TRAPANI AUX RUINES DE SELINONTE
PA:1 JIJLRSALA, UAZZARA et CASTELVETnANO
(72 kil.)
De Trapani à Marsala, on donnera la préférence aux communications au moyen des bateaux à vapeur. — Route carrossable de 46 kil. On traverse une plaine bien cultivée.
Courrier (Carrozza postale).— De Palerme à Martala (131 kil.): part tous les jours
(sauf le vendredi) de Palerme à 7 h. du soir, arrive le lendemain à Marsala à 1 h.
Harsala*— 50,000 hab. Lenom de Marsala, qui signifie port de Dieu, fut donné par les Sarrasms à la ville antique de Lylibée^ fondée par les Carthaginois sur le promontoire de ce nom (aujourd'hui cap Boeo), Cette place forte des Carthaginois soutint un long siège de dix années contre les Romains. Scipion l'Africain s'y embarqua quand il partitpourla deuxième guerre punique, et César quand il passa en Afrique pour combattre Juba.
Cicéron y résida comme questeur. — La ville, de forme carrée, est régulière et divisée en quatre parties par deux rues se coupant à angle droit.
« Du côté de la terre, elle est défendue par de vieilles murailles flanquées de tours carrées qui la font assez ressembler à quelque cité orientale perdue dans les sables. »
Ces murailles, construites par les Normands, furent réparées et refaite* par Charles V. — L'église S. Giovanni Battista a une peinture du Mor réalèse. — Le port de Marsala fut comblé au xvi* siècle par D. Juan d'Autriche, afin que les corsaires turcs n'y ti'ouvassent plus d'abri. — Le nouveau port, creusé en 1816, a contribué au développement du commerce. Le môle a été reconstruit en 1848. — C'est ici que Garibaldi débarqua le 11 mai 1860 avec sa petite troupe d'un millier d'hommes, en vue de deux navires à vapeur de la flotte napolitaine.
La ville de Marsala est enricbie par un grand Irafic de vin, principalement avec l'Angleterre. Le viii de Marsala provient de plants de Madère. Le premier établissement anglais date de 1789. L*usage de ce vin fut introduit en 1802 dans la flotte anglaise; il est particulièrement estimé des Anglais; on y mêle de leau-de-vie. La vigne est basse et croît sur le penchant des coteaux du voisinage. On devra demander la permission de visiter quelqu'un des vastes
établissements consacrés au commerce du vin de Marsaia : le Guide Murray cite comme étant les plus considérables ceux des maisons Ingham, Woodhousc et Florio.
Les palmiers croissent en aboridance aans les environs.
Au delà de Marsaia on suit une route droite et monotone jusqu'à :
Mazzara *, — (18 kil. de Mai'sala), 10,000 hab. — Dans la cathédrale sont trois tombeaux antiques en marbre.
La route est carrossable entre Mazzara et Castelvetrano (18 kil.). On voyage dans un pays aride et désert.
On ne rencontre dans le trajet que le misérable village de Campobello, situé à moitié chemin entre Mazzara et Castelvetrano (à 7 kil. de cette dernière ville) : visiter, dans le voisinage, les cave di Cusa, carrière antique d'où ont été tirées les colonnes des temples de Sélinonte. — « Des tronçons de colonnes de 2 met. 92 à 3 met. 25 de diamètre parsèment le chemin....
Les colonnes restées en place sont, dans la partie cylindrique, séparées de la roche, à laquelle tient leur base, par un espace d'un pied environ. Quand on songe que la distance depuis les carrières jusqu'à Sélinonte (14 kil.) a été franchie par des architraves de 6 met. 50 sur 2 met. 27 et 1 met. 62 de grosseur, par des colonnes entières de 15 met. 15 de hauteur, l'esprit reste confondu. » — En général, les monuments antiques de la Sicile participent à l'austérité et à la force de l'architecture dorique.
Castelvetrano* — (en sicil. Casteddu vitranu), 18,700 hab. Ville située, sur une hauteur, au milieu d'une plaine, où l'on récolte un trèsbon vin. — Église San Giovanni :
statue de S* Jean (de 1522), par Antonio Gagini.
Courrier (Carrozza postale) de Calatafimi { V. p. 579) à Castelvetrano (43 kil.), par Sotto Salemi (15 kil.), Sotto S' Ninfa
RUINES DE SELINONTE.
(16 kil.), Sotto Parlanna (6 kil.), Castelvetrano (6 kil.).
Excursion aux ruines de Sélinonte
Un chemin direct va de Castelvetrano à Sélinonte, en descendant vers la mer (environ 12 kil.). On traverse la petite rivière Madiuni. On visite le plus souvent les ruines en se rendant à Sciacca.
Sélinonte (SsAtvov, ache ou persil, apium sylvestre, plante abondante sur le territoire). — Cette ville eut pour rivale Ségeste. Les Carthaginois, appelés par les Ségeslains et commandés par Ânnibal, fils de Giscon, « battirent, dit Diodore, les murailles et les monuments de Sélinonte avec des machines montées sur 6 énormes tours, » et mirent la ville à feu et à sang (409 ans avant Jésus- Christ). Pendant neufs jours les Sélinontais résistèrent avec un opiniâtre courage et firent éprouver de grandes pertes à l'armée de barbares qui les assiégeait. Us se défendirent de rues en rues quand l'ennemi entra par une la ge brèche faite aux murailles. Dans le désastre de la cité, ni l'âge, ni le sexe ne furent épargnés. 16,000 citoyens furent massacres. 5000 femmes seulement furent emmenées en esclavage. Sélinonte se releva; mais les Carthaginois, 150 ans après, la détruisirent de nouveau et transportèrent les habitants à Lilybée (Marsaia). Du temps de Strabon, ce n'était plus qu'un monceau de ruines, et c'est ainsi qu'on la retrouve aujourd'hui sur cette plage déserte et rendue malsaine par l'ensablement du port et l'extension des marais à l'embouchure du Selinus (aujourd'hui Madiuni), rivière développant encore en été des miasmes fiévreux. Diogène Laërce nous apprend que le philosophe Ëmpédocle, à l'aide de canaux faits à ses frais, délivra les habitants d'une épidémie produite par ces miasmes de marais. On suppose qu'une ajdicu le, située entre les deux premiers temples de l'acropole du côté de la mer, était un monument consacré par la reconnaissance des Sélinontais à la mémémoire d'Ëmpédocle. « La plaine de Sélinonte, comme presque tous les grands centres de population antique,, est au-