II. — Ville Antique
La visite de la Syracuse antique peut se faire en suivant divers itinéraires, selon le temps dont on dispose et l'heure de l'arrivée à Syracuse. En général, comme les distances sont plutôt grandes, on reconnaîtra l'utilité d'une voiture, surtout pendant les heures les plu,s chaudes. Le cocher est également utile pour indiquer sans hésitation, en certains endroits peu fréquentés, où se trouvent l'entrée des monuments et le gardien. Ci-dessoiis est décrit un itinéraire de visite en partant de la ville. Toutefois, si le temps s'y prête, il peut être préférable de prendre une voiture le matin de bonne heure et de se faire conduire à l'Euryèle, p. 523, par la « strada vecchia »; vues. Après une visite d'une demi-li. ou un peu plus, on descend par la f strada nuova» (V. la carte, où les deux routes sont marquées). Il faut laisser la voitiu-e (sauf si l'on revient à pied, mais il n'y a pas d'ombre) à l'endroit où s'embranche à dr. la route conduisant à l'Amphithéâtre, p. 521, par lequel on commence la visite des antiquités. De l'Euryèle, on peut aussi, à pied (V. la carte), suivre à l'extérieur le mur de l'ancienne enceinte, jusqu'à la «strada nuova», continuer par celle-ci, jasque là où s'en détache l'aqueduc, suivre ce dernier jusqu'aux grands arbres, entre la station hydraulique (Serbatoio) et la Casa dei Gesuiti, et de là (très belle vue) aller vers le S.-E., au Nymphée, p. 523, au-dessus du Théâtre Grec.
a) ACHRADINE.
De la piazza del Foro, p. 514, prendre à dr. la route longeant le Petit Port, où l'on voit des restes de Vancien Arsenai. Arrivé au faubourg de S. Lucia (V. la carte, ci-contre) on tourne à g., pour se rendre à S. Lucia, église normande, qui n'a d'antique que le portail, une rose, les absides et la base du campanile. Elle s'élève sur le lieu où la Sainte Syracusaine (281?- 304) subit le martyre.
À riNTÉRiEUK, deux Cnccifiz antiques et, dans l'abside, Sépulture de Ste Lu/:ie, vigoureuse toile du Caravage (1586). Un escalier, à dr., descend à une petite église souterraine, où est le loculus qui servit de sépulture à la Sainte, ainsi qu'une belle statue en marbre de Ste Lricie (XVIP s.). Sous l'église, vastes Catacombes (IP-III* s.), avec des restes de peintures byzantines.
À dr. de l'église, se diriger vers le N.; au bout de 10 min. tourner à dr.; en 6 min., on arrive à Vancien couvent des Capucins (vue), où se trouve la *Latomie des Capucins. Entrée à dr., à côté du Couvent, pourboire.
C'est une des plus vastes (profondeur de 25 à 30 m.) et d'aspect sauvage. H y reste encore des piliers de forme bizarre, des ponts et des voûtes énormes. Végétation d'une grande richesse. C'est là que languirent 7.000 Athéniens, reste de l'armée de Nicias, p. 514, quand la latomie était une horrible prison. Dans les beaux jardins des moines, il y a un monument Mazzini (1872).
Retourner en arrière; à la bifurcation près du cimetière, prendre, pendant 10 min., le chemin du dessus et à dr.; on rencontre une route carrossable qui descend vers le S.; en la suivant durant 5 min., à g. entre des murs de jardins, on
520 R. 18; carte, v- ôl8. SYRACUSE les Catacombes.
aboutit à l'entrée (dernière porte à dr.) de la Villa Landolina, dans une petite latomie (monument du poète Auguste von Platen, m. en 1835). Quelques pas plus loin tourner à dr. et, 3 min. après à un carrefour, encore à dr., pour arriver à S. Giovanni, église pittoresque dont la façade est précédée de 3 arcades composées de fragments du moyen âge. L'église occupe la partie occidentale de la cathédrale du moyen âge dont la façade a gardé la belle rosace du XIY« s.; il est resté aussi l'abside que l'on voit du jardin et qui appartient à un édifice du VII« s. Un religieux accompagne les visiteurs; on descend un escalier conduisant de l'église à la crypte de St- Marcien, qui aurait été martj-risé contre une des colonnes de granit. Sur les murs, fresques ternies. À dr. de l'église, sont les *Catacombes (entrée à San Giovanni du côté S.; sonner à la porte à l'E. du vestibule, le religieux conduit aussi aux catacombes).
Pour leur importance, elles viennent immédiatement après celles de Rome; ce sont les plus vastes et les plus récentes (IV^-VIP s.) de Syracuse, mais déjà avant l'époque chrétienne existaient des cavernes. Elles sont creusées dans le Civlcaire. Elles furent endommagées plusieurs fois, aiissi se présentent-elles comme des galeries aux milliers de loculi dépouillés et bouleversés. Il y a ime galerie principale, le decumanus maximus, d"où partent les galeries moins grandes. Celles explorées jusqu'ici conduisent à 5 vastes chapelles (à l'exception d'une qui est sans nom) appelées les rotondes di Adelfia (on y a trouvé le sarcophage du même nom, p. 518), d'Ewsèbe ou de la Ste Ampoule, des 7 Vierges et d'Antioche. Nombreuses niches pour plusieurs défunts et traces très rares de fresques. - II y a, dans le voisinage, d'autres catacombes de moindre importance (à la Vigna Cassia, entre la Villa Landolina et S. Maria di Gesù), datant de 260 ap. J.-C, entrée à une quarantaine de pas au X.-N.-E. de la cheminée.
À quelques min. au X., la Latomie Casale est remarquable pour la grande richesse de sa végétation.
b) Néapolis.
On repasse devant S. Giovanni et, au carrefour, on tourne à dr., pour aller à l'église S. Nicold et à V Amphithéâtre; quant au Gymnase romain, V. ci-dessous, on le verra au retour.
Celui qui vient directement de Syracuse, partant de la piazza del Foro, suit le chemin à g., traverse la voie ferrée qui va au port, et, au bout de 150 m., à dr., trouve les restes du Gymnase romain, palestre ayant la forme d'une salle, avec sièges disposés eu hémicycle et, à côté, de nombreux vestiges, parmi lesquels des fragments de plafond, provenant probablement du mausolée de Timoléon. On retourne sur la piazza del Foro et l'on prend la route de Catane; ensuite, au carrefour, on tourne à g.
L'Amphithé.'ître (gardien sur place; pourboire) est une œuvre romaine grandiose du temps d'Auguste, construite probablement par des artisans de Syracuse.
ta Latomie du Paradis. SYRACUSE R. 18; carte, p. 518. 521
Creusé dans le roc, sauf au S., avec un grand axe de 140 m. et un petit de 119, il est encore très bien conservé et a un aspect fort pittoresque. L'arène est entoiu"ée d'un haut parapet, sous lequel est un corridor avec portes par où sortaient les gladiateurs et les bêtes féroces. Sur le parapet, il y a des blocs de marbre provenant d'une restauration du ITI» s. Au milieu de l'arène, un bassin.
Vis-à-vis de l'Amphithéâtre, S. Nicolô, petite église normande où se célébrèrent les funérailles de Jourdain, fils du comte Roger (1093). Au-dessous de l'église est la Piscine à nefs, réservoir à eau, pour le nettoyage de l'amphithéâtre.
Un chemin d'environ 200 m. conduit à la *Latomie de Ste Vénère
contenant un jardin enchanteur, un des plus luxiu-iants de Syracuse, et des petites niches pour tablettes votives. Mais elle n'offre rien de vraiment particulier, et peut être négligée par le touriste pressé. Tout près, est la nécropole des Grotticelle, p. 522.
À l'O. de l'amphithéâtre, l'Autel de Hiéron II (fermé, se faire ouvrir par le gardien qui ouvre aussi l'entrée inférieure -de l'Oreille de Denys, et, si on le demande, pourboire spécial, l'entrée supérieure) de 198 m. de long sur 24 de large, formé de deux terrasses. Il servait pour les fêtes d'Éleuthéria, en l'honneur de Jupiter, en souvenir de la délivrance de la tyrannie de Thrasybule (p. 515); on sacrifiait jusqu'à 450 taureaux en une seule fois. À côté, est la *Latoniie du Paradis, carrière de 20 à 30 m. de profondeur, avec un jardin à la végétation luxuriante, que l'on peut visiter mais qui n'a rien de spécial; par contre l'Oreille de Denj's et la Grotte des Cordiers sont particulièrement célèbres.
L' ^Oreille de Denys est une grotte artificielle (65 m. de long, 5 à 11 m. de large et 23 de haut) tortueuse finissant en haut en ogive, et au plan en S, très connue pour ses qualités acoustiques extraordinaires. Son nom, dû à la forme de l'entrée, lui fut donné par le peintre ]\Iichel-Ange Caravage (15SG); de là, la légende selon laquelle Denys aurait fait construire cette prison pour entendre d'en haut ce que disaient les détenus même à voix très basse. La résonance de cette galerie est merveilleuse: elle renvoie le bruit d'une porte qui se ferme comme un coup de canon et répète égilement le bruissement d'une mince feuille de papier que l'on déchire.
La *GPOtte des Cordiers (ainsi nommée à cause des cordiers qui y exercent leur métier) est une très vaste excavation ouverte, soutenue par des piliers naturels semVjlables à de colossales stalactites; les profondeurs sombres du fond et la coloration des cheveux de Vénus et des mousses lui donnent un incomparable aspect pittoresque.
À l'O., se trouve le *Théàtre grec, construit probablement par Hiéron I" (478-467 av. J.-C), agrandi et transformé sous Hiéron II et sous les Romains; c'est la plus imposante et la plus célèbre construction syracusaine.
C'est un des plus grands du monde grec (diamètre de 138 m.). La cavea est creusée presque entièrement dans le roc et divisée en 9 secteurs, avec
522 R. IS; cuite, p. 51S. SYRACUSE le Théâtre G-rec.
46 rangs de gradins. Il y en avait d'autres en haut, ver? le nymphée, et dont il ne reste plus rien. Il y a deux « prppcinctiones >■; autoiu" de la plus large court une frise, avec les noms de Hiéron (II), des reines Philistide et Séréide et de Jupiter Olympien, en grands caractères grecs, tracés là pour distinguer les secteurs. Quelques restes de la base de la scène. Ensemble pittoresque et grandiose, plein de souvenirs évocateurs, et *vue sur la ville et sur le port, spécialement belle aux première? heures du matin et au coucher du soleil. Depuis quelques années, en avril et mai, on y donne des représentations de tragédies classiques, dont la mise en scène est fort bien réglée, d'après les principes de l'art et qui attirent des voyageurs de tous les coins du monde. À cette époque, s'informer d'avance, pour trouver à se loeer.
Au-dessus du théâtre, il y a une haute paroi rocheuse avec des niches votives et une voiîte en grotte, qui serait un Xymphée; im des aqueducs y débouche. À dr., beau coup d'œil sur la Latoraie du Paradis. Se placer en haut, près d'un trou qui descend dans la voûte du Xymphée, pour jouir du panorama (V. ci-dessus). De là, on se rend au côté opposé du Théâtre, côté O., où est la très intéressante Voie des Tombeaux qui monte en faisant ime courbe de 150 m. C'est une espèce de tranchée creusée dans le roc, entre deux parois verticales, où s'ouvrent des tombeaux, des niches (loculi), des galeries, dépouillés de leur contenu. Tout près, passe l'ancien Aqueduc Galermi.
c et d) Epipolis et Tyché.
Deux chemins mènent au château de l'Eun-èle (V. la carte), qui est du plus haut intérêt, V. aussi, p. 519.
a) Parla vieille route. On prend la route de Floridia et à 3 k. de la piazza del Foro, on ?'en écarte pour suivre à dr. la strada Vecchia.
b) La NOUVELLE route. On suit la rout« de Catane; à environ 300 m., après le carrefour, à g.: tombeaux gréco-romains et byzantins (tiécropole des Grotticelle), dont l'un, au fronton dorique, tiré d'un bloc calcaire, est appelé, sans aucun fondement, le tombeau d'Archi/nède. On gagne le plateau et l'on tourne à g., en suivant l'Aqueduc Galermi. On traverse les murs de Denys (à dr., sentier qui mène à la latomie du Philosophe) et l'on parvient à la vieille route, près de la Casa dei Viaggiatori.
Retour intéressant pour les piétons (on envoie la voiture attendre à la t Scala Greca ») en suivant les miu's de Denys, au X. du plateau jusqu'à la Scala Greca (300 m. avant, restes d'une construction qui éta.it peut-être VHexapylon de Denys, une porte à 6 passages, et aussitôt après, une porte de fonte). De la Scala Greca, *panorama de toute beauté. En continuant toujours sur le bord du plateau, on peut att-eindre l'extrémité E. de l'Achradiue et, en 1 h. 30-2 h., la Latomie des Capucins, p. 519.
L'Eurj'èle, l'ouvrage mihtaire grec le plus imposant et le plus complet, est une grande forteresse bâtie par Denys l'Ancien en 6 ans (402-397) sur le point le plus élevé du plateau de l'Épipolis.
Le front 0. est protégé par 3 fossés. Le 1" près de la maison du gardien. Le 2^, à 80 m. à l'E., a 24 m. de large. Entre celui-ci et le 3«, se trouvaient les miu-s d'un ou\Tage avancé, qui sont tombés en partie dAns le 2« fossé. Le 3^ relie tout le système défensif de la forteresse: c'est là qu'aboutit im merveilleux réseau de passages et de galeries. À l'extrémité S. de ce fossé, on voit encore trois puissants piliers, qui soutenaient un pont-levie.
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STAMPA ; A.VAUARDI - MFLANO
le Château Euryèle. SYRACUSE Tt. IS; carte, p. 518. 523
Le Château se compose du donjon et de Veiiceinte orientale. Le premier a la forme d'un trapèze et son côté O. est muni de 5 touis carrées, qui étaient hautes de 15 m. et in-obablcmcnt crénelées et garnies de gargouilles un masque léonin (il y en a un spécimen dairs la maison du gardien). La deuxième a une forme irroguîière. Au N.-E., est l'entrée de la forteresse, vers la ville; à l'angle S.-E., est une tour, à laquelle se rattachent les murs S. de l'Epipolis. Les murs N. sont unis au Château au moyen d'un système complexe d'ou\Tages. Descendre pour visiter l'ensemble compliqué des corridors et des galeries, où l'on observera en particulier les systèmes ingénieux de défense et d'abri. Noter spécialement: la galerie parallèle au 3^ fossé, de laquelle partent vers l'E. trois galeries; la plus septentrionale de celles-ci, qui est aussi la plus longue (175 m.), met en communication le fossé avec une tour avancée au N. de l'entrée du côté de la ville. Les travaux d'excavation furent accélérés au moyen de puits le long du parcours, puits qui, faits en escalier à la partie inférieure, permettaient de fuir, en cas d'invasion ennemie. -Une visite également intéressante, c'est celle des murs de Denys, au N.-E., interrompus de temps en temps par des tours et des poternes, et dont une partie, d'une longueur de 30 stades, fut, dit-on, construite en 20 jours. La *vue, de différents points de l'Euryèle, est des plus belles.
À 20 min. à l'O., est le village de Belvédère; sur le point le plus élevé, 188 m., se dresse un sémaphore, d'où la vue est encore plus étendue que de l'Euryèle.
lïl. — Source Cyanè, Temple de Jupiter.
La visite exige de 3 à 4 h. En été, si la saison est avancée, ]ircndre des précautions contre la malaria. On peut y aller par la route de Note; à 2 k., on traverse l'Anapo et le Cyanè; en longeant la rive dr. do ce dernier, on va jusqu'aux papyrus. - Jilais il est préférable de louer une barque à 2 rameurs, traverser le port (par le mauvais temps, celui qui souffre du mal de mer peut aller en voiture jusqu'au Cyanè) et de remonter en quelques minutes le Cyanè jusqu'au pont du ch. de fer, où l'on change de barque et l'on continue jusqu'à la source (tête de la Pisma).
Le petit lleuve Cyanè est fameux par ses papyrus, qui ont jusqu'à G m. de haut et qui forment d' épaisses haies latérales. Le papyrus est un jonc égyptien qui s'élève de l'eau gracieusement courbé et finit en toufïes de filaments verts. Le charme de l'excursion vient de la solitude du lieu, de la pureté de l'eau poissonneuse, de l'élégance des papyrus. Cyanè était une nymphe qui, pour avoir tenté d'empêcher Pluton d'accomplir renlèvemcnt de Proserpine, fut changée en source pour qu'elle pleurât toutes ses larmes. La barque est poussée parmi les papyrus, jusqu'à la source du Cyanè, appelée Tête de la Pisma, petit bassin circulaire profond, où de longues algues verticales semblent palpiter et frémir, agitées par les filets d'eau qui jaillessent du fond. Les eaux sont très pures, azurées et peuplées de poissons. À côté, est une source plus petite, la Pismotta.
624 n. 18; carte, p. 518. SYBACUSË Excursions.
Sur la rive dr. du Cyané, à 10 min. du pont de la route carrossable, on voit deux colonnes et une partie du stylobate, seuls restes du Temple de Jupiter Olympien (Olympiéion), du commencement du VI« s. C'était un périptère dorique hexastyle à 42 colonnes (B-17).
Excunsiox àla *Nécrepole de Pantâlica et à Palazzolo Acréide. Ch.
DE FER SYEACrSE-GlARRATAXA-KAGUèA, 98 k., 2 dép. par j.) jUSQU'à
Sortino (station la plus proche de la Nécropole de Pantâlica), 30 k. en 1 h. 30, prix: I" cl. 9 L. 65, III^ cl. 4 L. 75. Jusqu'à Palazzolo Acréide, 51 k. en 2 h. 15, prix: 1'^ cl. 15 L. 75, IIP cl. 7 L. 30. Jusqu'à Ragusa, 98 k. en 4 h, 40, prix: P^ cl. 29 L. 35, III'^ cl. 13 L. 15. La ligne est intéressante, spécialement dans la gorge pittoresque de l'^^napo. - On part de la gare de Siracusa Suota (borgo S. Antonio). - 14 k. Floridia (aub.: Archimede; del Gallo; Roma), à 111 m., 12.659 hab., fondée par le duc Lucio Bonanno Colouna (1628). Excursion de 4-5 h. aller et retour (ânes à louer) à la *Cava de Spampitiato ou Culatrello, profonde et pittoresque entaille dans le ealcaire, avec nombreuses grottes-hypogées. - 30 k. Station de Sortino-Fu-?co, à 190 m.
Visite de la *Nécropole de Pantâlica, la plus grande de l'île; la beauté du paysage et l'aspect exceptionnel des tombeaux en rendent la visite très intéressante. La voie ferrée parcourt le fond de la Cava (nom donné aux entailles faites par érosion dans le calcaire en cette région, sorte de défilés étroits et longs comme de véritables gorges). Â cause des horaires qui varient selon la saison, il faut étudier la manière la plus avantageuse de la visiter. Le cas échéant, on peut passer la nuit à Sortino (hôt. Firenze, modeste). On descend de Sortino au passage obligé et extraordinairement pittoresque du Molino, au fond de la petit* vallée de la Bottiglieria. De là on peut mont-er sur le plat-eau (mais cela n'a qu'un intérêt fort relatif), où se trouve Pantâlica (Herbessus?) en en parcourant les bords S.-E. (San Micidiario) vers S. Xicolicchio, povir tom-ner au X.-O. et retoiimer au point de départ. Le plateau, plancher calcaire dénudé, aux rochers escarpés et à pic, est délimité et entouré en bas comme d'ime ceinture, par la Bottiglieria et l'Anapo qui se réunissent ici. Dans les parois du plateau, ont été creusés les tombeaux: ce sont de petites cellules ouvertes comme des fenêtres rondes ou Ciirrées, au nombre d'environ 5.000, superposées d'une manière désordonnée dans l'écorce rocheuse, même sur dix rangs, comme des fenêtres de maisons ou\Tières. Chaque cellule était un tombeau de famille et la nécropole était di\isée en groupes ou secteurs. Ceux-ci ont fourni des collections considérables au Musée de S>Tacuse, p. 516. La ville existait à l'époque de la deuxième et de la troisième phase de la civilisation sicule (XII^-VIII« s. av. J.-C.) et disparut après que les Grecs eurent pris racine à SjTacuse et fondé Akre (663 av. J.-C), maintenant Palazzolo Acréide. Ce fut à l'époque des Gotlis et des Byzantins que furent creusés dans la roche de curieux villages troglodytiques et même deux oratoires rupestres (S. Micidiario et S. Xicolicchio). S'entendre avec un guide pour la durée de la visite. Au Musée Xational de SjTacuse, on peut avoir des renseignements pratiques sm: cette excursion.
Le train court presque dans le fond de la magnifique *gorge de l'Anapo, formée par érosion et dans les parois de laquelle furent creusées les cellules de la nécropole de Pantâlica (V. ci-dessus). Ponts et tunnels. - 51 k. Palazzolo Acréide (hôt. Centrale, 12 lits), petite ville de 14.653 hab., à 697 m., intéressante à cause des antiquités d'Akre, colonie fondée par les Syracusains en 664 av. J.-C. Détruite, paraît-il, par les Arabes, Akre se releva sous le nom de Palazzolo à l'époque féodale; abattue par le tremblement de terre de 1693, elle se releva; ses constructions portent par conséquent le cachet de l'architecture du XVIIP s. De la gare, en passant devant l'église de \'Annu7iziata, en tournant un peu après à g., puis à dr., on monte au centre de la ville, où est la piazza del Popolo, avec S. Sebastiano, église à la
Excursions. SYRACUBË j R. 18. 525
façade très ornée. Prendre le corso Vittorio Emanicele; au N° 19, est le Palais Judica, avec des restes de la collection archéologique du baron Gabriele Judica; au bout du corso, se trouve le champ de foire, le prato délia Fiera, où, à l'endroit le plus élevé, est le*Théâtregr8C (vue), qui date d'une époque tardive et qui est très petit, mais bien conservé; à côté, un Odéon fort petit. Derrière, il y a une latomie avec de nombreux tombeaux. En tournant autour du coteau, à l'E., on arrive à la route de Noto, près de laquelle se trouvent les Templi ferait (les Temples des morts), deux cavités avec inscriptions grecques et niches pour tablettes votives. De là, en 10 min. (le gardien du théâtre sert de guide), on se rend aux fameux Santoni (grands saints), figures représentant peut-être Déméter probablement du IIP s. av. J.-C, grossièrement sculptées dans la roche. De là, on voit le Mt Pinita, où il y a de nombreux tombeaux sicules. - 53 k. Station de Buscemi. La voie monte presque jusqu'à 700 m., puis redescend pour passer l'trrafnio. - 65 k. Station de Giarratana. - 68 k. Giarratana bivio; court embranch. poiu' (31 k.) Vizzini. - 79 k. Chiaramonte Oui fi, à 640 m. - 98k. Ragusa, V. ci-dessous.
Ch. de fer Syracuse-Licata-Canicattî, 264 k. en 10 h. env. prix: F» cl. 102 L. 50, IJe cl. 72 L. 10, IIP cl. 43 L. 95, ligne médiocrement intéressante pour le touriste. La voie suit la direction du S.-O., en vue du Grand Port, puis de l'extrémité de la Sicile, va jusqu'au Cap Pâssero; ensuite, tantôt elle s'éloigne de la Mer d'Afrique, tantôt elle y retourne. Les station? principales sont: - 26 k. Âvola, 19.702 hab., au plan hexagonal; grande culture d'amandiers. - 33 k. Noto (hôt.: Roma, 20 ch.; Firenze, 12 ch), à 159 m., 17.443 hab., ville bâtie en 1703, remplaçant Noto Vecchia (V. ci-dessous), plan régulier, ensemble pittoresque d'églises, de couvents, de palais de style baroque, de places scénographiques. À remarquer sur le corso: <S. Salvatore, le Dôme, S. Domenico, le Palais du Municipio et le Théâtre; dans la via Cavour: S. Chiara, avec une Madone attribuée à Antonillo Gagini; sur la piazza Mazzini: le Crocifisso, avec une Madone de Francesco Lavirana (1471). Excursion de 16 k. environ, dans l'intérieur, à Noto Vecchia (l'ancienne Notu), d'abord centre sicule, puis ville fondée sous le nom de Neetum par Ducétius (448 av. J.-C), importante sous les Arabes, détruite complètement en 1693 et abandonnée par les habitants, qui fondèrent la nouvelle ville de Noto. Quelques ruines pittoresques.-92 k. Môdica (hôt.: Bristol, 18 ch.; Stella d'Itâlia.lQ ch.), 55.817 hab., située au fond d'une petite vallée et sur une hauteur, à 449 m. L'église du Carminé est ornée d'une portail ogival et d'une Annonciation, école de Gagini; à Môdica alta (ville haute), l'église S. Giorgio renferme un retable attribué à Alibrandi (1513) et une Assomptioyi, par Filippo Paladino. L'église S. Maria di Gesù a im portail très riche et un cloître dépendant de l'église. Excursion à la Cava d'Ispica, défilé grandiose, d'une longueur d'environ 13 k., due à l'érosion des eaux, où l'on rencontre des tombeaux-hj'pogées préhistoriques et des grottes artificielles creusées au moyen âge pour servir d'habitations. - 103 k. Ragusa Inferiore. Tunnels importants et *\'ue scénographique de la ville. - 112 k. Ragusa (hôt. Centrale), à 505 m., dans un site pittoresque, se compose de Ragusa, 33.072 hab., et Ragusa Inferiore, 8.620 hab., connue par ses carrières de pierre d'asphalte, qu' on exporte en grande quantité dans toute l'Europe pour le pavage des rues en asphalte comprimé. C'est VHyhla Herœa des Grecs; elle a gardé quelques vestiges préhistoriques, de l'époque byzantine et du moyen âge. - 145 k. Cômiso (hôt.: Cismene, 12 lits; Roma), à 246 m., 32.1G6 hab.; Palais féodal, en partie du XV« s., et, dans l'église S. Francef^co, très beau monument Naselli, attribué à Antonello Gagini. - 153 k. VIttôria (hôt. Itâlia, 25 ch.), 29.888 hab., fondée en 1607 par Marco Antonio Colonna; important centre du commerce de vins. - 183 k. Tepranova di Sicllia (hôt.: Trindcria, 30 lits; Vittôria, 17 lits), 24.311 hab., sur un plateau haut d'environ 40 m., fondée, croit-on, par Frédéric 11(1230). On y voit des restes de deux temples doriques (VI* et V» g.) et deux nécropoles (l'une archaïque, l'autre du V* s.), témoignages de l'ancienne
526 R. 19. LA SARDAIGNE Notice géographique.
Gela; Mlle-ci, fondée par des Rhodiens et des Cretois (vers 689 av. J.-C), bâtit à son tour Akragas (582), atteignit son apogée au V« s. (en 456, Eschyle y mourut), fut prise par les Carthaginois en 405, et fut repeuplée en 338 ipar Timoléon: plus tard, ses habitants fiu-ent contraints de s'établir à Phintias (Licat^i) par Phintias, tjTan d' Akragas. - 218 k. Licata (hôt.: SicUia; Irdera). 24.776 hab., ville commerçante, la Phintias des anciens. Dans Vorfanotrofio (orphelinat) Regina JMargherita, il y a des vestiges d'architecture du XIV* s. et un triptyque du XV« s. - 264 k. Canicattï, p. 486. Une autre ligne de 61 k., qui passe par Naro, relie Licata à Caniaatti. De Canicattï, on continue pour G-irgenti, p. 487, ou pour Caltanisaetta, p. 486 .