ROUTE 73. — DE SYRACUSE A CATANE
OU Odéon, aujourd'hui presque entièrement couvert d'habitations. « C'est dans un théâtre de Catane que le général athénien Alcibiade eut l'art d'occuper le peuple par ses discours, tandis que l'armée ennemie entrait dans la ville par une porte faiblement défendue. » Le duc de Serra di Falco ne croit pas que l'amphithéâtre, le théâtre et l'Odéon soient de construction grecque.
Bains. — U y en a des restes assez nombreux, entre autres près de l'église S* Antoine ; au couvent des Carmes; à S'*-Marie de la Rotonde...
Sous la cathédrale, il y en a de trèsétendus et où l'on retrouve des basreliefs antiques en stuc intéressants, représentant des bacchanales.
Tombeaux, — de l'époque romaine, sur plusieurs points autour delà ville : Columbarium, bien conservé et décoré d'ornements en stuc, dans l'église Santa Maria délia Mecca. — Il reste des vestiges du cirque, de la naumachie, d'un aqueduc, etc.
Eglieei. — Cathédrale, — dans le voisinage du port (F. place du Dôme).
Fondée en 1091 par le comte Roger, elle fut détruite par un tremblement de terre en 1169. Elle fut dédiée après le tremblement de terre de 1695 à S** Agathe, a Cette vierge, née en Sicile au m" s., martyrisée par Tordre d'un préteur romain, qui lui fit arracher les seins et la fit brûler, reçoit à Catane, qui Ta prise pour patronne, les mêmes respects que S* Janvier à Naples et S*^ Rosalie à Palerme. • Son sépulcre est au couvent des dominicains de Sainte- Marie. Sa fête se célèbre le 19 août et du 5 au 10 février : cette dernière est la plus belle. — La façade est de 1757. Le portail est de mauvais g:oût. Les six colonnes de granit proviennent du théâtre antique. Le plan est à croix latine. La coupole date de 1802. Son architecture est plus sobre d'ornementation que celle ^de la majorité des églises sicilennes. La porte latérale du N., qui est de 1577, est ornée de bas-
reliefs en marbre de Néréides, de Centaures et d'une frise enlevée aa théâtre antique. — Fresques de k voûte et des murs du chœur par Corradino (1628). Derrière le maîtreautel stalles en bois sculpté, de 1593. — On V voit les tombeaux de Fréd^* rie n, d^' Aragon (f 1337) ; de Frédéric m, etc.. —Chapelle de 8*-
■Agathe, dans l'abside de dr., avec basreliefs et buste de la sainte. Dans une petite chambre creusée dans le mur on conserve, dans une cassette à lames d'argent, une mamelle de sainte A^ the. On voit à la sacristie une mauvaise
feinture à fresque par Mignenû de éruption de 1669, mais curieuse comme renseignement. Arabesques des chapelles des transsepts, attribuées à Gagini.
En sortant de la cathédrale par la grande porte, on trouve à g. un escalier voûté, par lequel on descend aux Bains antiques, sur lesquels Fégliae a été constriiile.
La place dont la cathédrale borne un des côtés, a une fontaine de marbre surmontée d'un éléphant de lave, portant sur son dos un obélisque en granit de Syène. Ce monument fut élevé (1 736) en l'honneur de Charles de Bourbon, roi des Deux-Siciles.
Santa Maria di Gesù — (au N.-O., hors de la ville). Groupe de la Vierge et l'enfant, par Gaginiy âgé de vingt ans. On renàarquera à dr. une petite madone, peinte, portant l'inscription :
« Antonellus Messenius de Saliba hoc fecit opus die 2 Julii 1-497. » — Dans le jardin du coûtent, deux tombeaux antiques.
Santo Carcere — (près et à TO.
de l'Amphithéâtre). La porte d'entrée est intéressante, et dans un état de conservation d'autant plus étonnant qu'elle a été plusieurs fois déplacée et a servi à plusieurs monuments. Elle est un mélange de style grec et de style normand, et elle fait connaître le caractère de l'architecture en Sicile au XI* s. On y toit un réduit qui, se-
SitiLE. — ROUTE 75. — CATANE.
Ion la tradition, aurait été la prison (cnrcere) de 8*' Agathe.
Santa CnrARA — (rue Garibaldi, 43), coupole elliptique peinte par Olivia Sozzi,
GESuiTt — (strada de' Crociferi), fresque de Sozzi,
Saîîta Maru DEL* Ajuto. — Oïl j voit une représentation de la Santa Casa de la Vierge, à Lorette.
GONVENTO DI S. BeNEDETTO. — Eî-
courent des bénédictins Cassinienâ de San Nicolà d'Arena (largo San Nicolà, 32). Ce vaste et magnifique édifice, reconstruit après le tremblement de terre de 1693, ressemble plutôt à un palais qu'aune retraite de moines.
C'est une des plus vastes constructions monasti ques qui soient en Europe . (L'entrée du couvent est au S. de l'entrée de Téglise. Il faut passer d'abord par un corps de garde, les bâtiments qui servaient d'écurie et de magasins aux moines ayant été transformés en caserne. ) — Les moines devaient, dans le principe, vivre aux confins des lieux habitables de l'Etna. Leur couvent, bâti en 1359, à S. Nicolà d'Arena près de Nicolosî, fut délaissé par eux, en 1578, pour leur beau monastère construit à Catane. L'ancien couvent de San Nicolà devint un redoutable repaire de bandits. — L'église, 1 une des plus grandes de la Sicile, a I une riche décoration en marbre, etc. . . et des peintures médiocres de Tofanelli, Cavalluccio ei Lapiccola, etc..
On remarquera à dr. un tableau de Camuccim, représentant S* Grégoire donnant des lettres à S* Augustin partant pour prêcher en Angleterre.
L'église possède un orgfMg célèbre, exécuté à la fin du siècle dernier par un prêtre calabrais, nommé Donato del Piano y ne connaissant pas, dit-on, la mécanique, mais guidé par son génie, et qui consacra 12 ans a ce travail. — La méridienne ti*acée, en 1841, par les astronomes baron de AValtershausen et Pelers, s'étend à travers la nef d'un transsept à l'autre. Des
deux côtés sont inscrits les faits astronomiques et météorologiqlies les plus importants ayant rapport à Catane. On y lit que la température moyenne de Catane est de IS'^ïl. La hauteur de l'Etna, mesurée par les mêmes savants est de 3503 met. 8.
La Coupole de cette église est la plus élevée de Catane. — Sacristie : Tobie et l'ange, attribué au Morrealese. — Les Cloîtres sont splendides. Un jardin curieux est élevé à la hauteur du deuxième étage, sur la lave qui avait envahi le premier jardin. Très-belle vue sur rETtna et les Monti Rossi. — Un Musée, fbndé par deux moines de l'ordre, avait été ouvert en 1758 ; il est composé de 5 salles: 1", collection de vases en terre cuite ; 2*, objets d'histoire naturelle (les coquilles, les minéraux sont particulièrement intéressants). — Une Déposition de croix, pat P6lyaore de Caravage; 5', objets et curiosités du moyen âge ; 4*, armes, bronze (l'aigle d'une légion romaine), poids, mesuras, miroirs, etc.. 5*, inscriptions gréco-latines et latino-siciliennes.— Bibliothèque de 20,000 volumes. Plusieurs manuscrits curieux, contenant des peintures sur vélin. — Les femmes n'étaient pas admises.
Bionun;ients civils. — Palazzo Se- NATORio {pubblico ou comunale)j — (place du Dôme). Quelques peintures.
Un S* Christophe est attribué au Morrealese.
Università degli Studj — (rue Stesicorea; place degli Studj), fondée par Alphonse d'Aragon, en 1444. — Bibliothèque, au !•' étage (ouverte dans la matinée), 33,000 volumes, il faut y «jouter les 14,000 voL de la Biblio- TECA Ventimigliana, qui se trouvent dans les salles voisines. — Dans ce même édifice, au 2' étage, sont distribuées, dans six salles, les collections d'histoire naturelle , formées par le cavalière Gioeni, et désignées sous le nom de ;
Gabinetto Gioenio. — (Pour le visiter, il faut s'adresser dans le palais de