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DE SYRACUSE A CATANE

87 kil. — Chemin de fer. — 2 trains par joHr. — Trajet en 3 h., 3 h. 50. — Prix: Ofr. 85, 7fr. 9a, 4fr.9o.

Priolo 17

Augusla aO

Brucoli 57

Agnone 49

Lcnlini 58

Valsavoîa 61

Passe Marlino 71

Bicocca 79

Catane 87

Il y a aussi des communications par bateau à vapeur, 3 fois par semaine, ïraj. en 3 h. ou 4 h.

Entre Syracuse et Âugusta on peut apercevoir, se dessinant sur la mer, la presqu'ile de Magnesi, rattachée à la oicile par un isthme très-étroit. A la pointe est une madrague (tonnara) des plus importantes de la Sicile. C'est là qu'élait Thapsus, dont parlent Virgile et Ovide. — Priolo n'est qu'un misérable hameau de 500 âmes. — Après Priolo on passe sous un tunnel (une minute environ) dans une plaine cultivée. — A quelque distance, ruines d'Hybla Megara, détruite par Gélon et ensuite par Marcellus. Les collines voisines sont celles de VHybla^ autrefois renommée par son miel. — On laisse à g. sur les hauteurs (279 mèt.| le village de Mellili (4000 hub. ) où 1 on cultivait autrefois la canne à

Au-dessus de Mellili s'étend une vallée appelée Gozzo degli Martiri, terminée par des terrasses de rochers calcaires a gradins superposés dont les courbures présentent une analogie singulière avec un amphithéâtre romain. (On en voit un dessin dans le Manuel de géologie de Lyell, trad. par Uugard, t. !•', p. 123.) Ces terrasses de dénudation ont été formées par l'action de la mer, qui à une certaine époque géologique occupait le pied de ces falaises. Au S. de l'île, près de Spaccaforno, Scicli et Modica, des rochers abrupts de calcaire blanc, d'une hauteur de 150 i>ièt., ont été façonnés de la même manière.

On a une vue magniûque sur la mer, avant d'arriver à :

Z^\ii\\. Augusta' ( Agosta), 10,500 hab.; ville assise au bord de la mer, sur un rocher à l'extrémité du golfe (sinus Megarensis). Elle fut fondée, dit-on, par Auguste. Ce port est célèbre par la victoire navale remportée par Duquesne sur

SICILE. — RODTB 73. — CATANE.

Riiytcr, qui y fut blessé, mourut peu après de ses blessures et est enterré à Syracuse. — 550 Français, revenant de l'expédition d'Éjîypte et poussés par la tempéle, y lurent massacrés en 1800. — li'Ëtna présente aux regards une pyramide immense et régulière. Les rochers of- Irent une disposition en couches alternatives de lave et de calcaire coquillier.

Après Augusta, le chemin, traversant deux petits tunnels, passe sur une colline, d*où la vue domine le golfe de Catane.

Le chemin de fer laisse de côté la ville de Garlentini, près el au sud de Lentini :

Carlentini — 4689 hab. Petite ville fondée par Charles V, et détruite par le tremblement de terre de 1693.

Elle domine une plaine malsaine, et jouit d'une vue des plus étendues.

Lentini'' — 9500 hab., à 1 h. de la station. Très-antique ville de Léontium (Leontini), décrite par Pohbe.

Il ne reste aucune trace d'antiquités.

Elle est située sur des escarpements, dans une situation pittoresque « qui rappelle la ville de Fribourg en Suisse. » Les grottes sépulcrales abondent dans le voisinage ; elles servirent dans Torigine de demeures aux premiers habitants, géants désignés par les écrivains antiques sous le nom de Cyclopes ou Lestrigons. Cicéron (in Verremy II, 66) en parle comme d'une ville misérable ( misera civitate atque inani) . Klle a été souvent ravagée par les tremblements de terre et presque détruite par celui de 1693. Le voisinage de marécages et du Bevierc y donne à Tair une insalubrité qui met obstacle au développement de la population. — Il y a environ 2 kil. de la ville au :

Beviere di Lentini, — le plus grand lac de la Sicile (env. 30 kil. de tour). Il est poissonneux et sert d,e retraite à une quantité considérable d'oiseaux aquatiques. Ses eaux diminuent en été et découvrent sur les bords une vase exhalant des vapeurs qui causent des fièvres pernicieuses. I

On passe sur un bac la Giareiia (Simaethus), une des plus grandes rivières de la Sicile, où l'on recueille de l'ambre jaune.

Près de Valsavoia commence la plaine de Catane, la plus fertile de la Sicile, mais à laquelle le manque d'arbres donne un aspect monotome.

— En avançant, on distingue les nombreux cratères ouverts sur les flancs de l'Etna, et l'on aperçoit Catane, que dominent de grandes coupoles, audessus desquelles s'élève celle du couvent des Bénédictins.

On passe par un long tunnel avant d'entrer à :

Catane* — (Catania, nom provenant du grec : Calaitna, au-dessous de l'Etna), chef-lieu de la province. — 83,000 hab. (au 1" janvier 1857, la population était de 6î2,673 hab.). — La gare est à l'extrémité IN.-E. de la ville. V. le Plan de Catane (joint ù celui de Messine, R. 1q).

Histoire. — La fondation de Catane par une des plus anciennes cdlorûes grecques, remonte au vii*> s. av. l'ère chrétienne. Le législateur Charondas (qui avait rendu par sos lois l'instruction de la jeunesse obligatoire) y naquit au v* ou vi« s. av. J. G.; et vers la même époque y mourut le célèbre poète Stésichore. Hiéron I*' s'en empara (474) et transporta une partie des habitants à Léontium (Lentini). Les troupes athéniennes s'y établirent, lorsqu'elles vinrent attaquer Syracuse. Denys s'en empara en 403. Quelques années plus tard (346), Catane tomba au pouvoir des Carthaginois. Elle fut délivrée par Timolcon et jouit de son indépendance jusquà ce que les Romains s'en emparassent. Sous la domination romaine, elle devint une des plus florissantes cités delà Sicile. Ravagée par les tremblements de terre et par les esclaves révoltés, elle obtint du sénat romain d'être exemptée d'impôts pendant dix ans.

Verres y exerça ses rapmcs. Son histoire n'offre rien de particulier pendant le moyen âge. Elle lut pillée par les Sarrasins ; puis elle passa au pouvoir des Nor^ mands. Richard partant pour la Palestine, vint y visiter le tombeau de S^ Agathe, martyrisée à Catane. Au xiv* s., les

princes ara^onais y séjournèrent fréquemment. Alphonse I*"" y fonda une université nu milieu du xv° siècle.

Cutané a du rapport avec Portici, situé comme elle au pied d'un volcan; toutes deux au bord de la nier, construites sur plusieurs lits de Invc et menacées de la même cause de destruction. Un tremblement de terre, en 1169, bouleversa la ville et engloutit 15,000 hab. £n 1545, Gatane soulfrit d'un tremblement de terre. En 1609, elle lut en partie envahie par les laves de l'Etna. (Pour les détails, y. l'Etna., p. 615.) Ce qui avait été épargné fut renversé par le tremblement de terre de 1 693 ; 1 6,000 personnes périrent. Plusieurs moisons tombèrent encore en 1828. Les cdiûces pubiics et les maisons refaites n'ont pas eu le temps de vieillir. En 1857, Catane fut ravagée par le choléra, qui devint l'occasion d'une émeute et d'une révolution politique bientôt comprimée ; l'épidémie enleva plus de 7000 individus.

Un cours d'eau, VAmenano, venant de l'Etna, passe sous la ville dans des conduits de lave et va se jeter dans la mer. C'est un cours d'eau intermittent. En 1554 il disparut entièrement. De même en 1627 ; et ce fut seulement douze années après qu'il revint à la surface du sol.

Ruée. — La ville est traversée, du N. au S., dans toute sa longueur, par la strada Etnea, ainsi nommée parce qu'elle a pour perspective le cône de 1 Etna ; elle a 2800 met. de longueur. Elle se continue (àpariir de la place Stesicorea) par la strada Stesicorea, la rue la plus large de la ville ; et elle aboutit à la place degli Studj, puis h la place du Dôme dans le voisinage du port. Les principales rues transversales sont, en s'avançant du S. au N. : IMa slrada Ferdinanda (aujourd'hui Garibaldi), allant seulement de la place du Dôme à la place Ferdinanda et aboutissant à la porte del Fortino, entrée de la ville du côté de Palerme et de Syracuse; — 2" la strada del Corso (strada Corso Emanuele), la plus longue rue transversale de Catane (2300 met.), coupant la place du Dôme et aboutissant

à TË., h la place dite lai^o délia Statua ; — 3** la slrada Lincoln (auparavant: de' Quattro Cantoni), à peu près parallèle au Corso, et coupant In rue Stesicorea. — Une rue dite délia Vittoria, rue formant un demi-cercle, contourne la partie 0. de la ville.

Elle part du voisinage du port. Elle prend le nom de strada del Galazzo, et coupe la rue Garibaldi et le Corso, puis celui de strada délia Botte delP Acqua, et elle passe sur le courant de lave de 1689.

Places. — Piazza del Duomo.

C'est là que s'élèvent la cathédrale et le palais du sénat : les principales rues de la ville en partent. Au milieu s'élève la fontaine de l'Eléphant (p.

610). — Piazza degli Studj , dans la rue Stesicorea ; bordée h l'O. par l'Université et à TE. par le palais du Marquis de Sangiuliano. — Piazza Stesicorea (ou di Porta d'Aci, dans la même rue) ; à son extrémité 0. est l'amphithéâtre; au N. l'hôpital; à l'E. , le palais Villahermosa. — Piazza del Borgo, au milieu delà rue Etnea.

— Piazza délia Statua à (rextrémilé 0. du Corso), esplanade dominant la mer et au milieu de laquelle se dresse une colonne antique surmontée de la statue de S'° Agathe, patronne de Catane. — Piazza del Carminé (à quelque distance à l'E. de la place Stesicorea). On y a transporté la fontaine ornée de chevaux marins qui était auparavant place Stesicorea.

Jardins. — Villa MaHna. Charmant jardin sur la place du Port. L'imenano, après avoir passé sous Catane, ressort pour embellir le jardin de ses eaux claires, partagées en deux bras. Le chemin de fer traverse cette promenade. — Autre jardin ou square, appelé la Flora, à la place Stesicorea, en face de l'église S**- Agathe. — Villa Bellini, jardin plus étendu. C'est le jardin public ou labyrinthe, h est situé au N. de la rue Stesicorea, à Fendroit où elle se bifurque pour fbrtner la rue Etnea et

la rue Vecchia dèl Borgo. On y jouit d'une \ue magnifique sur l'Etna et sur toute la ville de Catane. — Le jardin hotaniqtie, appartenant à l'Université, est situé au N. du jardin public, sur le côté 0. delà rue Etnea. On y remarque de magnifiques bananiers et des bassins où croît le papyrus. Ce jardin a été considérablement agrandi aux dépens des jardins voisins- de San Salvadore, appartenant naguère aux moines bénédictins.

Catane est une ville régulière et bien bâtie. Quoique plus petite que Messine et Palerme, elle est considérée par plusieurs comme la plus belle ville de la Sicile. Elle deviendra le centre de tous les chemins de fer siciliens. Malheureusement son port est petit et peu profond ; il fut rétréci par le courant de lave de 1669. Les Catanais disent : Se Calania avesse porto, Palermo saria inorlo. En 15 min. de marche, à partir du Môle, ou atteint le phare situé sur un promontoire de lave. On a de là une trèsbelle vue de Calane, des coUines couvertes d'oliviers, et de l'Etna fumant. On distin^e parfaitement tous les détails du rivage depuis les iles des Cyclopes jusqu'au cap de Santa Groce.

— La ville s'étend sans cesse dans la direction du S. ; des rues sont déjà tracées sur le grand courant de lave.

Catane compte 105 églises. Les couvents y sont très-nombreux. «Toutes les branches cadettes des familles nobles vont s'y éteindr'e. » — Elle a une université qui compte environ 500 élèves. — On y fabrique des étoffes de soie estimées, une multitude de petits objets en ambre jaune. 11 faut se dé ûer d'une imitation faite avec de la gomme colorée ; celle-ci se fond dans Teau bouillante. — La neige de l'Etna, dont Catane approvisionne Malte et même l'Italie, est pour elle une source de revenus. Exportation de cuirs, de laine, de blé, de vin, de soufre, etc..

(F. Âmici et Slradella, Catania illustra'

ITALIE DU SUD

ta) (Catane, 1741-46), 4 vol. in-fol. — L'ouvrage du duc de Serra di Falco. — Ferrara, Storia di Caianin can descrizione degli monumenii antichi 1^29). — Descrizione di Catania e délie cose notevoli nei dintorni di essa (2* édil. Calania, 1847), 2 vol. iii-18.

Antiquités. — Catane, chose singulière ! malgré les fréquents ravages qu'y ont exercés les tremblements de terre et les éruptions de l'Etna, conserve un nombre assez considérable de ruines romaines. Elle honore la mémoire du prince de Biscari, à qui elle doit l'exhumation de quelquesunes de ses ruines.

Amphithéâtre. — On en retrouve les vestiges à l'extrémité de la place Stesicorea. Cet édifice, un des plus grands élevés par l'antiquité, était inférieur cependant à l'amphithéâtre de Capoue. Il est en partie recouvert par la lave et enseveli sous les constructions de la ville. D'après les fragments qui en restent on a pu calculer que le grand axe avait extérieurement environ 125 met. de longueur ; il pouvait contenir près de 16,000 spectateurs. 11 fut construit par la colonie envoyée par Auguste. Cet édifice, de dimensions colossales, était en ruines à la fin du v* s,; il fut abandonné et servit de carrière, sous Théodoric, pour réparer les murailles, et sous le comte Roger, pour la construction de la cathédrale.

En 1 558 on combla de terre l'intérieur et on le nivela pour l'exercice de la cavalerie. Lors du tremblement de terre de 1695, les ruines achevèrent d'être ensevelies. — Au S. de l'amphithéâtre est le :

Théâtre, — construit surle penchanl d'une colline, au milieu de la ville (strada del Teatrogreco, n* 21).

11 parait avoir été de construction romaine. Tout l'intérieur était revêtu de marbre blanc. Le comte Roger le dépouilla de ses colonnes et de ses bas-reliefs pour en orner la cathédrale. Il est aux trois quarts recouvert par des maisons modernes. — Il communiquait à rO. avec le petit théâtre

SICILE

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