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III. — Via Roma, quartiers hauts et quartiers Ouest

Comme il y a de longues distances à parcourir, le touriste se servira d'ime voiture, ou des autobus ou du tram, p. 276. Pour se rendre directement au Musée, il est conseillé de se servir de l'autobus (50 c.) qui part de la piazza Trieste e Trento, angle du Palais de la Préfecture.

La Via Roma (PI. II-III 16), que les Napohtains continuent à appeler via Toledo (du nom de don Pedro de Tolède qui la fit ouvrir), est une rue presque rectiligne, montant doucement du S. au N., et longue, avec sa continuation, la via E. Pessina (ey^-Salita Museo), de 2.250 m. Elle est la principale artère de la ville et même la plus typique parmi les rues importantes, bruyante, palpitante de vie, avec un va-et-vient incessant surtout l'après-midi. Une infinité de rues et de ruelles y débouchent; à dr., elles descendent vers le Port et la Gare, formant le quartier le plus commerçant; à g., elles montent plus rapides et môme par des escaliers, jusqu'au corso Vittorio Emanuele et au Castel Sant'Elmo. Après un parcours de 300 m. à partir de la piazza Trieste e Trento, jusqu'au Largo Carità, la via Roma passe juste au-dessous de S. Martino, p. 296. À g., entre cette colline et la via Roma, se resserre un quartier très populeux, aux maisons très hautes, que des ruelles toutes en pente séparent à angle droit. À g.,

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sur le Largo Carità, on remarque le monument Poerio; plus avant, à dr., le solennel Palazzo Maddaloni. On débouche sur la piazza Dante {monument Dante) et l'on continue par la via E. Pessina, ex-salita Museo, qui aboutit à un vaste édifice, le Palazzo del Museo Nazionale, p. 296. À dr. est la pi. del Museo, continuée par la pi. Cavour. On continue directement, en tournant un peu à dr. par la strada S. Teresa degli Scalzi (N» 94, la maison où mourut Léopardi), et l'on arrive à une rotonde, avec inscription en l'honneur d'Humbert I". On traverse le pont delta Sanità (vue sur Capodimonte), et l'on suit pendant 150 m. env., la via Nuova di Capodimonte. Puis on descend à g., par la rampa, et l'on tourne à dr., par la strada S. Gennaro dei Poveri, qui conduit à VOspizio di S. Gennaro dei Poveri, où l'on visite l'austère basilique du VIII« s. de S. Gennaro et les remarquables Catacombes de S. Gennaro (entrée, 3 L.), creusées dans le tuf, et dont les plus anciennes remontent au I" s. On y voit des restes de mosaïques et de fresques et une chaise épiscopale. - De retour à la strada nuova di Capodimonte on continue tout droit par la même rue jusqu'au rond-point, appelé le Tondo di Capodimonte (il vaut mieux se srevir du tram Isjo 4 vert, au moins jusqu'au rond-point); de là, la rue et le tram montent à g. en lacets à l'entrée principale (Porta Grande) du Parc du Palazzo di Capodimonte (PI. II, 16). Les piétons, depuis le rond-point, au lieu de suivre la ligne du tram, montent un bel escalier, flanqué d'arbres. Le palais, dans une situation superbe, a été édifié de 1738 à 1839 sur les plans de Giovanni Medrano (visible gratuitement avec une permission qu'on peut obtenir au Palais Royal; l'entrée dans le Parc est libre le dimanche dans l'après-midi).

Ce qui rend la visite intéressante, c'est l'architeotme dorique sévère du Palais, ainsi que le beau parc d'où la vue s'étend au loin sur la Campanie, le Vésuve et la ville, et le Musée, remarquable par ses tableaux de l'école napolitaine et de l'école romaine du XIX« s. Il renferme entre autres la Mort de Virginie et la Mort de Jules César, par Vincenzo Camuccini; les Deux néophytes conduits au martyre, par Domenico Morelli; Michel-Ange vintant la dépouille mortelle de Vittoria Colomia, par Jacovacci; Les gladiateurs de Pompéi, par Netti; Famille de Ferdituind IV, par Angélique Kautfmann. À noter aussi des armures et une riche collection de très belles porcelaines de la fabrique de Capodimonte et la stanza di porcellana, le très beau petit salon en porcelaine, de style chinois, de la même fabrique. Dans la partie N. du Parc, il y a le Bosco (bois), dont une section est disposée en jardin français, et où l'on jouit de vues magnifiques et de promenades ombragées.

Vis-à-vis de l'entrée du Parc, se trouve le principal réservoir de V Aqueduc du Serino, composé de 5 bassins, creusés dans le roc, d'une capacité de 80.000 me. Visite intéressante pour

296 i?. i; pion, -p. 272. XAPLES le Museo S. Martiîw.

les spécialistes, permise par la Compagnia dell'Acqua del Serino, strada S. Maria di Costantinôpoli, 98.

Redescendre en tram jusqu'au Musée, où l'on prendra le tram X" 7 qui, par la via Salvator Rosa. gagne la place du même nom {monument Paolo Emilio Imbriani).

C'est d'ici aue part le *corso Vittorio Emanuele II, qui, sur im parcoiurs d'env. 4 k.- tram X° 6 - serpente sur les collines et descend au Rione Amedeo et à la Villa Xaziouale, offrant au regard de splendides panoramas. Personne ne doit mamiuer de faire cette course en tram, ou, ce qm vaut mieux, en voiture, et, éventuellement, la prolonger en voiture par la via Tassa, jusqu'à Pausilippe: on jouit tout le temps d'vme vue merveilleuse.

De la piazza Salvator Rosa, se détache vers l'O. la strada deirinfrascata qui a pour prolongement la strada dell'Acerra, puis la strada S. Gennaro Antignano. On traverse ensuite un quartier neuf, le rione Vômero, et l'on passe devant la station supérieure du funiculaire de Montesanto. Le tram s'arrête, via Tito Angelini, à env. 3 min. à pied de *S. Martino (PI. II 13), célèbre Chartreuse du XIV^ s., refaite complètement par Fansago au XVIP s. L'architecture et les nombreuses et riches œuvres d'art qu'elle renferme en font une expression complète du style baroque napolitain du XV IP s. Aujourd'hui, ce couvent est le siège du Museo \azionaIe di S. Martine. Visite de 10 à 16 h., 3 L.; le dimanche gratuitement, de 9 à 14 h.

Les choses les plus remiirquables sont dans l'Église; aussi le touriste pre-ssé se bornera-t-il à la \-isite de celle-ci et du Belvédère. - Ou entre dans une coin- oblongue, qu'on traverse: à g., le portail de l'église. Pour y pénétrer, il faut pourtant entrer (guichet des billets; entrée 3 L.) dans le préau (Chiostrino) et tourner à g.; par un corridor et le chœur des frères convers on arrive dans 1'* Église, à une seule nef, très riche en marbres. L'Ascension, au plafond, et les Apôtres, entre les fenêtres, sont de Lanfranco; audessus de la port.e principale, Descente de Croix, par Stinzioui; de chaque côté Moïse et Élie. nar Ribera. Sous la chap. principale, décorée de fresques par le chevalier d'Arpin: au fond, le Crucifiement, par Lanfranco et la Nativité, par Eeni; à g., la Comnutnion des Apôtres, par Ril->era. et le Lavement des pie^i-s. par Caracciolo; à dr-, la Cène, par St<inzioni, Vlnstitution de l'Eucharistie, par les élèves de Paul Véronèse. Sacristie: tableaux de Stanzioni, de Carlo Saraceni. -^t du chevalier d'Arpin: au-dessus de la porte d'entrée, St Pierre reniant Jésus:, par le Caravage; tout autour, très belles marqueteries, en partie de Bonaventura Presti. Dans l'ancien Tesoko (trésor), * Descente de Croix, par Eibera; Judith, fresque dans la voûte que Giordano aurait peinte en iS lieures.

Le Musée proprement dit est d'im certain intérêt: il est consacré a l'histoire et à la vie de Xaples. Dans le corridor, on va à dr. à une Crèche, puis on en sort pour entrer dans le grand Cloître (chiostro), chef-d'œu'STe de Fansago. Les salles du Musée contiennent des objets de la Chartreuse (Certosa); ime très riche collection de porcelaines de Capodimonte; céramiques d'autres provenances; verreries de Mm-ano; souvenirs des Bourbons et du r Risorgimento ■ : portraits d'hommes illustres: armes; dessins des Vauvitelli; plans et panoramas de Xaples et des environs; souvenirs de fêt«s; costumes militakes et costumes populaires; tableaux modernes

la Villa Nazionale. NAPLES R. 4; plan, p. 272. 297

d'histoiro. Le ^Belvédère est une petite salle à deux balcons, d'où l'on jouit, surtout dans l'après-midi, d'un panorama magique de Naples et du golfe.

La colline a pour couronne le Castel Sant'EImo (château St-Elme; PI. II 10-13), construit en 1329 et qui doit sa forme actuelle à Pictro Luigi Scribà, de Valence (XVI» s.). C'est un fort rectangulaire étoile, avec d'amples souterrains. La *vue y est encore plus belle que de S. Martino.

Retraverser à pied, par la via Scarlatti jusqu'au rondpoint, le quartier Vômero, puis par la via Bernini on rejoint la via Cimarosa, où se trouve la station supérieure (m. 190) du funiculaire de Chiâia, par lequel on descend jusqu'au Parco Margherita. Ensuite, appuyant toujours à g., parcourir la via Vittoria Colonna, la via dei Mille, la via Filangieri, et, à dr., la via S. Caterina jusqu'à la piazza dei Martiri (Colonne des Martyrs, avec une Victoire de Caggiano). Puis, par la via Calabritta on descend jusqu'à la Riviera di Chiâia. Entre celle-ci et la via Caracciolo, en face du golfe, s'étend la *Villa Xazionale (PI. III 8-11-14), jardin public datant de 1780, agrandi plus tard et toujours très fréquenté.

Elle a pour ornements des reproductions de la statuaire antique et de la statuaire moderne; mie fontaine avec une large coupe de porphyre provenant de Pœstum, p. 381; la charmante fontaine de S. Lucia, œuvre de Naccherini et Tommaso Montani (1607); nombre de monuments élevés à Carducci, Jean-Baptiste Vico, Settembrini, Arcolao, Francesco de Sanctis, Errico Alvino, Pietro CoUetta, Vito Ferrari, ïhalberg (Monteverde, 1881); deux petits temples en l'honneur de Virgile et du Tasse et le long de la Riviera, le monument de Cosenz, etc. Presque au milieu du janlin le bâtiment de la *Station Zoologique, fondée par Anton Dohrn (1872-1874), devenue le centre des recherches sur la faune et la flore marines et dont l'attraction principale pour le public est constituée pari' '''Aquarium (PI. III 11; visite, t. 1. j. de 8 à 17 h., .5 L.), d'im intérêt exceptionnel. Il est formé de 2G bassins qui contiennent environ 200 espèces d'animaux et de végétaux marins provenant toutes du golfe. Le visiteur admirera la vivacité des couleurs, la fragilité et la délicatesse de la structure et les formes les plus étranges des habitants de la mer. Une installation perfectionnée (il y a entre autres choses un système de tuyaux souterrains qui puisent directenient l'eau dans la mer) permet de conserver vivants les organismes les plus délicats et les plus rares. Bon catalogue illustré, 4 L. En face de l'entrée de l'Aquarium, on accède à l'Exposition permanente des animaux marins préparés (entrée 1 L.), dont on fait une exportation mondiale, et qui servent spécialement pour les écoles.

Vers l'O., par la via Caracciolo (panorama incomparable), à travers un quartier tout neuf, on va jusqu'à la rotonde de Mergellina (tram N» 3). Monter à dr. à l'église S. Maria dei Parto ou dei Sannazaro (1529; PI. III G), *vue du golfe.

Intérieur: l'® chap. de dr., le fameux St Michel terrasmnt le démon (le * diable de Mergellina»), par Leonardo da Pistôia (1542). Dans l'abside, bonne décoration en peintiue et en stuc; par derrière, le célèbre tombeau de Giacomo Sannazaro (1458-1530), poète italien et latin de Naples, qui fit construire l'église. Le monument est de fra'Giovanni da Montôrsoli (1537).

298 R. 4: plan, p. 272. NAPLES S. Francesco di Pâola.

Au retour suivre la via Mergellina et la salita di Piedigrotta qui mène à S. Maria di Piedigrotta (PI. III 5), église plusieurs fois refaite; à l'intérieur, 2= autel de dr., peinture sur bois d'un Napolitain inconnu du XY^ s. et, dans une grande chap. à dr. de la principale, tombeaux des Filangieri. C'est là que l'on célèbre chaque année (7-8 septembre) la fameuse fête caractéristique de Piedigrotta.

En remontant la via Piedigrotta, on arrive à l'entrée de la Grotta Xiiova (Nouvelle Grotte; PI. III 2), tunnel de 734 m. de long, où passent les trams pour Fuorigrotta, p. 320, Bagnoli, Pouzzoles, etc. Env. 100 m. au S., par le chemin de g., est l'entrée de la Vieille Grotte (708 m. de long) percée probablement sous Auguste. Près de là, le prétendu tombeau de Virgile. Au point de rencontre de la via Piedigrotta et du corso Yittorio Emanuele, travaux en cours (1924) de la Gare Torretta de la a direttissima », ligne directe Rome-Naples également en construction.

Rebroussant chemin, on suit la via Caracciolo et l'on continue par la piazza Vittoria (monument Nicotera) et par la via Nazario Saura (ex-via Partenope), avec une suite d'hôtels élégants. On a devant soi le Castel delVOvo (château de l'Œuf: PL m 17-18) sur l'îlot rocheux appelé anciennement Megaris, où était la fameuse villa de Lucullus; plus tard, fut érigé le Château (XII« s.), qui fut ensuite agrandi, où peignit Giotto et qui servit de prison à Conradin de Souabe et à Béatrice, fille de ISIanfred. - Poursuivant son chemin le long du rivage enchanteur {fontaine de V Immacolatella et monument d'Humbert /"), et par la strada Cesario Console, on monte jusqu'à la grandiose mais froide place du Plébiscite, piazza del Plébiscita (1810), grand hémicycle à colonnade dorique. Au milieu s'élève S. Francesco di Pâola (PI. III 16), église votive que lit construire Ferdinand IV, œuvre de Pietro Bianchi de Lugano (1817-1832), imitation du Panthéon de Rome, précédée d'un atrium bordé de 6 colonnes ioniques; l'intérieur (ouvert le dimanche matin) est d'une grande solennité; riche maître-autel. Devant l'église, les statues équestres, très académiques, de Charles III et de Ferdinand IV, par Canova et Cali. - Au N.-O. de la place, le Palais de la Préfecture; au S.-E., le Palazzo Salerno (palais du Commandant du corps d'armée); sur le côté N.-E., le majestueux frontispice du *PaIals Royal (169 m, de long; PI. III 16) par Domenico Fontana (1600- 1602), restauré en 1841. Entrée 3 L., enfants jusqu'à 12 ans 1 L. 50, gratuitement le dimanche. Dans les niches du rez-de-chaussée, 8 statues représentant les dynasties dont parle l'histoire de Naples et qui ont régné sur

le Palais Royal. NAPLES R. 4; plan, p. 272. 299

cette cité: Roger le Normand, Frédéric II de Souabe, Charles I" d'Anjou, Alphonse d'Aragon, Charles-Quint, Charles III de Bourbon, Joachim Murât et Victor-Emmanuel II. Le palais, récemment cédé par la Couronne à l'État, va devenir le siège de plusieurs bibliothèques et collections, actuellement éparses dans divers bâtiments de la ville.

Intérieur somptueux; ce qu'il y a de particulièrement remarquable, ce sont l'escalier d'honneur, la chapelle, où il y a une Assomption de Domenico Morelli, et des salles luxueuses, décorées de tableaux, de tapisseries et de porcelaines de Sèvres et de Saxe.

Entre les autres bibliothè(iues récemment transportées ici est particulièrement remarquable la Bibliothèque Nationale (jadis dans le Palais du Mu«ée National, V. ci-dessous), directeur M. Emilio Martini. - Constituée dès 1734, elle compte 420.000 vol., 225.000 opuscules, plus de 8.000 manuscrits et plus de 4.000 incunables. Elle renferme des éditions rares, des gravures et autographes, la Section autonome Lucchesi-Palli, avec plus de 41.000 œuvres de musique et de littérature dramatique, et l'atelier des célèbres papyrus d'Herculanum, trouvés en 1752-54 dans une villa suburbaine d'Herculanum.

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