De Oatane à Syracuse
Ch. de fer, 89 k. en 2 h. 35 par les directs; prix: I" cl. 42 L. 50, II« cl. 28 L. 75, IIP cl. 17 L. 10. C'est une ligne intéressante pour les \^es variées qu'elle offre. Se placer à gauche.
On passe au-dessous des laves de 1669 sur lesquelles est construite la partie méridionale de la ville. -3 k. Station d' Acquicella; à dr., le Cimetière de Catane. -8 k. Station de Bicocca. Embranch. pour Palerme, p. 493. On traverse la fertile plaine de Catane (les champs Lestrygoniens des anciens) cultivée en céréales, et qui est sillonnée par le Simeto, que l'on traverse bientôt, par le Ditiâino et par le Gornalunga. Dans le Simeto, qui entoure au N. l'Etna, on trouve souvent de l'ambre jaune; sur la rive g. du fleuve, existait Symae^/ius, dont il reste une grande nécropole dans la propriété Torrazza. La plaine est souvent inondée en hiver et la malaria y règne en été. La voie traverse (en tranchée puis par un tunnel) de basses collines basaltiques bornant la plaine. - 23 k. Station de Valsavôia, point de jonction de la ligne de Caltagirone.
Ch. de fer Valsavôia-Caltagirone, 67 k. en 2 h. 30 env., 3 dép. par j.; prix: I" cl. 26 L. 85, IP cl. 19 L. 15, IIP cl. 12 L. Les trains partent de Catane. - La voie longe d'abord le lac de Lentini, p. 511, et monte ensuite les pentes des Mts Hybléens, en grande partie basaltiques, couverts de vignobles, d'olivettes, et d'orangers; vue admirable de l'Etna, et, plus loin, de la vallée du fleuve Caltagirone. On touche (29 k.) Militello, à 460 m.; le village (12.489 hab.), à 1 k. de la gare, a été rebâti après le tremblement
CaltagiroïU. DE CATANE R. 17. 6ll
de terre de 1693. On y note de belles églises: S. Benedetto, h la belle façade du XVII* s.; S. Maria Nuova, renfermant une Nativité de l'école des Délia Robbia; 5. Maria la Vetere, édifice en ruine, qui conserve un beau portail de 1506. - 54 k. Granmichele, à 500 m. - 67 k. Caltagirone (hôt. Trinâcria, 45 ch.; Marotta, 10 lits); la gare est à 520 m. d'alt. La \ille, 30.845 hab., située h 608 m. env. sur trois coteaux, est un des centres les plus florissants de Tint, de l'île. Elle s'élève sur l'emplacement d'un bourg des Sicules et d'une ville grecque du VP s.; elle fut soumise aux Génois en 1030. Détruite en 1693, elle se releva plus belle. Dans les XVIP et XVIIP s., il s'y développa une florissante industrie de majoliques et au XIX'^ s. celle de statuettes en terre cuite (fabricants actuels: Di Bartolo et Vaccaro). - De la gare, en côtoyant, à dr., le Jardin Public (Villa) on arrive au centre, sur la piazza Umberto 1°, où est le Mont-de-Piété, par Natale Bonaiuto ( 1783) et d'où l'on s'engage dans la via Fjmanuele Taranto et dans la via degli Studi; au N° 6 de celle-ci, est le Mu^eo Civico: objets préhelléniques, vases grecs, majoliques de l'endroit. De la piazza Umberto 1°, par la via del Dxwmo {Dôme du XVII^ s., renfermant des tableaux par Francesco Vaccaro, XIX* s.) et le Casino dei Nohili décoré par un Gagini, (1637) on va au Municipio: belle façade par G. V. Nicastro, du XTX« s. De là, par le corso Vittorio Emanuele, on se rend à S. Giacomo (1694-1708): élégant portail par Antonello Gagini le Jeime, de 1585 et, dans la sacristie, belle unie en argent (s'adresser au sacristain), par A'ibilio et Giuseppe Gagini, de la fin du XV^l* s. Près du Municipio, il y a les belles églises de style baroque S. Bomenico et S. Salvatore (dans celle-ci, une Madone, attribuée à Antonello Gagini, de 1532) et un long escalier, par lequel à g., on va au Château, panorama. - À 10 min. de la Villa, vers le S., est l'égli.se S. Maria di Gesù; portail du XV* s. et jolie Madone d' Antonello Gagini. Vues superbes de toutes parts.
On côtoie le lac de Lentini ou Biviere, de dimensions variables, selon la saison; d'ordinaire environ 4 k. de long et 4 de large; dans l'antiquité, il était plus petit, puis il a augmenté, semble-t-il, par suite d'un tremblement de terre qui y introduisit le Trigona. - 29 k. station Lentini.
Autobus (2 k. en 10 min., 2-4 dép. par j.) pour Lentini (hôt.: Vittoria; Itâlia, très mod.), petite ville de 20.885 hab.; c'est l'ancienne Leontinoi, une des deux premières colonies grecques (729 av. J.-C). En 417, elle envoya l'orateur Gorgias en Grèce inviter les Athéniens à se rendre en Sicile, pour lutter contre Syracuse. Le tremblement de terre de 1693 la détruisit complètement. Ruines d'un Château du moyen cage, bâti peutêtre sur l'emplacement de l'acropole grecque. - Plus haut, se trouve Carlentini, fondée par Charlcs-Quint (d'où son nom) comme séjour d'été plus salubre pour les habitants de Lentini.
La voie, en longeant le S. Leonardo (le Terias de l'antiquité), tourne vers la mer, que l'on domine; vue de la côte jusqu'à Taormine et à la Calabre. - 50 k. Brûcoli, avec un Château de Giovanni Bastida, de 1468. Le train s'engage dans l'intérieur des terres, puis, tout à coup, débouche sur le golfe d'Augusta, où s'offre une vue splendide. On traverse de vastes salines d'où émergent des tas de sel, en forme de pyramide; quelques-uns sont couverts de tuiles. - 56 k. Augu.sta (hôt.: Sorrentino, 10 ch.; Trento e Trieste), 17.672 hab., sur un îlot rocheux.
512 R. 17. 1 SYRACUSE Auguda.
Augnsta est bâtie sur un îlot relié à la cute par un long pont, sous lequel peuvent passer les embarcations, et sa situation ressemble beaucoup à celle de SjTacuse; elle fut fondée par Frédéric IT, en 1232, à l'endroit autrefois occupé par la ville grecque de Xiphonm. Plusieiu*s fois prise et détruite; elle fut presque rasée par le tremblement de terre de 1693. À l'E., est le porto Xiphéiiio (le port de Xiphonia); à l'O., le porto il egarese (avec deux vieux forts), pouvant ojfrir im abri à une flotte entière. La ville, petite et pau\Te, vue du ch. de fer, est très pittoresque, mais elle n'a rien de particulièrement intéressant pour le touriste.
Au delà de la gare, très beau panorama embrassant la ville et les salines. En avant se dessine la terrasse qui fut le siège de l'ancienne Syracuse, et où apparaît, unique relief, le Belvédère. On côtoie le golfe d'Augusta, jadis entouré des quatre cités grecques de Xiphonia, Mégare Hybléenne, Alabon et Syracuse. Ce golfe est célèbre par la victoire navale remportée par Duquesne sur Ruyter en 1676. - 63 k. Megara Iblea (Mégare Hybléenne) conserve des restes de murs, de tours et d'un port de Mégare, colonie grecque, fondée en 728 av. J.-C. Ensuite apparaît la presqu'île basse de Magnisi, l'ancienne Thapsus, au X. de laquelle les Athéniens jetèrent l'ancre dans l'expédition contre Syracuse. C'est presque un îlot, de 2 k. de long, parallèle à la côte, et de 700 m. de large, relié à la terre par un isthme sablonneux de 1 k. 8, qui se resserre en un endroit jusqu'à une largeur de 100 m. Un bouquet d'arbres entoure quelques maisons; un phare s'élève à une extrémité. Avec certains effets de lumière, Magnisi est extrêmement pittoresque. - 70 k. Station de Priolo-Melilli. C'est là que mouilla la flotte du Romain Marcellus, pendant le siège de Syracuse (214-212). - 80 k. S. Panagia, en un singulier paysage de rochers blancs près d'une « tonnara ». Le train court le long de la mer, à côté des murailles de Denys. Soudain, on aperçoit à g. Syracuse et le Porto Piccolo. 87 k. Syracuse, V. ci-dessous.