DE BOLOGNE A ROME
PAR AKCÔKE
204 kil. De Bologne à Ancône. Chemin de fer. Trajet (irain direct) en 5 h. — Prix • 23 fr. 10 c; 16 fr. 15 c; (train ordinaire) trajet en 7 h. 50. Prix ; il fr. 10 c; 8 tt 90 c. — De Bologne à taenza, 50 kil. ^ Trajet en 1 h. 10 min.; 1 h. 40 min — Prix : 5 fr, 65 c; 4 fr. ; 2 fr. 85 c. — De Bologne à Rimini, 111 kil.— Traj. en 2 h. 35 min.; 3 h. 55 min. — Prix ; 12 fr 55 c.; 8 fr. SOc; 6fr. 30 c.
Le chem. de fer suit à quelque distance le tracé de Tancienne rote i?mtlienne, et traverse une plainç très-ri-
ROUTE 30. — PàSMZA.
chement cultiTée et d^un aspect monotone. A dr. on aperçoit une suite de collines, derniers contre-forts de la chaîne des Apennins, dont les sommets plus élevés apparaissent de temps en temps. On traverse fréquemment des cours d'eau torrentiels, qui sont à sec dans Tété.
il kil. Nirandola.
1 7 kil. Quadema, — dans le voisinage de Tancien Clatemum.
24 kil. Casiel San Pieiro, — sur le Sillaro. Village fondé au xn* siècle par la commune de Bologne. — A quelque distance à dr. on aperçoit :
55 kil. Imola'', — 26.000 hab.
— Ville située sur les ruines du forum Gomelii. Elle fut détruite par Juslinien et rebâtie par les Lombards.
Elle fut incorporée aux Etats de l'Eglise, en 1509, par le pape Jules II.
— Elle n'a rien de bien remarquable.
La cathédrale, dédiée à saint Gassien, a été naguère restaurée. — Hôpital.
— Théâtre.
42 kil. Castel Bolognese, — 5,378 hab.; ainsi nommé d'une forteresse bâtie en 1380 parles Bolonais. — (Sur les pentes de la colline Serra, un petit volcan laisse échapper des vapeurs et des jets de flamme visibles la nuit; on suppose qu'il est alimenté par un dépôt de pétrole.)
Oo preod ici l*erabraiicheineiit du chemin de fer pour Ravenne.
50 kil, Faenza* (ancienne Faventia) , 20,000 hab. Une des belles villes de ht Romagnc, offrant d'ailleurs peu d'intérêt aux touristes. Elle est située sur le Lamone, ceinte de murailles et défendue par une citadelle ; elle a la forme d'un carré et est divisée par quatre rues qui se réunissent à la grande place. Celle-ci, entourée de portiques et ornée d'une fontaine de marbre, est bordée par la cathédrale, le palais public, le théâtre, la tour de l'Horloge. — Au moyen âge, Faenza appartint successivement aux Goths, aux Lombards et aux Francs ; puis, à
Bologne, et, en dernier lieu, à Venise, oui la céda à Jules IL
On fabrique encore à Faenza, mais en moindre quantité qu'autrefois , la poterie dont le nom français (faïence) est tiré de celui de cette ville; sesproduits ont perdu leur réputation de-
Suis le développement que ce genre 'industrie a acquis dans le Nord.
Faenza a aussi des filatures de soie et des fabriques de soierie, etc.
La campagne environnante est d'une grande fertilité en grain, en vin, en lin et en chanvre. Varron etColumelle vantaient déjà de leur temps la fertilité de cette contrée.
Catbédralb — (Duomo, San Costanzo) : Innocenzo da Imola, Sainte Famille. Bas-reliefs, par Benedetio da Mafano. — Ancibn coûtent des Servîtes (actuellement Giknasio comunale) : possède, entre autres tableaux, une V. avec l'Enf. J., des Anges et des Saints, de Gicv. Battista da Faenza (1 506) . — Dans le couvent des Gapucins, près de la ville , Madone avec Saint Jean, de Guido Reni (eHe fut destinée au Musée du Louvre, mais resta à Milan). — L'église de la Gon- MENDA IN BoRGO possède uuc fresque remarquable de Girolamo de Trétkse (1533) et une petite galerie de tableaux.
Palais cominNAL, — ancien palais de Galeotto Manfredi , seigneur de Faenza (xv* siècle). Francesca Bentivogho, sa femme, jalouse et outragée, fit cacher quatre spadassins sous son Ht. Voyant Manfrem leur résister avec avantage, -elle s'élança elle-même du lit, saisit une épée et le tua. Les habitants l'emprisonnèrent. Laurent de Médicis, à la prière de Bentivoglio, son père, obtint sa délivrance. Une fenêtre au milieu du palais est celle de la chambre où se passa ce drame sanglant.
On cite, parmi les cabinets des particuliers, ceux des familles Laderchi, GoréUi, Milzetti; M. Ginnazi a un Crucifiement par Bi^enê,
Le comte Zanelli a fait, en 1782, ouvrir un canal navigable qui communicjue, à Sant' Alberto, avec le Pô de Pnmaro, et qui met Faenza en communication avec T Adriatique.
EatiX thermales de Saint-Christophe, à 6 kil. de la ville ; source d'eau salée d'où Ton extrait beaucoup de
De Faenza à Florence. Courrier tous les jours. — Diligence 3 fois par semaine. — Trajet en 14 h. Prix : 16 fr. 80 c; 14 fr.
iavecâOkil. de bagages); — part le matin de j'aenza, à l'Albergo délia Corona. Voiture Bour Brisighella, traj. en 1 h. 30 min.; pour arradi, traj. en 5 h. Prix : 8 fr. 50 c ; 6fr. 75 c.; 5fr. 60c.
• Au sortir de Faenza on passe le Lamone, puis le Montone. On aperçoit Forli, dominé par le haut clocher de San Mercuriale.
64 kil. Porli* — (18,000 hab.) (Forum Livii ; on le dit fondé par Livius Salinator, après la défaite d'Astrubal), y. située au pied des Apennins sur la voie Ëmilienne, et bien bâtie. Elle n'a conservé aucune ruine romaine. — Il y a trois places principales : la Grande Place (aujourdliui : fiazza Vitt. Emanuele), où s'élèvent église San Mercuriale et la maison commune; la place du Dôme; la piazza San Francesco (Garibaldi), autrefois couverte d'une église de San Francesco, démolie sous Napoléon ï" et où est la Pescheria (V. plus bas). Une belle et large rue (le Corso) va de la Grande Place à la porta Fia ; à dr. et en dehors de la porte Pia, sur le chemin de Rimini, est un jardin sur une éminence disposée en amphithéâtre, et terminé par une terrasse à'ojx Ton a la vue des Apennins.
Églîtet : — Gathédbale, récemment reconstruite dans le style des basiliques ; deux vastes chapelles latérales, surmontées de coupoles et conservées de l'ancienne église, tiennent lieu de transsepts. Dans celle de g. est la coupole de la Vierge du Feu (Madonna delFuoco), peinte par C. Cignani, qui
y travailla 20 années. Le sujet est une Assomption. Lanzi dit que c'est peutêtre le plus bel ouvrage de peinture produit par le xvin* siècle. « Il y a figuré un Paradis, qui excite une admiration toujours croissante, à mesure (ju'on le contemple. » Il fallut démolir l'échafaudage pour le forcer à cesser ses retouches. La chapelle est éblouissante par le luxe des marbres qui la revêtent.
San FiLiPPO Neri — renferme : un Saint Joseph, de Cignani ; Saint François de Sales, de C, Maratte, et, du . Guerchin, le Christ et l'Annonciation.
San Gibolamo ou San Biagio ; — on y voit une Conception, œuvre capitale du Guide; 1" chap. à dr., peinte à fresque par Melozzo de Forli et PaU mezzano, ou Marco de Forli y élève de Melozzo. Dans le bas sont les portraits des peintres ; dans le haut ceux de Girol. Riario et de sa femme Caterina Sforza, fille de Galéas Marie, duc de Milan; tous deux en pèlerins. La voûte est peinte par Melozzo, — On voit aussi un gracieux mausolée de Barbara Ordelaffi, jeune femme aux traits charmants. — Le célèbre anatomiste Morgagni est enten'é dans cette église.
San Mercuriale, — église romaine du XII* siècle ; façade en briques ; la porte seule est en marbre sculpté. La grande nef a été retouchée et revoùtée en 1 781 . Le haut campanile, de 1180, mérite d'être remarqué. Belle peinture par Innocenzo da Imola. Peintures par Palmezzano : 5" chap., à dr., une Madone ; 4* chap., à g., le Père étemel.
Il Carminé : — Annonciation ; divers Saints, par Melozzo. — On voit encore des peintures aux églises des Servi; Sakta Trinitâ, Sant' Antonio.
Monuments cîvili. — PINACO- THÈQUE ( dans le Ginnasio Comunale , S lace San Pellegrino). Ce musée, e nouvelle création, est situé dans le collège. La première galerie (à l'entrée), contenant des gravures
PORLI. — CBSENB.
dont quelques-unes de Marc Antoine, mène à une salle de tapisseries flamandes (arazzi). On y voit deux peintm^ de frà Angelico. — Dans une petite pièce du fond, on conserve des dessins de Canova donnés par Missirini ; au milieu, le buste d un Ordelaffi est attribué à Donatello, — A g. de la salle des Arazzi est une grande galerie, consacrée aux peintures les plusimnortantes ; on y voit des tableaux de Palmeggiani de Forli, de Carlo Cigiuwf, Melozzo de Forli, Carlo Cagnacci, lAlhane, Bagnacavallo, ÏMenzo di Créât (portrait de Caterina Sforza), du Guerchin, etc. — Dans plusieurs petites pièces en retour on a placé C[uel({ues antiquités et des objets d'histoire naturelle.
Citadelle, — bâtie au xiv* siècle, par Albernc», légat du ppe. — Jérôme Riario, ncTco du pape Sixte IV, s'étant porté «Mnroe arbitre entre les prétentions rivales de divers membres de la famille des Ordebfii (qui, depuis 150 ans, avaient donné à Forli des chefs habiles et de TaiUaats capitaines) , obtint de la veuve de l'un d'eux d'occuper la citadelle et garda pour lui le pouvoir. 11 se plut à embellir sa nouvelle conquête. Il uit assassiné par trois de ses serviteurs, gajnés par Laurent de Médicis (14 avril 1488). Sa veuve Catherine Sforza fit une défense héroïque dans la citadelle. Gomme 00 la menaçait de faire périi* ses fils, elle nwnta sur les remparts, se découvrit et dit quelle pouvait encore en avoir d'autres {re$tavano à Ici le forme per famé fiegh altri. Miiratori). Douze ans plus tard, réfugiée de nouveau dans la citadeUe, elle soutint avec la même énergie un siège contre les troupes du pape et de I^ XII. Elle se rendit quand tous ^* défenseurs eurent succomoé. Depuis jon, Forli et les petites principautés de w Komagne tombèrent sous l'autorité "nniédiatc du saint-siége.
Pbsciebia, — marché aux poissons, JW i portiques, avec une exeidre d'orwedonaue,au fond ; construit en 1830. ■•i«0D décorée de fresques par Melozzo ^ forli, à côté de la pharmacie Morwdi.
^ FcrH à Ravenne, — Diligence ou cour-
rier, en 5 h. départs tous les matin» en cor« respond. avec les trains du chemin de fer. — Prix: 3 fr. ou 2 fr.
De Forli à Florence. — IHlig. on courrier à travers les Apennins, par Rocca S. Casciano, S- Benedetto, S Godenzo^ Dicomano et Pontaaieve, départ tous le»
mat. en corresp. avec les trains du chem. de fer. — Prix: 15 fr. ; 12 fr. ; 9 fr.
Âu delà de Forii le chemin de fer franchit le Ronco et traverse :
72 kil. Forlimpopoli — (Forum populi), 2,500 hab., — V. ruinée en 700 par les Lombards. On passe le Savio sur un beau pont en marbre d'Istrie.
83 kil. Gesene % (Cetena) — 8,000 hab. , — en république au moyen âge,
finis soumise aux Montefeltre (Gibeins), aux Malatesta (Guelfes), à César Borgia, elle fut réunie aux États du Pape. Cette ville est agréablement située au pied des Apennins. La rue principale est ornée de portiques. — Le Palais PUBLIC, bel édifice sur la Grande Place, possède ua tableau (la V. et des Saints) de Fr. Francia. — L'église des Capi'ciNS a un bon tableau du Guerchin.
Bibliothèque Malatestîana. — fondée en 1452 par le seigneur Domin.
Malatesta Novello, et aujourd'hui publique. Elle renferme des manuscrits précieux : entre autres les Ëtymologies de saint Isidore, évêque de Sicile, espèce d'encyclopédie du vn* siècle ; un manuscrit de Papias, etc.
A environ 2 kil. de la ville, au sommet d'une colline, est située la belle église de Santa Maria del Monte, attribuée à Bramante. — A quelques kil. au S. sont des mines de soufre.
Au delà de Cesene on traverse le Pisciatello (le Rubicon de quelques antiquaires) ; puis, avant Savignano, le Fiumicino, sur un pont que l'on dit être de l'époque consulaire.
97 kil. Samgnano. — Près de Savignano est une colonne portant le sénatus-consulte par lequel est dévoué aux dieux infernaux quiconque passera avec une armée le Rubicon. C'est une pièce apocryphe. — Au delà de
ROUTE 20. — RWINI. — ANTIQUITÉS.
Savignano on traverse VUso, considéré aussi comme leRubicon.
Le Rubicon servait de limite à la Gaule Cisalpine et à l'Italie proprement dite. Aucun général ne devait le franchir sans l'autorisation du sénat, sous peine d'être traité comme ennemi de la patrie. Ce petit cours d'eau doit, comme tout le monde lésait, sa célébrité historique à César, qui le franchit en jetant comme défi au momie ces paroles : Le sort en est jeté, fuiroles souvent répétées par des ambitieux ayant son audace aventureuse sans avoir son çénie. Bien que ce nom de Rubicon soit connu de tous, les antiquaires ont de la peine à se mettre d'accord sur son emplacement ; et les pré~ tentions se parUigent entre plusieurs petits CDurs a'cau : !*> le Pisciatelto, le
{ilus anciennement considéré comme étant e Rubicon ; opinion abandonnée généralement aujourd'hui; 2* le Ragossa; 3" le FiumicinOy ou rivière de Savignano. Ces trois cours d'eau se réunissent avant de se jeter dans l'Adriatique ; 4» enfin on semble accorder la préférence à YUso, cours d'eau que la grande route travei'Sô sur un pont romain, entre Savignano et Sant' Arcangclo. Les paysans lui ont conservé son nom de Rubicone.
L. Tonini, dans son histoire de Rimini, dit que le torrent Urgone ou Rogone (dans le nom duquel on peut reconnaître celui du Rubicon), qui se vei'se aujourd'hui dans le Piscia telle, avait un autre cours au temps des Romains. Arrivé à l'endroit où est aujourd'hui le v. de Calinese, il se dirigeait au S. en recueillant les eaux du Ragossa ; il se jetait, à la montagne de Savignano, dans le Fiumicino, qui, grossi de toutes ces eaux, méritait le nom de fiuvius que les historiens anciens donnent au Rubicon.
iOl kil. Sanr Arcangdo. -- iO kil.
plus loin on arrive à Rimini. De ce côté de la route on entre à Rimini par le pont d'Auguste.
111 kil.Rîmmi*.—i8,O00hab.— Ville grande, assez bien bâtie, située dans une plaine fertile, sur la rive dr. de la Marecchia, à quelque distance de la mer, sur le bord de laquelle ont été construits des hôtels et un établissement debains très-Iréquentés.
Histoire. — Rimini, Ariminum, ville lies Ombriens, devenue colonie romaine, fut embellie par Jules César et par Auguste. La voie Flaminienne, construite en 220, y aboutissait, c Après avoir passé tour a touf* sous la dommation des exarques grecs et des Lombards, elle tomba au pouvoir de l'empereur d'Allemagne. L'au i200, Othon ILlyét^ blit vicaire de l'Empire Malatesta, qui rendit son autorité héréditaire. Un de ses descendants, Galeotto, fut reconnu souverain de Rimini par le pape. Plus tard un autre Malatesta vendit en 4503 Rimini aux Vénitiens, et ces derniers le perdirent dans la bataille de Géra d'Addt (1528) contre le pape. Tous les efibrts que firent depuis dans le xvi* siècle les Malatesta pour reconquérir Rimini furent sans succès. Cette ville a échappé à la domination du pape en 1860.
De la gare une large rue mène dans la ville {via di principe Umberto).
Antiquités. — C*est à peine s'il reste encore des traces de l'ancien port, la mer s'étant retirée considérablement, par suite d'atterrissements successifs. Sig. Malatesta en emploTa les marbres à la construction de la cathédrale.
Arc TRIOMPHAL— (Porta Romanaj, ériçé en Thonneur d'Auguste, en temoi^age de la reconnaissance des habitants pour la réparation des voies de ritalie. Cette Porte triomphale, est construite en belle pierre blanche imitant le marbre ; Farchilecture est simple et massive ; le fronton, très-petit, s'étend, par une disposition singulière, entre les colonnes corinthiennes, et ne pose pas sur elles. Entre l'arcade, dont l'ouverture est grande, et les colonnes, sont des médaillons avec les têtes de Neptune et de Vénus, et, à l'extérieur, de Jupiter et de Minerve.
La partie supérieui*e du monument est en briques et couronnée de créneaux du moyen âge. ( F. Maur. Brighenti ; Illusirazione delV areo d*Attgtuto, con Otto tavole in rame, Rimini , 1825.)
Pont d'àdgdstb ; — commencé par cet empereur et adhevé par Tibère. D
BOUTE âO. — RUUDil. — ÉGLISES.'
est construit en pierre blanche d^Istrie, comme Tare de triomphe. Cette construction, si solide, sert de yiaduc à la voie Emilienne pour franchir la Marecchia (Ariminus). 11 a 5 arches, et 66 met. de long. Le parapet porte à rintérieur Tinscription, effacée, relative à sa construction.
Piédestal de César, — sur la place du marché. Tribune, simple dé de pierre d'où César, selon une tradition, qui parait apocryphe, aurait harangué ses soldats après le passage du Rubicon. — A quelque distance de là, près du canal, est une chapelle consacrée à saint Antoine de Padouo, d'où le saint, moins heureux que le capitaine romain, et ne pouvant parvenir à se faire écouter des habitants, aurait, selon la légende, harangué les poissons.
Places. — Marché aux poissons, entouré d'arcades. — Grande Place, ornée d'une fontaine et de la statue en bronze de Paul Y, mutilée et transformée en San Gaudenzio, évéque de la ville.
Eglises. — San Frangesgo (Tempio dei Malaiesii), église construite au XIV* siècle, refaite vers le milieu du XV* siècle, selon le nouveau style, par ordre de Sigismondo Pandolfo Malatesta, sur le dessin de Léon Battista Alberti. Les architectes la regardent comme son chef-d'œuvre. C'est un monument. des plus intéressants dans l'histoire de l'art en Italie, comme étant une des premières tentatives faites pour s'affranchir du style gothique et revenir à l'ancienne architecture romaine. Xa façade n'est point terminée. Autour de l'église régnent des portiques de la plus noble proportion et de la forme la plus pure, s'élevant sur un soubassement continu, et présentant une suite d'arcades dont les archivoltes, simplement profilées, retombent sur les impostes de piédroits. La seule décoration de cette simple ordonnance consiste en cou-
ronnes sculptées entre les archivoltes.
Sous chaque arcade Alberti a pla^ des sarcopnages, dans le goût antique, d'un effet imposant ; destinés par Malatesta, après leur mort, aux hommes de talent qu'il avait réunis près de lui. — L'Intérieur de l'église tient encore du style gothique, et a une quantité de monuments de la famille Mâlatesta, avec des sculptures du xv* siècle. A travers les arcades plein cintre on voit des arcs ogivaux de l'ancienne église ; de sorte que l'œu* vre d' Alberti n'est qu*un placage. La nef est couverte d'une charpente ap*
Sarente ; elle est décorée d'une sorte e frise, faite d'armoiries et de feuillages en pierre sculptée, reposant sur un simple cordon ou torsade en terre cuite. — 1" chapelle, à g. (restaurée en 1868) consacrée par Sigismond ' Mâlatesta à la mémoire de ses ancè* très. — 2* chapelle à dr., monument dlsotta, maîtresse lettrée de Sigism.
Mâlatesta, qui fut le digne pendant d'Ezzelino de Padoue ; brave et féroce comme lui. (11 se débarrassa de ti*oi$ femmes par le divorce, par le poignard et par la strangulation.) La rose et l'éléphant, emblèmes des Mâlatesta, et les chiffires unis de Sigismond et d'Isotta sont multipliés dans l'intérieur. — La Chapelle du Saint-Sacre- HEM a des bas-reliefs en bronze (mi ont été attribués à GhiberU (?). On peut faire ouvrir la Chapelle des Reliques, contenant une fresque (ruinée) de IHetro délia Francesca, qui représente Malalesta à genoux devant saint Sigismond, son patron.
San Giuuamo. — Au mailre-autel.
Martyre du saint, bon tableau de Paul Véronèse. [La jeune tête du saint plus expressive quon ne l'attendrait du genre de talent du peintre vénitien.] A g. avant le chœur, 14 compartiments, peints par Lailanzio délia Marca (1557). — San Girolamo, peinture du saint, par le GuerMn,
Palais. — Palazzo dbl Comune :