‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 368 sur 422 · DE TERRANOVA A CATANE · texte numérisé non relu

DE TERRANOVA A CATANE

PAB CALTAGraOIlB

(106 kU.)

55 kil. de Terranova à Caltagirone. — (F. R. 85, p. 648.)

De Caltagirone à Catane : courrier (cor* riera). (K. K. 85, p. 648.)

Cette route ne présente d'autre intérêt que le spectacle de l'Etna, trèssouvent en vue. La descente, depuis Caltagirone, est très-raide. — A 22 kil. de Caltagirone on trouve :

59 kil. ]m Favoriia. — Entre ce hameau et Palagonia, se trouve le:

Lac dci Palici ou Naflia {dénomination sarrasine). — Diodore de Sicile et d'autres écrivains de Tantiquité nirlent de ce lac curieux, près duquel était bâti a un temple des dieux Paliques \ se distinguant des autres par son antiquité, sa sainteté et les choses curieuses qu'on

Îj observe. On y voit des cratères oui ancent de l'eau chaude; on dirait des chaudières posées sur un grand fea et pleines d'eau bouillante. Celte eau répand une odeur sulfureuse et l'abîme d'où elle s'échappe fait entendre un bruit effroyable. La terreur qu'inspire ce [phénomène] semble y attacher quel^ae chose de divin. Le temple est si vénéré qu'on y prononce les serments les plus sacrés, et les parjures reçoivent aussitôt

* Les Palikoi, dieux jumeaux, les Dioscures de la Sicile, étaient ûl:», soit de Vulcain et d'Etna, fille de l'Océan, boit de Jupiter et de la nymphe Thalie, fille de Yulcain. ^ chyle en parle danssa tragédie perdue d'Etoa. Ils étaient d'abord honorés par des sacrifices humains.

SlCItB. — RODTE 88. — DE CA8TR0GI0YANNI A TERMINI.

le châtiment divin . Le temple des Paliques est devenu un asile inviolable pour les malheureux esclaves fuyant des maîtres impitoyables. » [Diodore, 1. XI, 89.) Le lac dei Palici, tel qu'il existe au-

i'ourd'hui, est d'une étendue variable ; orsque les eaux de pluie Tont rempli, il S résente une forme circulaire de 156 met. e tour et de 4' à 5 met. de profondeur. Du milieu du lac sortent deux jets de gSLZ, qui font sauter l'eau à Omet. 70 de hauteur. Des bulles de gaz se dégagent de toute la surface de l'eau. Lorsque le lac devient tout à fait sec, dans les grandes chaleurs, il sort des bouches du cratère un courant de gaz violent qui emporte les feuilles et les objets légers. Le gaz qui s'échappe est de l'acide carbonique, et il se répand en une atmosphère mortelle à une certaine hauteur. (Cette circonstance, reconnue pratiquement dans l'antiquité, sans que Ton en sût la cause, a dû être utilisée par les prêtres du temple des dieux Paliques, de ces divinités implacables à ceux qui prêtaient de faux serments ou les violaient, selon qu'ils voulaient conserver ou laisser mourir les dévots, qui de toutes parts affluaient.) Les oiseaux évitent de passer au-dessus de ce lac. Dans l'immense passage d'oiseaux qui a lieu tous les ans, ce lac reste désert pendant qu'ils s'abattent sur les lacs du voisinage. Parfois on trouve morts sur les bords du lac des lapins on d'autres petits animaux. Si par liasard des bœufs entrent dans l'eau pour se rafraîchir, ils respirent péniblement et s'empressent d'en sortir.

60 kil. Palagonia, — 4000 hab., petite ville d'aspect misérable, située sur la pente d'une montagne de laves très-dures. Son nom, très-probablement, provient de celui de la ville antique de Palica, fondée quatre siècles et demi av. J. C, qui devint rapidement prospère, mais qui a disparu sans laisser aucunes traces. — Dans ces champs phlégréensde la Sicile, les géologues signalent des alternances de couches de lave et de coucbes de calcaire et de dépôts marins contenant des huîtres. Ces alternances se remarquent, à dr. de la route (quelques kil. de Palagonia), à la colline de San Baêilio, présentant des excavations de

tombeaux et ayant au sommet une grotte, sépulcrale sans doute, taillée dans le roc et difficile à trouver. Du haut de cette colline, la vue s'étend sur la plaine de Catane que domine l'Etna vers le N. E.

La route, se dirigeant au N. E., à travers un pays sans intérêt, et contournant le nied aes montagnes, arrive sur les bords du fiume Gurna lunaa (affluent du Simeto) , dont elle suit la rive dr. jusqu'à ce qu'elle rejoigne la grande route de Syracuse à :

406 kil. Catane — (F. R» 73, p.

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