Ile (VUlas
Colonna 1^
Corsini ~>
Farnesina 8-11-10
des Poiitifet. ROME R. 1; plan, ci-contre. 37
253. LÉOX XII, Aiuiibiil Dcllii flonga, uô à la Cenga, juvs de F()li.!,'iK),
élu à 03 ans, 28 sept. lS23-iO févr. 1S29 (5 ans, 4 mois, 14 jours).
Sôpult.: à St-Pionv, sous le pa veulent de la chapelle de St-Léou-
L'-Grand; dans la nef, est le niomim., par le sculpt. Giusoppe Fabris.
2.54. Pie VITI, François-Xavier Castiglioni, de Clngoli, élu à 69 ans,
31 mars 1829-30 nov. 1830 (l an, 8 uiois).
Sépult.: à St-Pierre (inonum., par Pietro Tencrani).
255. GRÉGOIRE XVI, Maur Cappellari, de Bcllnne, élu à 06 ans, 2 févr. 1831-1" juin 1846 (15 ans, 3 mois, 29 jours).
8épult.: à St-Pierre (luonuiu., ])ar le sculpt. An\ici),
250. Pie IX, Jean-Marie Mastai-Ferretti, de Senigâilia, élu à 54 an.?, 16 juin 1846-7 févr. 1878 (31 ans, 7 mois, 22 jours).
Sépult.: dans la crypte de la basilique de St-Laurent-hors-les-Murs, à Rome.
257. LÉON XTII, Joachim Pecci, de Carpinoto Romano, élu à 68 ans, 20 févr. 1878-20 juill. 1903 (25 ans, 5 mois).
Enseveli provisoirement à St-Pierre; monum., à St-Jean-de-Latran, ])ar le sculpt. Giulio ïadolini.
258. Pie X, Joseph Sarto, de Iliese (Trévise), élu à 68 ans, 4 août 1903- 20 août 1914 (11 ans, 16 jours).
Sépvdt.: dans les Grottes du Vatican (sarcophage en marbre blanc; monum., à St-Pierre, arch. Florcstano Di Fausto, sculpt, Pietro Astorri).
259. Benoît XV, Jacques délia Chiesa, de Gênes, élu à 60 ans, 3 sept. 1914-22 janv. 1922 (6 ans, 4 mois, 19 jours).
Sépult.: dans les Grottes du Vatican (sarcophage provisoire).
260. Pie XI. Achille Ratti, de Désio (Milan), élu à 65 ans, le 6 févr. 1922, Pontife régnant.
I. — La place «le Venise, le nioiiuiiieui \'tclor-Einmanîiel et le Capifolc.
SOMM.vlre: la place et le Palais de Venise, V. ci-dessous; le *monument Victor-Emmanuel, p. 39; le Capitule et son *Musée, p. 40; le Palais des Conservateurs, p. 43; S. Maria d'Aracœli, p. 48.
La place de Venise (piazza di Venézia; PI. C. 17), 15 m., peut être considérée comme le centre de la ville. C'est une des places les plus animées et c'est vers elle que convergent la via Nazionale et la via IV Novembre, le corso Umberto I'^ la via del Plebiscito, prolongement du corso Vittorio Emanuele, et, indirectement, la via Cavour, C'est un magnifique quadrilatère, d'où Ton voit le monument de Victor-Emmanuel, qui forme une imposante perspective et en face duquel est le corso Umberto, voie rectiligne de près de 2 k. Au fond de celle-ci on aperçoit l'obélisque de la pi. du Peuple. En se tournant du côté du monument, on a à dr. le palais de Venise (Palazzo Venézia), à g., une construction moderne, le Palais des « Assicurazioni Générait ». Celui-ci, qui est de 1907, est orné d'un beau lion ailé du XVI* s., provenant de Padoue. Le *Palals de Venise fut élevé en partie avec des pierres du Colisée,
38 R. 1; plan, p. 36. ROME le Palais de Venise.
p. 150, peut-être sur dessin de Léon Battista Alberti, pour le cardinal Pietro Barbo (vers 1455). Celui-ci qui fut ensuite Paul lî, le premier des grands poniifes de l'époque de splendeur de la Renaissance romaine, y rassembla de grands trésors artistiques. Ce Palais fut ensuite la demeure des papes qui y faisaient de fréquents séjours, même après que Pie IV l'eut donné à la République de Venise, pour qu'elle en fît le siège de son ambassade. Après le traité de Campofôrmio, de 1797 à 1915, c'est là que résidèrent les ambassadeurs d'Autriche auprès du Vatican. L'Italie le revendiqua en 1916 et l'on y replaça le lion de St Marc. C'est un mâle et grandiose édifice couronné de créneaux et agrémenté de fenêtres à croisée et de portails; celui de la place de Venise, finement travaillé et attribué à Giuliano da Maiano, sert d'entrée secondaire à l'église St-Zvlarc (San Tslarco), V. ci-dessous. Au coin, vers le monument Victor-Emmanuel, est une tour.
Intérieur. - Il est en voie de restauration (1924), et, pour le moment, on ne peut visiter. On entre parla via del Plebiscito, puis par le grand escalier, à l'aspect sévère, on s'engage à g. dans l'appartement des ambassadeurs, puis on tourne pour pénétrer dans Vappartemeat des papes, vers la pi. de Venise: la Salle Royale, la Salle du Consistoire, la, Salle de la Mappemonde, la Salle d'Hercule et la Loge de la Bénédiction sont remarquables. Sous les crépis, on a découvert des décorations attribuées à Bramante et à Mantegna et dans les salles on est en train de recueillir des meubles, des armes, etc., du XV^ s. La coiu: intérieiu-e, silencieuse, pittoresque, avec ses très haiit^ paliuiers, est merveilleuse. On y av it déposé pendant la guerre les chevaux de bronze de St-Marc de Venise et les sticurs équestres de Gattamelata et de Colleoui. À l'entresol (entrée 3, pi. de Venise) l'Institut Royal d'-Ajcliéologie et d'HLstoire de l'Art (Présid.:le S^éuateur Corrado Ricci), est fourni d'une riche bibliothèque. En suivant la façade sur la place de Venis3 dans toute si longueur on arrive à la piazzetta, la petite place, au fond de laquelle, en 1911, a été reconstruit le petit palui^s de Venise (palazzetto di Venézia) bâti de 1466 à 1469. C'est maintenant le siège de la Direction Générale des Antiquités et des Beaux-Arts. Auparavant, 11 était identique, au coin du Palais, sur la place, mais il empêchait de voir le monument. Des fenêtres qui donnent sur la Cour intérieure (on entre au X° 51) on peut donner ma coup d'oeil sur cette dernière, qui est très jolie et une des plus élégantes du XV« s. Elle a deux rangées d'arcades, avec une belle citerne au milieu.
Au coin de la petite place est ynadam^ Lucrèce (madama Lucrezia), reste d'ime statue d'Isis et personnage satirique, populaire comme Pasqxiin et Marforio. De la petite place, très belle vue d'ensemble vers le forum de Trajan, égiyée par les plantations de cyprès, de chênes verts et de palmiers dans les plates-bandes.
Sur la petite place est l'église St-Marc (S. Marco; PI. C. 17), faisant partie du Palais de Venise. Elle fut fondée, dit-on, en 336. par St Marc, pape, restaurée en 833, refaite en 1468, remise à neuf au XVIP s. et en 1744. Le campanile est de style roman.
Faca.de Renaissance, attribuée à Giuliano da Maiano ou à Alberti, Sous le portique, fragmenta et inscriptions. Au-dessus du portail du milieu, St Marc l'Èvajigéliste, par Filarete. - iNTÉRiEtTR à trois nef 8, séparées
le Mon. Vict.-Emm. ROME R. 1; plan, p. 36. 39
par des colonnes de jaspe de Sicile; riches décorations de style baroque et beau plafond Renaissance. Dans la P« chap. à dr., Résurrection, par Palma le Jeune; 3« chap. à dr., Epiphanie, par Carlo Maratta. Dans l'abside, le Christ et des Saitits et Grégoire IV offrant le modèle de l'enlisé; mosaïque de la dernière décadence (833). Pavement des Cosmas. Dans la sacristie, tabernacle, par Mino da Fiésole et Giovanni Dalmata. Dans la Salle Capltulaire, *St Marc l'Évangeliste et St Marc pape, par Melozzo da Forli.
On retourne sur la pi. de Venise, pour visiter le *Monument \'ietor-Emmanuel II (PI. C. 17), surnommé par les Italiens le Père de la Patrie, œuvre maîtresse de Giuseppe Sacconi (m. en 1905) en pierre c botticino » de Bréscia, commencé en 1885, inauguré en 1911, à l'occasion du cinquantenaire de la proclamation du Royaume. Les parties les moins importantes sont en voie d'achèvement. La blancheur du marbre, la majesté du style gréco-italique, en font un chef-d'œuvre de l'art moderne italien. Il symbolise la conqucLe de l'unité italienne.
Sur les côtés du monument vu de face, eu bas, les fontaines représentant les mers italiques; à g., l'Adriatique (tTe Quadrelli; à côté les restes du. tombeau de Caïus Publicius Bibuluf, des derniers temps de la République); à dr., la nier TyrrMnienne (de Canonica). Au-dessus du stylobate, de dr. à g., 4 groupes représentant le Droit (df- Xiraenes), le Sacrifice (ûe Bistolfi), la Concorde (de Pogliaghi), la Force (de Eivalta). Les marches du monument, de 41 m. de large, sont fermées par une grille élégante que l'on l)eut faire descendre dans le sous-sol. Sm-les côtés, au commencement, deux groupes colossaux: à dr., l'Action (de Jerace), à g., la Pensée (de Monteverde); au milieu, deux lions ailés (de G. Tonuini); au bout, bases pour les antennes des drapeaux, avec des Victoires (de E. De Albertis à dr.;do E. Rubino, à g.). Au centre de l'esciilier s'élève l'AUTEL DE la Patrie, œu\Te de Zanelli: au milieu du piédestal la flgiu-e solennelle et archaïque de Rome et au pied le loculus, où est enseveli le Soldat inconnu d'Italie (il Milite iynoto); sur les côtés, deux théories triomphales: à di., le Triomphe de l'amour de la Patrie; à g., le Triomphe du travail. - Les escaliers, à dr. et à g., conduisent aux paliers devant les portes du Museo del Risorgirnento (Musée de l'Indépendance) et du Museo délie bandiere (Musée des drapeaux). Les portails sont très beaux. Au-dessus, de chaque côté du triforium, à dr., la Guerre (de Maccagnani) et la Révolution (de Ferrari); à g., la Philosophie (de Maccagni) et la Politique (de Cantalamessa-Papotti). Remarquer, à côté des portails, les pilastres aux chapiteaux omé^ d'une tête de femme, puis, dans les coins, les superbes colonnes ornées de palmettes et les exquises décorations des fenêtres. - Ou monte ensuite un des escaliers aux côtés de la statue équestre du Roi, en bronze doré, de 12 m. de haut, œuvre d'Enrico Chiaradia, légèrement retouchée par Gallori. Autour de la base qui est très élégante, sont représentées les villes qui ont dominé dans l'histoire d'ItaUc (par Maccagnani), à savoir; en partant du devant, où est Turin, et en tournant vers la g., Florence, Naples, Anrnlfi, Pise, Ravenne, Bologne,' Milan, Gênes, Ferrare, Vrbino, Mantouc, Palerme et Venise. Les symboles des armes de ces villes figurent sur le socle. De là, rcniarquer le magnifique stylobate supérieur, orné de 8 grandes bases pour statues; au-dessus, les 16 colonnes du portique et les propylées très élégants sur lesquels devront s'élancer le quadrige de la Liberté, à dr. (par le sculpteur Paolo Bartolini) et le quadrige de l'Unité, à g., (par Carlo Fontaua). Sur les colonnes, une frise superbe représentant des aigles, puis la corniclie avec de.s têtes de lions et 16 statues iî.r.itts de •3 m. jier.-onni.iint Its régions d'Italie, par divers artistes. On monte maintenant aux propylées devant lesquels sont les 4 colonnes des Victoires. Le
40 R. 1; plan, p. 36. ROME le CapitoJe.
portique, long de 37 m., sur la place, est orné en bas d'une grande frise formée de targes, boucliers et épées; iine zone de mosaïques complétera la décorations des murs. De différents points du monument et du portique, beau *panorama de Eome. La hauteur totale du monument est de 63 m. 50.
Descendre, tourner à g. et s'engager dans la via Giulio Romano, pour déboucher sur la pi. d'Aracceli, au pied du grand escalier de l'église d'Aracceli et au bas de la montée du Capitoîe. On appelle de ce nom l'ensemble des palais publics qui entourent la pi. du Capitoîe (V. ci-dessous) et s'élèvent sur le. mont Capitolin ou Capitale (la plus petite des 7 collines historiques) à deux cimes (environ 50 m. d'altitude) séparées par une dépression du sol qui est aujourd'hui la pi. du Capitoîe. Ce fut le centre religieux de la cité. Sur la cime N., était la Citadelle; sur la cime S., le temple de Jupiter, inauguré en 509 av. J.-C, détruit en 83, reconstruit et brûlé encore en 69 ap. J.-C, refait par Domitien et encore existant au VP s. Il avait trois rr/Z^r .dédiées à Jupiter, .Junon et Minerve. Il en reste la platée et une partie de la cella de Junon. Autrefois, la colline n'était accessible que du Forum; plus tard, conformément au développement des constructions de la ville, le front des édifices capitolins se tourna vers le N.: cette disposition commença à partir du XYI*" s.
Le côté de la pi. d'Aracœli situé vers le Capitoîe est très intéressant et typique. À g., s'élève l'escalier monumental, de 1348, qui a 124 marches et en haut duquel se dresse 5anfa Maria d'Aracceli. La route carrossable, à dr. (via dalle Tre Pile), de 1873, monte en serpentant au Capitoîe, rasant les murs de Servius et les restes du Temple de Jupiter. Ces vestiges que l'on est en train de découvrir, étaient autrefois cachés par le Palais Cafjarelli, siège de l'ambassade d'Allemagne, démoli pendant la guerre. Le chemin du milieu, qui sert habituellement aux piétons, est une voie large à cordons, flanquée de parterres et de plantes, au bas de laquelle est la reproduction de deux lions égyptiens, p. 41: à g., la statue de Cola di Rienzo et les cages pour des aigles et une louve, symboles de Rome; à l'extrémité supérieure, deux figures colossales des Dioscures, d'une époque romaine avancée, retrouvées dans le Ghetto au XVI« s., près du Théâtre de Balbus. À g. du chemin à cordons monte une petite avenue pittoresque, sous une treille de vieux herre, qui débouche en haut, sous les Dioscures. Le chemin qui mène de la pi. du Capitoîe à l'Aracœli est beaucoup plus commode que l'escalier; celui-ci, fatigant à la montée, sera utilisé avantageusement à la descente.
Au fond de la solennelle *Plaee du Capitule (PI. C. 16-17). arrangée d'après les dessins de Michel-Ange et achevée au
le Capitule. HOME H. 1; plan, p. 36. 41
XVII* s., se trouve le Palais du Sénateur; à g., le Musée du Gapitole; à dr., le Palais des Conservateurs. Au milieu, la * statue de l'empereur Marc-Aurèle, statue en bronze avec de larges traces de l'ancienne dorure; elle y fut transportée du palais de Latran en 1538 par ordre de Paul III.
Exemple superbe et presque unique de semblables statues iuipériales, elle fut conservée durant le moyen âge, grâce à la croyance qu'elle représentait Constantin le Grand. La base, petite et élégante, exécutée d'aprèô Michel-Ange, est en harmonie avec le caractère intime de la place.
Près de la balustrade qui borne le côté ouvert de la place, outre les Dioscures, p. 40, se trouvent deux trophées d'armes des Barbares (vulgairement appelés trophées de Marins), œuvres du temps des Flaviens, deux statues de Co)ibtantin et Constant et 2 colonnes milliaires. - Le front de l'escalier du Palais du Sénateur est orné d'une fontaine avec la statue du Tibre, à dr. et celle du Nil à g.; dans la niche, est une statue de Minerve, en porphyre, trouvée à Cori et transformée en dea Roma.
Le Palais du Sénaleur (l'I. C. 16), siège officiel du Maire et du Conseil Municipal et dont l'entrée est dans la via del Campidoglio, a été construit sur le Tabularium (archives de l'État), érigé en 78 av. J.-C, et dont il reste le portique à arcades de tuf volcanique (péperin), qui contient des fragments architectoniques des édifices voisins. Parmi ceux-ci les deux tem^ples de la Concorde et de Vespasien, p. 136, sont remarquables. Au moyen âge, c'était un Château à 1 tours, que Boniface IX donna pour siège à la Municipalité de Rome. En 1592, Girolamo Rainaldi exécuta la façade d'après un projet de Michel-Ange. x\u sommet de la tour qui date de 1579, est une statue de Rome.
Le Palais du Aîus?}e du Capitoïe (PI. C. 16-17), du temps d'Innocent X (1644-1655), renferme le *Musée du Capitule, contenant une riche collection de sculptures antiques, fondée par Sixte IV et augmentée par Pie V, Clément XII, Benoît XIV, Clément XIII et Pie VI. Jours et heures de visite, p. 12. Catalogue scientifique de l'École Anglaise de Rome. Guide Bocconi. V. les plans des édifices, p. 42.
Rez-de-chaussée. - Coim intérieure: fontaine de Giacomo dalla Porta, ornée d'une statue colossale représentant un fleuve, dite de Marforio, jadis dans la rue de ce nom, alIs■^i célèbre i).ami le peuple que Pasquin, p. 64, à cause des satires que l'on avait coutume d'allicher sur les deux statues, souvent sous forme de dialogue. Dans les niches latérales, deux télamous (dieu Pan), provenant du Théâtre de Pompée, p. 54. - Salle i d., sculptures égJTtiennes, qui décoraient l'Isaeum Camijensc à Rome parmi lesquellf s deux lions en granit noir, qui restèrent jusqu'en 1885 au pied du cliemin à cordons qui mène au Capitole, et deux cynocéphales, provenant du sépulcre du roi Amasis II (VI« s. av. J.-C.). - Portique, à dr., 4, Minerve, statue colossale, d'après un original du temps de Phidias; bases de colonnes du Temple de la Concorde, p. 130. - À g., au fond, trois pièces. I" Salle: inscriptions clirétiennes. W Salle: inscriptions, lu-nes cinérau-es, monuments de l'école de Palmyre, provenant d'un sanctuaire syriaque près de la porta Portese. III'' Salle: base provenant du portique d'Octavie,
42 R. 1; pla7i, p. 36. EOME le Musée
p. 55, avec riii5cri])tion fameuse relative à Cornélie, mère des Gracq'ies. À g., trois autres pièces. IV^ Salle: têtes, bustes et fragments de calendriers. V^ Salle: célèbre sarcophage Amendola, orné d'ime scène de bataille entre Gaulois et Romains, offrant une grande affinité avec l' art de l'école de Pergame; cippe de l'architecte Tullius Statilius Aper. VP Salle: sarcopfia-je colossal pour deux personnes, jadis appelé sarcophage d'Alexandre-Sévère, œuvre r miriuabie du IIP s. ap. J.-C., avec les portraits des défunts et, sur les faces, bas-reliefs: la légende d'Achille. Le sarcophage contenait le fameux vase en verre, dit de Portland, du British Muséum. - Par l'escalier, en face d'une statue colossale de Mars, inspii"ée par un original attribué à Léocharès, on monte au
Peemer étage. Sur le palier, statue de Junon, ou plutôt de Démêler, d'après un original grec du V* s. On traverse la galerie et l'on entre dans la
P* Salle: 1, *Gaidois mourant, autrefois appelé Gladiatem* moiu"ant par suite d'une errem* d'interprétation. Il représente un guerrier celte, admirablement modelé, blessé et terrassé, attendant la mort. H fut trouvé dans les Jardins de Salluste, p. 96; c'est prrsque cfT^ainement un original, de la première école de Pergame, des ex-voto dédiés par Attale P'', en mémoire de ses victoires sur les Gaulois, p. lOj. - Les autres statues provienaent à peu près toutes de la Villa Adriana, p. i;4; . 6, Philosophe, portr ut hellénisticiue exprimant bien le caractère; 9, Jeune fille défendant une colombe, jolie statuette hellénistique; 10. *Sutyre au repos, fort b I'p réplique de l'original de Praxitèle; 12, Antinous (ou Agathod£emon, ou Thanatos, ou Hermès psj-chopompos), ce ivre élégante, d'après un original du TV^s.;
14, Jeune fille couronnée de roses, ré] liiue d'un bronze hellénistique; 15, Prê' tresse d'Isis: 16, bu-?te romain, autrefois appelé Brutus le J-unc; 2, statue de femme, de la 2« école de Pergame; 3, buite d' Alexandre-Hélios; 4, Amazone, œuvre ronnine, d'après un modèle attribué à Phidias; 5, *tête de Bacchus, d'après un prototype de Praxitèle; 6, Prêtresse; 7, Apollon Lycien, d'après une œuvre de Praxitèle.
Il* Salle: 1, au milieu: Hercule enfant, statue en basait.- vert, de l'époiue iniréi'iale ft de dimen-ions coloss-r'.les; 3, sarcophage avec les ligures de Diane et EMymiGn; bouche de calidarium; 16, Enfant avec une oie, réplique, d'après un bronze de Boéthos de Calcédoine (IPs. av. J.-C);
15, sarcophage: bataille entre Grecs et Amazones; 8, Enfant avec un masque, œu\Te hellénistique charmante. Au mur, plaque de bronze où est inscrite la Lex Regia de Vespasien, célèbre document historique (c'est le décret du Sénat qui conférait à cet empereur le pouvoir souverain), commenté pour la première fois par Cola di Rienzo, qui s'en servit pour démontrer la grandeur et les droits de Rome.
IIP SALLE(Salon): m milieu, *Satyre en marbre rouge d'aprè? un bronze hellé listique de l'époque impériale, reposant sur une base où figiu^ent des scènes du mythe de Jupiter. Sur les côtés, 2 et 4, deux statues de Centaures, d'une grande \ivacité, eu marbre d'un gris noir, provenant de la Villa Adriana, œu\Tres d'Aristée et Papias d'Aphrodisie en Carie, contemporains d'Adrien. Puis, statues de Jupiter et d'Esculape. 29, Divinité féminine, d'aiTè^un original du V« s.; 30. * Apollon archaïque, 1" moitié du V« s.; 31, Pothos, d'après un original de Scopas; 33, Amazone blessée, signée Sosiclès, mais qui est une répliqu-^ d^ i'œivr^ célèbre de Grésil ^s (fin du V« siècle^; 36, Minerve; 7, Apollon, d'après un original du IV« s.; 8, Minerve, d'après un original de la manière de Phidias; 11, Junon, avec tête de Lucilla, d'après un modèle de Phidias; 12, Athlète, du IV* s. av. J.-C; 13, Adrien: 20, Apollon, archaï lue, réplique de la statue appelée Apollon de l'Omphalos d'Athènes; 21, Hermès logios, d'après une statue de Scopas (?); 22, Vieille femme effrayée, art hellénistique; 24, Déméter ou Cérès, d'après un original attribué à Agoracrite.
IV« Salle. Elle contient 93 bustes de philosophes, poètes, etc., dont l'identification n'est pas toujours certaine. Ceux , dont l'idectiflcation est le
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du Capitole. ROME R. 1; plan, p. 36. 43
plus probable, sont les hennés à'Homère (44-46), Socrate (différents types), Théon (25), Sophocle (33-34), Chrysippe (38), Euripide (41-43), Platon (68), Eschine (61), Métrodore et Èpicure (63), Antisthène (70), Pythagore (80), Théophraste (97), Cicéron (75), Corbulon (48). Aux murs, bas-reliefs de la frise d'un temple de Neptune, avec ustensiles des sacrifices et parties de navires.
V* Salle. Riche collection de bustes d'empereurs romains, intéressante au point de vue iconograpliique et aussi à cause de la richesse des matériaux dont quelques-uns sont faits. L'attribution n'est pas certiiue pour tous et il y en a deux ou trois de la Renaissance. Les plus remarquables sont: 2, Aufiufte, avec ime couronne de myrte (?) ornée de gemmes; 23, Julie fille de Tituf!, fine sculpture; 25, Domitia; 29, Matidia; 33, Sabine; 49, personnage du temps d'Adrien, œuvre de Zenas; 52, Julia Domna, avec une perruque mobile; JBéliogabale; 81, Constance Chlore; Dioclétien (?); 80, la statue appelée le Père de Trajan, sculpture pleine de vie. Alix murs, des reliefs, dont deux sont des œuvres d'une grande finesse des premiers siècles de l'Empire, exécutées d'après des types hellénistiques: 89, Persée délivrant Andromède, et 92, Sélénéet Endymion. En outre: 84, prétendue * Agrippine, fort belle statue assise de matrone romaine du II« s. ap. J.-C, dérivation d'im original du V« s.
Galerie: 31 a, cratère, vase décoratif du I" s. ap. J.-C, lequel repose sur un *putéal (margelle de puits) provenant de la "Villa Adriana, ayant poxu- décoration le cortège des 12 Dieux (Dei Consentes), de style archaïsant: 29, Minerve, copie, d'après un bronze exécuté entre le V* et le IV* s.; 20, Psyché tourmentée par Éros; 49, tête de Déesse, dans la manière de Démophon de Messène; 51, réplique de l'Aphrodite de Cnide; 54, Matrone romaine représentant Vénus; 55, sarcopliage du IIP s. ap. J.-C: enlèvement de Proserpine; 59, torse du Discobole de MyTon, mal restaiuré par Monnot en gladiateur combattant; 61 Satyre jouant de la flûte; 62, Hercule tuant l'hydre (d'après l'interprétation faite lors de la restauration; ce serait plutôt Hercule atteignant la biche); 5, A7nour archer, bonne réplique d'une œuvre célèbre de Lysippe; 6, buste de Marsyas, hellénistique; 8, Vieille femme ivre, peut-être de Miron le Jeune, artiste de Pergame de la fin du III* s. - Ensuite, on entre dans la
Salle des colombes; elle tire son nom d'une très fine *mosaïque provenant de la Villa Adriana, réplique d'une œuvre de Sosos de Pergame. 13, sarcophage du IIP s. ap. J.-C., où figure le mythe de Prométhée; 18, hermès de Hermès propylaios (l'Hermès d'Alcamène, qui était à l'entrée de l'Acropole d'Athènes); 28, Diviiiité marine; 49, Diane d'Éphèse et, en haut, front de sarcophage, où est représenté le triomphe de Bacchus; 83, Table Iliaque, table de palombino, avec petits reliefs du cycle troyen, travail d'un certain Théodore du P' s. ap. J.-C, destiné peut-être à la décoration d'un écrin de bibliothèque. Le fragment entre des cristaux, au mur, est un morceau du bouclier d'Achille, œu^^:e du même Théodore. En (Aitre, base dédiée h la Magna Mater, où est représenté le miracle de la vestale Claudia Quinta, qui, avec sa ceinture, conduit à Rome le navire portant le simulacre de la déesse (204 av. J.-C.). - On retourne en arrière, dans la Galerie, jusqu'au N° 29, près duquel est le Cabinet de VÉNUS. C'est là qu'est la célèbre * Vénus du Capitole, trouvée au XVIIP s. dans une maison près de S. Vitale, modelée en marbre de Paros avec xme connaissance parfaite de l'anatomie. C'est probablement une œuvre Alexandrine, inspirée de la Vénus de Cnide de Praxitèle. Dans les niches du cabinet: Léda avec le Cygne, repli (ue d'une sculpture de Tiniotheos (IV« s. av. J.-C.) et *Amour et Psyché, joli groupe hellénistique.
Le Palalis des Conservaleurs (PI. C. 16) fut commencé par Nicolas V, vers 1450 et transformé de 1564 à 1568 d'après un dessin deMic]iel-Ange,par Prospero Boccapaduliet Tomaso de' Cavalieri. C'est là que se trouvent les Salles des Con.servateiira (1" étage), le \ouveau Musée du Capitole et la Pinacothèque du
44 7?. 1; phni, p. 36. ROME Le Palais
Capitoîc (2^- étage). Jours et heures de visite, p. 12. IMan de l'édifice, p. 42.
De la place on entre dans la Cour intérieure; à dr., tête colossale de Constantin le Grand, qui, avec d'autres fragments de la statue, provient de la Basilique de Ma.Kence, p. 144; à g., bases et transennes, où sont représentées des provinces ou des nations sujettes des Romains et qui ornaient jadis l'i^dificc' appelé Temple de Neptune sur la Piazza di Pietra (p. 75). Sous le Portique, à dr. et à g. de l'entrée, statues de Jules César <'t d'Auguste; au fond de la cour, .statue de Borne, du temps de Trajanou d'Adrien; 3, 7, statues de Barbares. Palier du rez-de-chaussée: colonne de C. D«/i7î?<^, dont l'inscription est mie copie du temps d'Auguste; au fond, cippe d'AgriiJpinc, femme de Germanicus, mère de l'empereur Caligula, employé au moj-en âge comme mesure pour le blé. Le long des escaliers, attachée au mur de g., inscription de L. Nœvius Surdinus et sur le revers, relief représentant la légende de Curtius, de l'époque républicaine. I" Palier: 4 reliefs provenant d'arcs de triomphe, dont trois d'un monument de M;.rc-Aurèle; à dr. 44, .sacrifice devant le temple de Jupiter au Capitale; le long de l'escalier, inscription du temps de Boniface VIII; IP Palier: autre relief provenant d'im arc de triomphe qui était sur la voie Flaminieune (Corso Umberto I); statue de Charles d'Anjou. De ce palier, on accède, en face, aux Salles de réceptions; à g., à l'Appartement des Conservateurs; de la grille, à côté de l'escalier, on passe aux salles dti Xouveau Musée, qui contient essentiellement les objets trouvés durant les travairx ordonnés par l'édilité de Rome après 1870.
Salles des Conservateurs.
l'e Salle, dite des IIoraces et des CrRL^CES: fresques de Giuseppe Cesari, dit le chevalier d'Arpin, représentant des Épi^^odes de la première époque des Bois. * Statue en marbre d'Urbain VIII, par le Bernin; * Statue eu bronze d'Innocent X, par Algardi.
II* Salle, dite des Capitaines: très belle porte en bois sciUpté, du XVIP s.; suite des fresques de l'histoire do Rome, et statues de G. F. Aldûbrandini, ?>[. A. Colonna, A. Famèse, Tommaso Ros]iigliosi et Carlo Barberini: cette dernière est mie statue romaine transformée par le Bernin.
IIP Salle, dit: des triojiphes, à cause delà frise de Daniele da Volterra, représentant le Triomphe de L. Mummius (140 av. J.-C). On y a placé récemment les bronzes les plus célèbres donnés par Sixte IV aux Conservatem's. Au milieu, le célèbre *Tireur d'épine, jadis appelé Fidèle Capitolin, parce que c'était, croyait-on, le portrait de MarcivL«, messager de Rome, qui. pour remplir sa mission, n'interrompit point sa course, pour tourmenté qu'il fût par une épine au pied. Il est plus probable que ce soit un ex-voto d'un vainqueur d'une course, sculpture grecque du milieu du V« s.; selon certains, ce serait une sculpture hellénistique à laquelle fut appliquée une tête grecque du V^ s. 2, buste en bronze qui a passé pom' celui de Lucius Junius Brutus (seule la tête est antique et a du caractère); il est probablement de l'époque hellénistique; i, Camillus ou ua ministre du culte, œu^Te grecque du temps de la République; vase avec inscription, don du roi Mithridite à une société de gy^niastique.
IV^ Salle, dits DES fastes: fresques: Triomphe de Jules César, découverte du <i caput OZù'», défense du Capitale, par Giacomo Ripauda. Au mur d'en face, fragments des Fastes consulaires et triomphaux, qui ornaient les parois extérieures des murs de la Begia, p. 142, avec encailiement, exécuté d'après un dessin de Michel-Ange. Us contiennent la liste des consuls romains et des triomphes des grands capitaines. Sm- les autres murs, inscription en l'honneur de Marcantonio Colonna, le vainqueur de Lépante et bustes des épigraphistes insignes <iui étudièrent les fastes: (luillaume Heuzen, Bartolomeo Borghesi, Giovanni Battista De Rossi.
ih's Coiixenvitt'itr-'i. 1WM\-. IL 1: 'plan, p. 30. 45
Au milieu de h\ SiiUo, la *loiirr en bronze, l'aninml siacré de Rome, œuvre étrusque du coniuiencenient, <lu V'' s., dérive d'un type gréco-ionien et appartenant probablement à l'école de Véies, p. XX. Elle était jadis sur le Capitule et on l'identitia avec la louve frappée par la foudre en 65 av. J.-C. (les pattes de derrit-re portent de.s cassures qui rejirésentent ]>eut-être les traces de l'aceident). Les jumeaux sont l'œuvre d'Antonio Pollaiuolo.
V"* Sallk, curieux si)éeimen d'une salle du XVII'' rf., déeon'îe d'œuvres d'art, parmi les((uelles une Isis et ileux oies en bronze, antinues, et une tête (le Méduse, en marbre, attribuée au IJernin.
VF Salle, ornée d'hermès antiques.
VIP Salle: aux murs, jn-écieuses tapisseries exécutées tout exprès ])our la Connnune; l'une porte les armes de la Ville, les autres représentent l;t Sftissdnce de Romulus et liémus (d'après le tableau de Hubens, de la Pinaeothè jue Capitoline), In Vestale Tutia et le Maître d'école « défaitiste » de Paieries puni par Camille. Sur les tables: *buste de Domitien: buste d'une souveraine égyptienne, qui serait le portrait de Cléopâtre.
VHP Salle, dite des Guerres Puniques: fres'iues de Giacomo Ripanda, représentant la Butaille de Mylœ, la Bataille des îles É'jades, la Pai.v entre Amilcar et Lutatius Catulus, et Annibal franchissant les Alpes.
IX« Salle (Chapelle): aux voûtes, fresques et stucs de l'école de Carrache, début du XVII* s.; aux murs, ia Vierge, l'Enfant Jésus et des Anges, école ombrienne, début du XVP s., et Saints, par G. F. Romanelli.
XOUVF.AU MUSÉK DU CaPITOLE.
Les DEUX premières Salles contiennent les tables des Fastes modernes, c'est-à-dire la liste des magistrats de la ville, à partir de 1640. De plus: 11, Anacréon; 14, Qn. Domitius Ahenobarbus, père de Néron, et, dans la 2* Salle, un autel dédié aux Lares d'Auguste (2 av. J.-C).
Galerie: l, portrait d'une princesse byzantine, que l'on a cru être celui d'Amalasunta; 84, Jeune cocher; 8, Géant luttant avec deux satyres, dérivation de la Gigantomachie de Pergame. - À di'. s'ouvre la
Salle des mesures, où sont réunies les mesures de Rome du temps du Pouvoir temporel des Papes.
Salle des Jardins Lamiani: sculptures trouvées en grande partie dans les jardins de l'Esquilin. À dr., édicule dédié à la Terre-Mère; à g., édieule du sépulcre de Suljncius Maximus, près de la Porta Salaria, p. 213, enfant de 11 ans, qui s'est signalé par son talent poétique, au temps de Domitien. 27, 28, Vieux pêcheur. Vieille paysanne, statuettes hellénistiques, d'un réalisme singulier; 29, Enfant jouant aux noix et 30, Jeune fille assise, de la même nvanière et de la même tendance artistique; 37, * Vénus de l'Esquilin, jeune fille en train de se coiffer, dans la pose de Vénus Anadyomène, d'après im original en bronze du V« s., modernisé par le copiste grécoroniain, qui ajouta le soutien avec attributs du culte d'Isis. Au fond de la salle, où a été refait le pavement marqueté d'albâtre, buste de Commode, avec les attributs d'Hercule, œuvre romaine d'un art raffiné. Le soutien représente deux provinces en costuiiie d'amazone, agenouillées, supportant deux cornes d'abondance sur un globe, symbole de la puissance vmiverseile de l'Empire romain. La galerie s'ouvre sur le
Jardin: dans le mur d'en face sont scellés les principaux fragments retrouvés et coniplétés de la Forina Urbis, plan de la ville de Rome, jadis placé sur les murs extérieurs du Templum sacrœ Urbis, p. US. Exécuté du temps de Septime-Sévère, ce plan contient le dessin des principaux édifices de l'ancienne Rome, à l'échelle de 1 : 250 environ, orientés, le S. en haut. La plupart des fragments furent découverts au temps de Pic IV; c'est avec de nouveaux fragments provenant de fouilles plus récentes que fut recomposée en 1902, par le Prof. Lanciani, la partie à présent placée ici de façon à donner une idée de l'ensemble. - Dans le jardin, à g., on voit
46 B. 1; plan, p. 36. R03IE le Palais
une partie de la platée du temple de Jupiter, p. ^^0. dont quelques fragments de colonnes sont scellés dans le mur à l'O. Les colonnes corinthiennes cannelées datent de la reconstruction du temple ordonnée par Domitien. Une autre partie de la platée se voit de la Salle de la Cheminée, V'. ci-dessous. En outre, il y a une fontaine ornée d'im lion attaquant un cheval, groupe plein de vivacité, du style de l'école de Pergame. et im chien en ophite. En rentrant dans la Galerie: 29, tombeau du cordonnier Coins Julius Éliu-s, avec un buste très expressif, du temps des Flaviens; 41, 44, Athéna Parthénos, reproduction du simulacre célèbre, œuvre de Phidias; 49, 52, 54, Athlètes, d'après des bronzes de l'école argo-sicyonienne; 56, Proserpine, d'après un original grec du V« s.: 65, Antinoils avec les attributs de Triptolème; 66,
67, Magistrats romains de l'époque de Constantin, au moment où ils donnent avec \m mouchoir le signal du départ des courses dans le cirque;
68, Jeune homme portant un porcelet; 69, Apollon citharède, du style du milieu du V^ s.; 74, Adrien; 75, Plotina.
S4.LLE DES scriPTURES ARCHAÏQUES: 2, stè^ fvméraire, original giec du commencement du V« s.; 3, répli.iue d'un relief grec. Athlète vainqueur se lavant les mains pour se purifier; 4, Aurige montant sur un char, du V* s., manière de Calamide; 6, statue de femme, VP s.; S. stèle funéraire, original archaïque; 9, Pied colossal en marbre, avec décoration d'une grande finesse, provenant de l'idole représentant Isis, jadis dans le Temple d'Isis sur la voie Appienne, et œu\Te d'Athénodore de Ehodes; 10, statuette dans le genre de la prétendue Pénélope; 12, J./nfleo«^. VI* s.; 16. Victoire, original erec du commencement du V« s., style du Péloponèse; 23, Pallas, t5i)e Velletji; 32, Latone fuyant le serpent Python, d'après un original du V» s.; 34, Hécate.
Saile de la CHEMINÉE OU DES SARCOPHAGES: fragment de peinture n^urale, provenant d'un tombeau de l'Esquilin, représentant des scènes des guerres des Samnites, un des plus anciens essais de la peintiu-e romaine, du III^ s. av. J.-C. Au fond de la Salle, était la cheminée des Conservateurs, construite avec des fragments antinues, et sur le pavement on voit encore, à sa place, une partie de la platée de l'aire du Capitole. Sous la cheminée, spécimens de tombeaux de la nécropole de l'Esquilin (VII* s. av. J.-C). 8, 5, deux coffres en terre cuite, reproduction de la forme d'un tronc creux; 6, tombeau à incinération, avec lurne cinéraire d'albâtre dans im étui de plomb et dolium en terre cuite, de l'époque de l'Empire romain. Au milieu de la salle: 11. 12, tombeaux, provenant des Prati di CasteUo, probablement d'un père et de sa fille, du temps des Antonlns. La jeime fille, Crepereia Tryphfena. porte au doigt la bague de fiancée où est gravé le nom de FUetus et elle a avec elle sa poupée.
Salie des Ixscriptio>"S: Inscription grecque sur deux blocs de pierre, provenant de l'enceinte consacrée à Jupiter et se rapportant à des présents offerts par des rois et des peuples de l'Asie Mineure à l'époque hellénistique.
Salle Castellani: vases grecs, dons d'Augusto Castellaui, provenant de fouilles faites de 1860 à 1870 dans l'Étrm-ie Méridionale et dans le Latium. À g., près de la fenêtre: vases corinthiens et ioniens, vases attique^ à figures noires (au milieu, amphore de Xikosthènes) et à figures rouges; vases étrusques. À dr.: vases italiques, ciste de Prseneste, buccheri, vases apuliens. Au milieu de la salle, le cratère d'Aristonothos {Ulusse et le Cyclope); c'est le vase grec le plus ancien portant une signature. Hydrie Céretane; vases attiques.
Salle de la tensa Dr capitole. Sous une vitrine, à dr., la *tensa ou char de trioinphe destiné à porter les images des Dieux; on y voit, en repou^^sé, divers épisodes du cycle troyen, œuvre du II* s. ap. J.-C: *Taureau et *Cheval. attribuée à Ljrsippe; Tête colossale de Constance; cette têt« et la main qui est dans la même salle appartiennent peut-être à la même statue: prétendu bisellium, mal restauré et qui est plutôt un Ut avec bronzes très fins, du I*'' s. ap. J.-C; litière, dont les décorations très fines sont antiques; ancien couronnement de l'obélisque de la Place St-Pierre.
des Coii!^civi(t€urs. HOME R. 1; jylan, p. 36. 47
Salle des Jardins de Mécène (sculptures provenant de l'Esquilin): fragment de *putéalsiyec une Bacchante, original du V« s.; Hercule, d'après l'original antérieur à Lysippe; *Tête d'Amazone, la plus belle iépli<iu(3 connue de la statue de Crésilas; Rhyton, décoration de fontaine, œuvTc de Pontios d'Athènes, de style néo-attique du I" s. ap. J.-C; Marsyas mbissant lesuppUccàa VécolQ de Pergame; Bygie, du style de Praxitèle.
On monte au 2« étage. Dans les escaliers, relief avec buste d'un Arcigallus, prêtre de la déesse Cibèle, et reliefs représentant des divinités orientales. Sur le palier à g., statue de iemme transformée en statue de Rome; siu: le mur, relief de l'arc de triomphe d'Adrien. Sur le palier d'en face, marqueterie de juarbre, provenant de la Basilique de Junius Bassus sur l'Esquilin, et représentant des animaux féroces (IV*s. ap. J.-C).
CHA3IBRES DES MOSAÏQUES: Celles représentant des poissons sont remarquables, d'une exécution très fine. 20, Apotropaion, symboles pour conjurer le mauvais sort, et seuil de la Basilique Hilariana sur le Cœlius. Dans une vitrine, plaque de bronze, où est gravée une inscription conférant le droit de cité romaine à quelques chevaliers espagnols (98 av. J.-C).
Cabinet de numismatique, renfermant ime petite nvcAs intéressante Collection de monnaies romaines et de bijoux anciens.
Corridor des bronzes et des terres cuites: pied d'une statue équestre, trouvé en même temps que le cheval de la Salle de la Tensa (V. ci-dessus); statuette de Lare; Hécate; Hercide, bronze romain d'après un original de Lysippe. Ensuite, terres cuites décoratives de temples (antéfixe et tuiles des temples du Capitole); groupe en terre cuite, appartenant à un temple de la tin de la République, trouvé près de St- Grégoire; tablettes d'ivoire avec styles pour écrii-e; petite tête en émail polychrome, I-'' s. ap. J.-C; vases de terre avec marques de fabriques, dits d'Arezzo, provenant des tombeaux de la nécropole esquJiine (VIII«- V* s. av. J.-C.). Du corridor on entre à g. dans la
Pinacothèque Capitolîne.
P" Salle: Meubles et écrins. Fresques détachées parmi lesquelles sont très remarquables *celles provenant du Casale délia Magliana et représentant Apollon et les neuf Muses, par l'Espagnolet, et celles provenant du Palazzetto Rospigliosi au Quirinal et représentant la Fable de Psyché, par Annibal Carrache. - Dans les vitrines, collection de porcelaines, don du comte Cini. - IP Salle: la Vierge avec l'Enfant Jésus et des Saints, par Macrino d'Alba; 3Iort et Assomption de la Vierge, par Cola dell'Amatrice; Parabole des Ouvriers, par Doinenico Feti; Bambochade, par Michelangelo Cerquozzi; petits tableaiix de Salvator Rosa; vues de Rome, des Vanvitelli. - IIP Salle: Ste PétroniUe, par le Guerchin; L'Enlèvement des Sabines, par Pietro da Cortona; la Naissance de la Vierge, pàT Francisco Albani; St Sébastien, par le Guide; St Sébastien, par Annibal Carrach<^. - IV Salle: *Vélasquez, par lui-même; * Lucas et Cornelis T)e Wael, par Van Dyck; * Michel- Ange, par Marcello Venusti; *Thomas Killigrew et Henry Carew, par Van Dyck; *Romidus et Rémus, par Rubens (vers 1616); la 6ïe Fa^nille, -par Carlo Maratti. - V* Salle: la, Madeleine, ]iar Domenico Tintoretto; le ^Baptême de Jésus, la *Flagellation et le Couronnement d'épines, par le Tintoret; le * Baptême de Jésus, par le Titien; la Femme adidtère, par Palma le Vieux; *Portrait d'un gentilhomme, par Lorenzo Lotto. - VI« Salle: tableaux de Garofalo et d'autres peintres de l'école de Ferrare; St Jean-Baptif,te, par le Parmesan; la Vierge avec l'Enfant et des Saints, par Girolamo da Cotignola.
En sortant du Palais des Conservateurs et en montant l'escalier à dr., qui conduit, en passant sous le portique de Vignole, au Monte Gaprino, on peut aller frapper à la porte
4S R. 1; plan, p. 36. HOME S. Maria d'Aracœli.
du X° 25 et visiter la Roche Tarpéieime, du haut de laquelle on précipitait les traîtres.
De la pi. du Capitole, on va commodément à l'église d'Aracœli, en gravissant le court escalier à l'E. du Musée du Capitole et en tournant à g. au premier palier. On arrive bientôt à la porte latérale de l'église.
Santa Maria d'Araca'Ii (PI. C. 17). église ancienne, peut-être du VII« s., s'élève sur le sommet le plus haut de la colline, là où était la Citadelle et où, selon la tradition du moyen âge, la Sibylle de Tibur aurait prédit à Auguste la venue imminente du Christ: « Ecce ara primogeniti Dei >. Au moyen âge, elle servit de salle des délibérations du Conseil de Rome: en 12.50, elle fut donnée aux Franciscains, qui en reconstruisirent l'extérieur en style romano-gothique. Façade inachevée, qui donne sur le grand escalier, p. 40.
L'intérieur (la porte centrale est ordinairement fermée et l'on entre habituellement par la porte latérale dr., dont le tympan est orné d'ime mosaïque, la Vierge avec l'Enfant Jésus et 2 Anges, attribuée à Pietro Cavallini) très remanié, mais imposant et sévère, donne l'impression d'un temple grandiose. La va^-^te nef du milieii a un plafond exécuté en souvenir de la victoire de Lépante (1571), avec des symboles navales et une riche décoration en or; il fut achevé en 157.5. La jiartie inférieure est austère avec ses antiques colonnes qui la séparent des deux nefs latérales étroites, plus basses et plus rudes. Dans le pavement, il y a quantité de pierres tombales. Les trois nefs sont séparées par 22 colonnes de styles et de dimensions variés, provenant de monuments païens (la 3® à g. porte l'inscription suivante: «a cubiculo Augustorum »). Dans le pavement, restes de mosaïques. À dr. de la porte principale, beau *mon. du cardinal d'Albret (Lebretto), par Andréa Bregno (de 1485), et *pierre tombale de l'archidiacre Giovanni Crivdli (de 1432), par Donatello; à g., tombeau de l'astronome Lodovico Grato Margani (de 1531), de l'école d'Andréa Sansovino, de qui est la figure du Christ. - 1^^ chap. à dr. (Bufalini), fresques représentant la *vie de St Bernardin. chef-d'œu%Te de Pinturicchio (vers 1484), restaurées par Camuccini. Entre la 2^ et la o« chap. à dr., statue de Grégoire XIII, par Pier Paolo Oliveri. Dans le passage de la porte latérale, monument de Pietro da Vicenza, attribué à Andréa Sanso\lno. - Dans la croisée, aux pilastres de dr. et de g. de la nef du milieu, deux *ambons, de Lorenzo et Giaconio Cosmas (vers 1200 •. Dans le transept dr. Chap. Savelli, avec 2 beaux sépulcres décorés par les Cosmas (des XIIP et XIY^ s.); sur celui de dr., la -Hatue d'Honorius IV: celui de g. a un sarcophage antique. Ensuite, dans la cliap. de Ste Rose, joUe mosaïque du XIII* s. - Sur le maître-autel, où est maintenant vme Vierge byzantine il y eut de 1512 à 1565 la Vierge de Foligno de Raphaël, p. 184, commun dée par Sigismondo Conti, dont on voit la pierre tombale dans le pavement près des sièges de dr. Dans l'abside, à g., le beau mon. de Giovanni Battista Savelli, de l'école d'Andréa Bregno (1498). - Dans le bras g. de la croisée, au milieu, j^etit temple de Ste Hélène ou Ste-Chapelle, baldaquin .sur 8 colonnes, qui serait, selon la légende, sur l'emplacement de l'autel érigé par Auguste, à la suite de la prophétie de la Sibylle. À l'extrémité, le beau tombeau (par les Cosmas) du cardinal Matteo d'Acqua-^parta (m. en 1302), rappelé par Dante (Paradis, XII, 124). - Xef latérale g., 5« chap., St Paul, par Girolamo Muziano, et beau tombeau de Filippo Délia Valle (de 1494), par Xicola Marlni; 3^ chap.. St Antoine, par Benozzo Gozzoli. et beau sépulcre Renaissance d'Antonio Albertoni (de 1509); entre la 3* et la 2«
le Gesù. liOME IL 1; plan, p. 36. 49
chap., statue de Paul III; 2« chap., del Saiito Bambino (du Saint Enfant Jésus), statiu' fort vénérée, sculptée, dit la légende, par les Anges dans le bois d'un olivier du judin de Gethsémani. Du 25 décembre au 6 janvier, des enfants de 5 à 10 ans récitent des sermons devant la crèche; si^ectacle charmant auciucl il est intéressant d'assister.
IL — Le Corso \ iUorio Eniamielo et le quarlier entre le Corïio et le Tibre.
Sommairk: le *(.'esù, V. ci-dossous; *S. Andréa deUa Valle, i). ÛO: *Palais Régis, ]). 50; *Palais de la Chancellerie, p. 50; Chiesa Nnova, p. 51; ♦Musée Barracco, p. 51; *Palais Farnèse p. 53; Portique d'Octavie, p. 55; Théâtre de Marcelin:^, ]). 56; *S. Maria in Cosmedin, p. 56; Temple de la Fortune Virile, p. 57; Casa di Crcscenzio, p. 57; Arc de Janus, p. 5S; S. Giorf,'io in Velabro, p. 58.
Le corso Vitt.-Eman., dont la première partie porte le nom de via del Plebiscito, part de la place de Venise dans la direction de l'O. C'est une des plus grandes artères de llon\e, caractérisée par luie suite de perspectives variées et de monuments de différentes époques. Percé eu 1876, il est un exemple typique de rue moderne tracée à travers xm quartier ancien en respectant toutes les constructions dignes d'être conservées et en renonçant par consé(iuent à la direction rcctiligne.
l']ii parlant de la pi. de Venise et en suivant la via del Plcbisciio, on a, à g., la façade principale du Palais de Venise, p. 37, à dr. le côté S. du Palais Doria, p. 70, puis les Palais Grazioli et Altieri (1670; cour remarquable). À l'angle g., le *(iesù (PI. C. 14), église principale des .Jésuites à Rome, type ])ar excellence de ce style somptueux qui prit le nom de « style jésuite *. C'est une des églises les plus intéressantes de Piome, construite aux frais d'Alexandre Farnèse par Vignole et Giacomo Délia Porta (1568-75).
L'Intérieur, d'après la conception novatrice de Vignole, n'a qu'une nef profonde flanquée de chapelles latérales; il est d'une richesse extrême, mais non accablante, qui tient du prodige. Le revêtement de marbres de couleur est d'un effet décoratif merveilleux. Sculptures, peintiures, bronzes, dorures à foison: le regard est invinciblement atthé vers la voûte par la fresque grandiose et originale de Baeiccia: le * Triomphe du Nom de Jésus. Cette composition hardie, rebelle aux bornes de l'espace, paraît déborder de la corniche dans sa fougue pleine de jeux de lumière et de raccoiurcis sans pareils et atteindre les doriures voilées de fausses ombres. Les fresques de la coupole et celles de la tribune sont également dues à Baeiccia. Bras DR. DU transept: autel d'après mie esquisse de Pietro da Cortona; St François-Xavier afioniHunt, par Carlo Maratta. Sur le maître-autel éblouissant de marbres, la Circonclnon de Jésus, par Alessandro Capalti.
Bras g. du transept: *autel de St Ignace renfermant le corps du Saint, par Andréa Pozzi (1696-1700) aidé de plusieurs autres artistes: marbres et bronzes superbes. Les colonnes sont incrastées de lapis-lazuli, enrichies d'ornements de bronze d'Andréa Bertoni. Le tableau en relief de St Ignace est dû à Pozzi; la statue colossale du Saint, argeiitée en partie, est une copie de l'original en argent massif de P. Le Gros, que Pie VI fit fondre pour payer l'indeumité de guerre imi)osée par Bonaparte. Au-dessus, le groupe de la Trinité, par Bernardo Ludovisi et Loreuzo Ottoni, avec le globe
50 B. 1; vlan, p. 36. ROME St-André délia Valle.
terrestre, admirable bloc de lapis-lazuli, le plus gros que l'on connaisse. Devant l'aiitel, balustrade superbe: des deux côtés, groupes en marbre: à dr. la Religion triomphant de l'hérésie, par Le Groe; à g. la Foi adorée par Us Barbares, œuvre de Giov. Théodon. Dans cette église le 31 décembre on chante le Te Deum: cérémonie traditionnelle des plus connues.
La via d'Aracœli (à g. les Archives de l'Etat) conduit au Capitule, p. 40.
En continuant par le corso Yiitorio Emanuele, on croise la via di Torre Argentina, puis on longe à g. le Palais Vidoni, autrefois aux Caflarelli; le dessin de la façade donnant sur la via del Sudario, est dû à Raphaël (1515: vis-à-vis de la façade est l'église du Suaire de 1604, ornée de fresques modernes par Cesare Maccari); sur la place voisine statue de Xicola Spedalieri, philosophe sicilien, par Rutelli; ensuite, l'église *Si- André délia Valle (PI. C. 14), construite en 1591 d'après le plan de P. Paolo Olivieri. Riche façade par C. Rainaldi. Très beau dôme, le plus grand de Rome après celui de St-Pierre; on l'aperçoit très bien du corso Vitt.-Eman. (côté de piazza délia Valle).
lisTÉRiEUR très vaste et riche, en croix latine, à une seule nef. La voûte en anse de panier, l'abside large, demi-circulaire, l'autel de petites dimensions, l'ensemble liimineux, riche en dorures encadrant de grandes fresques, donnent l'impression d'un salon immense plutôt que d'un lieu de recueillement.
Dans la 2« chap. à dr. (Strozzi) due à Michel-Ange, la Pietà et les statues de Lia et de Bachel sont des reproductions des chefs-d'œu\Te du même artiste. À l'extrémité de la nef, en haut, les tombeaux des Piecolomini: à dr. de Pie III (par Francesco di Giovanni et Sebastiano di Francesco Ferrucci), à g. Pie II (par Xicola di Guardiagrele et P. Paolo da Todi). Dans la coupole: la Gloire du Paradis, par Lanfranco. Dans les pendentifs, les *Évangéliste~s, par le Dominiquin (1623) à qui l'on doit aussi les Six vertus et des épisodes de la Vie de St André dans la voûte de l'abside. Les immenses fresques de la tribime sont du Calabrais. Dans le transept dr., St André Avellino, par Lanfranco.
En continuant, à dr., au X" 141, le sombre Palais Massimi aile Colonne, à la façade en courbe, œuvre admirable de Baldassare Peruzzi (1532; voir dans l'intérieur la cour très pittoresque: au 2^ étage la chap. de St Philippe de Xéri, que l'on visite le 16 mars); à g. le très élégant *Palais Régis, appelé aussi la Farnesina dei Baullari ou la Piccola Farnesina, vrai joyau de la Renaissance dû probablement aux plans d'Antonio Sangallo le Jeune, vers 1523, restauré par Enrico Gui (189S-1904). On débouche sur la pi. St-Pantaléon, où se trouvent l'église St-Pantaléon (façade par Valadier, 1806) et le monument Marco Mingheiti (homme d'État). Dans la rue à côté, via S. Pantaleo, au N" 9, le Palais Braschi par Cosimo Morelli (1790; très bel escalier).
Plus loin, à g., s'ouvre la pi. de la Chancellerie, où se trouve le *Palal? de la Chancellerie (PI. C. 11). aux lignes très pures du XV* s., construit pour le cardinal Rafïaele Riario avec des
la Chiesa Nuova. ROME R. 1; plan, p. 36. 51
blocs pris au Goliséc; ou l'attribue actuellement à Antonio Montccavallo. D'après la loi des Garanties, il est propriété papale: c'est la résidence du cardinal chancelier.
Le portail principal en style baroque est de Domenico Fontana. La *Cour splendide, dessinée par Bramante, est entourée de 44 colonnes antiques, provenant de l'ancienne église St-Laurent in Damaso. À l'intérieur du palais il y a une chapelle accessible avec une autorisation spéciale, décorée de fresques de l'école de Perin del Vaga et vm salo7i grandiose qm, selon la tradition, aiirait été peint par Vasari en cent jours. Un portail de Vignole, s'ouvrant à côté siu* la place, mène à l'église St-Laurent in Damaso, reconstruite par Bramante (1495) et complètement restaurée par Valadier et Vespignani. L'intérieur garde le plan étrange de Bramante: un quadrilatère entouré d'im portique, double du côté de l'entrée. Au bout de la nef dr., le tombeau de Pellegrino Rossi (œuvre de Tenerani), dernier ministre du gouvernement libéral de Pie IX, assassiné sur l'escalier du palais de la Chancellerie.
En continuant le long du corso, à dr., au N° 217, on rencontre le Palais Sora (Liceo Mamiani) de 1503-09, ensuite la Chiesa Nucva ou S. Maria in V ail icella (PI. G. 11-12), construite par les soins de SI Philippe de Néri œuvre de Giov. Matteo di Città di Castello et Martino Longhi le Vieux (1575-1605). La façade est de Faustolo Rughesi.
L'Intérieur eu croix latine à trois nefs est baigné d'une lumière dorée: la voûte, l'abside et la coupole ont été peintes par Pietro da Cortona. Sur le maître-autel, *Mane parmi les anges; à dr. du sanctuaire, *Ste Domitille, St Nérée et St Achillée; à g., *St Grégoire, St Maur et St Papias, tableaux de Rubens (1608) d'un coloris superbe. À dr. de l'abside, sous l'orgue, chap. Spuda, sur dessin de C. Rainaldi : sur l'autel, la Vierge entre St Charles et St Ignace, de C. Maratta. À g. de l'abside, la riche chap. de St Philippe (le corps du Saint est sous l'autel) avec un portrait du Saint en mosaïque, d'après l'original de Guido B-eni.
IV^ chap. à g. La Visitation, par Barocci. - Dans la sacristie, la Statue de St Philippe, par Algardi: le plafond est de Pietro da Cortona. Le sacristain fait visiter la chambre du Saint (souvenirs).
C'est dans l'Oratoire voisin, de Borromini, que St Philippe institua les réunions musicales, qui prirent ensuite le nom d'oratorios. La voûte fut peinte par Giovanni Francesco Romanelli.
Le Couvent des FUippini, de Borromini, est actuellement occupé par la Bibliothèque Vallicelliana, par VIstituto Storico Italiano, par les Archives Municipales et par d'autres Institutions savantes.
Plus loin, à g., le monument de Terenzio Mamiani, philosophe et homme d'État et le Palais Sforza Cesarini. En continuant, à dr.,la via del Banco di S. S pirito conduit directement au pont St-Ange, p. 60, ensuite, à g., le *.Musée Barracco ou Museo di Scultura Antica (PI. C. 9), construction de style ionique par Koch (jours et h. de visite, p. 12). Directeur, Prof. Lucio Mariani.
C'est une collection donnée par le Sénateur Barracco, pas nombreuse, mais très choisie, se composant en grande partie de fragments originaux non restaurés. P* Salle (à dr.): bas-reliefs assyriens de l'époque des Sargonides. Parmi les objets égyptiens: le Sphinx de la reine Asshépu, le Portrait de Ramsès II; 31, prétendu *portrait de J. Cisar (tel qu'on l'aurai t
52 E. 1; pUin, p. 36. ROME Mv.xéc Barra.cco.
vu en Egypte, portant la barbe en signe de deuil pour la mort de Pompée) œu^Te magnifique d'art romain d'Egypte; 63, demi-buste de Hermès Kriophoros. Près de la porte, un masque de lion en albâtre, œu^Te phénicienne retrouvée en Sardaigne. - Sculptures grecques archaïques parmi lesquelles : 96, Périclès; 79, Un stratège; 99, *Un athlète se couronnant (probablement If^ K>"ni?ko~ de Polyclète). - Sculptures étrusques parmi lesiiuelles des pierres tombales iirovenant de Chiusi ornées de scènes funèbres. - Sculptures chM^riotes, VI«-V^ s. av. J.-C, et sculptures de Palmyre du III^ s. ap. J.-C. - Au nxilieu, sur la table: deux hermès du Doryphore et du Diadurnène, de Polyclète; 102, Amazone, attribuée à Polyclète; 100, Apollon assis sur l'omphalos, d'après im original du V« s. av. J.-C.
IP Salle: 127, 128, Deux vases funéraires (lutrophores) ornés de scènes d'adieux; 76, statuette de femme, style archaïque péloponésiaque; 109, *EercuU, style de Polyclète; 107, 108, fragments de la tête du Diadumène, tête de Doryphore, bonnes répliques des originaux de Polyclète; 102, cuisse d'Amazone, style de Polyclète; 97, tête de Marsyas, réplique de Myron; 159, tête d'athlète, d'après im original en bronze du IV^ s. (œuvre de transition entre M\Ton, Praxitèle et Scopas); 11:3, tête de jeune fille (Artémis?). style de Phidias; 195, tête de Mars, époque de Trajan; 92, *tête d'Apollon, de la 1" moitié du V« .';.; 155, Épicure; 157, tête d'Apollon ou Hélios, style de Léocharès, ressemblant à Alexandre le Grand; 110, tête d'athlète, style de Polyclète, dont une autre réplique est à Dresde; 134, fragment d'im bas-relief représentant mx cavalier, d'après une représentation des Dioscures, art gréco-it-alique du IV^ s. av. J.-C; 136. fragments d'im bas-relief votif dédié à Persée, IV^ s.; 129, bas-relief votif dédié à Apollon; 77, Jeune fille au péplum, art péloponésiaque du V^ s.; 151, Neptune, d'après im original en bronze du IV« s.; 115-116, Hydrophores, d'après les originaux du V^ s.; 178, tête de femme colossale, art de Pergame; 160, tête d'Hermès ou de héros, répliipie du type attique du IV^ s.; 130, bas-relief funéraire attique du IV« s.; 190. Enfant romain (Néron?); 191, tête de jeune romain, P' s. ap. J.-C, tn^e de Brutus; 194. Enfant romain, peut-être C César, neveu d'Auguste; 101. tête de femme, V« s.; 132, tête de femme, IV^ s.; 143, tête de vieillard, très expressive, provenant d'un bas relief funéraire attique du IV« s.; main dr. du Discobole de M\Ton; 139, *Chienne blessée se léchant, peut-être une réplique du chef-d'œu'VTe de Lysippe, qui était jadis dans le temple de Jupiter Capitolin.
Plus loin, en tournant à g., St-Jean-des-Florentins {P\. C. 9), église des Florentins, pour la construction de laquelle Léon X établit une sorte de concours. Raphaël, Peruzzi, Michel-Ange y prirent part: ce dernier présenta cinq plans. Jac. Sansovino remporta la victoire et commença les travaux qui furent continués par ^lichel-Ange et achevés par Giac. Délia Porta. La façade est d'Alessandro Galilei (1734). Dans l'intérieur, autel dr. transept dr., St Côme et St Damien sur le bûcher, par Salv. Rosa.
C'est ici que commence, en se dirigeant vers le S.-E., la longue et droite via Giiilia, la plus belle du XVP s., construite presque entièrement par Jules IL A dr., X» 66. le Palais Sacchetti (PI. C. 0), par Antonio da Sangallo le Jeune (1543), puis gTandioses fondations en bossage d'un grand Palais de Justice que Jules II Ht commencer d'après le plan de Bramante mais qui demeura inachevé, et près desquelles s'élève l'église S. Biagio délia Pagnotla; plus loin, en entrant à dr. dans le vicolodi S. Eligio,
le Palais Farnèse. IIOMK A'. 1; plan, p. 36. 53
*S. Eli(ji«» dcn'i ()it'li<-i(l'l. C. 11), chef-d'œuvre ignoré, çoiislruit d'après les plans de Raphaël, supérieur peut-être comme élégance do lignes à la Chap. Chigi de S. Maria del Popolo, p. 80 (s'adresser au gardien, via dclV Arinata, 118). Du Lungotcverc voisin, on jouit d'une admirable vue sur le Janicule et la Villa delà Farnesina. En reprenant la via Giulia on trouve, à dr., le Palais Falconieri, de Borromini, En suivant toujours cette rue, on arrive à g. au Palais Farnèse, dont la façade est sur la place du même nom: on y aboutit par la via dei Farnesi.
Sur la place, deux fontaines formées de deux vasques colossales, monolithes en granit égyptien, ornées de têtes de lions, provenant des thermes de Caracalla, et surmontées du lis des Farnèses, et le *l*ahiis Farnèse (PL C. 11), superbe construction d'Antonio da Sangallo le Jeune, pour le cardinal Alex. F^arnèse (Paul III), achevée par Michel-Ange, à qui l'on doit l'entablement merveilleux et le projet, non réalisé, d'un pont sur le Tibre unissant le palais à la Farnesina, p. 20G. On utilisa, pour la construction, les pierres du Cotisée et du théâtre de INIarcellus. La partie postérieure est de Vignole et de Giacomo Délia Porta. C'est dans ce palais qu'était la célèbre collection Farnèse (Hercule, Flore, Taureau Farnèse) qui passa ensuite au Musée National de Naples. Le palais appartient actuellement à la Rép. Française: c'est la résidence de l'Ambassadeur.
Le portique du vestibule et la partie inférieure de la cour (œuvre grandiose de la Renaissance), ont été dessinés par Sangallo qui s'inspira du théâtre de Marcellus; la partie supérieiu^e de la cour est de Michel- Ange. On y voit deux sarcophages: cehii de dr. provient du tonibeau de Caecilia Metella. Dans la grande galerie du 1" étage (permission spéciale) ♦fresques mythologiques par Ann. et Aug. Carache, le Don)iniquin, etc. C'est la fameuse Oalleria, qui résume tous les idéals et tous les efforts des peintres éclectiques de l'école bolonaise du XVIP siècle, et où les plus grands artistes de l'âge bnroque ont puisé leur inspiration.
De la place, par la via Monse.rrato et la via dei Banchi, on arrive au Pont St-Ange. Dans la l'^^ de ces deux rues, à dr., St-Thomas-de-Caiitorbéry, église du collège anglais, rebâtie par Poletti et Vespignani (1888; à l'intérieur, tombeau du cardinal Bainbridge 1514, beau dans sa simplicité); à g., S. Maria di Monserrato, église nationale des Espagnols, par Ant. da Sangallo le Vieux (1495), mais remaniée ensuite: la façade est de Fr. da Volterra. À l'intérieur, V^ chap. à dr., St Diègue, par Aun. Carracho, et tombeaux des deux papes Borgia, Calixte III et Alexandre VI; 3® chap. à g., St Jacques, par Jac. Sansovino; 1'" chap. à g., ciborium, de Luigi Capponi. Dans le cloître (entrée, via Giulia, 151), nombreux et beairx monuments funéraires.
En prenant une des trois rues qui s'ouvrent en face du Palais Farnèse, on arrive à la pi. Campo dei Fiori, qui fut jadis le lieu des exécutions caf)itales. Actuellement c'est un centre populaire très animé ù cause du marché aux légumes, transformé le mercredi, ainsi que les rues adjacentes, en une foire d'objets d'occasion, vieux livres, etc. Les ven-
54 R. 1; plan, p. 36. HOME le Palais Spada.
deurs sont en grande partie juifs. Au centre de la place, le beau monument de Giordano Bruno (pav Ettore Ferrari), brûlé vif sur la place même le 17 février lôOO. À l'une des extrémités de la place, se trouve une belle fontaine.
À l'E. de la place, les restes du Théâtre de Pompée (PI. C. 11),. sur lesquels a été bâti le Paîms Pio ou Eighetti; à l'E. de ce dernier était le grand Portique de Pompée: c'est dans une des salles donnant sur ce portique, que fut tué J. César (le 15 mars 44 av. J.-C.) au pied d'une statue de Pompée.
Rebrousser chemin jusqu'à la pi. Farnèse, d'où, par le vicolo de' Venti, on arrive au Palais Spada (PL C. 11), construit par Giulio Mazzoni pour le cardinal Girolamo Capo di Ferro (15-40). La décoration de la façade, stucs et statues, est de Borromini ainsi que, à l'intérieur, l'escalier et un portique reliant les deux cours et paraissant, par un efïet de perspective, bien plus long qu'il ne l'est en réalité.
Au 1" étage, statue colossale d' Agrippa ou de Pompée (en ce cas, ce serait la statue au pied de laquelle J. César mourut, V. plus haut). Au 2-^ étage, Galerie fermée au public, contenant d'importantes peintures italiennes duXVII^s,
En continuant, on arrive à la piazza de' Pellegrini, sur laquelle, à dr,, la Trinité des Pèlerins (1614). renfermant au maître-aulcl une Triniir du Guide. Dans l'Hospice voisin, le poète Goffredo iNIameli, auteur de l'hymne national italien qui porte son nom, mourut à vingt-deux ans, à cause des blessures remportées en combattant pour la défense de la République Romaine (1849). En continuant, on débouche dans la via Arenula (PI. C. 13-14), qui mène, à dr., au Pont Garibaldi, p. 201, et à g., à la piazza Benedetto Cairoli, plantée de platanes et ornée d'une fontaine. C'est là qu'est l'église de S. Carlo ai Catinari (PI. C. 14), de Rosati (1612): façade de Giovanni Battista Soria.
Intérieur à croix grecque, restaiuré par Vespignani (1861). Dans les pendentifs de la belle coupole, les Vertus cardinales, parle Dominiquin; au maîtreautel, St Charles portant le viatique aux pestiférés, par Pietro da Cortona; dans le chœur intérieui' (passer par la sacristie), St Jacques priant, fresque du Guide. À l'autel de la croisée, à g., La Mort de Ste Anne, par A. Sacchi.
La via dei Falegnami aboutit à la piazza Mattei, ornée de la ravissante '^fontaine des Tortues, de Giac. Délia Porta et Taddeo Landini (1585). À l'angle S.-O. de la place, le Palais Costaguti (au 1" étage, plafond peint par Albani, le Dominiquin, le Guerchin, Lanfranco, etc.; pourboire); du côté N., le Palais Mattei (PI. C. 14), dont la belle façade, par Carlo Maderna (1616), donne sur la via dei Funari; cour caractéristique d'un goût antique exquis, témoignant de la culture typique du XVI I« s.: bas-reliefs, statues, inscriptions, ornements en stuc très riches dans les escaliers.
le Portique d'Octavle. ROME R. 1; vlan, p. 36. 55
Plus loin, à g., .S. Caler ina dei Fumai, avec une belle façade, construite sur les ruines du Cirque Flaminien de 221 av. J.-G. La via dei Fimari mène à la piazza Campiielli. Là. se trouve à dr., Stc-Maric lu CampUeîii (PI. C. i3), à la façade pittoresque, ornée de nombreuses colonnes, érigée par C. Rainaldi (1G55-57) à la suite d'un vœu des Romains, en l'honneur d'une image conservée dans l'église qui prit ensuite le nom de S. Galla (V. plus loin); image à laquelle on attribuait la cessation de la peste.
Intérieur à croix latine: effet de perspective romarqxiable. 2« chapà dr., Ste Anne, par Luca Giordano; dans le bras dr. du transept, tombeau du Card. Pacca, par l'ettrich (1863); siir le inaître-antel, la Vierge miraculeuse, image en émail du moyen âge; au-dessus, un crucifix d'albâtre; 1" chap. à g., deux grands tombeaux de la famille Altieri.
La via Tribiina di Campiielli et la via S. Angelo in Pescheria
conduisent au Portique d'Ootavie (PI. C. 13), érigé par Auguste
et dédié à sa sœur, rebâti par Septime-Sévère et Garacalla
(203 ap. J.-C).
c'était un portique grandiose, rectangulaire, ayant environ 300 colonnes et renfermant dans son enceinte les temples de Jupiter et de Junon. Deux propylées à 8 colonnes et 4 piliers formaient les entrées. Aujourd'hui il ne reste qu'im propylée, dans lequel \m arc du moyen âge remplace deux colonnes qui menaçaient de tomber. À l'intérieur a été bâtie l'église de S. Angelo in Pescheria, où, depuis 1584 jusqu'à Pie IX, les Juifs devaient, chaque samedi, assister à un sermon chrétien. C'est de S. Angelo in Pescheria que, la nuit de la Pentecôte 1347, Cola di Rienzo partit, avec ses conjurés, pour s'emparer du Capitole.
Dans le quartier qui s'étend à l'O., était le Ghetto, où. depuis 1556 on courtua les Juifs eu les soumettant à des restrictions de liberté personnelle, bien moins graves pourtant que dans les autres États de l'Europe de ce temps-là. À remarquer, le long de la via dei Portico d'Ottavia, des restes d'habitations du moyen âge et de la Renaissance, et, au N" 1, la Casa di Lorenzo Manlio, de 1468 (2221 ab urhe condita), ornée de fragments anciens, d'une inscription à grandes lettres et d'une invocation patriotique: Hâve Ronui. Si l'on n'est pas pressé, on peut faire un détour jusqu'au Palais Cenci-Bolognetti, autrefois aux Crescenzi, du commencement du VI« s., bâti sur les ruines du Théâtre de Cornélius Balbus, 13 av. J.-C. Le palais appartenait à la famille de Béatrix Cenci qui fit assassiner son père et dont le crime donna lieu à une fameuse légende populaire.
Près du fleuve est la Synagogue (PI. C. 13), érigée par les arch. Armanni et Costa en un style qui rappelle l'assyrien-babylonien, à la coupole recouverte d'aluminium. - En traversant le pont Fabricius, auj. le plus ancien de Rome (64 av. J.-C.). on entre dans la caractéristique Ile du Tibre (isola Tiberina) étroite et longue. Elle était jadis entoirrée d'une bordure de travertin, dont on voit encore une partie à l'extrémité S., portant en relief le serpent et le buste d'Esculape, à qui l'île était consacrée. L'île avait la forme d'un navire: un obélisque en représentait le mât. A la place du temple d'Esculape se trouve maintenant l'église de S. Bartolonieo, érigée au X« s., en l'honneur de St AdalbeH, évêque de Prague, et plusieiirs fois restaurée. La façade est de Martino Longhi le Jeime (1625). Beau clocher roman. Intérieur à trois nefs séparées par 14 colonnes anciennes; dans l'abside, des restes d'un pavé en mosaïque. Dans le verger du Couvent, restes du temple d'Esculape.
Après avoir retraversé le pont, prendre à dr. la via di
Monle Savello qui va à la piazza Montanara, puis la via dei
.56 R. 1: plan, p- 36. ROME Ste-Marie in Cosmedln.
Teatro Marcello, où à g. se trouvent les ruines imposantes du Théâtre de Aïareellus (PI. C. 13), commencé par J, César, mais achevé par Auguste (13 av. J.-C). qui le dédia au fils de sa sœur Octavie (mort en 23 av. J.-C). C'est un monument aux formes sobres, et aux proportions élégantes: il a inspiré bien des artistes, à partir de la Renaissance. On ne peut en voir que les restes extérieurs formant une ligne courbe sur la rue.
H était à trois rangées de 52 colonnes chacun^, et pouvait contenir (le 13 à 14.000 spectateurs. H en reste 12 arcades de la rangée inférieure, d'ordre dorique, où sont installées autant de boutiques d'artisans, et douze de la rangée du niilieu, d'ordre ionique: la troisième, (lui était d'ordre corinthien, a disparu, entièrement englobée dans le palais, qui a appartenu successivement aux Pierleoni, aux Savelli et aux Orsini.
On reviendra à la piazza Montanara, ainsi appelée à cause des montanari. ou habitants des montagnes du Latium, qui s'y donnent encore auj. rendez-vous, surtout le dimanche.
Au S.-E-, St-Nicolas in Carcere (PI. C. 13), qui a été bâti sur l'emplacement des trois temples de .Tunon Libératrice (Sospita), de l'Espérance et de Janus, faisant partie du Forum Holitorium, ou marché aux légumes. 11 en reste plusieurs colonnes et l'on i)eut visiter les niines dans le souterrain de l'église (clef chez li^ sacristain).
De la piazza Montanara on suit la via Montanara et la via Bocca délia Vcrità qui conduit à la ^place du même nom, appelée anciennement Foro Boario. On trouve ici plusieurs monuments intéressants de différentes époques: ils forment un tableau des plus pittoresques, surtout au coucher du soleil. Au milieu d'un parterre verdoyant, une belle fontaine baroque, de C. Bizzaccheri (1715): à dr. le temple de la Fortuna Vii'ilis. et plus loin le temple dit de Vesta: en face Ste- Marie in Cosmedin.
*Ste-Mario in Cosmedm (PI. III 16). est un beau spécimen d'une église romaine du moyen âge.
Un temple romain, probablement celui d'Hercule érigé par Pompée, et, du temps de l'Empire, une siaiio annonév ou bureau de Surintendance des halles, occupèrent successivement l'emplacement où, au VI^ s., surgit la basihque. Agrandie par Adrien I" (772-95), elle fut donnée aux Grecs qui, s'étant enfuis de Constantinople à la suite des persécutions iconoclastes, vinrent peupler les quartiers près du Tibre. L'église prit en conséquence le nom de Schola Grœca ou m Cosmedin, d'après un mot grec qui signifie ornement: allusion aux embellissements d'Adrien P"". Elle avait alors des galeries réservées aux femmes et trois absides. Transformée par Nicolas I", elle fut restaurée par Gélase II et Calixte II (XIP s.). Les galeries des femmes furent fermées, le portique reconstruit. On érigea alors le clocher, beau spé-
Ste-Marie in Co-^medin. E0:ME /?. /; 7?/^»?, j). 1. 57
cimen du campanile romain typique, à 7 clagcs. Enfin, de. 1894 à 1899, une rcslauralion savante fit disparaître toutes les altérations que le XVIII^ s. avait fait subir à la construction primitive.
Portique préci^dé d'un porche. Le portail principal est l'œuvre d'un certain Johannes de Venetia (XI« s.). À dr. le tombeau d'Alphanus, caniérier de Calixte II et restaurateur de l'église (1123); en face deux mâchoires de baleine conservées connue mirnbilia. À g., dans le fond, une grande roue en marbre représentant un visage humain la bouche ouverte, appelée précisén;ent Bocca délia Veritâ. Ce n'est qu'une dalle ([ui fermait un ancien cloaque, mais le peuple croyait que le monstre béant pouvait mordre la main de la personne qui l'introduisait dans sa bouche, si elle n'avait pas la conscience nette de tout mensonge.
L'Intérieur sombre, silencieux, produit une impression mystique et un effet pictural très vifs. Il est à trois nefs et à trois absides, reconstruction parfaite de la basilique du VIII* s. ayant en plus riuelques parties ajoutées a\i XII« s. Les nefs sont séparées par des piliers et par 18 colonnes antiques (sauf la ô*, à g., byzantine). Aux murs, en haut, restes de fresques du XI* s. La schola cantorum, les jubés, le candélabre pascal, le trône épiscopal, le pavé sont dus aux Cosmas. Le baldariuin du maître-autel est d'Adéodat, quatrième fils du vieux Cosmas (1294). Les peintirres des trois absides sont modernes. Dans la sacristie (à dr. en entrant) une colonne ancienne et des fragments de mosaïque sur fond d'or, représentant l'Adoration des Mages, de 706, autrefois dans l'oratoire de Jjean VII à St-Pierre. Pour visiter la crypte à trois nefs et le petit musée, s'adresser au sacristain.
Le Temple «le la Forliuie \ irile (PL II 13), qui plus probablement était consacré à la Mater Matiita, fut construit à la fin du III s. av. J.-C
C'est un pseudopériptère aux colonnes ioniques cannelées, ayant quatre colonnes isolées sur le devant. Il a échappé aux restaurations de l'époque impériale et constitue un des plus précieux exemplaires du temple gréco-italiqut^ de l'âge républicain. En 872 il fut dédié à Ste Marie l'Égyptienne. En CCS derniers temps il a été isolé et a repris son ancien aspect. À l'intérieur dans une petite chapelle latérale, reproduction du Saint- Sépulcre de Jérusalem,
Presque en face de l'entrée de Ste-Marie-l'Égyptienne, la Casa (li Crescenzio (PL II 13), appelée par erreur de Cola di Rienzo ou de Pilatc, construction très originale, exemple unique à Home dune demeure seigneuriale du milieu du moyen âge.
C'est probablement une tour qui gardait le passage du fleuve, construite en grande partie avec des fragments romains. Les briques de la partie inférieure forment des demi-colonnes aux chapiteavix rudimentaires. Sur la porte, dans le vicolo del liicovero, une inscription dit que la maison fut construite par Xicolas, fils de Crescenzio et de Théodore, proba blement de l'illustre famille des Crescenzi, la plus puissante de Kome à la fin du X* s.
En face de l'église de Ste-Marie in Cosmedin, le Temple de V'csla (PI. II 13): l'attribution est erronée, mais aucune autre ne paraît satisfaisante, sauf peut-être celle au dieu Portunus; le temple paraît être du W s. de l'Empire.
58 R. 1; plan, p. 1. ROME S. Giorgio in Velabro.
C'est un joli petit temple formé d'une cella circulaire entourée de 20 colonues corinthiennes cannelées, en marbre (une manque au X.)- Pendant le moyen âge il fut dédié à S. Stefa/w (dit délie Carrozze); ensuite à S. Marin d-el Sole. La toiture et l'entablement antiques ont disparu.
À l'O. de la place, on monte au pord Palatin en fer, qui met en communication avec le Transtévère, p. 201. En amont, dans le lit du Tibre, on aperçoit une arche du Pons /Emilias, de 181 av. J.-C; ce pont, souvent endommagé par les inondations, fut nommé par le peuple Ponte Rotto, après la chute de deux arches (1598). Du parapet du Pont Palatin on peut voir sous le quai de la rive g. du fleuve, dans les périodes d'étiage, la voûte de la Cloaca Maxima (V. cidessous), ancienne construction rom.aine, qui sert encore aujourd'hui.
On prend à 1"E. la via de' Cerchi. et l'on continue par la via del Velabro, célèbre à cause de la légende racontant que c'est précisément ici, dans le marais du fleuve, que le berger Faustulus trouva les deux jumeaux Rémus et Romulus. La place correspond en partie au Velabrum, quartier romain rappelant l'ancien marais et, jadis, centre du commerce. De là jusqu'au Tibre, s'étendait le Forum Boarium.
C'est là que se trouve le massif Are de Janus (PI. II IG), à quatre faces; c'était un passage couvert situé à un carrefour (quadrivium) et servant d'abri aux marchands de bétail. C'est une œuvre de la décadence, peut-être du temps de Constantin, construite en partie avec des fragments anciens, et ayant de nombreuses niches pour des statues. A g. se trouve S. Giorgio in Velabro (PI. II 16), église remontant au VI^ s. et peutêtre même au delà: le campanile et le portique sont du XIP s., époque où l'on restaura l'église.
POETIQUE ionien avec piliers angulaires du VIP s. iNTÉElEm (habituellement fermé: s'adresser au X° 19): ba-ilique à trois nefs séparées par 16 colonnes antiques. Le maître-autel est du VIP s.; dans l'abside, Jésus entre St Sébadien et St Georges, fresque de P. Cavallini (1295), repeinte.
À g. de l'église le petit Arc des Changeurs (Arcus Argentariorum), du commencement du IIP s. ap. J.-C, riche et élégant, érigé par les changeurs (argentarii) et par les marchands de bœufs en l'honneur de l'empereur Septime-Sévère, de Julia Domna et de leurs enfants (l'efngie et le nom. de Géta sont effacés de l'inscription en signe de flétrissure).
En face de l'éghse, en descendant on voit s'écouler, sous d'anciens arceaux, la Cloaca Maxima, de l'époque des Rois, construite au VP siècle av. J.-C. pour drainer le fond marécageux du Forum Romain. Les murs de côté seuls remontent à cette époque si reculée; la voûte n'est pas antérieure au IP s. av. J.-C.
Ste-Marie sopra Minerva. ROME R. 1; plan, p. 36. 59
On prend ensuite au N.-E. la via S. Teodoro, correspondant à l'ancien vicus Tuscus et s'étendant à l'O. du Palatin.
À dr., St-ïhcodore (PI. II 16), petite église circulaire. C'est ici qu'on trouva la louve capitoline, V. p. 44. L'église fut construite aux derniers temps de l'Empire sur l'emplacement des Horrea Agrippée, grand magasin à blé et la diaconie qui y fut établie succéda évidemment à l'administration annonaire impériale. À l'intérieur (ouvert le vendredi, jusqu'à 9 h.), mosaïques du Vil* s.
En continuant, on se trouve au bas du Capitole, p. 40, et de là on retourne au centre de la ville.
IIÏ. — Le quartier entre îe Corso Vittorio Emauuele, le Corso Umberto I et le Tibre.
Sommaire: *Ste-Marie sopra Minerva, V. ci-rtessous; *Panthéon, p. 61; S. Maria clell'Auinia, p. 65; S. Maria délia Pace, p. 65; la pi. JS'avone, p. 66; Palais Madama, p. 67; St-Louis-des-Frauvais, p. 68; Palais Borghèse, p. 69; Chambre des Député?, p. 6^.
De la- pi. de Venise, par la via del Plebiscito, au Palais Altieri, p. iO. De là, tourner à dr., dans la via del Gesîi, ensuite à g.: dans la via Piè di Marina: on arrive à la pi. de la Minerve, au milieu de laquelle se trouve un éléphant en marbre, œuvre bizarre du Bernin (1667), portant sur son dos un petit obélisque provenant du temple d'Isis qui était dans ces parages. Les hiéroglyphes de cet obélisque se rapportent au dernier des Pliaraons libres de l'Egypte, Uahabra, du VI^s. av. J.-G. (l'Hofra de la Bible), allié de Sédécias, roi de Juda, contre Nabuchodonosor.
Sur la place, qui est un des centres principaux des magasins d'objets de piété et de souvenirs de Rome (d'un côté le Ministère de l'Instruction Publique), l'église de *Sîe-Marie sopra Miuerva (PI. G. 14), ancieuîie église élevée sur l'emplacement d'un temple de Minerve, rebâtie en 1280 par fra' Sisto et fra' Ristoro, les deux architectes de S. Maria Novella de Florence, et restaurée en 1847. Elle fut pendant longtemps l'église des Florentins. Façade simple, attribuée à Meo del Caprina, à dr. de laquelle sont scellées de petites plaques de marbre indiquant le niveau auquel les eaux du Tibre arrivaient quelquefois, avant qu'on n'eût endigué le cours du fleuve, p. 20.
L'Intérieur contient des œuvres d'art de grande importance qu'il faut visiter aux heures où la lundère li ur e^t favorable. Il est à trois nefs, séparée-! par des piliers, de style gothique florentin, dont il est le seul exemple à Rome: les tombeaux baroques y abondent cependant. La voûte, les fenêtres à rosaces, la décoration appartiennent à la restauration du XIX« s.
60 R. 1: plan, p. 36. ROME Ste-Marie nopra Miuen-a.
Dans la nef du milieu, à dr. le tombeau du XV^ s. de DlotisaliH Nerone, proscrit florentin (m. l-i82) et un tombeauÇomé du beau buste par un Florentin inconnu) de Virginia Pucci Eidolfi (156S).
Xef DR. - Après la 1'^ chap., tombeau de l'archiviste Castalio, orné d'an très beau portrait. - 5^ chap. (architecture de Maratta): sur le luaîtreautel, VAnrwnciation elle Cardinal Jean de Torquemada présentant àla Vierge trois jeu lies filles pauvres (en souvenir de la Confrérie de l'Annunziata fondée en 1460, pour la dotation des jeimes filles pauvres), tableau sur fond d'or par Antoniazzo Eoniano. Le modeste tombeau du célèbre inquisiteur qui fut titulaire de l'église, est à peine visible à g. de l'autel. Paroi de g.: tombeau d'Urbain VIÎ. par Ambr. Buonvicino. - 6^ chap., voûte à fresque par Cherubino Alberti; sur l'autel. Cène, du Baroche; aux deux côtés, tombeaux des parents de Clément VIII (par Giac. Délia Porta, qui est aussi l'auteur de la statue placée dans la niche, au fond, à g.). - 7« cliap., à dr., tombeau du cardinal Diego De Coca (1477), peut-être d'Andréa Bregno, avec fresques de Melozzo da Forli; à g., tombeau du Vénitien Benedetto Sopranzi, évêque de Nicosie (m. 1495), d'Andréa Bregno.
Bras dr. Dr transept: *2.^ chap. au fond (chap. Carafa ou de St Thomas), avec une belle balustrade; deux petits amour^ de Verrocchio ?ur les côtés de l'arc et, à l'intérieur, les fresques célèbres de Filippino Lippi (1489): à l'autel, VAnyionciatxon, avpc St Thomas d'Aquin présentant à la Vierge le Cardinal Olivieri Carafa; h la paroi du fond, VAssamjytion; à celle de dr. dans le bas, St Thomas conjondaid les hérétiques (Arius et SabeUius sont les personnages du centre; les deux adolescents du groupe à dr. sont probablement les deux futiu-5 papes de la famille de Médicis, Léon X et Clément VII, ensevelis dans l'église même), dans la partie supérieure, scènes de la vie du Saint; (à g.. Mirage du Crucifix). Sur la paroi de g.. )non. de Paul IV (m. 1559), par Giac. et Ton». Cerignola, d'après le dessin de Pirro Ligorio. À la voûte, 4 Sibylles, par Eaffaellino del Garbo. -À g. de la chap., le *tombeau de l'cvêque Guglielmo Durante (m. VldQ),^^^ Je&u Cœm3.s; œuvre admirable, dont l'exécution exquise, pleine de gi'âce, n'est dépassée que par ceUe du tombeau de l'évêque Consalvo, p. IIS.
3« chap., la Vierge et des Saitits, par C Maratti. - 4« cliap., à la voûte, fresques de Marcel Venusti; à dr., tombeau du card. Domenico Capranica (1455).
Chœur. Au bas de l'escalier, à g., le célèbre *Christ portant sa croix, par Michel-Ange (1514-1521), œuvre commandée et payée 200 ducats, par ]\Ietello Vari et P. Castellani. La statue, d'une mâle beauté, révèle toute l'habileté de l'artiste; elle était nue à l'origine, la draperie en bronze a été ajoutée après. Sous le maître-autel, moderne, se trouve le corps de Ste Catherine de Sienne. Bans V abside, le? monumefits de Léon X (à g.) et de Clément VII, par Baccio Bandinelli, mais la statue de Léon X est de Giov. di Baccio Bigio, l'autre de Eaff. da Montelupo. Dans le pavé la pierre tombale du cardirM P. Bembo (1547). À g. du chœ^u, dans une sorte de passage sombre, servant de sortie, plusieurs grands monuments, l)armi lesquels: monument du card. Bonelli (école de C. Rainaldi); du card. Alessandrino (Giac. Délia Porta); (/?i mrrf. Dom. Pimentel (Aessm un Bemin); quatre tombeaux du XV« s. de la famille Ru-stici et la pierre tombale du Beato An'jelico, avec de jolis distiques du Pape Xicolas V.
Bras g. du transept. Chap. de St Dominique, avec le monumeyit baroque de Benoit XIII (m. 17:30). dessin de Marchionni. statue de P. Bracci. - X dr. de la chap., entrée d- la Sacristie, derrière laquelle est la chambre où mourut en 13S0 Ste Catherine de Sienne et qui fut transportée ici par le cardinal Barberini. Fresques d' Antoniazzo Roraano et de son école (1482).- 2« chap. à g. du chœur, tombeau de Giovanni Alberini (m. vers 1490), par ^m sculpteur toscan (Agostiuo di Duccio?), qui a utilisé un bas-relief grec du Y« s.: Hercule luttant avec le lion. Le transept est fermé vers la nef par le tombeau d'Ajidrea Bregno.
Xef g. - 5« chap.. tombeaux de la famille Lante, par Teneraui (XIX* s.). - IIP chap., sur l'autel, le Rédempteur, attribué au Pérugin ou au Pin-
le Panthéon. KUME A'. 1; tdaii, /'. 36. (il
turicchio; à dr., St Séba.dien, statue de Tino di Camaino et de Nie. Marini (XIV« s.); à, g., St J. -Baptiste, par Anibrogio Buonvicino; aux parois latérales, tombeaux de Bened. et Aoostino Maffei, attribués à L. Cap])oni. Près delà porte do lu ncî, tombeau de FrancescoTornabuoni (liSO), par Mine da Fiosole; au-dessus, monument du card. Tebuldi (1466), par Giovanni Dahnata.
Derrière l'église, dans la via S. Igruizio, 52, la Bibliothèque Casanatense.
Au X.-O.. en longeant hitéralenienL le Panthéon entouré de ruines, asile de nombreux chats entretenus par le peuple, on parvient à la pi. de la Rotonde pavée, comme le dit l'inscription murale, de bois des forêts de l'Argentine, donné par les Italiens de ce pays, pour qu'un silence religieux environne les tombeaux des rois d'Italie qui sont au Panthéon.
La masse imposante du temple avec son pronaos aux colonnes monolithes colossales, domine la place qu'environnent des maisons insignifiantes entre lesquelles s'ouvrent des rues secondaires. Au milieu, une très belle fontaine de 1575. surmontée d'un obélisque de Ramsès le Grand, jadis dans le temple d'Isis et tpi'a fait placer ici ("lémcnt XI.
Le 'PaiUliéoiî (Pi. (-. 11-15), qui devint ensuite l'église chrétieimc de S. Maria Rotonda ou ad Martyres, est un des monuments les' plus parfaits et les mieux conservés de l'antiquité romaine. Il fut construit, en travertin paraît-il, sous le 3'= consulat d'Agrippa (27 ap. .I.-C), gendre d'Auguste, en souvenir de la victoire d'Actium sur Antoine et Cléopàtre. Endommagé gravement en 80 ap. J.-G. par un incendie, il fut restauré par Domitien. Il est démontré actuellement que, malgré l'inscription dédicatoire du fronton du pronaos(A/. Agrippa L. F. Cos. tertium fecit, rétablie par Guido Baccelli en 1894) l'édifice actuel n'est plus le primitif, mais une reconstruction d'Adrien, en briques, qui n'a rien de commun avec l'ancien monument, dont le plan était plus petit. Le nouveau temple, dédié aux sept divinités planétaires, prit et garda le nom de Panthéon (c'est-à-dire lien très saint, plutôt que dédié à tous les dieux) et fut restauré par Septime-Sévère et Caracalla(202 ap. J.-C). Le pronaos est encore l'objet de savantes discussions, les uns le faisant remonter au temps d'Agrippa, les autres à celui de Septime-Sévère. Fermé et abandonné sous les premiers empereurs chrétiens, pillé par les barbares, le Panthéon fut dédié en G09 au culte chrétien ])ar Boniface IV et consacré à Stc Marie des Martyrs à cause des ossements des martyrs qu'on y transporta des catacombes (vingt-huit chars, d'après la tradition). En G63, l'empereur de Byzance, Constant II, dépouilla le temple de ce qui avait échappé aux Goths et, en particulier, des tuiles de bronze doré. Benoît 1I(G84) le restaura, Grégoire III (735) en recouvrit le toit de plomb;
62 R. 1; plan, p. 36. ROME le Panthéon.
en 1153 Anastase IV construisit un palais à côté. Pendant le séjour des papes à Avignon, le temple servit de forteresse dans les luttes entre les Colonna et les Orsini; mais en 1435 Eugène IV isola le monument qui demeura d'ailleurs l'objet d'un culte si jaloux de la part de la population, que le Sénateur romain entrant en charge jurait de conserver intacte au pontife « Maria Rotonda » avec les souvenirs et les trésors sacrés de l'Urbs. La Renaissance l'adm-ira etle vénéra. Pie IV fit réparer la porte de bronze (1563), Urbain VIII Barberini fit ajouter par le Bernin deux lourds clochers sur le devant, clochers que le peuple appela « les oreilles d'âne du Bernin », et ôter les derniers bronzes qu'on fondit pour en faire les colonnes du maître-autel de St-Pierre et des canons pour le Château St-Ange. Le nom de ce pape évoque à jamais le reproche de Pasquin: « Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini f>. Alexandre VII fit restaurer par Giuseppe Paglia (1662) le portique et baisser le niveau de la place pour que l'on pût jouir librement de la façade de l'édifice. Clément IX en 1668 entoura le portique d'une balustrade en fer, Benoit XIV fit restaurer par Paul Tosi (1757) l'intérieur et l'atrium. L'Italie a confié les dépouilles de ses rois au temple vénérable, qu'elle a délivré des dernières masures qui l'entouraient et des deux clochers du Bernin.
L'édifice est constitué d' une cella circulaire en briques ayant de puissants arcs-boutants, couverte par une calotte hémisphérique en béton (que Ton suppose construite sur un blocage provisoire en terre) et précédée d'un pronaos.
Le Pronaos, élevé d'une marclie (autrefois de cinq), au-dessus du niveau de la place, est large de 33 m. 50, profond de 13 m., a seize colonnes monolithes, corinthiennes, non cannelées, hautes de 12 m. 50 (circonférence 4.50) de granit rouge et gris; les chapiteaux superbes et les bases sont en marbre blanc; les trois colonnes à l'E., furent rétablies, l'une par Urbain VIII (1627), les deux autres par Alexandre VII (1662). On voit les armoiries des Papes dans les ornements des chapiteaux. La disposition des colonnes est la suivante: 8 sur le devant, les autres disposées sur quatre rangées formant trois nefs: celle du miheu conduit à la porte de bronze; les latérales aboutissent à deux grandes niches, dans lesquelles étaient jadis les statues colossales d'Auguste et d'Agrippa.
Par une porte de bronze, œuvre de Pie IV, on passe dans r*IxTÉRiEUR: quoiqu'il ne soit plus revêtu de marbres, que les niches soient vides des statues de bronze et les caissons de la voûte privés de leurs ornements en bronze doré, l'ensemble est d'une majesté, d'une grandeur et d'une harmonie incompa-
U Panthéon. BOME R. 1; plan, p. 36. f>3
râbles. Le diamètre de la roloiide et la hauteur de la coupole sont identiques: 43 m. 40. Le mur cylindrique a une épaisseur de 6 m. 20: sept niches ou chapelles y sont ménagées, alternativement rectangulaires (4) et demi-circulaires, chacune, sauf celle du milieu, entre deux colonnes corinthiennes cannelées (8 m. 90) en jaune antique ou en pavonazzetto. Dans les niches étaient les statues des sept divinités. Contre le mur, entre les chapelles, sont huit édicules aux frontons alternativement triangulaires et demi-circulaires soutenus par deux colonnes corinthiennes en jaune antique ou en porphyre ou en granit. Au-dessus des niches, l'entablement avec une très belle corniche à modillons et feuillages; ensuite un attique très haut, dont les niches en forme de fausses fenêtres s'alternent avec des panneaux qui étaient revêtus jusqu'en 1747 de marbres de couleur.
Au-dessus, la grande coupole à cinq rangées de caissons de plus en plus petits, aboutissant au grand œil, seule ouverture éclairant l'intérieur (diamètre 9 m.) entourée encore d'une élégante corniche de bronze. Le pavé, dallé de pavonazzetto, jaune antique, porphyre et d'autres marbres formant un dessin géométrique, a été réparé sous Pie IX.
.S» autel à dr., V* Annonciation, fresque de Melozzo da Forli. 2« chap. à dr.. Hombeau de Vict.-Emm. II, 1" roi d'Italie (m. le 9 janv. 1878) qui ayant hérité de la coiuroune de Sardaigne après la défaite de Novare, sut coaduire l'Italie au Capitole. Le tombeau, d'une grande austérité et sinxplicité a été dessiné par Manfredi. En face, le Hombeau du Roi Hunibert I", assassiné à Monza (29 juillet 1900); œuvre de Gius'PI'e Sacconi, composée d'une large bande d'albâtre au mur, ayant des deux côtés deux figures allégoriques et sur le devant un bel autel en porphyre avec les enseignes royales. Les vétérans des guerres de l' Indépendance italienne montent la garde devant ces deux tombeaux.
 dr. du tombeau d'Humbert I", le Hombeau de Raphaël, avec le célèbre distique de Bembo. Sur l'autel, la statue de la Vieroe, dont Raphaël confia l'e.\écation à Lorenzetto par disposition testamentaire. Le buste en bronze est de Dî Fabris. Au-dessus de la niche vide à dr., petite épitaphe de Marie Bibbiena, nièce du cardinal Dovizi da Bibbiena, fiancée de Raphaël et morte avant lui. Dans le Panthéon sont aussi ensevelis Giovanni da Ûdine, Perin del Vaga, Taddeo Zuccari, Annibal Carracho, Baldassare Peruzzi et d'autres artistes.
Le Panthéon était uni aux Thermes d'xif/iippa: on s'en rend très bien compte en examinant les ruines de la via (le la Palonibella au S.; plus loin, dans la via Arco délia Ciambella, on voit les restes d'une salle appartenant à ces thermes.
Derrière le Panthéon, par la via délia Pahmbclla et la piazza S. £'us/acdH'o on va au palais de la Sapienza (PI. C. 11-14), siège de l'Université de Rome, fondée par Boniface VIII en 1303. La construction actuelle fut commencée par Glacomo Délia Porta (1575), et achevée par Borromini; la cour en est la partie
64 n. 1: plan, p. 36. EOME le Palais Turci.
la plus intéressante. L'ex-église Sl-Ynes est incorporée à la Sapience: elle fut construite par Borromini en forme d'abeille (l'abeille figurant dans le blason d'Urbain VIII Barberini) avec une tour en hélice. En prenant à g. la via Guglielmo Oberdan puis à dr. la via de' Canestrari, on arrive au S. de la piazza Navona, p. on. qu'on traverse en longeant le côté X. du Palais Braschi, p. 5", au coin duquel se trouve la célèbre statue mutilée de marbre représentant Ménélas soutenant Patrocle, et dite de Pasquino. C'est de Pasquino qu'ont pris leur nom les célèbres pasqiiinades, satires dont l'habitude persiste encore aujourd'hui. De là, suivre dans la direction du X.-O. la via del Governo Vecchio, ancienne voie papale où abondent les restes de la première Renaissance: remarquer à dr. le Palais du Governo Vecchio, érigé par le card. Stefano Xardini, où résida ensuite le Gouverneur de Rome: superbe portail de la Renaissance. En face, le remarquable Pcdais Turci, que les Romains appellent le Palais de Bramante tout court, tellement la tradition qui l'attribue au grand architecte est enracinée dans le peuple. - La rue aboutit à la piazza delVOrologio, par où, au X., on rejoint la via del Panico, qui mène au pont St-Ange. À remarquer à dr. le Pcdais Gabrielli (PI. C. 12), aujourd'hui Taverna, du XVIIP s., avec une belle fontaine dans la cour, d'Andréa Casoni (1615).
Le palais s'élève siir le Motite Giordano, éminence qui doit son nom à Giordano Orsini (XIII^ s.) dont la légendaire forteresse était située ici. Le « Mont^ ^ était jadis célèbre: Dante le mentionne (Enfer, XVIIP chant, 28) dans la description du passage des pèlerins sur le pont St-Ange, à l'oocasion du jubilé de l'an 1300.
On suit la via del Panico. et l'on croise la via dei Coronari, rue recliligne suivant le tracé d'une rue ancienne, où (comme dans la via et la piazza Monlevecchia plus loin à dr.) on trouve beaucoup de maisons de la Renaissance. Presque au commencement de la rue, à dr., aux X^ 122-123, la maison qui appartint à Raphaël (PL C. 12). En faisant un détour à g., voici S. Salvcdore in Lauro, ancienne église plusieurs fois restaurée qui possède un beau cloître de la Renaissance et dont le réfectoire à côté renferme le *tombeaa d'Eugène IV (1447) par Isaia da Pisa. un des premiers monuments funéraires aux lignes caractéristiques de la Renaissance. - Après avoir repris la via dei Coronari, on tourne à g. en longeant le Palais Lancellotti, commencé par Francesco da Volterra, fini par C. Maderna. Le portail et balcon au-dessus, objets de fréquentes critiques, sont du Dominiquin. Dans une salle, qui n'est pas ouverte au public, il y a une belle réplique romaine du Discobole de ^lyron, la seule qui ait conservé la
s. Maria delVAnima. IlO:\rE /?. 7; plan, v- 36. 65
1 etc. On prciul la ria dclla Maschera (VOro, en face, conduisant à la piazzd FiammcUa (remarquer le beau Pdlais Sacripanle). Celle-ci, à g., par la via Zanardclli, communique avec le pont Umberto Z". On prend ensuite la via S. Apollinare qui mène à la place de même nom. Dans cette rue, à g. de la via Zanardclli, le Palais Altcmps (FI. C. 12), commencé par Peruzzi pour Girolamo Riario, achevé par Martino Longhi le Vieux; tielle cour ornée de statues anciennes (entre lesquelles '^Hercule au repos, du V*" s. av. J.-(^.) et jolie tourelle-belvédère. En face, St-Apollinaire, église de 780, rebâtie par Fuga (1750).
Au S.-O., on rejoint *S. Maria deirAnima (PI. C. 12), église nationale des Allemands et des Hollandais, du XVP s. Les portes sont attribuées à Bald. Peruzzi; le côté et les fenêtres à Bramante.
La Vierge au-dessus du portail principal, attribuée à And. Sansovino, reproduit une image de Marie entre deux âmes du purgatoire qu'on vénérait jadis dans cette église. De là le nom de l'église.
Intérieur à trois nefs. Voûte et parois peintes par L. Seitz (1875-82) auquel on doit aussi le dessin du vitrail au-dessus du portail du milieu, l'e chap. à dr., S. Benno, par C. Saraceni; 2« chap. à dr., Sainte Famille, jnir Gemignani; 4« chap. à dr., Pietà, de Nanni di Baccio Bigio, imitation du groupe de Michel-Ange, p. 176. Dans le sanctuaire siu- le maître-autel, Sainte Famille et Saints, par Jules Romain; à dr., le superbe monww-ïni funéraire d'Adrien VI, dernier pape non italien, plan de B. Peruzzi, sculptures de Michel. Sanese et de Tribolo; à g., tombeau du duc de Clèves (m. 1575), par Gilles de Rivière et Nie. d'Arras (dans le couloir de la sacristie, basrelief du même tombeau). - 4* chap. à g.. Descente de Croix, et fresciues de Fr. Salviati; 3« chap. à g., Histoire de Ste Barbe, fresques du Flamand Michel Cockier; !'« chap. à g.. Martyre de St Lambert, par C. Saraceni.
À dr., par le vicolo délia Face, on arrive à la très belle église de *S. .Maria délia Pace (PI. C. 12), érigée par Sixte IV et attribuée à l'architecte Baccio Pontelli, rebâtie en partie en 1611 et ensuite par Alexandre VII qui fit construire par Pietro da Gortona la façade avec le beau petit porche demicirculaire aux colonnes doriques.
Intérieur (si l'église est fermée s'adresser au sacristain, vicolo dell'Arco délia Pace, 5). L'édifice octogonal surmonté d'une coupole est précédé d'ime nef. Sur l'arcade de la I""' chap. dr., les célèbres *Sibylles de Raphaël (1514), exécutév s sur l'ordre d'Agostino Chigi, fondateur de la chap. Ce sont, en partant de g.: les Sibylles de Cumes, de Perse, de Phrygie et de Tibur, qui, pleines de majesté et de grâce à la fois, reçoivent des anges la révélation de l'avenir et en témoignent leur étonnement par des expressions variées et mesurées. Elles ont été restaurées par Palmaroli (1816). Au-dessus des Sibylles: 4 Prophètes (Daniel et David à g.; Jonas et Osée k dr.), dessinés par Raphaël, peints par Timoteo Viti. - La 2» chap., dont le plan est de Michel-Ange, a une décoration de marbre remarquable par Simone Mosca (XVI» s.): le marbre employé provient du temple de JupiK:!r au Capitole; 1" chap. à g.: au-dessus de l'autel, la * Vierge, Ste Brigitte, Ste Catherine et le donateur Ferd. Ponzetti, fresque superbe de Bald. Peruzzi qui a peint aussi les petites fresques de ia. voûte représentant des sujets tirés de l'Ancien Testament; des 2 côtés de la chap. les admirables tombeaux de la famille Ponzetti (1505 et 1509); 2« chap. à g., sur l'autel: la Vierge et des Saints, par M. Venusti, d'après le dessin de
66 R. 1; plan, p. 3t. HOME la pi. Navone-,
Michel- Ange. - On passe ensuite à I'Octogone. à dr., la Présentation au Temple, belle fresque de Bald. Peruzzi. Au-dessus du pjaître-autel, œuvre de C. Madema, se trouve l'image vénérée de la Madonna délia Pace qui, frappée d'un caillou, répandit du sang. C'est à la suite de ce miracle que Sixte IV fit vœu de construire cette église et c'est à cette chapelle que les nouveaux mariés se rendent la premièie fois à la messe, après le mariage. Dans la chap. du Crucifix, remarquer un très beau tabernacle, attribué à Pasquale da Caravâggio (1490).
Le *Cloître, auquel on accède en passant par la Sacristie, est une des plus belles œuvres de Bramante à Rome (1504). H est formé de deux rangées d'arcades superposées: les colonnes de la rangée supérieure s'appuient sur le centre de la voûte des arcades inférieures. À dr. le tombeau de l'évêque Bocciacci (1497), œuvre de l'atelier de L. Capponi.
En revenant en arrière, par le vicolo de' Lorenesi, on débouche sur la Piazza Xavona ou Circo Agonale (PI. C. 11, 1 2), occupant l'emplacement de l'ancien stade de Domitien dont elle a conservé la forme et peut-être le nom altéré (agone, n'agona, navona). C'est sur cette place qu'avaient lieu les fêtes historiques, les joutes, les jeux en plein air; du XVII« au XIX« s., tous le samedis du mois d'août, on l'inondait, au grand plaisir du peuple et même des nobles qui y venaient avec leurs équipages. C'est encore de la place Xavone, où a lieu la foire de la Befana (de l'Epiphanie), que partent, le soir du 5 janvier, de joyeuses compagnies de jeunes gens armés de trompettes et de clochettes en terre cuite, dont le vacarme envahit ensuite la ville.
La place est décorée de trois fontavies superbes. Au centre de celle du S., ornée de tritons et de masques, \m triton du Bernin est très populaire sous le nom de « moro di Piazza Navona --; pour le \nilgaire c'e-t l'une des statues les plus estimées de Rome. - La * Fontaine des Fleuves du temps d'Innocent X, au milieu de la place, est une des plus belles et des plus grandioses créations du Bernin. Au contre d'un bassin circulaire, se dresse un grand écueil percé, siu: ses quatre côtés, par des espèces de grottes. De rouvenure d'une de ces grottes s'avance un cheval marin; de l'autre un lion descend se désaltérer (les sculptm'es sont dues à Lazz. Morelli). Sur recueil, haut de 13 m. 50, un piédestal de 5 m. 10, porte un obéli^<jue de 16 m. de haut, imitation romaine de l'art égyptien, provenant du Cirque de Maxence et portant encore en hiéroglyphes les noms de Vespasien, Tit'is et Domitien. Aux auiies de recueil, 4 statues colossales de fleuves représentant les quatre parties du monde: le Z)ffm«6e (Europe), avec le blason du Pape Innocent X, par A. Lombardo; le Gange (Asie), tenant l'a\iron à la main, par CI. Adam; le Nil (Afrique), entouré de palm.ei-s et de lions, par Ant. Fancelli (un bon mot populaire, faisant allusion à la rivalité d'artistes existant entre le Bernin et Borromini, dit que cette statue se couvre les yeux pour ne pas voir la façade de Ste -Agnès lUi est de Borromini); le Rio de la Plata (Amérique), ayant im monstre à ses côtés, par F. Baratta, tous élèves du Bernin. - La fontaine au N. de la place est décorée d'un Neptune luttant avec une pieuvre, de Néréides et de chevaux marir^, par Léon délia Bitta et Zappalà (1878).
SuF le côté O. de la place, Ste-Agnès in Agone (PI. C. 12), très ancienne église érigée sur les ruines du Cirque Agonal, peut-être sur l'emplacement même où la martyre fut exposée nue: peine
le Palais Madama. ROME R. 1; plan, p. 36. 67
infamante, à laquelle ses cheveux la dérobèrent en la recouvrant miraculeusement de leur voile. L'église a été reconstruite par C. Rainaldi (1625-50). La belle façade baroque est de Borromini, le rival du Bernin (1645-50): la lanterne de la coupole et les deux clochers sont de Rainaldi.
Intérieur on forme do croix grecque, resplendissant de dorures; les voussures et la coupole imposante sont recouvertes d'une fresque aux innombrables personnages par Ciro Ferri et Corbellini; les médaillons sont de Baciccia. Au-dessus des sept autels il n'y a pas de tableaux, mais de grands bas-reliefs en marbre, selon la mode introduite au XVII* s., époque du triomphe du baroque. Au-dessus du maître-autel, mie Ste Famille, par Dom. Guidi; 2* chap. à g., St Sébastien, statue antique transformée par Paolo Campi. Au-dessus de l'entrée, le monument funéraire d'Innocent X, par G. B. Maini. Dans une chap. souterraine, le Miracle des cheveux de Ste Agnès, bas-relief d'Algardi.
À g. de l'église, le Palais Pamphili, actuellement Doria, par Rainaldi (1650); en face se trouve Notre-Dame-du-Sacré- Cœur, autrefois S. Giacomo degli Spagnoli, église rebâtie en 1450, restaurée en 1879. La façade est ornée de décorations anciennes; au-dessus du portail deux Anges: celui de dr., par jNIino da Fiésole; celui de g., par Paolo Romano. À l'intérieur, les panneaux du plafond sont d'Antonio Sangallo.
Par la corsia Agonale, on arrive au Palais Madama (PI. C. 15), actuellement siège du Sénat; c'était à l'origine une maison des Crescenzi (on en voit encore une tour dans la via degli Staderari), apportée en dot par Alphonsine Orsini aux Médicis au XV P s. Au XV IP, L. Cigoh et MaruceHi agrandirent et décorèrent la bâtisse. Le nom de « Madama » lui vient de Madame Marguerite (fille naturelle de Charles-Quint, mariée d'abord à Alexandre de Médicis puis à Octave Farnèse) qui l'habita. Benoît XIV acheta le palais en 1740: il fut la résidence du Gouverneur de Rome d'abord, puis le siège du Ministère des Finances (1852-1870); depuis 1871, le Sénat italien y tient ses séances. La façade baroque date du milieu du XVIP s.; c'est une œuvre lourde, mais intéressante, due à Ludovico Cardi dit le Cigoli et à Paolo Marucelli. L'entrée du palais est interdite au public. Beaucoup de pièces ont encore des décorations et des plafonds du temps des Médicis; on y rencontre des œuvres artistiques: entre autres, un médailler, des miniatures de tous les souverains de la maison de Savoie, etc. Une des salles est ornée des fresques très belles par Gesare Maccari {épisodes de l'histoire romaine; 1888): l'ameublement en acajou de la Salle des séances publiques s'harmonise bien avec l'austérité du lieu.
Par la via del Salvatore, à g. du palais, on parvient à la piazza S. Liiigi dont le coin S.-E. est occupé par le Palais Giustiniani, de G. Fontana et Borromini, et le côté O. par
G8 B. 1; i)lan, p. 36. ROME St-Louù-d ex- Français.
St-Louis-des-Français (PI. C. 15), église nationale de la France (1518-1589). La belle façade typique à deux ordres superposés d'égale largeur est de Giacomo Délia Porta.
Intérieur à trois nefs décoré par Ant. Dérizet (1750 en\iron). Chapelles très riches et très ornées: les meilleures heures pour bien les voir sont celles de l'après-midi. - 1" chap. à dr., St Jean-Baptiste, par G. B. Naldini. Contre le pilier d'en face, le monument des Français tombés au siège de Rome en 1S49; 2« chap. de dr., "^fresques du Dorainiqiiin: à dr., Ste Cécile distribuant des vêtements aux pauvres et Ste Cécile et son fiancé couronnés par les Anges; à g., le Martyre de la Sainte et Ste Cécile reiusarit de sacrifier aux idoles; à la voûte, Ste Cécile au Paradis. Au-dessus de l'autel: Ste Cécile, copie par G. Reni de l'original de Raphaël qui est à Bologne; 4* chap. de dr., tableau d'autel, le Serment de Clovis, par Giacoiuo del Conte; à dr., l'armée de Clovis, par Girol. Sicciolante; à g., le Baptême de Clons, par Pellegr. Tibaldi; 5« chap. de dr., tombeau du peintre Guérin, par Lemoyne (1836). Au maître-autel: l'Assomption, de F. Bassano. 5« chap. de g., *tableau d'autel et peintures latérales par le Caravage (Vie de St Mathieu); en face de la 1" chap. de g., monurn. Claude Lorrain, par Lemoyne.
Au N. de la place commence la via délia Scrofa. En suivant cette dernière, jusqu'à la hauteur de la via di S. Agoslino et en prenant ensuite celle-ci, on arrive à St-Augustin (PI. C. 15), église précédée d'un large perron, érigée par Giacomo da Pietrasanta (1479-83) pour le cardinal d'Estouteville. La façade, très sobre, est une des premières de la Renaissance.
Intérieur en croix latine à trois nefs, renouvelé par L. Vanvitelli (1750) et décoré de fresques remarquables par P. Gagliardi (1855). Immédiatement à dr. en entrant (par l'entrée principale) la *Madonna del Parto, par Jacopo Sarxsovino (1521), objet de la vénération populaire. Au troisième pilier de g., le prophète Isaïe, de Raphaël, peinture qui révèle l'influence exercée sur le peizitre par les fresques de la Sixtine; d'aiUeurs elle a été restaurée par Daniele da Volterra. - 2^ chap. de dr., copie d'Avanzino Xucci de la Madonna délia Bosa, de Raphaël, volée à Lorette, où eUe se trouvait, et disparue depuis. 4« chap. de dr., Jésus donnant le^s clefs à St Pierre, relief par G. B. Cotignola. - Bras dr. du transept: dans la chap. de St Augustin: tableau d'autel et tableaux latéraux par le Guerchin, tombeau grandiose en style baroque du cardinal Imperiali, par Paolo Posi. - Au-dessus du maître-autel du Bernin, une Vienje byzantine, apportée de Constantinople. Dans la chap. à g. du chœur, le tombeau et la statue de Ste Monique, par Isaïe de Pise. 4^ chap. de g., Ste Apollonie, par Girolan'o Muziano; 2« chap. de g., Ste Anne et la Vierge, groupe de Andréa Sanso\ino; !'« chap. à g., N.-D. de Lorette, par le Cara%age. - Dans le petit vestibule de la porte latérale g., 4 apôtres, d'Isaïe de Pise, statues appartenant au tombeau de Ste Monique et un Crucifix, par L. Capponi (XV« s.).
À dr. de l'église, se trouve la Bibliothèque Ançelica, qui date de 1604. Dans le cloître du Couvent (occupé actuellement par le Ministère de la Marine), dans la via S. Antonino dei Portoghesi, on remarque plusieurs tombeaux, parmi lesquels le monument funéraire du cardiruU Luca Piccolomini (1479), par L. Capponi.
La via délia Scrofa aboutit à la piazza Nicosia, sur laquelle se trouve le Palais Galitzin, construction moderne, dans le style de Bramante. À remarquer: à g., à l'extrémité de la via di Monte Brianzo, une ancienne maison moyenâgeuse dont le style est cependant assez mal défini: c'est le fameux Albergo dell'Orso,
le Palais Borghèse. ROME /?. /; plan, p. 36. 69
OÙ Dante aurait séjourné en 1300, ce qui d'ailleurs n'est pas prouvé. La via délia Scrofa continue en ligne droite sous le nom de via di Ripelia (souvenir de la berge et du port du fleuve, qui ont disparu) jusqu'à la pi. du Peuple, p. 78. De la via di Ripetta, en tournant à dr., on prend la via ciel Clementino qui a pour perspective de fond la Trinité des Monts et où surgit le Palais [Jorcjbèse (PI. 1, 15), le superbe et célèbre « cembalo » di Roma (clavecin de Rome), surnom dû à la forme de l'édifice. Commencé par Martino Longhi le Vieux (1590), il a été achevé par Flaminio Ponzio à qui l'on doit la belle terrasse du côté du Tibre.
La *C0UR, que l'on aperçoit de la porte cochère (le palais n'eet pas ouvert au public), est très pittoresque, les 96 colonnes accouplées des deux étages faisant ime fort belle perspective. Elle est ornée des statues antiques et colossales de Cérès, de l'impératrice Sabine et de l'impératrice Julie. À dr., *A)nazo)ie blessée, statue de l'époque hellénistique. Derrière la cour, dans un petit jardin, trois fontaines rococo par Carlo Rainaldi.
Par la via délia Lupa et celle dei Prefeiti on arrive à la Chambre des Députés ou Palais de Montecitorio (PI. C. 15), où siège la Chambre Italienne depuis 1871. Le palais qui a été considérablement agrandi, a reçu du côté N. une nouvelle façade par Ernesto Basile; elle donne accès à une suite de salons superbes que l'on vient d'ouvrir et à la nouvelle Salle des Séances, plutôt gaie que solennelle. Cette dernière a des boiseries de chêne, et est largement éclairée d'en haut par une rangée de fenêtres percées dans la corniche du couronnement. Au-dessous de la corniche, Aristide Sartorio a peint de magnifiques fresques représentant le développement de la civilisation italienne. Un bas-relief en bronze, glorifiant la maison de Savoie orne aussi la salle; c'est une œuvre superbe de D. Calandra, dont l'idée directrice est plus facile à saisir que celle des fresques de la frise.
En tournant, soit à g., soit à dr. du palais, on débouche sur la piazza di Montecitorio (PI. C. 15), sur laquelle donne l'ancienne façade du palais. Ce dernier fut commencé en 1650, pour la famille Ludovisi, par le Bernin. C'est lui qui en fit le plan général et conçut l'idée d'accroître la majesté de la façade en suivant une ligne convexe et légèrement polygonale, d'après la loi fondamentale du style baroque proscrivant la ligne droite. Au milieu de la place se dresse un obélisque (hauteur 21 m. 80). Jadis érigé par Psammétique I" i\ Héliopolis (665 av. J.-C), ce monolithe fut transporté à Rome par Auguste qui le plaça dans le Champ-de-Mars, où il servait comme aiguille d'un grand cadran solaire; retrouvé en 1748 au «largo» dell'Impresa, 11 fut placé où il se trouve actuellement en 1789. Les deux rues à l'E. débouchent sur la piazza Golonna, p. 75.
70 B. 1; plan, p. 36. EOME le Corso Umberto /"j
IV'. — Le Corso Umberto 1° et la place du Peuple.
Sommaire: le Corso, V. ci-dessous; Palais Doria et * Galerie Doria-Pamphili, p. 71; *Miisée Ethnographique et Préhistorique, p. 71; St- Ignace, p. 74; la *piazza Colonna, p. 75; S. Carlo al Corso, p. 77; Mausolée d'Auguste, p. 77; la *place du Peuple, p. 78; *Ste-Mariedu-Peuple, p. 78.
Le Corso Umberto 1°, qu'on appelle d'ordinaire simplement le Corso, est une rue toute droite, de 1500 m., de long, qui relie la pi. de Venise à la pi. du Peuple, où commence la via Flaminia actuelle qui en est le prolongement. Des trois rues qui aboutissent en éventail à la pi. du Peuple, c'est celle du milieu; les deux autres sont la via del Babuino et la via di Ripetta. La première moitié du Corso, de la place de Venise au croisement de la via Condotti, est une des artères les plus fréquentées de la ville, où l'on rencontre un grand nombre de magasins élégants; la seconde moitié est beaucoup moins animée et n'a rien de luxueux. À cause de son étroitesse relative, ce Corso n'est pas parcouru par des trams, mais seulement par des autobus.
H correspond à la r?a Lata (voie large) des anciens, ainsi appelée à cause de sa largeur inusitée à l'époque, et, comme elle était le chemin qui conduisait dans l'Italie Septentrionale, elle supplanta comme regina viarum la voie Appieune qui reliait Rome à Brindisi, quand l'Orient perdit de son importance. Sou nom lui vient des courses que l'on y faisait au moyen âge; pour jouir du spectacle de ces courses, Paul II fit constrvdre son Palais de St-Maro, aujourd'hiii Palais de Venise, p. 37. La rue devint ensuite le centre du joyeux carnaral de Rome. Cependant des palais princiers et des églises s'élevèrent le long de cette rue remarquable et au XVin« s. elle avait sa physionomie actuelle. Sa direction rectiligne, établie par Paul II, de la pi. de Venise h la pi. Colonna, fut parachevée par Alexandre VII. qui fit démolir deux arcs do triomphe qui s'y trouvaient. Dans la partie moins animée vers la pi. du Peuple, la chaussée aux pavés carrés est encore celle de 1736; les trottoirs sont de la première moitié du XIX« s. En 1900, le s Corso » de^int le Corso Umberto 1°.
Il s'étend au X. de la pi. de Venise; à l'angle g., le Palais Bonaparte, autrefois Palais Rinuccini et D'Aste, par Mattia De Rossi (du XVI P s.), où en 1836 mourut Lîetitia Ramolino, mère de Xapoléon I". Après la via del Piombo, à dr., le Palais Salviati, par C. Rainaldi (du XVIP s.): ensuite, le Palais Odescalchi, avec façade de 1887-1888, d'après un dessin du prince Don Baldassare, son propriétaire, inspiré du style florentin du XV^ s.
En face, le Palais Doria (Pl.C. 14-17), de 1435; il eut de .longues vicissitudes. La façade, vers le Corso, par Gabriele Valvassori (vers 1690), est peut-être le spécimen le plus magnifique et le plus équilibré de style baroque qui soit à Rome; la façade du S., p. 49, est de Paolo Amati; celle du N., sur la pi. du Collège
la Galerie Doria-Pamphili. ROME R. 1; plan, p. 36. 71
Romain, est de Pietro da Cortona. Au N" 1 de cette dernière, est l'entrée de la *GaIerie Doria-Pamphili. C'est une précieuse collection de tableaux, spécialement des XVI« et XVIIe s. Monter au 1" étage et sonner. C'est vers midi que l'on a le meilleur jour. Visite, p. 12.
F« Galekie: 70, Portrait de jeune homme, par le Guerchin; 71, 72, 76, 88, 92, Trois paysages, *Le moulin, Fuite en Egypte, par Claude Lorrain; 74, 78, 80, 82, 84, 86, Crèche, Assomption, Fuite en Egypte, Pietà, Epiphanie, Descente de croix, par Annibal Carrache. - Cabinet: 118, *Innocent X, par Vélasquez (de 1650). - 11^ Galerie: quelques sculptures antiques. - IIP Salle: 120, 128, 137, Massacre des Innocents, Jésus chasse les vendeurs du temple, Descente de croix, par Mazzolino; 125, la Vierge et des Sai7its, par Boccaccino; 140, Tentations de St Antoine, par Parentino.
- IV^ Salle: 144, Ste Famille et St François et St Bernardin, par Garofalo; 156, Ste Famille, par fra' Paolino da Pistôia; 158, Ste Famille, école de IMichel-Ange; 159, 163, Deux Madones, par Nicola Rondinelli; 161, Visitation, par Garofalo; 164, Jésus portant sa croix, par Andréa Solario; 165, Crèche, par Ortolauo; 170, Portrait, par Dosso Dossi; 171, Machiavel, école florentine. - V« Salle: 173, Dispute de changeurs, école de Quentin Massys; 175, 197, 200, 206, 209, Ste Famille, les 4 Éléments, par Breughel le Vieux; 189, Portrait, attribué à van Dyck; 192, Agathe de Schœnhoven, par Jan Scorel. - VI« Salle: 215, 218, Fête champêtre, Au cabaret, par Teniers le Jeune; 231, un Franciscain, attribué à Rubens; Natures m/)rtes, par Weenix. - III« Galerie: 277, Vénus, Mars et Amour, par Paris Bordone; 288, Ste Fatnille, par Sassoferrato; 290, St Jérôme, par Lotto; 291, Sacrifice d'Abraham, auteur inconnu; 295, la Vierge, par <i. Reni; 299, copie des Noces Aldobrandines, p. 188, par Nicolas Poussin; 307, utie Cuisinière, par Luca Giordano; 315, Portrait, par Pordenone.
- Salon Aldoiîrandini: Paysages et quelques sculptures antiques, parmi lesquelles: Diane; Bacchus barbu; Ulysse; un Centaure; un autel. - IV* Galerie: 373, Portraits, par Sofonisba Anguissola; 376, la Vierge, par Sassoferrato; 384, la Fuite en Egypte, par le Caravage; 386, 388, Portrait, *Salomé, par le Titien; 387, Triomphe de la Vertu, par le Corrège (?); 390, Portrait, par Jacques le Bassan; 403, *Navagero et Beazzano, savants vénitiens, par Raphaël; 406, St Sébastian, par Louis Carrache; 411, Didon, par Dosso Dossi.
Sur le côté N. de la place, le Collè(|e Romain (Collegio Romano; PI. G. 14), vaste édifice à la façade majestueuse mais sans beauté, bâti par Bartolomeo Ammannati en 1582, par ordre de Grégoire XIII, qui en confia la direction aux Jésuites. - Aujourd'hui il abrite diverses Institutions. Du côté de la place, entrée du Lycée et du Gymnase Visconti; du côté de la DÎa dcl Collegio Romano est l'entrée de l'Observatoire Astronomique (que le Père Augusto Secchi a rendu célèbre), de la Bibliothèque Victor-Emmanuel, très riche en œuvres modernes, et du *Musée Ellmofjraphiquc et Préhistorique; la Bibliothèque et le Musée sont au 3'' étage. Jours et heures de visite, p. 12. V. le plan de l'édifice, p. 73.
Au XVIP 3., le Père Atliauase Kircher (1601-1680) forma ime collection d'objets antiques et ethnographiques; celle-ci s'étant accrue au XVIIP s., constitua le Musée Kircher, qui étiit important surtout pour ses antiquités chrétiennes et ses bronzes. À côté de ce dernier, après 1870, se for-
72 R. 1; plan, p. 36. ROME le Mtisée Ethnographique
mèrent, giâce à la merveilleuse ténacité du Sénateur L. Pigorini, le Musée Préhistorique et le Musée Ethnographique, qui comptent parmi les principaux de l'Europe. Récemment, le Musée Kircher a été réimi à deux autres grands Musées de l'État: les matériaiix archaïciues furent placés au Musée de la Villa Giulia, p. 88, les matériaux classiques et les antiquités chrétiennes, au Musée National Romain, p. 106. Directeur: M. le Dr. Ugo AntonieUi.
Le Musée Ethnographique, l'un des plus riches du monde entier, s'est accru spécialement grâce aux apports des explorateurs italiens, aux dons du Roi et à des achats; dernièrement on y a joint une grande collection d'outils en pierre, don de feu le Prof. Enrico Giglioli de Florence. Il occupe les salles I à XXVI, à g. de l'entrée: les objets qui ysontrenfern^és proviennent du Siam, de la Birmanie, des Indes, des régions polaires, de la Syrie, de la Chine, du Japon,, de l'Ôcéanie et de l'Afrique (les collections de l'Océanie, de l'Abyssinie et du Choa sont remarquables).
Le Musée Préhistorique occupe l'aile dr. et il est organisé d'après im ordre chronologique, qui donne xme idée du développement de la civilisation, tout en tenant compte des distinctions topographiques. Les pièces les plus nombreuses concernent l'Italie préhistorique et l'on y rencontre des spécimens provenant de toutes les régions, de sorte iiu'on peut s'y faire une idée complète du développement de la ci^•ilisation dans la Péninsule et des influences commerciales et artistiques qu'y ont exercées l'Orient et les contrées de la mer Egée. Des écriteaux expUcatifs très détaillés rendent superflu un guide minutieux. La \'isite se fait dans l'ordre suivant: - SaUes XXII à XXIX, objets des périodes paléolithique et néolithique; - Salle XXX, ustensiles de la Sicile et d? la Sardaigne et la remarquable collection provenant des Mts LessLni, où s'est conservée et développée la très ancienne industrie de la pierre; - Salles XXXI à XXXIII, objets de« cités lacustres et des palafittes de l'âge du bronze en Vénétie, Lombardie et ÉmiUe ; - Salles XXXIV et XXXV, objets de l'âge du bronze provenant d'autres régions (à noter: les produits primitifs de la céramique peinte et ceux de la belle céramique de Sardaigne, qui dérive de c^Ile de la période néolithique; parmi les bronzes, les statuettes sardes de prêtres et de guerriers sont curieuses). - Salles XXXVI à XXXIX, ustensiles du 1" âge du fer dans l'Italie Septentrionale et Centrale, de la période dite de Villanova, ci-^ilisation qui s'est développée dans les cités lacustres. Remarquer la forme des ossuaires qui se rencontrent dans toute la région où plus tard surgirent les peuples de la période historique. Au milieu de la Salle XXXVI est im tombeau de Golasecca, repréeentant de la civilisation occidentale de l'Italie Septentrionale. Les objets provenant des nécropoles de l'Étnirie occidentale et méridionale (Vétulonie, Tarquinies, Vulci, Véies, etc.), sont particulièrement intéressants; on y distingue des tombeaux en forme de puits (X«-VIII« s. av. J.-C) avec ossuaire du genre de ceux de Villanova, fermé d'un couvercle plat ou en forme de maison (urne en forme de cabane) et des tombeaux en forme de fosses (VIIP-VIP s.), qui révèlent l'influence du commerce hellénique, remarquable surtout dans le^ poteries. Dans la Salle XXXVIII, se trouvent les objets découvert-; dans les nécropoles du Latium. - Salle XL: *tombeau Bernardini de Palestrina, découvert en 1S76; c'était ime tombe en forme de fosse, revêtue de tuf et couverte d'un tumulus. Le caractère des objets qu'on y a trouvés, de style orientalisant, correspond exactement à celui du tombeau Barberini au Musée de Villa Giulia, pag. S^, et à celui du tombeau de Caere au Vatican, p. 190, ce qui montre que la Cœre étrusque et la Préneste latine puisaient, dans cette période (VII*- VI« 8.), aux mêmes sources commerciales. Parmi les choses les plus importantes, il y a une fibule en or, avec une inscription latine, provenant d'ime autre tombe. Les objets les plus curieux sont les coupes dites phéniciennes, en argent repoussé, du style mixte égypto-assjTien; elles pro\ienuent, croiton, de Chypre: 1572, au milieu, Horus anéantissant les troupes de Seih, deux ceintures représentant l'ime des chevaux et de^ oiseaux et l'autre
et Préhistoriqiie.