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DE SCIACCA A GIRGENTI

(63 kil.)

kil.

Sciacca à Monlallesro 52

Montallegro à Siculiana 12

SiculianaauMôledeGirgenti 12

Du Môle à Girgenli 10

De Sciacca à Girgenti. — Longue journée de 62 kil. (12 h. de cheval), pendant laquelle on ne trouve aucun gîte ou l'on puisse convenablement passer la nuit. — Il serait mieux de profiter du passade du bateau à vaj)eur pour aller à Girgenti. Si l'on voulait visiter Girgenti pendant le temps de relâche du bateau, on pourrait, de Sciacca, commander une voiture, en s'adressant à l'administration des bateaux à Girgenti. On la trouverait en débarquant, et on y monterait de suite pour aller visiter les ruines.

Continuant à avancer à une certaine distance du littoral, où se dressent de grands palmiers, on traverse à gué la Caltahellotta, et successivement le Macasoli, le Platani^ dont le passage devient dangereux quand il a été grossi par la pluie, ainsi que plusieurs ruisseaux. Au delà du Platani était la ville antique d'Héraclée IHeraclea Minea), dont il ne reste plus de traces. — Un chemin en zigzag, taillé dans le roc, conduit à :

Montallegro, — 1437 hab., pauvre village, autrefois assis sur un rocher voisin. La population manque du nécessaire et souffre de la mal'aria. Au delà, le sentier est tracé à travers des montagnes gypseuses ; on traverse un pays de sables, de bruyère et d'élangs. Les arbres, les grenadiers, les orangers et les tamaris apparaissent de nouveau autour de :

Siculiana, — 5981 hab., petite ville triste et misérable située sur une colline. « Monte Allegro et Siculiana, dit M. Viollet-le-Duc, ne présentent guère qu'un amas de ruines blanchies

far le vent de la mer et sur lesquelles herbe ne croît même pas. Rien n'égale la tristesse de cette côte sud :

ai

.SIUILE. — ROUTE 08. — GIRGKNTI.

des déserts, des ruines ; pas d'autre végétation que le palmier nain, quelques mimosas dépouillés, des cactus. . .

Quelquefois la trace caillouteuse d'un ruisseau desséché dès le mois de mai . » — Redescendant vers les bords de la mer, on arrive au :

Moîo di Girgenti* — (Porto Empedocle), 2600 hab., situé au pied de rochers blancs. Petit port et entrepôt de blé et de soufre. On y conserve le blé très-longtemps dans des silos ou antiques magasins creusés dans le rocher même. Le trajet de 10 kil. entre Molo et Girgenti se fait en chemin de fer.

On trouve à Girgenti, à louer des mulels pour aller visiter les ruines. ( V. p. 586).

Girgenti * * — (l'antique ville à'Agricjente, 'Axpâ-^a; , Agrigentum) , 17,194 hab.

J)e Girgenti à Palernie, chemin de fer. (F. R. 81.) — Diligence tous les jours pour Calianiselta, et de là à Catane par Castro Giovanni. — Bateaux à vapeur (r. p. 557). — Guide recommandé Michèle Pancuggi, 5 fr. par jour.

Histoire. — Agrigente, colonie de - Gela, fut fondée 582 ans avant J.fC; sa constitution fut d'abord aristocratique, comme toutes celles des villes d'origine dorique; mais bientôt elle tomba sous la domination des tyrans, l'n d'eux, Phalaris, est célèbre par le taureau d'airain sous lequel on allu-

* Il viaggiatore in Girgenti e il cicérone di piazza, da Raff. Politi, antiquaire établi à Girgenti (Palerme, 1842). Texte et atlas. A dui'ats 60. En forme de dialogue d'un bout à l'autre. Pour égayer ses desciiptions archéologiques, l'auteur a représenté le voyageur y traitant son guide de: Signor animale ai cicérone! — Siele una besiia, signor cicérone! etc.. » Dans un moment d'impatience il veutmême joindre les coups aux paroles; et l'honnête guide de s'écrier : « Piano, ecccUenza, non giuochin o piedt, ne alzi le mani!... quantunqun veccliio, non ml fo toccar la barba dai galli... finalmenle fto tirarmi i calxoni...l» A la lin de ce singulier ouvra"[e, l'auteur lui-même a écrit ces mots : «Ite ; comœdia est. »

mait un brasier et dans lequel on enfermait les victimes condamnées à mort. Agrigente adopta ensuite le gouvernement démocratique. Pendant la période de 470 à 405 avant J.-C, cette ville, jouissant de la liberté politique, atteignit le plus haut degré de prospérité, de richesse et de luxe.

Elle fut une des plus opulentes cités du monde antique et, après Syracuse, la première ville de la Sicile. Excitée par une ancienne rivalité» elle entra en lutte avec Syracuse et fut vaincue.

En 409, après sept mois de résistance, elle fut prise et détruite par Himilcon et ses Carthaginois, après que Sélinonte avait succombé elle-même (p.

585). Vers 540, elle fut rétablie par Timoléon, devenu maître de la Sicile.

L'an 202, elle tomba au pouvoir des Romains,qui emmenèrent 25,000 hab. ' en esclavage ; elle subit de terribles vicissitudes pendant les guerres puniques. — En 827, elle tomba au pouvoir des Arabes, qui la possédèrent jusqu'en 1086, où elle fut délivrée par le comte Roger.

Placée sur l'escarpement de la montagne (275 met.), où était l'acropole d'Agrigente, la ville moderne de Girgenti est sale et mal bâtie. Une seule rue, qui la traverse irrégulièrement dans sa longueur, est accessible aux voitures. Les autres rues ne sont que des chemins étroits, mal pavés et boueux. Tout y accuse la misère et la saleté de la population. Les prêtres et les moines en font une partie notable.

Les nombreuses ÉGLISES de Girgenti ne sont intéressantes ni au point de vue archéologique ni au point de vue de Tarchitecture.

Cathédrale. — Au sommet de la colline où est située la ville moderne. Construite au xii" siècle avec les matériaux d'un temple antique. L'architecture gothique en a été altérée par de détestables restaurations. On y voit une Madone, par Guida Reni. — Sarcophage antique servant de baptistère, et dont les bas-reliefs, d'un beau tra-

DE SGIâCCA a GIRGENTI.

vail et bien conservés, représentent l'histoire de Phèdre et d'Hippolyte. — Echo remarquable et curieux.

Au-dessous de l'église S* Maria dei Greci sont les ruines du temple de Jupiter Poli eus, un des plus anciens d'Agrigente.

Ruines d'Agrîgente. — Enrichie

Ïiar le commerce, cette ville populeuse 200,000 hab., selon Diodore) développa dans l'antiquité un luxe excessif.

Elle était assise sur un plateau bordé de pentes abruptes de plusieurs côtés, et qui dominait le pays environnant, le terrain s'élevant graduellement depuis la mer. Son enceinte avait 12 kil. de tour. Deux rivières, l'Acragas et l'Hypsa, fécondaient la plaine autour de la ville. L'emplacement d'Agrigente était plus rapproché de la mer que celui de la ville moderne de Girgenti ; il en était éloigné d'un peu plus de 5 kilomètres. Les ruines de ses temples, éparses dans la campagne, attestent seules aujourd'hui sa splendeur passée. (Un bon chemin relie enseml)le tous les temples.) On descend de Girgenti par un chemin bordé d'oliviers et d'amandiers, et, en une demiheure, on arrive aux ruines les plus proches. 11 faut une grande heure de marche pour revenir du temple des Géants à Girgenti.

En sortant de Girgenti, à l'E., par la Porte del Ponte, reste de construction grossière du moven âge, on voit à g. le couvent de San Vito et un rocher isolé, Rupe Atenea {V. le Plan), le point le

Elus élevé de ce plateau, et où, selon iodore, étaient un temple de Minerve (Athenœum) et un autre de Jupiter Atabyrius*. Il n'en reste plus de ti^aces. — Pour avoir une juste idée des ruines et des lieux les plus intéressants d'Agrigente, il faut s'arrêter sur la hauteur jadis consacrée à Minerve. De

* Nom sous lequel il était adoré sur le mont Alab^re, de l'île de Rhodes. Les habitants de Gela, d'ori}(ine rhodienne, auront intioduii à Agrigenle le culte de Jupiler Alahyie en souvenir de la njcie pairie.

là l'œil embrasse les mouvements du sol sur lequel s'élevait la ville, les montagnes, les vallées, et l'immense étendue de la mer Libyque.

En descendant de la Rupe Atenea, et se dirigeant vers le S.-E. , on arrive, à l'angle du rocher, à l'église de San Biagio (V. le Plan), s'élevant sur les substructions d'un petit temple à antes (c'est-à-dire dont la façade présentait deux colonnes suppportant le milieu du fronton et deux antes ou

{)ilastres appliqués à la tête des murs atéraux), temple que l'on croit avoir été consacré a Gérés et a Proserpine.

L'entrée du temple était où est placée l'abside de l'église. — Continuant à descendre vers le S. , on voit des restes de miœailles et on arrive aux niines du:

Temple de Juno Lacinia (Lacinienne) ( F. le Plan) . — Aucune tradition historique ne confirme ce nom. Ce temple nexastyle-périptère ( V. p. 584), placé sur un rocher élevé d'où la vue s'étend sur les ruines d'Agrigente, sur la ville de Girgenti et la mer, était d'ordre dorique, comme tous les temples de cette époque ; entouré d'un portique de 54> colonnes cannelées, 6 sur chaque face. Une rangée de ces colonnes subsiste encore ; plusieurs furent renversées par un tremblement de terre au siècle dernier. Quelques colonnes de l'autre côté sont encore debout, mais tronquées ; elles reposaient, sans base, sur un soubassement de 6 marches. Le tout était recouvert d'un stuc colorié. 16 colonnes seulement ont conservé leurs chapiteaux. — Dans le rocher, sur lequel est le temple de Junon, on avait creusé des tombeaux et des chambres destinées à la sépulture. Les paysans y serrent aujourd'hui lem's récoltes. — Enti*e ce temple et le suivant, on remarquera des restes de mmrailles taillées dans le rocher. A quelque distance à rO. du temple de Junon, s'élève sur une cminence, au bord du précipice, un autre temple dorique, qui

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