‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 320 sur 422 · ROUTE 65. ~ DE PALEKME Â TRAPANI · texte numérisé non relu

ROUTE 65. ~ DE PALEKME Â TRAPANI

diculaire et présentant ses flancs crevassés au-dessus des toits des maisons.

Maisons badigeonnées à la chaux, de l'apparence la plus misérable. — On cite quelques tanleaux dans les églises. — Dans le couvent des Capucins, sépulture souterraine où se conservent les cadavres desséchés.

On suit une route intéressante à travers la fertile vallée de Castellamare, où on cultive la vigue, l'olivier, le sumac et le frêne qui produit la manne. — De temps en temps on aperçoit la mer et l'on peut voir l'anse où s'élevait jadis au N. de Carini, 9000 hab., la ville d'iccari, détruite par Nicias, qui emmena des captifs,

Earmi lesquels se trouvait la célèbre aïs, alors âgée de douze ans. « Aujourd'hui le type de la race grecque, qui a produit la plus belle courtisane de l'antiquité, est presque effacé de ces conUrées. Les paysans, les femmes et les enfants ont les traits, la couleur basanée, les dents blanches des Maures. » A rO. le magnifique bassin du golfe de Castellamare est bordé par une chaîne de rochers arides qui s'étend jusqu'au cap San Vito. Le long de ces escarpements calcaires on voit de nombreuses tours élevées contre les pirates barbaresques ; le cap est dommé par une église ayant l'aspect d'un château fort du moyen âge.

tf En s'appi^ochant dAlcamo, dit M. VioUet-le-Duc, la vallée ressemble assez à une mer houleuse bordée de montagnes arides. »

48 kil. Alcamo* — (al Kamah ; en sicil. Arcamujj 19,500 hab. La ville musulmane, fondée en 228, n'occupait pas tout à fait le même emplacement; elle était située au haut du monte Bonifato ou délia Madonna dell' Autu (alto)^ 641 met., qui domine la ville moderne, et d'où on a une belle vue sur le golfe et la ville de Castellamare^ 10,000 hab., canton actuellement mal famé comme refuge de brigands. Elle fut détruite au commencement du XV" s. On piendrait

cette ville, dit M. Francis Wey, pour une ville arabe de l'intérieur de l'Afrique. Ce ne sont partout que de longues murailles blanches à créneaux, que bâtiments rouges de briques, avec des portes mauresques et des fenêtres bien closes ; elle forme une longue rue bordée de couvents et d'églises. On dit que les voyageurs doivent se tenir en garde contre la population. — On signale dans les églises quelques peintures d'artistes de troisième ordre du xv" et du XVI" siècle ; dans l'église de Santa Oliva ou le Anime in purgatorio, au maître-autel, un tableau du Mor-^ réalèse.

Entre Alcamo et Calatafimi, on passe le fiume Freddo, probablement l'ancien Crimesus près duquel Timoléon remporta une victoire sur Asdrubal et 70,000 Carthaginois.

64 kil. Calatafimi^*, -^ 9605 hab.

« Cette ville, éparpillée sur les flancs de la montagne et dans le fond d'un ravin, est d'un aspect misérable. Mais du haut de son antique citadelle on découvre le plus étrange pays. Qu'on se figure une contrée montagneuse, bouleversée par des tremblements do terre ; des ravins parfois sans eau, des pentes hachées, des blocs de montagnes détachés de la masse, roulés les uns sur les autres, et au milieu de cette nature ruinée, sur un monticule arrondi, le temple grec de l'antique cité de Ségeste. » (VioUet-le-Duc. ) Calatafimi fut la seule ville avec Sperlinga, près Nicosia, qui épargna le sang français à l'époque des Vêpres siciliennes.

On trouve à Calalafimi des mulets ou des ânes pour aller visiter, à 7 kil., les ruines de Ségeste (Morsellino, guide recommandé). On descend dans une vallée escarpée. On voit en face l'abrupt monte Barbare où était la ville antique de Ségeste ; l'excursion est de près de 5 h.

Ségeste ou Egesta. — Sa fondation paraît être antérieure à l'établissement

* CaVat est une expression d'origine arabe^ indiquant un lieu fortifié situé sur unehau-

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