EK FAISANT LE TOUR DE L'BTNA PAR ADERNÔ ST RAKDAZZO
kil.
pc Qatane é MUlerbianco 6
De Misterbiauco ù i'alcrnô 12
De Paternô 5 Licodia 5
De Licodia à Biaucavilla 5
De Biancavilla à Âdernô 13
D'Adernô à Bronte . . i 16
De Bronte à Randazzo 18
Pe Aandazzo à Liuguagros8a 19
De LiDRuagrossa à Pieiiimonte .... 6
De Piedimonle à Giardini 12
11 y a des voitures publiques allant à Paieraô, Adernô à des prix modiques.
Juscju'à Adernà (41 kil. de Catane) on 8Uit la grande route de poste de Catane à Païenne. On sort de Catane par la porte Fortino. On passe à l'extrémité de la grande coulée de lave descendue des monts Rossi en 1669, En certains endroits elle disparait sous les figuiers de Barbarie. On monte pendant plusieurs kil. en contournant des bancs de lave. Les pentes sont recouvertes d'oliviers. On a une belle vue de l'Etna, des monts Rossi. — Au-dessous de Mislerbianco s'étendent les terres argileuses .qui produisent l'excellent vin (Irès-capiieux) connu sous le nom de Terre Forti,
Misierbianco — (altit. 272 met.), 5356 hab. Son nom pjrovient d'un mùna$terio bianco, qui fut détruit par l'éruption de 1669. Cette ville est située sut* uû ancien courant de lave couvert de cultures. Très-belle vue de VEina.
lia route s'élève au col du monte Tirriti. Vue de plus en plus belle. A
g., sur un promontoire de lave, village de :
Motla Santa Anastasia, — 2400 hab., dominé par le donj<m carré où fut enfermé, au xv* siècle, Cabrera, comte de Modica, noble espagnol, qui aspirait à la couronne de Sicile. — Le vin de Motta passe pour être le meilleur de la contrée.
On descend en traversant d'anciens champs de lave et un pays riche en vignes, en oliviers. On laisse à g. les ruines de Belpasso vecchio, détruit par l'éruption de 1669. Reconstruit sous le nom de Malpasso, il fut abandonné à cause de la mal'aria. La ville actuelle, située à 3 kil. 5 au N., a 7400 hab. On l'aperçoit au milieu des oli- \ viers, non loin des cratères Monti Rossi et Monpilieri.
Paterne* — (23 kil. de Catane), altit. 180 met., 15,537 hab. situé sur le revers septentrional d'une colline escarpée, que domine le vieux château de construction normande. Suivant Cluvier, cette ville serait sur l'emplacement de l'Hybla major, de Pausanias et do Thucydide. Sur la place, fontaine de marbre. Cette ville est exposée aux influences do la mal'aria en été et en automne. Exploitation de plâtre et d'albâtre dans les environs ne Paterne. Une compagnie d'actionnaires a fait construire un grand canal d'irrigation, dont la prise d'eau est à quelques kil. en amont de Paternô.
Grâce à ce canal, on pourra irriguer convenablement la plaine de Catane et lui faire produire en abondance du riz, du coton, etc.
A 10 minutes à PO. de Paternô.
au-dessous de la route, un ruisseau d'excellente eau fraîche jaillit à la base du rocher de lave. Un peu plus loin sont deux sources d'eau ferrugineuse. — Non loin de Paternô, sur les bords du Simeto, se trouvent des Salinelle^ petits volcans de boue, semblables aux Maccalube de Girgonti.
Au delà de Paternô, la route ^avit les pentes du plateau de lave qui con-
ROUTE 74. — DE CATâNE A TAORHINE ET GIARDINI.
stitue le premier soubassement de l'Etna. Belle vue sur la vallée du Simeto qui commence à se rétrécir. Les montagnes calcaires de la rive opposée sont toutes hérissées de pointes.
Sur Tune de ces montagnes se montre Centorbi.
Après Santa Maria di Licodia, — 2200 hab., on traverse plusieurs champs de lave d'un aspect désolé.
On ne voit partout que grottes, blocs isolés, pitons de lave. En 1860-61 les assassinats et les vols à main armée étaient fort nombreux dans cette partie de la route.
Biancavilla, — 9,500 hab. Des colons grecs de l'Empire s'y réfugièrent en 1480. Ville assez bien bâtie. Le pays s'est récemment enrichi par la production du coton, proclamé le meilleur de la Sicile. — On continue à longer le plateau de lave.
▲dernè * — 13,000 hab. sur l'emplacement de la ville antique d'Hadranum, fondée par Denys de Syracuse, où était un temple gardé, suivant Elien, par mille chiens. L'énorme couvent, qui est à l'entrée de la ville, est celui des bénédictines de Santa Lucia, propriétaires d'une grande partie des terres environnantes. — En quittant le plateau de riche culture où est situé Aderno, on entre dans une région dévastée par des laves de tous les âges. La route continue de suivre le nord du ^rand plateau de lave qui s'étend au pied de l'Etna. Les pentes qui descendent vers le Simeto, couvertes de vignes et de vergers, sont d'une admirable fertilité. A dr. se dresse le monte Minardo, de forme conique ; des bois de pins le couvrent en partie.
Les voyageurs qui ne redoutent pas la fatigue feront bien de se rendre d'Adernô à Bronte par le ponte de' Rani et le Salto del Pecoraro. Un guide est indispensable à cause de la difûculté qu'offrent les chemins tracés à travers les cheires de lave. On pourrait s'égarer facilement au milieu ae toutes ces coulées
de lave qui cacheut rborizon. — Enl h. 30 min. on atteint le pittoresque pool de' Bani, qui fut probablement constniil par les Arabes. Ce pont, dont les parapets sont détruits par les inondations, se oodh pose de 3 arches, dont l'une, oçinle, franchit d'un bloc à un autre le Sim^, sur la rive g, duquel les énormes «»lées de lave dressent leurs escarpements.
A une centaine de met. au N. du pont de' Bani bondit la cascade dite : Salto del Pecoraro, ainsi nommée à cause du saut qu'aurait fait un berger d'un bord à l'autre. Le fait est que tout homme d'une agilité moyenne pourrait en cet endroit sauter par-dessus le torrent, si le rocher de la rive dr. n'était si incliné et rendu glissant par l'humidité de la cascade. < Une coulée de lave ayant, il y * environ deux siècles, obstrué le lit du torrent, et formé du côté opposé de la vallée une masse solide, le Simeto, dit Lyell, a, depuis cette époque, creusé dans la masse compacte homogène d'une lave bleuâtre et dure un passage de cinquante à plusieurs centaines de pieds de large, et en quelques parties de 12 à 15 met. de profondeur. » Ici le lit du torrent à l'étiage est une tranchée de quelques met. de largeur et de 5 à 6 met. de profondeur.
Du Salto del Pecoraro on remonte vers le plateau (en contournant toutes les cheires successivement descendues des flancs de l'Etna, et dont l'amoncelleinent forme un saisissant spectacle. La Yégctation s'est emparée de ces laves en proportion de leur âge; même sur la cheire de 1843*, dont les coulées toutes noires et hérissées de pointes sont effrayantes à contempler, on remarque déjà Quelques plantes, des euphorbes, une espèce d'oseille, etc..
De la route, la vue de l'Etna est masquée par les coulées de lave; mais à g. on jouit d'une belle vue sur une grande
^ Lors de cette éruption de 1845, un courant de matière fondue descendait vei^ Bronte. Tout à coup on vit l'extréniité de la coulée se gonfler en forme d'ampoule, puis éclater en projetant dans tous les sens de» nuages de vapîeur et des fus»ées de pierres incandescentes. Plus de soixante personnes furent tuées.Ce désastre était occasionné par l'imprévoyance d'un cultivateur gui n'avait pas vidé la citerne de sa propriété. L'eau transformée soudain en vapeur, avait éclaté avec la force explosive de la poudre h canon.
SICILE. — ROUTE 74. — TOUR DE l'eTKA.
f^aine OÙ coule le Simeto et où les plus riches cultures alternent avec les lits de lave noire. Pendant 1 kil. environ» cette vue est interrompue par le Monte Rosso, cône d*éruption qui se dresse à FO. de la route. — Tout a coup, à un détour, on voit à ses pieds la ville de Bronte, s'élevant en amphithéâtre sur les pentes d'un ancien banc de lave que domine, au N., comme un long et formidable rempart, une coulée mcâerne. A TE. s'élève la masse de l'Etna.
Bronte* — (ppcvni, tonnerre, nom d*un des cyclopes de Vulcain) (altit.
794 met.), 12.600 hab. Cette ville a été plusieurs fois menacée d'clre engloutie par des courants de lave. — Le vin capiteux de Bronte est renommé. — Le pays est un pays d^ grande propriété. Les bénédictines d'Adernô ont un très-vaste territoire; le domaine du duc de Gatane est séparé du leur par le cours du Simeto. En 1799 Nelson reçut du roi de Naples, avec le titre de duc de Bronte, de vastes domaines, qui appartiennent encore à ses héritiers.
Au sortir de Bronte on monte pour contourner les courants de lave. A quelques kil. « on atteint le col de Rocca Garrana, qui doit avoir la hauteur considérable d'au moins 1190 met. » On traverse ensuite un long plateau assez fertile, d'où on a une vue splendide sur l'Etna et ses contreforts. Le cône principal qui domine le paysage après l'Etna, le Monte di Maletto, est couvert de bois de chênes, ainsi que toutes les pentes voisines.
C'est la partie qui mérite le mieux le nom de regione nemorom. La route décrit une grande courbe sur le plateau pour passer tout près de Maletto, 2600 h., situé à g. en amphithéâtre sur le flanc d'une colline. Les pentes de l'Etna ont un aspect affreux. Les laves ont coulé jusque dans la grande vallée qui sépare le massif de l'Etna de la chaîne Neptuniennc, et ont ainsi arrêté les eaux qui descendaient de cette chaîne. Le lac, qui ne peut manquer d'être comblé tôt ou tard par les
alluvions, ou par les coulées de lave, s'appelle lac Gurrita, — Enfin, en approchant de Bandazzo, on voit reparaître la fertilité. On aperçoit la vallée de la Cantara, et, sur les flancs d'un coteau de lave, la ville si pittoresque de:
Randazzo* — (en sicilien Ranazzu) (altit. 918 met.) 71.56 hab. Suivant Cluvier, la ville occuperait le site de l'antique Tissa, cette petite cité de laborieux cultivateurs qui n'échappèrent pas à la rapacité de Verres.
La ville est encore entourée de ses vieilles murailles, en grande partie démantelées. L'aspect de Randazzo est curieux à cause de sa physionomie de ville du moyen âge. Eglises : San Mar- TiNO : Nativité de la Vierge, attribuée à Anemolo. Clocher remarquable du XIV* s. — Santa Maria. On lit sur une pierre extérieure cette inscription :
Anno d. mgcxxxvui âgtum est hoc opus.
Cette église offre des parties remarquables : l'abside ; le portail méridional encadré par de gracieuses sculptures. On y voit un Christ, par van HoubrackeHy et 6 peintures du Sicilien Velasquez, de Palerme. — Dans l'église San Nicolô est une statue du saint par Vinc. Gaginî. — Dans les maisons particulières on trouve des traces de l'architecture du moyen âge.
De Rnndazzo on peut aller par la montagne à Patti, sur la route de Pjilerme à Messine.
De Randazzo à Giardini, on peut aller : soit par Linguagrossa et Piedimonte, soit par Francavilla.
1« De RandasBO à Glardini
PAR LIÏIGUAGROSSA.
La route de voilure continue de longer la base des épauleinents de l'Etna, à travers les anciennes coulées de lave. De grands bois de chênes et de châtaigniers recouvrent les pentes de la montagne, au-dessous du cône volcanique. On remarque à g., de l'autre côté de la Cantara, le pitto-
O'aa SICILE. — ROUTE 74. — DE CATANE à TAORMINB ET GIARDINI.
resque village de la Recceîla (altit.
995 met.) juché au sommet d'un rocher ; puis Mojo et Mahagna, séparés par un cône d'éruption volcanique, duquel s'est épanché jadis un courant do lave. Ce cône est très-curieux, parce qu'il est situé en dehors du massif do l'Etna et au pied de la chaîne Ncptunienne. — 8ur la rive dr. de la Cantara on aperçoit le village de Castiglione, 500 hab., couronnant de ses tours le sommet d'un rocher.
Linauagrossa* — (altit. 525 met.), 4000 hab. «Une des villes les plus sales delà Sicilet située dans une plaine d'une extrême fertilité, dans laqueUe ne sont descendues dans les temps modernes c[ue d'étroites coulées de lave.
Les habitants sont riches etles propriétés ont une grande valeur. — A Linguagrossa, comme à Randazzo et à Bronte, tous les hommes ont le manteau avec ou sans capuchon, et les femmes ont la capuche de laine blanche et jaunie par l'usage.
Ascension de TEtna depuis Linguagrossa (V.R. 75. p. 615).
La chaîne de montagnes pointues qui s'élève au N. de Linguagrossa et qui en sépare le bassin de la vallée de la Cantara est une chaîne calcaire (jui, en réalité, n'appartient plus au massif de l'Etna, mais bien au groupe des montagnes Neptuniennes, dont elle est séparée par la profonde dépression où coule la Cantara.
A partir de Linguagrossa on quitte la région désolée volcanique, et l'on descend à travers une plaine de riche culture, qui s'étend jusqu'à :
Piedimonte* — (altit. 558 met.), 5000 hab. Ville d'un aspect misérable, mais que l'on dit aisée.
Vers l'E. la chaîne des montagnes s'abaisse et la vue dont on jouit sur la mer devient de plus en plus belle.
A la descente de Piedimonte vers la plaine du littoral on a sous les yeux le eap de Taormine, le théâtre, le |
rocher de Mola, l'anse si gracieosement formée de Giardini, Femboochure de la Cantara, la ville grandissante de Riposte, dont une rue ra rejoindre dans la campagne une autre rue de la ville de Giarre, plus importante encore.
Au pont de la Disgrazia on rejoint la grande route, à quelques milles de Giarrffm. (F. p.624.)
2** De Itandazzo à Olardlol