte Capulo. Arrivé audessMS du dôme, on laii^se un sentier à dr., et Ton monte à g. On atteint ainsi 00 45 min. un col ouvert au S. du monte (^puto. Au loin on aperçoit dans un vallon désert le grand palais deS*-Martin. Au sommet du mont Capiito s'élèvent les ruines de Tancienne lorteresse-couvent du Caste llaccio. On peut y monter en 15 min. depuis le col. On a une vue admirable sur l'Etna, etc. On descend au couvent en contournant les vallons, s

Couvent de San Martino * dit delle ScALE, à cause des pentes successives par lesquelles on y monte en suivant une route bordée d oliviers, de figuiers d'Inde et d'aloès. — Résidence vraiment royale, bâtie au siècle dernier dans les montagnes (à 10 kil. de Palerme, 2 ou 5 heures à âne). Ce riche couvent , établi sur l'emplacement d'un ancien monastère, fondé, dit-on, par Grégoire le Grand, était destiné à des religieux bénédictins, du mont

* Cet établissement religieux a été converli en colonie agricole. Suivant un projet en discussion à la Chambre des députés il869) les objets d'art et les antiquités devaient être réunis au Musée National de l*alermc.

ITALIE DU SUD

Cassin, appartenant à la noblesse. L'église contient quelques bons tableaux, entre autres, des peintures du Morrealese : un tableau à dr. de l'autel de la grande chapelle, représentant les principaux ordres religieux de la règle de S* Benoit : même sujet que celui du tableau indiqué ci-contre, dans le couvent de Monreale, mais composition différente. A la voûte du réfectoire d'été, une fresque magistrale réprésentant un Ange tenant par les cheveux le prophète Habacuc qui porte des aliments à Daniel dans la losse aux lions, ouvrage peint en 1629 et tout à fait remarquable. — Une Annonciation dans la salle qui précède la bibliothèque; une Madone et des Saints (1654) dans le noviciat. «Derrière le couvent s'ouvre un vallon charmant, ombragé de pins parasols, de noyers, et ara-osé par des eaux courantes. »

Au S. de Palerme, au pied du mont Grifone (nMii. 844 met.), est une caverne d'ossements fossiles célèbre, ouverte dans un calcaire argileux et contenant des os d'hippopotames.

3* Excursion.

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