‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 70 sur 422 · PAR PÉROUSE ET FOLIGNO · texte numérisé non relu

PAR PÉROUSE ET FOLIGNO

371 kil. De Florence à Rome (traj. direct):

10 h.; (train omnibus) : 15 li.— Prix (direct): 44 fr. 15 c; 36 fr. 65 c; (omnibus) : 40 fi-, ÎOc; 27 fr. 65 c; 19 fr. Î5 c.

165 kii. De Florence à P^otiae. — Trajet en 4 h. 12 min. (train direct); ou 5 h. 10 min. (omnibus). ^ l'rix : 17 fr. 85 c; 12 fr. 20 c.; 8 fr. 45 c.

40 kil. De Pérouse à Foligno. — Trajet en 1 h. 5; 1 h. 20. — Prix : 4 fr. 20 c; 2fr. 90 c.; 2fr.

88 kil. De Florence à Arezzo. — Trajet •n 2 h. ou 3 h. 15. — Prix : 9 fr. 60 c; 6 fr. 55 ç.; 4 fr. 55 c.

En sortant de la gare de Florence {derrière Santa Maria Novella), le chemin de fer contourne les nouvelles promenades ; on perd vite la vue de Florence. On suit la rive droite de TArno et ses circuits au pied des collines qui se succèdent à dr. et à g.

On voit Fieêole à g. sur la montagne.

On passe devant les stations suivantes :

12 kil. Compiobhi.

20 Vil. Pontassieve.

28 kil. Bignano (rive g. de rAnio}. — Ou traverse un tunnel avant :

35 kii. Incisa.

40 kil. Figline.

48 kil. San Giovanni, lieu de naissance de Masaccio.

54 kil. Montevarchi \ 9,500 hab. ^

11 a été découvert aux environs des os d'éléphants, de rhinocéros, d*hippopotames, de tigres, etc. — On traverse quatre tunnels avant :

62 kil. Bucine, à dr. sur une colline ; puis quatre autres tunnels.

67 kil. LaUnna, 72 kil. Ponticim.

88kil.Areno* — (Arreiium)^ ville agréablement située sur une élévation qui domine une plaine fertile ; les maisons sont bien bâties, les rues larges et bien pavées : l'air y est frais et sain. (Michel-An^e, né à quelque distance d' Arezzo, disait plaisamment à Yasari, qui y était né : Se io ho nulla di buono nelV ingeano, egli è venuto dal nascere nelïa tottilità deir aria del vostro paese d* Arezzo^) La ville a pris de l'extension et s'est embellie au voisinage de la gare, d'où part une large rue (Strada nuova) qui aboutit dans la via Cavour. — Arezzo fut l'une des villes les plus anciennes et les plus puissantes de l'Etrurie*.

La famille Gilnia , d'où descendait Mécène, avait régné à Arretium. Après bien des guerres, Arezzo embrassa le parti de Marins et devint colonie romaine sous SjUa. C'est là que Flaminius prit position en face d'Annibal, qui l'évita en passant par la vallée de la Ghiana et le lac de Trasimène. Au moyen âge, pendant les luttes entre les guelfes et Ls gibelins, Arezzo lutta contre Florence. De Cessé, général au service de Louis d'Anjou, s'en empara, le dépouilla de ses richesses et le veur dit aux Florentins. — Ses vases de terre cuite rouge étaient célèbres dans l'antiquité. — 11 y a encore quelques restes d'un amphithéâtre romain dans le jardin de S. Bernardo, près de la porte de la ville.

Arezzo (outre Pétrarque et Vasari) est la patrie de Mécène, de Pierre dit l'Arétin, de frère GuiUone, restaurateur de la musique; de MargarUonCf peintre, sculpteur, architecte; du peintre Pcurri Spinello; du cardinal Biàhiena; de Cé^ salpin, créateur de la botanique; du maréchal d'Ancre f de Pignolti.

* M. G. Dennis dit que la ville d'Arezzo n'occupe pas remplacement de la cité étrusque d'Arretium, mais celui d'une colonie romaine du même nom. Les mines d'Arretium seraient éloignées de 5 kilomètres.

nouTE 15.

iTiiféiuiiii BAirt Arbuo.

En venant de la gare du chemin de iér {MF la Strada nuava, ou arrive à la petite place à dr., où est la statue élevée en lo62 au ministre Fossombrone. On y visitera V église San Francesco. — En sortant de Vbdtel Yittoria (rue Cavour), tourner à g.; monter è g. le Corso Vitt. Emanuele, Dans cette rue on trouve, a <faroite, la Pioiza Grande, où sout la bibUothèque et le musée d'antiquités, ainsi que les loggie construites par Vasari. — Au haut du Corso, qui tourne â g., est la place du Dôme. — De la place Fossombrone on arrive à la place aella Badia (U sont la Poste, la Badia et les

AKiâno.

Scode (F. p. eO\. — Derrière la Badia est h jfUice del Santa Croce)

est h vlace del Popolo (couvent de

Pour aller i San Domenico, de Thôtel Yittoria, tourner a droite.

Puce du Dôme. — A g. du Dôme est la préfecture ; en face révéché ; en &ee de la préfecture est le municipio.

— A Vangle des marches qui montent à la cathârale, statue en marbre de Ferd. I*^ de Médicis (1595), par FrancavUla, sur le modèle de Jean Bologne,

ÉglÎMs. — Cathédrale, -r* Située dans la haute Tille. Certaines parties appellent des restaurations. Un doci^ a été nouvellement construit der* rière. Cette église est en style gothioue-italien (1277) ; exécutée sur le oessin de Lapo par Mar^uitone* Elle Alt agrandie au xv* siècle ; puis ornée de vitraux très-remarquables, par le moine dominicain, de Limoges, Guil.

deMarsUlac (1 550), qui exécuta égsàevaaii les peintures de la voûte; elles înrexït achevées en 1650 par Castel" lucâ SArezM» — Au maitre^autel, tabernacle de marbre, par Jean de Pise (128d) , remarquable par ses «culptures et son ornementation. Ce traçai], vanté par Vasari, a été endommagé. L'artiste y a figuré les actes de la vie de saint Donat, patron de la viUe, et la mort de la Vierge [scène naïve où Texpression désolée des figures est terrible ou grimaçante] . — Nef

& g., en venant de la grande porte.

2* chapelle : tombeau de Grégoire X, par Margarikme (1276); au-dessous, près du chœur. Christ en croix entre

2uatre Saints, fresque restaurée, du ^ema, — 5* autel, à g., Martvre de saint Donat, par Benvenuti (1769- 1844). — Revenantàg.,prèslaportede la sacristie : Sainte luideleine, fresque de Pieiro délia Francesca. — A œlé est le tombeau de Guido Tarhiti de Pietramala (évéque guerrier d*Arezzo, Gibelin excommunié par le pape), par Agoêiino et Agnolo de Sienne (vers 1330, sur les dessins de Giotto) :

« Un des monuments les plus grandioses du XI v* siècle, et Tun des plus merveilleux pour les détails de Texécution. • Statue couchée de Tévéque et seize reliefs relatifs à sa vie (1330). — Chapelle de la Madonna : œuvre célèbre de BenvemUi, Judith montrant la tête d'Uolopheme (composition théâtrale, 1796J. — A côté, sur Tautel suivant : un Christ environné d'Auffes, par iMca délia Robbia; à g., de l'autre côté de Tautel, autre belle composition du. mém^; en re* g'Jrd de la Judith, David et Abigaïl, grand et mauvais tableau par Saba-telli. Autre bas-relief, d'ilnarea (le/Za Robbia, Dans la sacristie, un Saint Jérôme [tête expressive], de BartoL délia Gatta^ et, dans une arrièresalle, peintures de Luca Signorelli, peu importantes. — A une porte latérale se voient deux fragments de colonnes de porphyre. Ossements d'élé^ phant qu'on a crus longtemps provenir du passage d'Annibal. — Les archives de Téglise contiennent environ 2,000 documents importants depuis Charlemagne jusau'à Frédéric 11. — Dans un couloir allant à Tarchevêché, grande fresque de Dom, Pécari (x\* siècle).

AiiNOfizuTA — (séparée par une courte rue de la place del Popolo).

Belle Vierge avec un Ange, fresque extérieure et fermée d'une grille, de Spinello Spinelli.

Badia di Santa Flora (via Cayour) — (abbaye des moines du Mont-Cassin). — La peinture architectonique de la coupole est du P. Pozzi [effet de perspective bizarre, dont l'illusion n'est juste que d'un seul point]. — (V. plus bas: Scdole.)

San Bartolommeo. — Fresque par Jacopo da Casentino, maître de Spinello.

San Bernardo — (près de la porte de la ville, via dell' Anfiteatro). Deux Madones, fresques de Spinello Spinelli, — Dans un cloître, abandonné et ouvert à l'humidité, fresques en grisaille, à moitié ruinées [une Prédication, composition remarquable] .

San Domenigo — (à l'extrémité N.

de la ville). — Il y reste encore, dans la chapelle de Samt-Nicolas, peinte à fresque par Spinello Spinelli, une lunette, altérée par les restaurations, où il avait représenté des actes de la vie du Saint, et, au-dessous, un crucifix et quatre figures. C'est pendant qu'il peignait cet ouvrage qu'il frit assailli par quelques-uns de ses parents et délivré de leur attaçpie. La peur qu'il ressentit eut de l'influence sur la direction de son talent.

San Francesco (via Cavour). — Vasari a gâté l'architecture de cette église en y construisant des autels à frontons brisés. Peintures sur verre de Guil-laume de Marsillac, — Cette église était entièrement décorée de fresques par Spinello Spinelli, Un moine s'avisa de les couvrir de badigeon. On en a découvert quelques parties d'un grand caractère. — Derrière le maître-autel, fresques endommagées, de Pietro délia Francesca, très-estimées par Vasari : l'Invention de la Croix ; ta Victoire de Constantin ; elle donna, a-t-on dit, à Raphaël l'idée de sa composition du Vatican. — Deux de ces fresques ont été copiées par Charles Loyeux pour le Musée des Copies , qui devait être réuni à Paris , idée qu'un sentiment hostile a malheureusement fait abandonner. I

Santa Maria della Pieve, — reconstruite en 1262 par Marchione. Cette intéressante église était en réparation (été 1875). (m veut la rétablir dans le style du moyen âge. Ses tableaux sont exposés provisoirement dans l'église de la Badia.

La Fraternità delu Misericordu, contient une Biruothequb de 10,000 volumes et un Musée d'antiquités. Vases étrusques ; un certain nombre de vases, par le caractère de leur décoration, appartiennent à l'époque romaine; Majoliques. — Fossiles.

Monuments oîviU. — MuNIGIPIO — (1552). A été modernisé. U sert de prison. — A côté de la Badia sont les:

ScuoLE (écoles), le Lycée et la Pinacothèque en formation. — Dans une salle de la Birliothèque , servant de lieu de réunion à des associés, est une grande peii^ture nar Vasari, représentant le Festin a Assuérus. U s'y est peint lui-même. [De la science, mais de la confusion; manque d'entente des masses; mauvais goût des draperies ; un vilain petit nain près d' Assuérus.] Cela fut peint, dit-on, en 40 jours.

Pinacothèque—, cloître de la Badia ( F. ci-dessus). Dans ce musée, en voie de formation, on avait réuni quelques peintures : Pietro Laurati ou Lorenzetti, de Sienne, ancone restaurée par Vasari (était nagu^ à Santa Maria della Pieve). — Parri (Gaspare) Spinelli (fils de Spinello), Madona della Misericordia. — Lttca SignorelH, Vierge et Saints (provenant du couvent de religieuses du Spirito Santo).

— Frà Bartolommeo della Gatia (1408-1491), Saint Roch. — Vasan, Madone et Saints (de Santa Maria della Pieve). — Pecori (élève de Bart. della Gatta), Madone en gloire (de S. Francesco). — Ci^oli, Résurrection (couvent du Spinto Santo). — Santi di Tito, Nativité (du même couvent). — Del Rosso, J.-C. portant la croix. — Spinello Spinelli, Descente du JSaint- Esprit sur les Apôtres (de l'hôpital du

ROUTE 13. — ARREZZO. — CORTONE.

Spiritô Santo). — Fresques de Parri Spinelli.

Maiion où est né Pétrarque (20 juillet 1504), dans une petite rue (via dell' Orto) près du Dôme et du Prato.

Ses parents, bannis de Florence, ^ aTaient ainsi que Dante et le parti des Blancs , trouvé Thospitalité en

<$rài^//t a habité plusieurs maisons.

Sur l'une d'elles (Borgo, via de' Diawli) sont quelques restes de peinture extérieure. Dans une maison moderne construite sur remplacement d'une de ses demeures (viaMadonnade' Prati), on voit au rez-de-chaussée une V.

lenaot un livre, fresque qui lui est attribuée (?). — Place San Pietro, près de la maison de Pétrarque, maison où habita GuidocTAreizo. — On montre, nie San Vito, n* 27, la maison consenée de Yasari,

Passbggio DEL Prato, — promouado pnblimie, esplanade plantée d'arbres, s'étendant derrière le Dôme. — Statue de Ferdinand UI.

Vàresxo à Sienne, — Diligence, 3 fois

Sir semaine, trajet eo 10 h., par (12 kil.) Mte San Savino (38 kil. de Sienne) et Pakttxuolo, point culminant de la route. — D'ireco à Borgo San Sepolcro, en cor- JCHHMid. iTec le chem. de fer, dilig. Prix : z (r. 80 c. — A Bibbiena, diiig. partait |«tt les jonrs de l'hôtel Vittoria (3 h. — !fr).

luortion dans la vallée de la COiiana.— On peat d'ArezEo, au moyen d'un vetturino, viâter ia vallée de la Chiana, qui, grâce an travaux de canalisation qu'on y a exécotét, est devenue une des contrées les plus feitiki de l'Europe (F. les fermes {fattorie) "IQJ apoartenaient au dernier grand-duc :

reU. rcjano, BettoUe, Dolciano, Frassineto, Cbianaoee. AcquaviTa...)

D'Areszo k Gortone.

^ kil. (chem. de fer), — trajet en 40 ou «min.-- Prix : 4 fr.; 2fr. fe; t fr. iO.

En sortant d'Arezzo on suit ime i^Mite unie qui traverse la vallée ; le c^. de fer longe une chaîne de col-

lines couvertes d'oliviers qui séparent la vallée de TArno et de la Ghiana de celle du Tibre. A dr. s'étend au loin la plaine cultivée et couverte d'arbres arrosée par la Ghiana. — Après avoir passé par un tunnel, on arrive à la première station :

12 kil. (d'Arezzo) Frassineto,

18 kil. Ùastiglione Fiorentino^ — situé au pied d'une éminence sur la* quelle est un château ruiné. Quelques peintures dans les églises : à la GoUe^ giata. Madone et Saints, par Bartolomeo délia Gatta; une déposition de croix, fresque de Signorelli , et un beau bas-relief d'un délia Robbia.

Plus loin, à g. , sur la colline, est le vieux castel ruiné MonteccHio-Visponi.

Bientôt on aperçoit à g., au haut d'une colline boisée, Cortone, dominée par l'église Santa Margheri ta.

Vers le S.-S.-O., domine à 1 horizon le mont Amiata (1,713 met.), d'où la peinture tire la couleur terre d'ombre ou de Sienne (env. 300,000 kil. par an).

Les voyageurs qui vont visiter Gortone peuvent s'arrêter à l'auberge de Camuccia (3 kil. environ de Gortone), bourgade à l'embranchement de quatre routes : 1* à Arezzo; S'a Fajano, 3" à Montepulciano et à Ghiusi ; 4** à Gortone.

Onmibus, 1 fr. La montée à pied, à Gortone, dure 1 h. ; la route nouvelle, iordée d'oliviers, date de 1844.

En montant, on aperçoit dans le lointain le lac de Trasimène.

A l'entrée delà rue principale est unees-

rilanade étroite où sont des bancs et d'où a vue domine toute la plaine; le mont Amiata à l'horizon et le lac de Trasimène. Une rue droite, partant de la porte Sud de la ville, passe devant San Agostino et mène à la Piazza,^où est le municipio, et, près de là, le palâxzo Pretoria.

1 1 6 kil. (de Florence) . Gortona * —

i Gortone, Crotone, Corytum), environ ,000 hab., — ville entourée de ses mms étrusques, à rues étroites et tor-

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tueuses, à Taspect mélancolique, au milieu du beau pays qui l'environne et dont on admire la variété du haut de la montagne où elle est assise. Ce n'est que par ses admirables remparts qu'elle rappelle la grandeur de son

El

Histoire. — Gortone est une des villes les plus anciennes de l'Italie. Suivant Denis d'Halicamasse » son origine serait antérieure aux Péiasges. Elle devint une des douze grandes cités de la confédération étrusque. Devenue colonie romaine et ruinée à la chute de l'empire, elle disparait de rbistoire pendant mille ans, et n'y reparait qu'au xni« siècle, où elle a des magistrats civils du nom de consuls.

Antiquités. — La viile moderne occupe remplacement de la cité antique.

Les murailles de construction étrusque, en grosses pierres rectangulaires ob longues, posées par assises sans mortier, remonteraient, selon quelques antiquaires, "usqu'aux populations qui ont précédé les Strusques. On peut en voir un beau fragment sur une sorte de boulevard, au pied des murs, appelé le mercato délie bestie (marcbé aux bestiaux). — Ruines de thermes romains, dits bains de Bacchus, — A peu de distance de la porte Sant' Agostino, on peut, en se détournant de auelques pas de la route qui ùionte à u)rtone, aller visiter un tombeau étrusque, dont les habitants de Gortone, profitant de la ressemblance de nom avec la ville de Grotone de la grande Grèce, ont lait une grotte de Pt/thagore. — Grotte Sergadi, tombeau découvert en

Égllset. — Cathédrale, restaurée au siècle passé. On prétend qu'elle re-

gose sur des fondements étrusques. — errière le maître-autel , plusieurs grandes toiles : la première à^ dr. , le pape saint Silvestre consacrant une basilique, bonne peinture de Sacchi; Cigoli, Vierge du Rosaire et Saints ; Luca Signorelliy né ^ Gortone, Communion des Apôtres (1512), œuvre remarquable ; Descente de croix (1502) ; Pietro da Cortona, Annonciation ; Turpino Zaccagna^ élève de Signorelli, Assomption [médiocre). Monu-

ment du grand-maitre de l'ordre de Malte, Tommasi (f 1803). — Sarcophage antique, ayant un beau bas-relief : Combat des centaures et des La^ pithes : les antiquaires, trop préoccupés du passage d'Annibal, ont voulu y voir le tombeau du consul Flaminius, sans plus de probabilité à cet égard que pour les os fossiles de mastodontes, transformés par eux en ossements d'éléphants de Varmée du célèbre Carthaginois.

Sant' Agostiiio. — La Vierge et des Saints, un des bon» ouvrages de Pietro da Cortona ; de Jacopo da Empoli, un sujet analogue.

Sam DoMBNiGo — (xra* siècle). — Autel à dr. du maître-autel, suave peinture de Madone sur un trône, avec des Anges et des Saints, par Beatà Angelico, Dans le chœur, grand tri* ptyque de Lorenzo diNiccold: la V. et des Saints (présent de Cosme et de Laurent de Médicià (1 440); au maitr»autel : Assomption |faussement] attribuée à Pérugin. 3* chap. à g. : Palma le Jeune, Assomption.

San Francesco — (xiii* siècle). — Dans le chœur, fresques attribuées à Pietro délia Frarîcesca; 3* chap., à g. , Annonciation de Pietro da Cortona [œuvre lâchée]. Derrière le chœur, répétition de l'Adoration des bergers, de Signorelli [fatigué].

Gesû. *- Une Annonciation, peinture remarquable de frà Angelico.

(Le geste de la main de l'ange est un peu ridicule.] Un peu plus loin, un tableau [un peu sec et dur] de Signoretli, Madone, Saints et Anges. Audessous, est un tableau allongé en forme de predeUa avec de petites compositions pleines de charme, par frà Angelico [petites têtes ravissantes d'exécution]. De l'autre côté, en regard, autre predella de frà Angelico (Vie de saint Dominique) (moins précieuse que la première] . .4u-dessus une Adoration des bergers, par Signorelli.

Lorsqu'on gravit jusqu'au haut la montagne de Gortone, on trouve à dr..

AOUTE i3. — CORTONE.

un peu avant d'arriYer à Téglise Saînfe-Marguerite, un oratoire en ruine où la sainte momnit, dit-on, en 1297.

Sartà Marghebita*, — église goihicjue d'un couvent, tout en haut de la ville, d'où Ton a une très-belle vue ; architecture de Nicolas et Jean de Ptse. Sous le portique d'entrée, fresqiie ruinée de l'histoire de sainte Mar- ^erite, reconnaissant son amant dans un cadavre. — Sur le maitre-autel, tableau de Ltica Signorelli, Corps de lésus soutenu par un Ange et Saints en adoration; BarôcciOj Sainte Ca^ therine; VEmpoli, la V. et des Saints ; Yanni Tainé, Conception et Saints, etc. La chapelle de Tous-les-Saints est richement ornée d'or et de pierreries ; sous le maitre-autel, tombeau de la Sainte (uii* siècle) : le devant en argent et la couronne d'or sont des présents du peintre Pietro da Gortona, anobli par la ville. — Derrière l'église est un couvent de Franciscains dont le jardin est planté d'oliviers et de cyprès, et d'où on a une belle vue. — On a une vue plus étendue encore si Ton monte jusqu'à la forteresse en rume.

Saîi Niccolô. — Peintures de Ltica Signorelli.

■onuments oîvilt. — Palais Pbe- TORio. — C'est là que tint ses séances l'Académie étrusque, fondée en 1726 parVenuti, et que sont réunis : — La BIBLIOTHÈQUE possédaut uu beau manuscrit de Dante avec miniatures et le :

Musée, petite collection d'antiquités, dont îa meneille est une lampe étrusque, en bronze, à 16 becs, d'un beau travail, que l'on considère conune antérieure à l'art romain; trouvée en 4840. Un autre objet d'art des plus intéressants est une tête de muse, peinte sur ardoise à Tencaustique. Cette tête, d'un beau caractère de dessin, est con-

' On veut agrandir et embellir celte église. Les travaux, commencés depuis longtemps, ont été interrompus, mais les habitants de Cortooe s'efforcent, à l'aide d'offrandes et de quête.*, de mener à fin ce travail.

sidérée conune une rare peintiu*e grecque parvenue jusqu'à nous.

De Gortoae à PérouM.

48 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 1 h. 30 min. — Prix: 5 fr. 25 c; A fr. 28 c; 2 fr. SO c.

Après avoir quitté Cortone (116 kîl.), le convoi du chemin de fer atteint en 18 min. la station de :

426 kil. TuorO'BorffheUo, près du lac de Trasimène. — De là, en 20 min., il atteint :

135 kil. Passignano, — Il côtoie (ainsi que la route) les bords du lac pendant quelque temps; puis il s'en éloigne et arrive (17 mm.) a la station de :

144 kil. Mapione, — Après 20 min.

encore, il atteint :

155 kil. E liera; — et enfin, en 20 autres minutes :

165 kil. Péronae.

De Cortone à Pérouse en ▼oitare pertîoulîèrè.

' N, B. L'intérêt historique, et en même temps pittoresque qu'otfre le trajet entre Cortone et Pérouse, engagera sans doute beaucoup de voyageurs à le faire en voiture particulière, afin de pouvoir s'arrêter à leur guise sur les bords du lac de Trasimène et d'y étudier les localités, théâtre de la célèbre bataille livrée par ânnibal.

La route entre Cortone et Pérouse est agréable et très-variée en points de Tue. Les chênes abondent. Les collines sont couvertes d'oliviers.

En partant du pied de Cortona, une voiture atteint en 50 min. le village à'Ossaja^ nom provenant, non des ossements des Romains, car on n'y a pas trouvé d'ossements et la batadle de Trasimène s'est livrée de l'autre côté de la colline, mais plus probablement d'or«a, ourse. — La route ffravit la petite chaîne basse de la Spelunca; on a une belle vue sur la vallée de la Chiana et le lac de Trasi-

mène. — A 7 kil. d*Ossaja est Monte Gualandro :

Case del Piano. — On côtoie les bords pittoresques du lac de Trasimène jusqu*à Pasnanano, après avoir franchi un tunnel. — On monte ensuite jusqu'à la Magione (après un petit tunnel), d'oii la route descend au S.-E. vers Pérouse.

Lac de Trasimène — (Trasymene, logo di Perupia, — 16 kil. 0. de Pérouse); sans écoulement visible. Il a 12 kil. du N.-O. au S.-E., et 12 kil. 500 dans sa plus grande largeur. Tout autour sont des éminences couvertes de chênes et de pins, et des plantations d'oliviers descendent jusque sur ses bords. Le lac est très-poissonneiix : la pêche est louée 4,000 scudi. Le niveau des eaux s'élève d'une manière très-marquée. On a calculé qu'en le desséchant, l'étendue du lac, rendue à la culture, pourrait produire annuellement environ 120,000 scadi (603,000 t'r.). — Au N. sont les deux lies : Maggiore [où est un couvent) et Minore, et au S.-E. celle de Polvese. Ce lac est très-célèbre par la victoire qu*Ânnibal y remporta sur le consul Flaminius, l'an 217 avant J.-C.

c On ne peut se méprendre sur le lieu 4e la bataille de Trasimène. En se rendant de Cortona à Case del Piano, on a, pendant les deux ou trois premiers milles, autour de soi, les plaines qu*Annibal ravagea afin d'engager le consul Flaminius à sortir d' Arezzo. A %. et en face se trouve une chaîne de collines se dirigeant en pente vers le lac, « montes Gortonenses,» de Tite Live (la Gualandra] . Plus loin, on aperçoit le lac en bas, sur la dr., ainsi que Borghetto, tour ronde dans un terrain étroit et marécageux, entre le lac et les collines, en partie couvertes de bois, à travers lesquelles tourne la route. [Ce terrain marécageux forme une sorte de défilé, qui commence un peu au delà de la tour isolée près du ^c.J C'est au milieu de ces éminences boisées qu'Annibal plaça sa cavalerie, entre le lac et la route actuelle. Arrivé au plus haut point de la route, le voyageur découvre en partie la plaine fatale, qui s'ouvre tout entière à ses regards, quand il descend la Gualandra. Il se trouve bientôt dans une vallée fermée à dr., en face et par derrière, qui semble un emplacement

fait exprès pour un piège, a k>cus inaidiis natus. » [La bataille dut avoir lieu, ce nous semble, dans l'endroit où, après le défilé, les collines, se reculant à g., laissent un vaste espace, aujourd'hui couvert de chênes et de cultures, qui s'étend jusqu'au lac. C'est sur les collines de la Gualandra, formant un demi-cercle à g., que se trouve le village de San-^ gtnnetto, et, un peu plus sur la dr., ce^ lui de Tuoro, sur une colline couverte d'oliviers. La route franchit le petit ruisseau nommé Sanguinetto.]

a Flaminius atteignit le lac près dé Borghetto au coucher du soleil, et, sans envoyer quelques éclaireurs en avant, il s'engagea dans le défilé le lendemain matin avant le jour, de sorte qu'il n'aperçut F as la cavalerie et les troupes légères qui environnaient, et ne vit que IfOs Carthaginois pesamment armés en face de lui, sur la hauteur de Torre [sans doute Tuoro]. Pendant qu'il étendait son armée dans la plaine, la cavalerie en embuscade occupa derrière lui le passage de Borghetto. Ainsi les Romams furent coinolétement cernés, ayant à dr. le lac, en iront le gros de l'armée ennemie, à g. les collines de la Gualandra, pleines de troupes légères, et sur leurs derrières la cavalerie coupant la retraite. Un brouillard s'élevant du lac couvrit alors toute l'armée du consul. Les hauteurs, au contraire, étaient éclairées par le soleil levant et les différents corps placés en embuscade regardaient la hauteur de Torre [Tuoro] pour concerter leurs attaques. Annibal donna le signal et descendit de sa position élevée. Au même moment et de toutes les éminences qui do~ minaient l'armée romaine, ses troupes se précipitèrent dans la plaine. Les Romains

Sui formaient leurs rangs au milieu du rouillard entendirent tout à coup les cris de l'ennemi retentir de l'un et de l'autre côté, et, avant de pouvoir se mettre en ordre de bataille, sentirent qu'ils étaient environnés et perdus.

a Deux petits ruisseaux coulent de la Gualandra dans le lac : le premier, environ un mille après être descendu dans la plaine; le second, environ un quart de mille plus loin, est appelé le SanguineUo (Ruisseau sanglant], et les jpaysans montrent, sur la g., entre le Sanguinetto et les collines, une place découverte qui fut, disent-ils, le théâtre principal du carnage. — Les Romains com-

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