DE CASTROGIOVANNI A TERMINI
(83 kiL)
Une route, non encore terminée, doit aller du littoral du nord au centre de U Sicile : de Termini (p. 634) k Léon forte (p. 645).
Cette course à travers les montagnes des Nébrodes ne peut se faire qu'à cheval.
De Castrogiovanni on gagne, à quelque distance, Cala$cihetta (V. p.
De Calascibetta on descend par une pente longue et rapide dans le vallon del FicOi et avançant à travers des chênes et des châtaigniers, on remonte au petit village de Priolo, situé au milieu de mines de soufre. — De là on redescend dans la vallée arrosée par un affluent du Saho (fimne allant se jeter dans la mer près deLicata), qu'on traverse ; puis, suivant lespentes du monte Artesino (V. p. 643), on monte à :
29 kil. Alimenta, — 3390 hab.
On remonte la vallée où coule le Petralia (affluent du Salso), puis, passant par Buon Pieiro, on descencl à :
38 kil. Petralia Sottana (inférieure), 4903 hab. — Sur la hauteur est Petralia soprana f supérieure), 5709 hab. On signale aans l'édise principale un Crucifiement, du Inor-
ÇIGILB. — ROUTE 88. — DE GASTROGIOYANMl A TERNINI.
réalèse; et dans une é^ise près de la prison, une Déposition de croix, du même.
Traversant la vallée et remontant la pente opposée, on descend par un autre versant regardant le N. 0. , sur :
47 kil. Polizzi* — (altit.8H met.), COOO hab. On peut trouver l'hospitalité au couvent des Franciscains, sur une hauteur escarpée d'où on a une très-belle vue. Dans la CmESA HÂGGioRB, on voit dos 8culptm*es de Gagini. A Santa Orsola, une peinture de Tom. Vigila (1497); à Santa Maria DECLi Angeli, un triptyque longtemps attribué à Albert Durer et que Ton a restitué à Vgo van der Goes.
Descendant la vallée, on traverse plusieurs fois le fiume Grande, entre Polizzi et :
56 kil. Caltamlturo (Kalat-abithaur), — 3129 hab. — Cette ville fut prise par Roger I". — Plus bas on trouve a g. le village de Sclafani, et plus loin encore le misérable village de Fondaco nuovo. D'où, descendant vers le fiume Torto, on traverse sur un pont le cours d'eau et l'on rejoint la route de Palerme à Gefalù.
83 kil. Termini — (F. p. 634).
Iles dépendant de la ficile.
Des bateaux à vapeur (K. p. 654) de Palerme à Messine (cl vice versa) touchent toutes les semaines à Lipari. — On peut s'y rendre en s'embarquant à Milazzo (p. 638); prix d'une barque 20 fr. — Pour les distances de Palerme et de Messine aux îles, F. p. 559.
Uet de Lîpari ou d'Éole — (iEoli» ou Yulcaniae insulae ou HephesUades). — On les disait la demeure d'Eole, dieu des vents, et elles étaient appelées Héphesliades et Vulcanies à cause de leur nature volcanique. Elles forment un groupe de 1 7 îles (dont 7
grandes) dépendant de la provmce de essine. Les principales sont :
lôperi* — (24 kil. de la côte de Sicile, 2 kil. N. de Vulcano). Environ
13,500 hab. Cette île, la nlus considérable du groupe, a 2 kil. de long et 7 kil. dans sa moyenne largeur. Elle est hérissée de montagnes volcaniques :
au N. de l'île, le monte Bianco doit son nom aux longues stries blanches semblables à la neige qu'y forme la pierre ponce. La plus- élevée est le monte Sani* AngelOj volcan éteint, ayant la forme tronquée et terminée en un cratère de 64 met. de diamètre.
Au N. de celle-ci est le cratère délia Castagna, couvert de cendres et de pierres ponces. Au S. de la ville, le monte dellà Gtiardia, présentant des laves vitrifiées parmi lesquelles se trouve de lobsidienne. Les laves vitrifiées différent de celles de TEtna.
' — Il y a des eaux minérales et des étuvcs au pied méridional du monte San Caloaero, en face de File Vulcano.
L'île produit des figues, des raisins et des vms excellents, et en fait un commerce d'exportation ainsi que de pierre ponce, d*aiun, etc.... — La ville de Lipariy sur la côte orientale de File offrant quelaue ressemblance avec Milazzo (p. 638), est située sur une éminence et défendue par un château.
Rues sales ; maisons délabrées. Toutes les maisons de la ville sont à terrasses, ce qui lui donne une physionomie orientale. Aux environs im grand nombre de villas se montrent au milieu des jardins et des vergers. La ville de Li- • pari remonte à une haute antiquité ; elle fut peuplée par une colonie de Gnide. Le corsaire Dragut la ruina en 1544, et il emmena en esclavage une crande partie des habitants. Charles- Quint la fit reconstruire; elle eut à souffrir du tremblement de terre de 4783. — Polybe parle d'un bain près du temple de Diane. Ce bain et son pavé de mosaïque furent découverts au commencement de ce siècle entre l'évêché et le séminaire. Un évêque, ennuyé des visites des archéologues, le fit fermer.
De Milaxxo à Vulcano un bateau à deux rameurs coûte en moyenne 10 fr.; à quatre
rameurs 10 fr.', sans compter la bonne-main. Â. la rame la traversée dure de 7 à 8 heures. Loisque le temps est bon la traversée peut se faire en 3 h. Tous les 8 jours on peut utiliser le bateau à vapeur qui part de Messine ou qui vient de Païenne ; il touche à Lipari, d où l'on peut visiter tout le groupe jffles. — On devra prendre la précaution d'emporter des vivres de Lipari.
Toloano (Yolcano). — Noms antiques, Jera, Terasia, Termessa; — la plus méi-idionale du groupe. Strabon, Poljbe en décrivent le cratère, encore fumant aujourd'hui. (Théophraste dit que le retentissement du volcan s'entendait à 1000 stades.) — L'ile de Vulcano s'éleya, dit-on, hors de la mer 202 ans avant l'ère chrétienne.
« Vulcano est une des grandes curiosités géologiques de l'Europe. C'est un grand cône h cratère en partie enveloppé par un ancien cratère égueulé et rattaché à un autre cratère plus petit par un isthme bas que les eaux de pluie ont formé en entraînant les cendres de volcan. L'anse semi-circulaire qui sépare Vulcano de Vulcanello (Vulcanello s'éleva, dit-on, de la mer 202 ans av. J. C.j semble être également un cratère. C'est là c^u'on débarque près d'un petit monticule percé de grottes artincielles et naturelles, qu'habitent les 7 ou 8 ouvriers de la soufrière et leurs cochons. La nourriture des ouvriers leur est apportée de Lipari.
Dans des masures au pied du monticule on raffine le soufre et l'aliin. En été, on s'occupe de la fabrication de l'acide borique ; en hiver, de celle du soufre ; la quantité annuelle de ce dernier produit est d'environ 200 quintaux. — L'ile de Vulcano est la désolation même : à l'exception d'un petit champ et de quelques fiffiiiers derrière l'établissement d'exploitation, le reste n'est que laves, cendres, scories, rochers recouverts de soufre. Seulement le versant extérieur de l'ancien cratère, qui regarde au S. vers la Sicile, offre quelques vignes et des oliviers. 4 ou 5 maisons appartenant à
des propriétaires de Lipari sont habitées toute l'année.
11 faut 40 minutes poiu* monter de l'établissement au rebord du grand cratère. Le sentier, bien tracé, contourne de profondes ravines creusées par les eaux de pluie dans les scories et les cendres et le bassin d'un lac temporaire. Çà et là sur le versant extérieiur du cratère s'ouvrent quelques fumerolles. Le sourd retentissement des pas prouve que le sol est percé de cavernes.
Le cratère est très-vaste, beaucoup plus grand, beaucoup plus beau que celui de l'Etna. Au fond il a 100 met. environ. Entre les deux rebords supérieurs il a certainement plus d'un kil.
(et peutrétre deux) [Strabon estime à 5 stades le circuit du cratère tel qu'il était de son temps]. De toutes parts jaillissent des fiunées sulfureuses qui prennent à la £orge. [Elles sortent également, sous forme de bulles, de la mer dans le voisinage de plusieurs de ces lies.] Le sol brûle sous les pieds. Un bruit incessant , semblable à celui des eaux courantes, des roues qui tournent et qui broient, résonne dans les profondeurs. Le fond du cratère, les fissiu>es des fumerolles sont tapissés de cristaux de soufre.
L'abondance des vapeiu*s est signe de taupéte prochaine. Parfois l'unmense cratère est entièrement rempli de vapeurs qui s'élèvent en nuages.
Pendant les pluies un lac temporaire se forme au tond du cratère. Ses eaux se perdent en partie dans les cavernes de la montagne et re{)araissent plus bas ; le reste est vaporisé par la chaleur. La nuit la réverbération des fumerolles rougit l'atmosphère ; on voit le reflet des matières en fusion.
On met 20 min. à descendre du cratère. U faudrait, dit M. Elisée Reclus, au moins 3 h. pour en faire le tour par les deux bords supérieiurs et gravir la plus haute pointe qui le domine et (Toù on a une admirable vue.
On distingue parfaitement les troubles
SICILE
produits dans Teau du port par les fumerolles sous-marines, i»
Le Saline Q)idyma), — 18 kil. au N. de Lipari. Sol volcanique et fertile en vin, en huile et en fruits. On trouve du corail dans la mer. — A FO. de Saline sont les îles de moindre importance de Filicuri, couverte de palmiers dans ranti(j[uité, et Alicudi (altit. 809 met.), habitées par quelques marins et Quelques cultivateurs. — 15 kil.
au N. £. de Lipari, entre cette ile et celle de Sromboli, est Panaria (Hycesia), — volcanique et produisant d'excellents fruits. Peuplée de quelques colons.
De Lipari à Stromboli, une barque, aller et retour, 25 à 30 fr.
Strombolî — (Strongile des anciens), — la plus septentrionale du groupe, la première que Ton aperçoit en venant de Naples et dont les vapeurs pendant le jour et les feux permanents pendant la nuit excitent la curiosité des voyageurs. Entièrement de formation volcanique, cette île consiste en une montagne de 803 met.; l'ancien cratère occupe le centre ; le nouveau couronne une hautem* conimie qui s*élève sur la côte septentrionale.
A jette continuellement des flammes, qui, pendant la nuit, se voient à une granae distance, et lance par intervalles, à la suite d'une forte explosion, des pierres et des cendres sablonneuses. « Les éruptions de Sti*omboli n^ont poiht été interrompues depuis les âges tes plus reculés. » (Humooldt.) L'ascension, qui est excessivement pénible à cause de la raideur de la pente et de la profondeur des cendres, demande environ 3 h. Les éruptions sont beaucoup plus faibles lorsque le ciel est serein que lorsqu'il est orageux. Elles sont plus considérables, et la fumée plus abondante quand le vent souffle du sud. Le sol produit d'excellents fruits et du vin. Le souh*e et la pierre ponce y sont des objets de commerce.
A une ^nde distance à i'O. des îles Lipari, est isolée en mer l'ile d'Ustica.
UaUoa, — 2200 hab. , 4 kU. de long sur 6 kil. de large, — fait partie du district de Palerme, dont elle est éloignée de 60 kil. environ au N. Elle est de forme ovale, et formée de laves basaltiques, de trachites, de scories.
Elle fut inhabitée jusqu'en 1761; en 1763, les corsaires algériens emmenèrent en esclavage les premiers habitants ; on constnusit un fort pour protéger la population. Cette île produit du blé, du vin, du coton.
Un bateau à vapeur Ta en 5 heures de Palerme à U&tica tous les i3 jours (Kp. 558).
Ilet Égadei, — au S. 0. de Trapani. Les principales îles de cet archipel, appartenant aux Pallavicini de Gênes, sont :
Levanzo (Buccinaj, — 4500 hab., — 14 kQ. de Trapam. Cette île, la plus septentrionale du groupe, a 6 kil. de long sur 4 kil. de large. Quoique montueux, le territoire est fertile en grains, en vin, en huile et en fruits. — A 6 kil. est:
Favignana (iEgusa), 4275 hab., — 12 kil. de la Sicile. Elle a près de 28 kil. de tour. Sa longueur est de 10 kil. Le territoire est fertile. Au centre est une montagne d'environ 380 met., couronnée par le fort Santa Caterioa, qui sert de prison. — La pèche du thon est une des ressources des habitants.
Une madrague (tonnara) est établie entre Favignana et Levanzo. Chaque année un nateau à vapeur transporte de Palerme le matériel de cette pèche.
« Le droit de pêche dans cette seule localité est affermé 60,000 fr. » En été, par un temps tranquille, on y voit sur la mer le phénomène de mirage dit la fata Morgana.
MareUimo (Hiera), — 16 kil. N. 0.
de Favignana, longue de 6 kilomètres.
Elle est montagneuse et couverte de
SICILE
thym faTorable à la production du miel. Une forteresse, située sur un rocher élevé, sert de prison.
Au S. S. 0. de la Sicile est File de Pantellaria (F. p. 586). Au S. E. de Pantellaria est :
Linosa — (iEgusa), 140 kil. de la Sicile et de la côte d'Afrique), 120 kil. 0. de Malte. Elle est entièrement de formation Tolcanique et manque d'eau. Les anciens habitants y avaient construit un frand nombre de citernes. — A 40 kil. S. 0. de Linosa est :
Lampedusa (Lopadusa, Lampedouse) ,— 180 kil. de la côte de Sicile, 1 08 kil. de Malte, 100 kil. des côtes d'Afrique (12 kil. de long, environ 25 kil. de tour). Cette île, connue des anciens, n'a aucune montagne.
Elle est défendue par un fort et quelques batteries. La partie occidentale
est inculte et boisée. La partie opposée a été mise en culture par des Anglais au commencement de ce siècle.
Elle était restée longtemps inhabitée à cause des incursions des corsaires barbaresques. Le gouvernement du royaume des Deux-Siciles a acquis définitivement cette ile vers 184û ; et la population s*est accrue depuis. Arioste, dans VOrlando furioso, parle de cette ile, qu'il nomme Lapedusa. Nous cédons au plaisir de citer ici, en terminant ce volume, la description en langage si limpide et si pittoresque du divm poëte.
D'abitazioni è l'isoletla vota, Piena d'umil mortelle e di ginepri, Gioconda solitudine e remota A cervi, a daini, a caprioli e lepri; E fuor che ai pescatori é pono nota; Ove soTCDle a rimondati vepri Sospendon, per seccar, l'umide reti ; Dormono intanto i pesci in mar quieti.
FO DE l'itinéraire DE l'iTALIE DU SUD.
INDEX ALPHABÉTIQUE