LIV ORIGINES DE L*ART EN ITALIE
gracieux, le maniéré, le subtil, etc., tout a été tenté; les plus folles nouveautés, les excentricités les plus étranges, ont eu tour à tour leur moment d'engouement et ont fait école. Gomment cet entraînement désordonné de la peinture n'aurait-il pas gagné dans une certaine limite la sculpture elle-même? — Déjà les bas-reliefs, si remarquables d'ailleurs, des portes du Baptistère de Florence, par Ghiberti^ sont, à la couleur près, de véritables tableaux. Les figures y sont dégradées d'épaisseur ; on y voit des lointains, des nuages. La perspective linéaire y est observée avec le plus grand scrupule. Cette recherche donne à la composition un effet trop minutieux. Le Bemin^V Algarde ont poussé à cet égard la prétention jusqu'à l'excès. Dans le basrelief colossal à^AttUa (Rome, Saint-Pierre, p. 199), de ce dernier, les figures du premier plan sont de plein relief; les autres diminuent de saillie dans une profondeur considérable. — Les influences les plus opposées précipitent l'art vers la décadence. Tantôt ce sont les imitateurs à la suite de Michel-Ange, peintres et sculpteurs, qui visent au colossal et font montre de science anatomique. Un siècle plus tard, à la suite du Bernin, c'est le gracieux conventionnel qui est à la mode, et les artistes peignent et sculptent de pratique, contournent les mouvements et les attitudes, recherchent les expressions mignardes, tourmentent et font voltiger les draperies sans motifs. Puis, en dehors des grandes voies, l'art devient subtil et s'essaye aux effets curieux et aux tours de force. C'est à cette déplorable direction qu'appartiennent les statues de Queiroli, de Sammartino et de Corradini. (F. l'église de San Severo de Naples.) Â défaut d'inspiration et de goût, la statuaire aboutit A l'habileté technique, à la dextérité patiente du praticien.
La division de l'Italie en petits États, qui eut pour résultat funeste de l'empêcher de fonder son unité nationale, développa la prospérité des villes, et servit à entretenir la rivalité. Dans le xii" siècle, ces petits États, constitués en républiques, manifestèrent, à travers leurs agitations, un mouvement intellectuel favorable à l'enfantement des grandes choses. Les citoyens, partagés en communautés, par quartiers, par professions, rivalisèrent entre eux, pour l'embellissement de leurs monuments publics. Les princes, qui avaient ramassé la puissance dans les désordres civils, continuèrent le mouvement, a II était de leur politique de faire oublier la liberté au milieu du rayonnement des talents et des intelligences. Héritiers des forces vives que les institutions républicaines avaient fait naître, ils n'eurent qu'à les recueillir, à les pousser à l'œuvre et à s'en parer comme d'un titre de gloire. C'est ce qui fit l'éclat du règne des premiers Médicis à Florence. Ces princes protégèrent les arts et les lettres de tout leur pouvoir et de toutes leurs richesses. » Les princes des autres États et les riches familles imitèrent cet exemple, et ce mouvement se continua pendant le xvi" siècle. C'est ainsi que les papes : Jules II, Léon X, Clément F//, et Paul III, à Rome ; les Médicis, les Strozzi, les Soderini, les Ruccellai, à Flobekce; Ix>uis Sforce^ à Milan; les ducs Guid' Ubaldo et délia Rovere, à Urbin; Alphonse d'Esté et Lucrèce Borgia, à Ferrare; les Gonzague, à Mahtoce,.., se plurent à encourager les arts.
PRINCIPAUX PEINTRES ITALIENS