SICILE. — ROUTE 86. — DE CASTROGIOVAHNI A SYRACUSE
longeant au loin, vont terminer leur triste perspective à TËtna. Bourquelot proteste contre les dédains des voyageurs qui n'y ont vu qu'une eau fétide et répandant des miasmes délétères (augmentés pendant l'été pr le rouissage du chanvre), un vallon bourheux, des roseaux souillés de fange, des grenouilles au lieu de cygnes (marquis d'Ormonde) ; il y a retrouvé ces violettes et ces fleurs parfumées dont parlent tous les écrivains antiques.
Perpetuum ver est. Quo dum Proserpina
[luco Lndit et aut violas aut candida lilia carpit, Dmnque puellaii studio calalhosque si-
[numque Implet et œquales certat superare legendo ; Pêne simul visa est, dilectaque raptaque
[Diti.
(Ovide, Métam., V.)
Ici, du reste, Timagination des voyageurs ne peut pas même se livrer en toute sécurité au charme des réminiscences mythologiques, car les lieux désignés par les poètes comme ayant été le théâtre de 1 enlèvement de Proserpine sont aussi multiples que les contrées qui prétendent avoir les premières cultivé l'agriculture.
Au delà du lac dePergusa, laroute^ après avoir d'abord traversé une contrée montagneuse, aride et désolée, arrive dans une vallée cultivée aux approches de :
27kil. Piazza* — (en sicil. Chiazza) (altit. 476 met.), 14,000 hab., sur l'emplacement d'une ville antigue (?).
L'ancienne ville, située 5 kil. plus loin à rO. , fut réduite en cendres par les soldats de Guillaume le Mauvais.
Guillaume le Bon la fit rebâtir dans la position qu'elle occupe. Elle est située au milieu d'ime belle vallée salubre, mais qui a été plusieurs fois ravagée par les sauterelles ( K. p. 544). L'intérieur de la ville est assez propre et bien bâti. La cathédrale et le château servant de prison sont situés sur les hauteurs.
De Piazza à Caltanuetta^ 34 kil. Route carrossable dans la belle saison. On passe par Barhafranca, 8600 hab., et Pietraper" zia, 9700 hab.
AU delà de Piazza on suit pendant une certaine partie du trajet la belle vallée boisée, arrosée par le Gela (Terranova); puis à travers un pays de culture, on arrive, à moitié. chemin de Caltagirone, à :
37 kil. Mirabella, — pauvre localité de 3300 hab., désignée par les paysans sous le nom dlmaca ou ImbaC" cari. — La route circulant au milieu de scènes de montagnes plus sauvages atteint :
48 kil. Caltagirone (F. R. précédente, p. 649). — Depuis cette ville on a un trajet de route carrossable jusqu'à :
58 kil. Granmicheîe — (altit. 358 met.), 9042 hab. a Le dôme en faïence blanche éclate de loin au soleil. » Les traces de terrain volcanique, les laves rougeâtres, deviennent de plus en plus fréquentes. A gauche, avant Vizzini, est la grande et profonde vallée délia Canzaria, une de§ plus pittoresques et des jplus sauvages de la Sicile. — Poursuivant sa route à travers les montagnes (et il faut toute la sûreté de la mule pour monter sans danger sur le bord des précipices qui conduisent à ce bourg), on va en 2 h. à cheval de Granmicheîe à :
70 kil. Vizzini*^ (65 kil. de Catane), 12,275 hab. ; perché sur un rocher.On croit que c'est l'antique Bidis, patrie du berger Daphnis (?). Au Col- LEGio GESUiTico, OU voit Ic Martyre de S' Hippolyte par Tintoret. Quelques peintures remarquables de Filip. Patadino dans la Cathédrale. A TégUse des MiNORi OssERVANTi, uuc statue de la Vierge de Gagini, Au couvent des bénédictins de Santa Maria de' Gregi, ancien triptyque (altéré) avec cette inscription : « A Grecia translata anno 385. »
Autour de Yizzini le pays est cultivé et boisé; mais plus on s'éloigne, plus
SICILE. — ROUTE 87. — DE TERRANOTA A CATAHE.
les montagnes deviennent sombres et arides. Pomt d'habitations dans ce désert, dont le sol annonce de plus en plus l'existence d'anciens volcans. A la suite de montées et de descentes alternatives par un rude sentier à travers des rochers calcaires, on voit à g. Lamontagne dite mon ^eLaziro (756 met.), dôme volcanique reposant sur une base calcaire ; on a d'en haut une vue très-étendue.
77 kil. Buccheri — (36 kil. de Noto), 4219 hab. — Les femmes de ce bourg misérable passent pour avoir un caractère de beauté énergique. — Le sentier, déplus en plus rude, continue à parcourir une contrée volcanique jusqu'à :
85 kil. Buscemi — (nom d'origine sarrasine comme celui de Buccheri), 3140 hab., sur une riante colline. Les difficultés des communications semblent encore augmenter dans ce dernier trajet. Gravissant une route escarpée, on atteint :
86 kil. Palazzolo^ — (27 kil. de Noto, route non carrossable), 10,438 hab., ville reconstruite après le tremblement de terre de 4693; n'offrant point d'intérêt. Elle est située au-dessous de la montagne escarpée d' Acremonte, sur laquelle était la ville d'Acrœ^ fondée soixante-dix ans après Syracuse. Les fouilles exécutées par le baron Judica ont fait découvrir plusieurs restes de cette ville antique, et ont produit une grande quantité d'objets curieux, mais qui ont été en partie vendus et dispersés.
Oo peut, de Palazzolo, se détoarner à g. vers SorUno <16 kil. N. E. — V, p. 597), et aller visiter les cavernes de Panlelica IV. p. 597).
De Palazzolo k Floridia on trouve une route carrossable nouvellement ouverte à travers des rochers et un pays désert. Après avoir descendu la chaîne des montagnes, on retrouve une campagne couverte de vignes, de figuiers, d amandiers, et d'énormes
oliviers aux environs de Floridia. On peut aussi, de Palazzolo, gagner, dans un vallon dont les rochers sont percés de mille grottes :
408 kil. Floridia^ (ensicil. liuriWrfia), 9365 hab.
Continuant à descendre, on aperçoit à l'horizon, au bord de h mer Ionienne, la ville de :
122 kil. Syracuse, p. 598.