SICILE. — ROUTE 71. — GROTTES DE PANTALICA
droit dit del Santicello, vis-à-vis de la tour Pinnita : les paysans le désignent sous le nom d'i bantoni. On y voit sur la base de la colline un grand nombre de niches, disposées sur deux rangs et dans lesquelles sont diverses figui*es, les unes de grandeur naturelle, les autres très-petites, sculptées en haut-relief. Quelques figures debout ou assises, plus ou moins mutilées ou ruinées par la décomposition de la pierre, sont des images de divinités, exécutées dans un style archaï- Sue, et qui a quelque chose de la roieur de Tart égyptien.
Excursion aux ^^rottes sépulcrales de Pantalica.
De Palazzolo, une route pénible et aride dans la plus grande partie du trajet, le long de la vallée au-dessus de Cassaro (9 kil.) et de Ferla, conduit, au N., à :
Pantalica, — où Ton voit les restes d'excavations dans le rocher, d'où l'on a conclu un peu légèrement, à l'existence d'une cité troglodyte, comme celle d'Ispica (p. 596).
Pantalica est le nom donné dans les premiers siècles du christianisme à l'antique cité (ÏErbessus, dont il est déjà t'ait mention plus de quatre siècles avant J.-C. Elle est située sur un îlot, « masse rocheuse de 6 kil. de tour, isolée de tous les côtés du sol volcanico-calcaire qui la fbmine et qui est une des curiosités de la Sicile. » Les rochers verticaux qui l'entourent sorit percés de CToltes sépulcrales, taillées de main d homme, pour la plupart inabordables, et auxquelles on n'a pu parvenir qu'au moyen de cordes suspendues au haut de In montagne. Les parois dont ces excavations occupent toute la hauteur, ont de loin l'aspect d'alvéoles d'abeilles, timt les cavités sont rapprochées; les filtraiions y ont formé des stalactites.
On s'accorde généralement aujourd'hui à considérer ces excavations comme des chambres sépulcrales. Les plus nombreuses sont dans une gorge étroite et très-pittoresque à l'E. de la ville. La plus remarquable de ces excavations est appe-
lée la grotla délia Maraviglia^ vaste caverne d'origine naturelle sans doute, et qui a été distribuée en plusicui's chambres pour servir de lieu de sépulture.
— Cette sorte de monument a conservé un caractère mystérieux comme les monuments cyclopéens de l'Italie et de la Grèce, les dolmens de la Gaule, les nuraghe de la Snrdaigne, les talayots des îles Baléares... Les sarcophages creusés dans ces rochers, sont, sinon exclusivement propres à la Sicile, au moins beaucoup plus communs d&ns cette île que dans les autres pays où on les rencontre. Ils abondent surtout dans la portion de la Sicile qui regarde la côte africaine. En suivant le rivage de la mer, ils commencent vers Girgenli et ne dépassent guère Syracuse. Dans ces deux villes, ils s'enfoncent sous la terre et deviennent catacombes — Ces cavernes, si fréquemment creusées dans des situations inaccessibles, sont considérées par plusieurs écrivains comme des habitations de populations menacées et qui y trouvaient un sûr refuge. Les diverses localités où l'on en signale la présence sont : Girgenti, Caltaniselta, Castrogiovanni, lac de Pergusa, Caltagirone, Yizzini (Orchora, près de Buccheri), Stafenda, prè^ de Spaccalorno; Ispica, près d'Avola, dans le val di Note. Entre Monte Aperto et le Mont Sura, sur la route de Girgenti, la cava del Pampenati présente un défilé circulaire avec deux rangs d'ouvertures ou fenêtres bien alignées et surmontées d'une corniche.
La ville de Sortino, altit. 526 met., est située à quelque distance auN.-E.
de Pantalica. Elle n'offre aucun intérêt. — On peut s'y rendre de Syracuse (27 kil., dont 13 carrossaljles) parla vallée qu'arrose l'Anapo, au pied de la chaîne de VHybla (renommée pour son miel) à travers un paysage des plus pittoresques.
Entre Palazzolo et Floridia — il y a une route carrossable.
Floridia — (en sicil. Xiuriddia) 8372 hab. Au milieu d'une plaine fertile et cultivée. — On aperçoit à l'horizon, au bord de la mer Ionienne, la vieille ville de %?'acî«e ( K. R. 72).