DE MARSEILLE A LIVOURNC ET A CIVITA VECCHIA
(yOIB DE mer)
EN VUE DE LA CÔTE DE l'iTaUE
Distance : 13S lieues mariaes — 745 kil. 500.
1° De ManeUle à Gènes.
68 lieues marines =377 kil. — Trajet en 18 ou %h.
De Marseille à Nice, — En sortant du port de la Juliette (Marseille), le navire laisse à g. l'entrée de Tancienport, resserrée entre le fort Saint- Jean (côté N.) et le fort Saint-Nicolas (côté î>.). A rO. de celui-ci est le promontoire élevé du Pharo, sur lequel a été construit le château du même nom. Sur le revers du promontoire du Pharo est la petite anse des Catalans. Au delà est la colline d'Ëndoume, jue dominent en arrière le fort et l'église Notre-Dame-de-la-Garde , lieu de déYotion et de pèlerinage célèbre ]K)ur les Marseillais. On laisse à dr.
les îles de Ratonneau et de Pomègue (le canal qui les sépare est fermé par une jetée et forme le port du Frioul). En face de ce port et plus près du navire, on range l'î/e et le château dlf, plus célèbres par le roman de Monte Crisio, d'Alex. Dumas, que par la captivité de Mirabeau. On double le cap de la Croisette, et l'ile de Maire, dont les rochers déchirés offrent un aspect pittoresque. A dr., au large, on aperçoit le phare de Planier, sentioelie avancée du port de Marseille.
Bientôt le navire, prenant la direction du S.-E., s'éloigne peu à peu de ^ côte. 11 laisse à g. les iles de Jaire, de Riou, la baie et la petite ville de Cmm, le cap de l'Aigle, dont une pointe rocheuse, à cause de sa forme singulière, est appelée le bec à Voi- «MM. A l'E. de ce cap s'ouvre la fcûie des Lecques, où se montre l'ind»!slrieuse ville de la Ciotat. Plus loin est la baie de Saint-Nazaire, I
poi les
(Dans les montagnes qui s'élèvent en arrière, au N., sont les goraes cTOllioulet). Après avoir doublé le cap Siciéy on découvre la baie au fond de la* quelle est Tow/on, etlo sommet chauve du mont Farou. Au delà, à TE., s'arrondit le golfe de Giens, en avant duquel se projette la pointe Escampobanou. Le navire, tournant à TE. et à l'E . -N .-E . , passe entre la rade à'Hyèret et la rangée des îles du même nom (Forquerolles, Bagau, Port-Cros et l'île du LevanlJ. Après le cap Bénat
3ui clôt à l'E. la rade d'Hyères, il ouble plusieurs caps qui masquent le golfe étroit de Saint-Tropez. Plus loin, il incline beaucoup plus au N.-E. et l'on découvre le beau golfe de Fréjus, où Bonaparte débarqua à son retour d'iîigypte.
Au delà de Fréjus la côte se relève considérablement avec les montagnes déchiquetées de VEsterel, dont la pointe la plus avancée, le cap Roux, marque l'entrée du golfe de la Napoule, au fond duquel se montre le port de Cannes, entouré de riches villas. On range ensuite les îles de Lérins (Sainte-Marguerite, célèbre par la captivité du Masque de Fer, et St- Honorat, qui montre du côté de la haute mer les ruines d'un château bâti par les moines de Lérins). — Puis on voit s'arrondir le golfe Juan, où Napoléon débarqua, en 4845, à soif retour de l'île d'Elbe, et que limite à l'E. le promontoire allongé de la Garoupe, dominé par le grand phare d'Antibes,.
dont le feu est visible à 57 kil. au large. Derrière ce promontoire se montrent le port et la forteresse d'Antibes. De là, la côte fuit presque directement vers le N. jusqu'à l'embouchure du Var. Enfin Nice, avec ses riantes constructions, se montre ensuite, dominée par un vaste amphithéâtre de montagnes qui s'étendent jusqu'aux sommités neigeuses des Alpes.
De Nice à Gênes. — Un cap rocailleux sépare Nice de la rade et du petit
ROUTE 5. — DE MARSEILLE Â LIVOURNE ET Â CIYITÂ VECCmA.
fort de Villefranche^ protégé du côté •de TE. par la pointe du même nom, qui porte un phare, et au delà de laqueue on range la pointe et la tour de Saint - Hospice. Le golfe suivant est dominé par des montagnes abruptes, sur lesquelles on pourra distinguer à une grande hauteur le tracé de la célèbre route de la Corniche, entre les Tillages pittoresques à'Eza et de la Turbie, Ce dernier s'appuie sur un promontoire nu et bizarre nommé la Tête de Chien, derrière lequel on découvre la ville de Monaco, bâtie sur une presqu'île rocheuse.
Au delà de Monaco, on découvre sur la montagne le village pittoresque de Roquebrune, et, après avoir dépassé le cap Saint-Martin et son sémaphore, la charmante petite ville de Menton.
A l'E. de Menton, au milieu des falaises abruptes du cap de la Murtola, on peut apercevoir le pont Saint-Louis, grande arcade jetée sur im ravin, qui marque la frontière actuelle de la France et du royaume d'Italie. Bientôt après se montrent la forteresse et la petite ville de Ventimialia, bâties à rentrée de la large vallée de la Roya. La cote s'abaisse ensuite vers le promontoire où s'élève en amphithéâtre Bordighera. Un peu plus lom est San Remo, s'élévant en forme de triangle sur la pente d'une colline.
On n'a plus rien à noter jusqu'aux deux ports jumeaux àeSanMaurizioet d' Ong^/ia, bâtis en face l'un de l'autre, •l'un sur une colline qu'il couronne de constructions pittoresques, l'autre sur tme plage basse. — Au delà d'Oneelia on se dirige sur le cap délie Meîle, qui marque le milieu de la rîvîère de Gênes, entre cette ville et Nice. Ce promontoire est couronné d'un phare de premier rang, visible jusqu'à 37 kil.
— A partir de ce cap la cote de Ligurie court presque directement au N. et l'on gouverne sur le cap de Noli, en passant successivement devant les villes de la rivière du Ponent ; deyant Alassio, File de Gallinara, les villes
à'Albenga, Loano et de Finale. — Un peu au ddîà du cap de Noli, on remarque de magnifiques falaises rougeâtres, au flanc desquelles serpentent la route de la Corniche et le chemin de fer de la Liçurie. — A partir de ce point le navire pousse au large en se dirigeant directement sur Gènes, et en laissant loin vers la gauche les villes de Savone, Varazze et enfin Voltri, à partir de laquelle la cote se couvre de villas et de palais annonçant la métropole de la Ligurie. Le phare de la Lanterne, qu'on a pu apercevoir depuis longtemps, marque rentrée du port, et, dès qu'on l'a doublé, la ville de Gênes tout entière s'offire aux regards, avec son vaste amphithéâtre de maisons, d'édifices et de palais, et sa couronne de forteresses sur les crêtes des montagnes.
2** De Gènes à Lîvourne.
27 lieues marines = 148 kil. 500. — Trajet en 9 ou 10 h. — Prix : 22 fr. ; 32 f r.
Ce trajet se fait généralement de nuit ; à cause de sa brièveté, on ne part qu'assez tard, de sorte qu'on ne jouit même pas des beaux aspects que présente la rivière du Levant, entre Gênes et le promontoire de Porto Fino. Du reste, à partir de ce promontoire, le navire s'éloigne de plus en plus de la côte, laissant à gauche le charmant golfe de Rapallo, les villes de Chiavari et de Sestri di Levante.
La cAte ne présente plus de localités importantes lusqu'à la pointe de Porto Venere et Vîle Palmaria, qui annonce l'entrée du beau golfe de la Spezia.
Le navire est déjà très au large, et ce n'est que de loin qu'on pourrait apercevoir les montagnes de l'Apennin, et entre autres VAltissimo, point culminant au-dessus de Massa, dont la cime a plus de 1,800 met. D'ailleurs, à partir de Massa Carrara, les montagnes s'éloignent de la côte pour s'eni foncer dans l'intérieur des terres. Sur le littoral sablonneux qui s'étend au
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pied des coUines, est ViareggiOt firéraenté pour les bains de mer ; un peu plus au S., Tembouchure du Serchio, marquée par une tour. — Jusqu'à Li- Toume, ta côte est basse, sabionneose ^ couverte seulement de pins maritimes, entre lesquels on distingue, par les temps clairs , les dômes et la tour penchée de Pise, et, en arrière, fers le N.-E. , les monts PUam.
Près de Tembouchure de l'Amo, qui est presque barrée par les sables, une tour en ruine, qui servait jadis de phare, indique remplacement de Tandeii port de Pise. Au S. de la grande plaine qui marque la vallée de fAmo, me chaîne de collines aboutit, au delà de Livoume , au monte Nero (-V, p. 31). Mais déjà Ton aperçoit les phares et les tours du port de Livoume, lu large, une petite tour blanche signale ïécueil de la Meloria ; tandis qu'au S.-O. se dessine ïile de la Gorgone. Passant entre Vîle du Moleito, àg.,etrextrémité du môle, à dr., le navire entre dans le port de Lî-
3* De LÎTOiime à GivîU Yeoohia.
40 lieues marines = 220 kil. — Trajet en 13 heures.
En quittant le port de Livoume, le navire range d'assez près la plage où s'élèTent de nouvelles constructions, et il se rapproche de la petite chaîne ^monUNero, Il laisse au large, à 10. , l*ile escarpée de la Gorgone, et bientôt on découvre vers le S. Vîle de Caprûja, d'origine volcanique, dont les rocs dénudés s'élèvent à 450 met. (Il neCaut pas confondre cette lie avec celle de Caprera, sur les côtes de la ^rdaigne, où Garibaldi a établi sa résidence). Puis, à rO. de la Capraja, on découvre, par un temps clair, le cap Corse. La partie du littoral italien que l'on côtoie à distance, et qui s'étend entre Livoume et Orbetello, appartient ViiMaremmes de la Toscane, exposées aux ravages endémiques delamal'aria
ITAUE DU SUD.
(F. R. 10, 1" appendice). Le principal cours d'eau qui se jette dans la mer (à peu près à égale distance entre Livoume et Piombino), est la Cecina, qui traverse le territoire de la Toscane, le plus riche en eaux minérales, en salmes, en mines de cuivre.
L'île d'Blbe attire principalement les regards ; à la partie occidentale de l'ile domine le monte Campana, aux pics dentelés de granit, la montagne la plus élevée de l'archipel toscan (1,016 met.). Vers le milieu delà côte septentrionale, et au pied des roches serpentineuses à cime arrondie du mont YoUerrajo, la ville de Porto Ferrajo se reconnaît, le jour, à ses fortifications élevées, et, la nuit, à son feu de port. Un autre phare s'élève au milieu même du canal de Piombino, sur l'îlot de Palmajola. — A mesure qu'on approche de l'île d'Elbe, la presqu'île de Piombino, qui d'abord paraissait une île sortant des ondes, se rattache au continent. Après 4 h.
de navigation depuis Livoume , on franchit le canal de Piombino , laissant à g. la ville et le promontoire de ce nom. Au delà du promontoire un golfe large et profond s'étend en formant un demi'Cerde jusqu'à la petite île Troja, voisine du littoral. Au ccntro de ce golfe est Follonica, un des points de la côte les plus exposés aux influcfnces délétères de la mal'aria. Des fonderies pour le minerai de fer de l'ilc d'Elbe y sont en activité, seulement du mois de décembre au mois de mai.
Après avoir dépassé la petite ile déserte de Cerboli on aperçoit, au fond d'une anse de la côte abmpte de l'île d'Elbe, Porto Longone, petit port où se chargent les minerais de 1 île qui sont exploités aux fonderies de Follonica. Au delà du cap Calamità, pointe S.-E. extrême de 1 île d'Elbe, on peut, de jour, apercevoir au large : àl'O., Vîle de Ptanosa, et, au S.-O., celle de Monte Cristo, écueil de granit, inhabité, qui doit au roman d'Alexandre Dumas une célébrité européenne. L^
DE MARSEILLE k NICB ET k GÊNES.
distance (à défîaiut de la nuit) dérobe aux yeux le golfe de Grosseto, Temboucnure, près de la tour de la Trappola, de rombrone (dit Sanese, pour le distinguer de l'Ombrone du canton de Pise), un des plus grands cours d'eau de la Toscane. On peut, de jour, apercevoir les petites îles appelées Formiche (les fourmis) di Grosseto. — Au S.-O. la cote projette au loin dans la mer le mont Argentaro^ qui parait d*abord une île montagneuse. Après 8 b. de navigation, on passe dans le canal compns entre ce promontoire et les îles du Giglio et de Giannutri, les dernières de rarcbipel toscan. .
Au lever du jour, une côte basse.
inculte et déserte, où s'élèvent à peinequdques tours isolées, et, plus avant dans les terres» des montagnes monotones, tel est le premier aspect du littoral de TËtat romain. C'est dani cette partie du territoire que sont disséminées les ruines des antiques cîtéi étrusques ( V. 2* appendice) . La j^etite ville de Cometo (rancienne Tarquinii)^ dont les tombeaux, si longtemps ignorés, et les objets antiques exhumés presque de nos jours ont alimenté tous les musées de TEurope, se montre sur ime colline, et bientôt au S. on aperçoit les clocbers de GivîUi Yeoohîa et les fortins arrondis qui dé* fendent son port.