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LA VILLE ANCIENNE

En voit., environ 5 h.; en se bornant aux choses les plus intéressantes, env. 3 h.; à pied, un temps sensiblement plus long. V. la carte, ci-contre.

De la piazza Vittorio Emanuele, on descend par le Viale Cavour et, un peu avant l'Hôtel des Temples, on tourne à g. par le chemin qui mène au Cimetière; avant d'arriver à celui-ci, on gravit un sentier qui conduit à S. Biagio, ancien petit temple du V* s. av. J.-C, dit temple de Cérès et de Proserpine, consistant seulement en une cella et transformé en église au moyen âge. Reprendre la route carrossable; avant S. Xicola à 100 pas à g., restes d'une maison grecque, sur laquelle on éleva une maison romaine. Ensuite, à dr., S. Nieola (à une demi-h. de la ville), église du XIII« s.: petite façade comprenant un portail ogival en forte saillie, entre deux antes puissantes finissant en une corniche dorique. Porte en bois d'un travail grossier, par Angelo di Blundo (1531).

INTÉRIEUR (la clef est chez le gardien à dx., petit pourboire; le même gardien accompagne aussi au jardin, V. ci-dessous) aux formes grossières mais énergiques, couvert d'une voûte ogivale à trois arêtes. À l'O., est le monument appelé Oratoire de Phalaria, temple ou tombeau prostyle in aiitis à 4 colonnes doriques ou ioniques. De là, vue magnifique des temples. - Derrière S. Nieola, le Giardino Panitteri, pittoresque jardin avec une terrasse à laquelle est appliquée une élégante corniche ro» maine en marbre.

490 R. 14; carte, p. 4S8. GIRGENTI la Ville Amienne.

On descend pendant 1 k. à peu près, puis on tourne à g. le long des antiques murailles; au bout de 500 m., se trouve le magnifique *Teiiîpie de la Concorde; de tous les temples grecs, c'est le mieux conservé, après le Théséion d'Athènes, qu'il rappelle par sa majesté, sa grâce et sa couleur. Ce nom lui fut attribué par Tommaso Fazello, à cause d'une inscription latine qui y fut trouvée, mais qui n'a pas de rapport avec le temple. Vue merveilleuse.

H est élevé sur stylob^te et 4 degrés (42 ni. 12 X 19 m. 68): c'est un périptère dorir4ue hexastyle à 34 '"olonnes (6 sur les petits côtés; 13 sur les grands côtés, en comptant deux fois celles des angles\ de 6 m. 83 de hauteur avec le chapiteau et de 1 m. 27 de diamètre. Les entre-colonnements de la façade se rétrécissent du milieu aux côtés. La ce lia a un pronaos et un opisthodome in antis: le toit est tombé. Dans la partie E. de la cella sont creusés dans les murs deux escaliers en escargot, dont un est praticable et qui conduisent au haiit de l'architrave. Les m?tériaux de construction de ce temple et des autres sont vm calcaire conchylien, facilement dégradé par l'érosion, autrefois revêtu de stuc colorié et maintenant d'une coulem: fauve, chaude, qui au soleil semble presque dorée. - Le temple de la Concorde, qui est du V^ s. av. J.-C, fut peu endommagé par les Carthaginois et, au VI« s. ap. J.-C, il fut transformé en église, puis en 1748 il fut enlevé au culte et restauré.

À moins d'un k. vers l'E., en suivant les murs d'enceinte, où l'on observe de nombreuses niches cinéraires, se trouve le *Temple de Junon Laeinienne, ainsi appelé parce qu'il fut confondu avec le temple d'Éros, sur le promontoire Lacinien à Cotrone. Il est en grande partie détruit, mais les ruines en sont extrêmement pittoresques, d'un aspect tout différent de celui du temple de la Concorde.

n s'élève sur un rocher à pic, vers la vallée du S. Biâgio et au coin S.-E. des miu-s. Il a la forme du Temple de la Concorde, mais il est plus petit. Il repose sur stylobate et 4 degrés (40 m. 98 X 19 m. 53); c'est un périptère hexastyle à 34 colonnes (6-13) de 6 m. 44 de haut et 1 m. 29 de diamètre; cella in antis. B remonte, croit-on, au commencement du V^s.; il est par conséquent de quelques années antérieiu: à l'autre. Endommagé par l'incendie de 406 (dont des traces très visibles se remarquent dans les rocs rougis) il fut restauré par les Romains, puis il s'écroula lors d'un tremblement de terre; 25 colonnes sont encore debout. Les matériaux sont très dégradés. - À l'E., l'autel des sacrifices; à l'O., citerne antique.

En rebroussant chemin, près du Temple de la Concorde, on voit la Grotta dei Fragapane, catacombes chrétiennes à deux étages, peut-être du II« s.; plus loin, est le Temple d'Hercule (se faire ouvrir par le gardien; pourboire) de stvle dorique, amas informe de ruines portant des traces d'incendie; une seule colonne est restée debout.

On croit que c'est le plus ancien des temples acragantins (de la fin du VI* s.); c'est un périptère hexastyle (73 m. 42 X 27 ra. 56); il avait 38 colonnes (6-15) de 10 m. dp haut et 2 m. 20 de diamètre; une cella hypèthre, à pronaos et opisthodome in antis. Il était fameux dans l'antiquité par

ta VUle Ancienne. GIEGENTl R. 14; carte, p. 488. 491

sa belle statue d'Hercule, que Verres tenta de faire enlever, et par ime peinture de Zeuxis. X l'E., à 50 pas, restes de l'autel des sacrifices. - Vers ro., quelques vestiges d'une porte de la ville, la Porta Aurp-a. En sortant par celle-ci, après quelques pas à g., on trouve le prétendu Tombeau de Théron, qui est proliablenient un tombeau romain et non grec. En prenant le chemin qui, de la Porta Aurea va versI'K., puis le premier chemin à dr., on trouve les restes supposés du petit temple d' Esculape, incorporé dans une ferme.

Au N.-O. de la Porta Aurea est le *TempIe do Jupiter Olympien (Olimpiéion; le gardien est à côté) commencé après la victoire d'Himère par les prisonniers carthaginois; la construction en fut interrompue en 406; il fut abattu surtout par les tremblements de terre.

C'est un temple dorique, très vaste, pseudopériptère, heptastyle (113 m. 45X56 m. 30), unique en son genre pour sa forme parmi les monuments de l'art grec: sur les longs côtés, il avait un mur avec 14 de nicolonnes h l'extérieur, de 16 m. 83 de hauteur et 3 m. 48 de diamètre et, à l'intérieur, autant de pilastres; sur les petit côtés, 7 de mi -colonnes. À l'intérieur, il était divisé en 3 nefs par deux rangées de 12 piliers carrés. Il y avait aussi les télamons ou atlantes, figures colossales supportant l'architrave, mais leiu- nombre, conxme l'endroit où ils étaient placés, n'est pas bien certain. Les dimensions de ce temple n'étaient surpassées que par celles du temple de Diane à Èphèse. Les colonnes surpassent en diamètre celles de la façade de St-Pierre de E orne. Rien n'est resté debout et ce n'est que d'après la grandeur de la plate-forme que l'on a ime idée des proportions du temple.

Vutour du vaste périmètre rectangulaire, est ime levée de décombres; au milieu, est étendu sur le sol un des atlantes colossaux; c'est le ♦Giflante (Géant; de 7 m. 75 de hauteur) qui était en plusieurs morceaux et qui a été recomposé au XIX» s. -À l'E., vestiges de l'autel des sacrifices.

Par un sentier à l'O., on va en 3 min., aux restes du *TeiiipIe de Castor et PoUux, dorique mais d'époque tardive et renfermant des parties datant de l'époque romaine.

C'était un périptère hexastyle (34 m. 06X16 m. 28) à 34 colonnes (6-13) de 6 m. 45 de hauteur et de 1 m. 18 de diamètre. Les restes, consistant en 4 colonnes avec im morceau d'architrave, furent recomposés au XIX« s. Il reste des traces de stucs coloriés. Ces ruines sont de celles le plus souvent reproduites par les artistes, en raison de leur aspect pittoresque.

Rupe Atenea. -À l'E. de la ville moderne, se trouve la belle viila Garibaldi, jardin public disposé en terrasses. En prenant le chemin à dr. de l'entrée du jardin et en tournant autour du fort de S. Vito, puis à dr. à une bifurcation et 4 min. plus haut, encore à dr., près d'une carrière abandonnée, on arrive en 15 min. au sommet de la Rupe Atenea à 351 m.: quelques restes d'un édifice, qui aurait été le /emple de Minerve (Athéna).

La promenade est intéressante à cause du *panorama admirable, qui embrasse tous ceux déjà vus séparément; d'une beauté particulière au coucher du soleil.

492 R. 15. DE PALERME Castrogiovanni.

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