ROUTE 20. — EXCURSION A SAN MARINÔ
Peinlui^es par Dom. Ghirlandajo, Simone Cantarini; une Pietà, en détrempe^ par Jean Bellin.
Forteresse, — construite par Pandolfo Malatesta et démantelée. — L'ancien château des Malatesta sert aujourd'hui de prison.
Bibliothèque, de 23,000 vol. fondée en 1617.
Théâtre Vittor. Emanuele (1857).
Habitation de Françoise de Rimini. — On croit gue la demeure de celte femme, immortalisée par le génie de Dante, et qui était fille de Guido da Polenta, sei- • giieur de Ravenne, protecteur et ami du poète, était située sur remplacement du palais Ruili. Quelques critiques, du reste,
f ►rétendent que le drame sanglant eut ieu à Pesaro. — Tout le monde connaît le récit poétique que Dante a fait de la . fin tragique de la francesca. Il avait 23 ans quand arriva celte aventure. Plus tard, quand il traita ce Sujet, aux fictions populau-es qui avaient altéré la vérité il ajouta les siennes. Boccace, dans son Commentaire sur Dante, a raconté lefait d'une manière romanesque. Les particularités fabuleuses, ajoutées au fond de l'aventure, tendent toutes à exalter la sympathie pour Francesca et son amant, représentés dans la fleur de la jeunesse, et a rendre plus odieux son mari, tyran difforme, qui ne l'aurait épousée que par violence et par fraude. Au risque de déranger un peu les rêveries du voyageur sentimental, nous croyons devoir rétablir ici les faits dans leur vérité historique. Ce fut effectivement le beau Paolo dei Malatesti, frère aîné de Lanciotto, qui négocia le mariage pour le compte de celui-ci et nullement pour le sien propre, car il était marié a une Malatesta, qui vivait encore en 1276, époque du mariage de Francesca. Maintenant, entre cette année 1276 et l'année 1289, où eut lieu le meurtre de celle-ci, il y a un intervalle de treize ans. Les amours de Francesca et de Paolo n'eurent donc point l'espèce d'innocence ni le caractère d'une passion irrésistible entre jeunes gens destinés l'un à l'autre et séparés par une perfidie.
Environs. — \iUa Zollio (environ 9 kil. S.-E. de Rimini), peinture du Gmrchin, — Castel di S. Léo (24
kil. à ro. de Rimini), où fut enfermé et mourut Cagliostro.
Excursion à San Marîno.
(république de saint-marin)
Une route escarpée, sauvage, mais bien entretenue, conduit de Rimini (22kiL)à^;
Saint-Marin. 900 h., — ville située sur une hauteur, et capitale de la célèbre petite république de ce nom ; le
Clus petit comme le plus ancien de tous 3s gouvernements de l'Europe. « Il y a dans cet Etat libre trois villages et quelaues hameaux. Les trois villages sont:
ISerravalle, puis, beaucoup plus baut, le Dorgo ; et, bien plus haut encore, sur la cime extrême de la crête du mont Titan, l'un des points les plus élevés de TApennin, San Marina, le plus important des trois, et qui peut bien passer pour une ville. « L accès en est si âpre et si difficile, dit M. Ern. Desjardins, que je ne suis point surpris qu'on ait respecté la liberté des habitants, comme on a coutume de respecter l'aire des aigles et des vautours. Il faut bien 3 heures d'un bon pas pour gagner la capitale depuis Serravalle. Du haut de la petite esplanade qui précède l'église de Saint- Marin on découvre un vaste panorama* on a devant soi toute la Romagne, encadrée, à l'O., par la courbe majestueuse de l'Apennin ; on devine la marche lente du Pô au sillon de brume qui forme l'horizon de ce côté ; l'Adriatique apparaît dans toute sa. largeur, et l'on distingue même les montagnes dlllyrie au delà. » « La constitution non écrite de Saint-Marin, la plus ancienne de l'Europe, dure depuis quatorze siècles ; et parmi les deux capitaines, l'un de la ville, l'autre de la campajçne, chargés du pouvoir exécutif, et éligible* tous les six mois, il ne s'est encore rencontré aucun de ces chefs ambitieux, usurpateurs ordinaires de la liberté. » jSa fondation remonte, dit- on, au m* siècle. Un maçon, de Dalmatie, nommé Marino, qui avait travaillé trente ans au port de Rimini. choisit cette élévation pour retraite. La renommée de sa sainteté lui attira des disciples et des imitateurS|. et la
ROSTE 20. — SAN lURUIO. — fESÀHO.
montagne même lui fut donnée par une princesse. C'est ainsi q|u*il devint fondaleur d'une société qui s'éleva à Tétat de république. Elle a pu, grâce à son peu d'importance, traverser les siècles en échappant à tous les orages politiques.
I^ans le siècle passé, le légat du pape, Âlberoni, intrigua pour la détruire. £n il91, Bonaparte assura la république de Saint- Marin de l'amitié du gouvernement français, et lui offrit une extension de territoire, qu'elle refusa. Sa modération fut récompensée par un don de quatre pièces de canon. En 1817, Pie Yll reconnut son indépendance, i.a petite république de San Marino Ggure encore au nombre des États de l'Europe. — Sa superficie est de 57 kil. carrés. — Population, 7,750 hab. — Revenus, 6,000 «cudi; dépenses, 4,000 scudi. (Voilà sans contredit un budget modèle, et malheureusement bien loin d'être imité par les grands Etats 1) Chaque habitant, parvenu a sa majorité, fait de droit partie de l'Assemblée du peuple [arringo], qui nomme dir^tement le grand conseil souverain (gênerai consiglio principe), formé de 60 membres (1/3 nobles, 1/3 bourgeois, 1/3 petits propriétaires), converti en 1847 en cbambre des députés.
Dans ce nombre on choisit le conseil des 12, sorte de chambre baute (2/3 de la ville et faubourg et 1/3 de la campagne). Les deux capitaines régents, ou pouvoir exécutil, sont choisis parmi les membres du conseil souverain, et restent chacun six mois en fonctions ; l'administration de la justice est entre les mains d'un jurisconsulte étranger, choisi pour trois ans, et qui peut être renomme. — L'armée se compose, dit-on, de 40 hommes, dont 28 musiciens. « Le major et le général commandant ces forces habitent Rimini. » La ville de San Marino n'offre aucun intérêt aux voyageurs que la vue étendue qu'on a du haut sur la mer Adriatique et jusque sur les côtes de Dalmatie par un temps clair. — La chambre du conseil a une Madone crue de Jules Romain. — Le conrite Borghesi, savant épigraphiste et numismate, mort on 1860, et dont les écrits ont jeté de p-andes lumières sur l'histoire, avait réuni une collection de monnaies, riche en monnaies consulaires impériales.
Entre Rimini et Pesaro on passe de TEmilie dans les provinces des Marches.
Le chemin de fer, au sortir de Rimini, longe le rivage de FAdriatiqae.
11 est très-rapproché du bord de la mer et fréquemment assis sur une laisse de mei^ ; à dr., des collines basses des Apennins aux foiTies chanffcantes se dessinent à l'horizon. II franchit le Marano et le Conca. (Cnistumium rapax, de Lucain). — En avançant vers la Cattolica, située à g. au bord de la mer, on a devant soi un cercle de collines assez élevées qui se rapprochent.
150 kil. (de Bologne). La Cattolica,
— village ae 1 .300 hab. , ainsi appelé pour avoir donné asile aux prélats orthodoxes qui, pendant le concile de Rimini, se séparèrent des évéques ariens. Ici on quitte la Romagne et Von entre dans Tancien duché d'Urbin. La contrée devient plus montueuse. On traverse un tunnel (2 minutes 1/2) et on franchit la Foglia (Isaurus ou Pisaurus), un peu avant d*arriver à :
145 kil. Petaro* — (Pitawrum) , 19,000 hab. (De la çare, unevoilm*e 50 c. jusqu'à la Piazza Maggiore.) V. agréablement située sur une hauteur, à l'embouchure de la Foglia.
Elle est entourée de remparts formant boulevards ; d'une grande partie de ces boulevards on a la vue de la mer.
— Depuis la station on aperçoit le jardin botanique. Au centre de la ville est une grancfe et belle place, et sur un des côtés s'élève la Préfecture (ancien palais des ducs d'Urbin). — Celte ville fut en partie détruite par un tremblement de terre sous Auguste ; plus tard elle le fut par Totila. — Le terrain des environs, du côté de la mer, est fertile en olives et en figues très-estimées.
Eglise San Francesco : — Transsept de g.i Couronnement de la V., par Jean Bel lin ^ peinture altérée, à laquelle est jointe une prédelle en 5 compartiments. — D y a encore quel-
I^OUTE 20. — PAMO. — ÉGUSES.
nés peintures dtns les églises de A NT* Antonio (dans la sacristie : retable gothique d'Antonio da Murano (1464) ; — San Cassuno : (sainte Barbe, par Simone da Pesaro) ; — S.
Spirito : Christ en croix par Signorelli. — San Giovanni de' riformati ; — San Giovanni Battista.
L'ancien Palais des ducs d'Urbin, dont le grand salon annonce la magnificence presque royale des princes de la Rovère, vit, au xvi" siècle, briller une des cours qui était un des foyers littéraires de l'Italie; Bernardo Tasso composa son Amadis à Pesaro ; le Tasse y fut attiré par la duchesse d'Urbin, Lucrèce d'Esté.
Bibliothèque — (1,300 vol. et 600 manuscrits), MUSÉE et méda illier Oli- TiERi, légués à la ville ; à la bibliothèque, manuscrits autographes du Tasse, etc.
A l'OsPizio degl' Incorabili, on peut voir une collection de majoliques, poteries dont la fabrication atteignit à Pesaro une grande perfection sous les ducs d'Urbin.
Pesaro est la patrie de Rossini. Une statue lui a été élevée en 1864. On montre la maison où il est né. Le théâtre porte son nom. .
Environs. — « A côté de Pesaro est le mont San BartolOy l'ancien Aocius, qui tirait son nom du poète L. Accius, le premier des tragiques lalins, né à Pesaro. »
Parmi les villas du voisinage on cite V Impériale, magnifique villa des ducs d'Urbin, construite pour Leonore de Gonzague, célébrée par les poètes, et aigourd'hui à l'état d'abandon ; — et celle de la reine Caroline d'Angleterre, maintenant propriété de la famille Bergami.
De Pesaro une route directe conduit à Urbino (F.R.2i).
Au delà de Pesaro le chemin de fer suit, au. pied d'une colline, le rivage de la mer, tout à fait au bord du flot. La
première ville que l'on rencontre est Fano.
157 kil. Piaio*. -^ 9,000 hab. Autrefois Fanum Fortunœ^ temple de la Fortune, élevé en mémoire de la défaite d'Asdrubal. On voit sur ime fonrtaine une statue moderne de la Fortune, qui, sans doute, en a remplacé une plus ancienne. — Cette ville est située sur la mer, près du Metauro.
L'air y est extrêmement sain ; les enn virons sont charmants. — Le port fut réparé en 1616 par Paul V. — Sur la Grande Place, s'élève un Théâtre construit en Î862.
Antîquîtéfl. — ArC DE TRIOMPHE
d' Auguste, restauré et surélevé par Constantin (à l'extrémité d'une rue aboutissant à la Porta Maggiore). — A g. de l'arc est une petite porte d'église en style élégant de la Renaissance. Dans cette même rue est le Dôme.
Eeliseg. — DÔME (San Fortunato), façade en briques apparentes. Il reste les quatre lions du portail gothique.
On voit dans la 4* chapelle à droite 16 fresques du Dominiquin (l'Histoire de sainte Marie), ouvrages très-estinaés, mais presque entièrement détruits ; dans la sacristie. Madone de L. Car-^ rache.
Sant' Agostino. — Chapelle h g. du chœur, un Ange gardien, excellent ouvrage du Guerchifi, [La peinture s'écaille. ]
Santa Croce. — (Eglise de l'hôpital). Une intéressante Madone, accompagnée de sainte Hélène [une fente dans le panneau divise cette figure^, de saint Sébastien [profil jeune et douloureux] , de saint Roch et d'un autre saint, par Giov. Santi, père de Raphël. (Signé : Joannes Santis Urb. f.)
San Domenico. — Saint Thomas, de Palma Vecchio (?).
San Francesco. — Riches tombeaux de Pandolfo Malatesta (érigé par son fils en 1460) et de son épouse (1398).
Santa Maria Noova, — !'• chapelle à g., une Visitation de Giov. Santi, père de Raphaël. — 2» chapelle à g., Annonciation du Pérugin [panneau fendu dans le milieu]; une Madone de Sassoferrato. — 3' chapelle à g., àviPémgin, la Y. et l'Enf. J. sur un trône, et des Saints (la fi^re de la Madeleine est très-belle). La prédeUe contient 5 petits tableaux d^ne exquise beauté ; Pietà, attribuée à Raphaël^ mais que Ton croit être l'ouvrage de Gênga^ élère du Pérugin.
Sah Paterniano, — !'• chapelle à dr.: Sposalizio, bon tableau du Gw^rchin (gravé par Volpato) [Cette peinture a du rapport avec la manière adoptée plus tard par Philippe de Ghampaignc] ; fresques de Yiviani; peintures de C. Bonone; de CL Rido//î.
Sa5 Pietro, — église enrichie de marbres; fresques remarquables de Vwiani; Annonciation du Guide; Miracle de saint Pierre, par Simone da Pesaro (Cantarini).
Sarta Teresa. — Tableau d'autel, de ÏAlbane.
■onuments oîvîlt. — Le COLLÈGE NoLn possède le célèbre tableau du Dominiquin: David portant la tête de Goliath ; qui suffirait seul, dit Lanzi, pour tXennaer le nom d'un artiste. [La forme est toujours un peu courte, ramassée. La pose pourrait être mieux choisie. Les jambes écartées ont de la lourdeur. Toutefois le dessin général de cette figure est d'un maître.]
Palais — du comte Castruccio Castncani : peinture à' A ndreas Bartoli de' Magistn Fredi, de Sienne : la Vierge dans une gloire, entourée d'anges, œuvre supérieure aux peintures du même à San Ginugnano.
Sur la Grande Place, Théâtre construit en 1862.
De Fano à Urhino, excellente route 'R. 21); — d'Urbinoi à Florence, par Borç) SanSepolcro et Arezzo (R. 23 ; voir wissi tome M; ou à Rome : 1» par Borgo San Sepolcro et Pérouse (R. 23 et 25) ;
RALIE DU SUD.
2* par Fossombrone, le passage du Furlo et Foligno (R. 24, 25 et 44).
Un peu au delà de Fano on franchit la rivière torrentielle du Metauro(Metaurus), sur un pont de pierre ; on voit à dr. l'ancien pont de bois. C'est sur ses bords que les consuls Livius et Néron défirent Àsdrubal, 207 avant Jésus-Christ. — De Fano à Ancône la voie, resserrée entre le rivage et les collines, continue à côtoyer les flots de l'Adriatique, et est assez agréable.. — Déjà, depuis Fano, on peut (du côté g.) apercevoir devant soi la colline éloignée au pied de laquelle est Ancône.
469 kil. Marotta. — On s'arrête à Sinîgaglia, située à dr. et qui s'annonce avec assez d'importance. Un canal aboutit à deux petites jetées.
479 kil. Smigaeli*^ (Scna). —Population fixe : 41,000 hab. Petite ville très-commerçante en grains, en chanvre et en soie ; située sur le bord de la mer. La station est à 5 minutes du centre de la ville. Il n'y a pas d'omnibus, mais des voitures de place sans tarif. En sortant de la station on tourne à dr. jusqu'au canal ; on suit le long du canal la via dei Portici, Du milieu de cette rue part la via del Corso, la plus animée de la ville. A dr. sont les places : del Duom^ et Piazza Pia, — Sini^lia fut fondée par les Gaulois sénonais ; presque toutes les constructions sont modernes et d'une architecture régulière. Celte ville est particulièrement célèbre aujourd'hui par la foire de Sainte-Marie- Madeleine, qui s'y tient tous les ans, du 20 juillet au 8 août, et qui y attire un grand concours d'étrangers. Elle a un petit PORT formé par la Misa« à son embouchure dans la mer. a Pendant la tenue de la foire, Sinigagha offre un spectacle curieux : c'est un mouvement perpétuel d'une foule de gens de toutes nations. Les rues sont couvertes de tentes suspendues que l'on humecte de temps en temps, et le
ROUTE tiO. — ANCÔKE. — HISTOIRE.
sol est garni de planches pour la commodité des transports. Les palais, les maisons, les quais, les moindres espaces sont convertis en magasins. Les fossés, les glacis et les dehors de la ville sont couverts de baraques, de cuisines et de chevaux au piquet. La plus petite chaumière rassemble plusieurs ménages. » Sinigaglia, intéressante au point de vue du commerce.
Test fort peu à celui de Fart. — On cite dans une église, située à quelque distance hors de la porte Montagnara, et appartenant au couvent des Padri riformati, un Pérugin, qu'une restauration récente a altéré. — Sinigaglia est la patrie du pape Pie IX et de la célèbre Gatalani.
De Sinigaglia à Arcevia, ài\., traj . en 6 h.
191 kil. Case Bmciate. — Cette station, dont le nom rappelle un incendie, se compose seulement de quelques maisons. — Jusqu'à Anconc, le chemin de fer suit le contour de la cote, au bord de la mer, et séparé du flot par une digue en pierre. Un peu au delà, on passe la rivière d'Ësino.
196 kil. Falœnara. — C'est de cette station que se détache le chemin de fer de Rome.
204 kil. Anoône* (Ancona). — Environ 20,000 hab.; 5,000 juifs, faisant un commerce actif, habitent un quartier séparé, le Ghetto.
La gare est à 20 min., en omnibus, de la place du Théâtre /au centre de la ville). De là, la rue au Corso Vitt. Emanueley perpendiculaire au port, monte à la place Cavour, au centre du quartier nouveau (on y a élevé une statue à ce grand homme).
Histoire. — Âncône fut fondée par les Sicules et non par des Syracusaios. Son importance, au temps de Trnjan, est prouvée par ce qui subsiste encore de ses magniliques constructions. Elle l'ut saccagée p:ir les Lombards, qui y établirent un ofiicier avec le titre de marquis, marcueds, chef de la marclie (de mark, frontière). Au ix« siècle elle fut rujnéc par les Sarra-
sins, devint une ville libre au xn* siècle, et fit partiede la ligue lombarde. Elle conserva ses privilèges jusqu^en 1532, où, sous prétexte de la défendre contre les incursions des Turcs, Gonzague, général de Clément Yii, s'en empara. La noblesse fut exilée et la domination de l'Église établie. Pendant les guerres de la Bé— volution française, elle fut prise et, longtemps occupée par les Français, fut rendue au pape, en 1814, par le con-
frès de Vienne. En 1832, à roccasion de entrée des Autrichiens dans les Etats- Romains pour réprimer des révoltes, elle fut de nouveau occupée par les Français, et évacuée en 483». Ancône, en 1849, fut assiégée et bombardée pendant une dizaine de jours par les troupes autrichiennes.
Lft'PoRT est de forme circulaire; il est défendu par deux môles : l'ancien môle de la Lanterne (sur lequel est l'arc de Trajan) a 600 met. de long; le petit môle forme une sorte de cercle autour de la Dogana. Gomme le port n'avait pas une profondeur d'eau suffisante, le nouveau gouvernement d'Italie a fait exécuter des travaux pour le creuser, prolonger les môles et faire des quais de déchargement. Les travaux du quai, terminés, font le tour du port. On a construit deux jetées de 100 met. de long et 20 met. de large, pcrpendicu^ laires au quai, afin de faciliter les opéra^ tiens des navires qui pourront décharger à quai. Le môle de la Lanterne a été prolongé par 10 et 15 mètres de profondeur. Deux milHons 400,000 fr. ont été votés pour construire un iMssin de carénage, a Ancône, disait le ministre de la marine, 13 février 1862, pourrait difficilement devenir un grand port de guerre, un vaste arsenal maritûne. C'est une station très-importante, le seul refuse pour nos flottes que nous ayons au milieu de l'Adriatique, et une puissante forteresse du côté de terre, défendue autant que possible du côté de la mer. »
La Citadelle, bâtie après la soumission d'Ancône au saint-siege, commande la ville et le port. Un des forts qui défendent le port, construit par Clément VII, a été augmenté depuis; les Français ont restauré en 183*2 celui qui est près des Capucins. On a fait également, en 1864, d'énormes travaux pour les fortifications tant du côté de la mer que du côté de la terre.
Âncône, la ville la plus commerçante de la côte orientale de l'Italie et qui a cessé d'être un port franc, est bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une colline dont l'extrémité forme un promontoire qui s'avance dans la mer. Vue du côté de la mer, la ville présente un beau coup d'oeil ; mais l'intérieur n'offre rien d'agréable : les rues sont étroites et irrégulières. — Le périmètre de la ville a été récemment agrandi, et une partie de la nouvelle enceinte fortifiée a élé construite.
— On a ouvert, à travers le Ghetto, le percement d'une large rue, menant à une place nouvelle : la Place Cavour, où de belles maisons ont été élevées. Les progrès matériels et le développement de l'aisance sont remarquables.— La foire d'Ancône s'ouvre le 20 août.
N. B. Le plan d'Ancône (V. au recto) embrasse le port (moins le prolongement des jetées), les nouveaux quais de déchargement (sur lesquels est ligure le prolongement projeté du chem. de fer), et l'ancienne ville. Le défaut d'espace n'a pas permis d'y comprendre les nouveaux quartiers projetés à 1 £. et au S.-E., avec les lignes de fortifications.
Places. — La Grande Place (PI. a B), située au centre de la ville, aboutit à deux rampes montant à l'église S. Domenico. Entre les deux rampes s'élève la statue du pape Clément XII.
— A l'entrée et à g. de la place, une double arcade (strada délia Catena) mène à la Via del Comune, qui monte à la Place de l'Hôpital, dominée par la façade non terminée de l'église San Francesco (servant de prison, PL i B), avec porte gothique moniunentale. — Plus loin, en suivant la rue vers le Dôme, on arrive à la Place del Co- MDNE, d'où Ton a la vue de la mer.
— Dans une direction opposée, et en partant toujours de la Piazza Grande (à l'entrée à dr.), on ne tarde pas à arriver à la Place du Théâtre. Du côté opposé au théâtre, on aperçoit pardessus les maisons le clocher pyramidal de l'église du SS. Sacramento.
— Un peu plus loin est la Puzza
NuovA (Pl, b D) ou dei CavalH (k cause de la fontaine), et, au coin, l'église Saut' Âgostino, ayant un porche gothique encadré d'énormes pilastres corinthiens.
Trajan fit agrandir le port d'Ancône, et ce fiit en signe de reconnaissance que le sénat fit ériger un arc de triomphe à cet empereur.
Antiquîtéf : ^ ÀRG DE TrajAN (Pl.
6 A). Cet arc triomphal, d'une forme élancée, un des monuments les mieux conservés de ce genre, est élevé sur le haut soubassement qui forme le môle ; on y monte par un escalier de 24 marches, fermé par une grille. Il est admirablement construit et d'un marbre blanc magnifique. L'archivolte et l'architrave ont conservé toute la finesse de leurs profils. Il est décoré de colonnes corinthiennes, cannelées et engagées. Les profils de la corniche ont une grande saillie et sont d'un bel effet. L'attique porte une inscription que le temps n'a point effacée. La main des barbares l'a dépouillé d'un grand nombre de statues ae bronze, de trophées et d'autres ornements accessoires. Du côté de la mer, on lit les deux inscriptions suivantes, se rap-
ÇDrtant à la femme et à la sœur de raian : Plotina. Aug. Gonjug. Aug.
— DiviE. (parce qu'elle était morte) MARCiANiE. Aug. Sorori. Aug. — Assez près s'élève un autre arc.
Arc moderne, érigé en l'honneur du pape Clément XII, qui avait commence le môle et le lazaret. Ce second arc, d'ordre dorique, dessiné par Vanvitellij forme un contraste peu heureux avec celui de Trajan. On a dit avec raison qu'un arc de triomphe était mal placé sur un môle et ne convenait pas à un prêtre.
Églîfef. — Cathédralb (PL 1 A), dédiée à saint Cyriaque, i" évêque d'Ancône, située sur le sommet du cap (monte Guasco). On y monte par des ruelles sales et étroites. Elle oc- I cupe l'emplacement où était le temple
de Vénus ; des colonnes de ce temple ont été conservées dans Téglise ; elle date du commencement du xi* siècle ; mais la façade, très-remarquable, offrant un porche profond, à colonnes portées par des lions en marbre rouge, est du xiii*, et, à ce que l'on croit, de Margaritone. La crypte renferme les sarcophages du préteur Titus Gorgonius et de saint Gyriaque. La coupole dodécagone, reposant sur un taniDour également à douze pans, retombe sur 4 arcs plein cintre, portés par 4 piliers d'une force médiocre.
Cette coupole est considérée comme une des plus anciennes de Tltalie. La toiture de la nef est en charpente; les poutres sont peintes et la voussure est formée de sections d'arcs. — Tombeaux de Lucio Basse et de B.
Gianelli.
En tournant à dr., derrière l'église, on arrive à un précipice à çic, et on a une vue étendue sur l'Adriatique. On aperçoit à dr. un phare sur une colhne plus élevée que celle du Dôme.
Sah Domenico, — (PL 5 B) rebâtie en 1788. Façade terminée à moitié. — Un tableau du Titien, le Ghrjst sur la croix avec des Saints. [Tableau noir ; assez bien composé, mais où Ton ne retrouve pas le coloris du grand Vénitien.]
Sah Francesco, — ayant un porche gothique richement sculpté.
Santà Maria della Piazza — (sur une petite place, près de l'hôtel della Pace(Pl. 5 B). La façade, à plusieurs rangs superposés de fausses fenêtres géminées, à arcs plein cintre, est curieuse par la prodigalité de son ornementation gothique. Lor, Lotto, la Vierge sur un trône ; Présentation au temj^e, de Marco BenefiaL
Sàmta Pelagia, — on y monte par une rampe à droite de celle qui va au
L'ÉGLISE DES ZOCGOLANTI — (sOUS le
fort), possédait, dit-on, un Titien qui aurait été estimé 500,000 fr. La France n'en aurait eu qu ime copie.
MonumenU oîvilt. — BouRSE {Loglia dei Mercanti). Façade gothique ^de style tourmenté]. L'architecture intérieure est de Tthaldi de' Pelleqrini, qui a exécuté également des fresques, altérées sur plusieurs points [elles sont d'un ton lourd et d'un style médiocre]. — Palazzo del Comune.
— Palais Feretti ; Tibaldi y manifeste encore son talent comme peintre et comme architecte.
Théâtres : — des Muses et Victor- Emmanuel. — Théâtre diurne.
Fontaine del Galamo ou des Tredici Cannelle, par Vanvitelli, près la porte Galamo (PL cD).
H'AncÔne à Trieste. — Bat. a vapeor (Lloyd autrichien) (départ : jeudi à 6 h. s.; arrivée à Trieste, dimanche à 3 h.).
l>'Ancône à Rome (R. 27).
D'Ancôné à Vqggia (en chem. de fer) et à Naples (Voir la Table des matières).
D'Ancône à Brindisi et Tarente, Catane, Messine, Naples. — Bateaux a vapeur de la C* Peirano Danovaro (départ les vendredis à 4 h. s.; — à Brindisi le dimanche à minuit.