XIII. — Le Ctr^lius et î'Aveatîsi
Sommaire; l'Autiiuarimn Communal, V. ci-dessous; St-Grégoire-le- Grand, p. 160: St-Jean-et-St-Paul, p. 160; la *Promenade Archéologi lue, p. 16;î; les *Thermes de Caracalla, p. 163; l'Arc de Drusu.s, p. 165; la *P:yTamide de Caïus Cestius, p. 166; *Ste-Sabine, p. 167.
Ce sont les deux collines les plus méridionales de la ville, llestées presque désertes après la dévastation normande, c4h^6 f^ont toutefois intéressantes à cause de leurs ruines et de leurs églises.
De l'Arc de Constantin, p. 132, pari vers l-j S. une rue recliligne et bordée d'arbres, la via di S. Grcgorio, autrefois via Trinmphalia, où se trouve, au milieu du Jardin Botanique, l'Antiquariiim Commimal (PI. III 19; visite, page il). On y a provisoirement placé les objets d'art découverts par les dernières fouilles dans le sol de la commune de Rome.
I" Salle: Stittuo archaïqir^ du co'nmeaoementdu V<' s., à liquclle on a ajouté uno têts de ïrajan; collection de matériaux de construction des Romains et spécimens de constructions et de décorations d'édifices, c'est-à-dire de l'art des maçons, stucateurs, peintres et marbrier.^; collection des marbres les plus précieux; conduites d'eau, bassins et systèmes hydrauliques ou autres usitéspourla construibion des maisons romaines. - IIP Salle: petites sculptures; statue delà Victoire, ^n palombino; fragments d'une frise, représentant une Gimiit-oimiehie (à côté, plâtres reproduisant d'autres fragments épars dans différents musées); fragments de crépi avec inscription en vers; denrées; étoffes, etc. - TV« Salle: restes d'un sépulcre du collèae des joueurs d^ flûte des derniers temps de la République; statuettes en t.erre cuite, etc., provenant de tombeaux romains archaïques; dans un coffre en verre, tête de mort avec une couronne dorée; tombeau d'un petit enfant cnseA'eli dans une amphore scellée li la chaux vive (précaution hygiénique, car les petits enfants pouvaient être ensevelis dans les lieiix habités). - V* Salle: autel des Lares AuguHi; décoration de fontaine (proue d'un navire avec éperon en forme de tête de sawilier, sculptée de main de maître); obj 't^ votifs du sanctuaire de Minerva Medica, dans la via Labicana. - YV Salle: têtes et bustes, parmi lesquels, kermès de Soplwcle; grande statue funéraire de femme; aux murs, décoration florale du temps de Trajan, qui ornait un parapet des Jardins de Salluste; fragments de figiures de fronton représentant une scène pastorale; groupes erotiques de satyres et de nymphes ou d'hermaphrodites, compositions hellénistiques; Melpomène. - vil« Salle: grande mosaïque provenant d'un édifice du temps de Néron: intéressantes scènes de chasse; EscuJape; Hygie; *statue colossale A'Athéna, la Pallas du Camp
160 B. 1; pUiii, p. 1. EOME Si-Oréyoire-le-Grand.
des Prétoriens, copie d'un original grec du IV* s.; fragment du torse d'Athéna, travail aux proportions grandioses; base ionique avec décorations très ânes; autre statue û.'Athéna, réplique de l'Athéna de Timothée, du lY^ s. Sur le pavement, petites urnes, cippes, vases cinéraires, sarcophages d'un cimetière situé sur la via Ostiense, près de St-Paul. - On retourne dans la n^ Salle et l'on passe dans le Salon, où sont les sculptures les plus estimables: statue colossale (l'Athéna, attribuée à Crésilas, du V« s., dont la réplique la plus connue, trouvée à Velletri, est aujourd'hui au Louvre; statuette d'un jeune ministre des mystères d'Isis; statue archaïsante de Priape; Mercure avec le bélier; Diadurnène de Polyclète et réplique de la tête, très fragmentaire; tête d'un autre athlète de Polyclète, travail très fin; statue de He-^tia, vêtue d'un péplum, d'une école du Péloponèse; *Discobol-e au repos, par Xaukydes neveu de Polyclète; *tête, portrait de stratège grec, de la fin du V s.; guerrier grec combattant; tête très expressive, œu\Te d'art de l'école de Pergame; statue d'une femme qui prie, en basalte, réplique, d'après Euphranor, du IV« s. - Dans le Jardin, quelques monuments funéraires reconstruits et fragments épars d'œu^Tes d'architecture et de sculptures: inscription scellées dans le miu".
En tournant à g., par la via di Ss. Giovanni e Paolo, aussitôt à dr., on se trouve à St-Grégoire-Ie-Graud (S. Gregorio Magno: PI. III 19). Cette église qui à l'origine était dédiée à St André, avait été érigée par St Grégoire le Grand, là où était sa maison paternelle. Elle a été rebâtie par Grégoire II (715- 731) et dédiée à son fondateur, puis restaurée au XVIIP s. Escalier, façade et portique, de Giovanni Battista Soria(1633).
Sons le PoRnQUE, divers tombeaux, parmi lesquels celui du chanoine Guidiccioni et !e beau m.onument des Frères Bonsi, par Luigi Capponi.
IXTÉRIEFR à trois nefs séparées par 16 colonnes antiques, refait de 1725 à 17:34. Pavement des Cosmas. Au fond de la uef latérale dr., autel de St Grégoire, avec devant d'autel orné d'un l>eau bas-relief de Luigi Capponi. La prédelle au-dessus de l'autel a des peintures du commencement du XVI siè:le (St Michel terrassant Lucifer; les Apôtres et St Antoine VAhhé, et St Sébastien). X dr. de l'autel, il y a une petite chambre du St Pontife, avec son trône épiscopal, la pierre qui lui servait de lit et un reliquaire. Dans la nef latérale g., Chap. Saîriati (s'adresser au sacristain), par Francesco da Volterra et Carlo Madema; dans cette chap., à dr., est une très ancienne Madone, qui, d'après la tradition, parlait à St Grégoire; à g., est un beau tabernacle, de l'école d'Andréa Bregno, de 1469.
En sonant de l'église, entrer à dr. sur une petite place (iin religieux accompagne les visiteurs; pourboire) où il y a des restes de mxns romains et trois Chapelles; celle de dr. est dédiée à Ste Sylvie, mère de St Grégoire: adnùrable *Concert d'Anges, par le Guide, et statue de la Sainte, par Cordier; la chap. du milieu est celle de St André: ^peintures célèbres du Dominiquin, à dr. {Martyre de St André) et du Guide, à g. {Le Saint conduit au supplice)', la paysanne, à g., reproduit le type connu de Béatrix Cenci); celle de g. est la chap. de St9 Barbe ou du Triclinium: statue de St Grégoire, par Cordier et, au milieu, la table de pierre siu laquelle le Saint servait de ses mains, chaque jour, 12 pauvres et où, une fois, s'assit un Ange, treizième commensal.
En continuant, on passe sous des arcs de décharge, après avoir observé la belle abside (rare exemple de style lombard à Rome) et \e flanc g. de l'église St-Jeaii-et-St-Paui(Ss. Giovanni e Paolo; PI. III 19), bâtie sur l'emplacement de la maison des
St-Jean-et-St-PauL ÎÎOME K. i; pian, p. i. l6l
deux saints, frères ou amis, dignitaires de la cour de Julien l'Apostat et martyrisés sur l'ordre ou avec le consentement de celui-ci, au IV« s. Le premier sanctuaire remonte à des contemporains des martyrs, au sénateur Bizante et à son fils Pammachius (398). Dévastée par Robert Guiscard, en 1084, l'église fut refaite sous Pascal II (1099-1118); de cette époque sont le beau campanile, élevé sur des blocs du temple de Claude (dont on voit d'autres restes dans la via Claudia), le portail et le portique ionique qui, à l'origine, était carré.
Intérieur à trois nefs, séparées par des piliers et des colonnes de granit, refait par le cardinal Paolucci, en 1718. Au milieu de la grande nef, une pierre indique l'endroit précis où, dans la maison qui est au-dessous, on prétend axie sont morts les saints éponymes. De la nef latérale dr., on descend pour visiter les Souterrains, découverts en 1887. (S'adresser au sacristain qui ouvre et accompagne les visiteurs, excepté les jours de fête; pourboire). Ces souterrains sont les restes de la maison des deux martyrs, rare spécimen de maison romaine à deux étages. Il s'agit d'une vingtaine de chambres, qui appartiennent à trois édifices: un palais romain, une maison chrétienne et un oratoire. Les fresques sont du II® ou du IIP et du IV* s. Dans le Triclinium, on remarquera des fresques païennes, dont l'une fort jolie représente des oiseaux, des paons, des petits génies qui soutiennent des guirlandes de fleurs. Dans les locaux chrétiens, on voit les peintures symboliques habituelles: le poisson, emblème du Christ; la colombe, l'âme qui aspire au ciel; le pot de lait, l'Eucharistie, avec deux brebis, les fidèles; les chèvres à l'arbre, le troupeau près de Jésus, arbre de vie. Dans l'oratoire, il y a les martyrs Jean et Paul avec des Anges et, près de l'antique sépulture, la tente, symbole du Paradis, devant laquelle prie quelqu'im, peut-être Mû. des martjTs et, à g., une femm^ qui porte des parfums au lieu saint; à dr., St Crfipin, Si Crépinien et Ste Benoîte (venus pour rechercher les restes des martyrs et qui fxurent eux aussi mis à mort) attendent, les yeux bandés, la décapitation, première figiu-ation connue d'un martyre. Dans le Tablinum, grande figure d'un personnage priant, comme les premiers chrétiens, debout, les bras en croix, les yeux au ciel. Dans la Cave, qui est bien conservée, il y a des amphores et d'autres vases avec des signes chrétiens; dans la partie la plus basse, est la salle de bain. Dans les fouilles, fut trouvé un riche matériel de ménage, dont tous les ustensiles portent des symboles chrétiens.
Dans le Couvent voisin des Pères de la Passion, il y a quelques arcs majestueux du Temple de Claude, érigé par Vespasien.
La via di Ss. Giovanni e Paolo, toujours en montant, passe sous l'Arc de DolabeUa et Silanus (10 av. J.-C.) à une arcade (sur lequel on a fait passer l'Aqueduc de Néron); après cet Arc, à dr., un beau portail (exécuté par les Cosmas vers 1218) d'un hôpital dépendant de l'église (détruite) de S. Tomaso in Formis, St-Thomas in Formis; au-dessus, est une mosaïque représentant Jésus entre deux esclaves chrétiens, l'un blanc et l'autre nègre. Ensuite également à dr,, est Ste-Marie in Domnica (S. Maria in Domnica ou délia Navicella; PI. III 22), église très ancienne, la première dlaconie de Rome (d'où son nom, corruption de dominicd), refaite par Pascal I" en 817, remise à neuf au commencement du XVP s. par le cardinal
1B2 7?. 1; vlan, p. 1. EOME le Cœllmt
Jean de Médicis (Léon X), restaurée en 1820. Façade avec un élégant portique. - Sur la place, près de l'angle de g. du portique, copie en marbre d'une nacelle, qui était probablement l'ex-voto d'un marin; cette copie fut exécutée sur ordre de Léon X,
Intérieur (si l'église est fermée, sonner à la porte à dr.) à trois nefs, séparées par 18 colonnes de granit gris. Dan? la nef du milieu, frise de Perin del Vaga, d'après un dessin de Jules E.on\ain. Dans l'abside, flanquée de 2 colonnes de porphyre, mosaïques du temps de Pascal I" (817-824): à l'arc triomphal, le Christ entre deux Anges et les. Apôtres, et, au-dessous, deux Saints; à la voûte de l'abside, Mane entre dss Atiges et le pape Pascal I^ qui lui baise le pied. Sur le pavement, restes de mosaïques des Cosmas.
À g. de l'église, est l'entrée principale de la *Vl]Ja Celimon-
tana ou Villa Maitei [P\. III 19-22) de 1582 (fermée en 1924), très belle à cause de ses plantes magnifiques; antiquités remarquables, parmi lesquelles est un obélisque, provenant probablement du sanctuaire d'Isis Capitoline et donné en 1582 par le Sénat à Ciriaco Mattei. De la terrasse de la villa on jouit d'une vue superbe et inattendue. Parcourir l'avenue St-Philippe-de-X"éri, qui finit à une espèce de berceau belvédère.
Vis-à-vis de S. Maria in Domnica, est St-Élienne-Ie-Rond (S. Stefano Rotondo; PL III 22), la plus grande église circulaire qui existe et une des plus anciennes de cette forme qui soient en Italie. Elle a été considérée comme un temple de Bacchus ou de Faune, un mausolée ou un nymphée,
La plupart croient que c'était le tholus ou édifice à coupole, centre du marché, Macellum magnum, de Néron, refait au IV* s. et transformé en église au V^; d'autres croient que c'est une construction d'origine chrétienne élevée vers 470, probablement sur des fondations romaines. À l'origine, elle était formée de trois anneaux concentriques, dont le plus grand diamètre était de 65 m., entrecoupés par 4 nefs en croix grecque. Nicolas V, en 1450, enleva le mur extérieur et trois branches de la croix et boucha les entre-colonnements de la première colonnade.
Intérieitr (entrer via S. Steiano Rotondo, passer par la première porte verte à dr., et sonner à g., à la 4* colonne) comprenant 56 colonnes de granit ou de marbre. À l'entrée à g., est le trône épiscopal de St Grégoire le Grand, puis, également à g., une Chap. (miique bras qui soit resté de la croix) avec absidiole, dans laquelle est une mosaïque du VII* s. Tout autour, aux miu"» de l'église, il y a des scènes horribles de martyres, par Poraarancio et Tempesta. Dans la chap. de St Etienne, \m tombeau du XVI* s.
On reprend la via S. Gregorio (à dr., sont les arcs de l'Aqueduc de Néron) et l'on gagae le piazzale di Porta Capena (PI. III 19) où aboutissent, à dr., la via dei Cerchi et le Viale Aventino; à g., La Vignola, le joli petit palais du XVI* s., qui
PR0P« BCLT.C.I. RIPROP.VIET.
le.i TliermfSi d-e Camcalla. ROME R. 1; plan, p. 1. 163
s'élevait près de. la via di S. Balbina et fut reconstruit avec les anciens matériaux en 1011. Presque en face, l'entrée de la "Promenade Arehéolof/iquc (PI. III 19-20) comprenant une grande partie de la XII'' région, transformée en parc, d'après un projet soutenu depuis 1887 par Guido Baccelli et approuvé par une loi du Parlement en 1910, pour fêter le cinquantenaire de r Unité italienne. La partie de la zone des monuments mise en état jusqu'ici comprend la région à dr. delà voie Appieniie, du pied de l'Aventin presque jusqu'au:-: murs d'Aurélien.
Par le large Yiale Guida Baccelli (à g., les ruines de la Porte Capène) on parvient à ce qui constitue le plus grand intérêt de la promenade, les *Tlicrïiies d'Anîonin (Terme Antoniniane) ou de Caracalia (PI. III 20). Commencés par Antonin Caracalla en 212, inaugurés en 217, achevés par ses successeurs Héliogabale et Alexandre-Sévère, restaurés par Aurélien, ces thermes restèrent affectés à leur destination jusqu'au VP s., époque où l'invasion dc\s uoths endommagea les aqueducs. Par leur luxe et leur magnificence ils surpassaient tous les autres thermes de Rome et encore aujourd'hui le caractère grandiose de leurs ruines en fait peut-être le plus attrayant d'entre tous les monuments d'ensemble de l'Urbs. Ils pouvaient contenir 1.600 baigneurs, outre des piscines communes. Ils comprenaient aussi des palestres, un stade, des bibliothèques, des pinacothèques et des salles de conversation. Au XV P s. on y trouva le torse du Belvédère, VHercule Farnèse, la Flore Farnèse; au XVI P s., on y découvrit une foule d'autres statues. Bien que ces Thermes assez bien conservés soient toujours demeurés visibles, les fouilles récentes ont agrandi la partie accessible au public, ce qui permet d' en mieux connaître et d'en mieux visiter l'intérieur. Jours et heures de visite, p. 12. V. le plan ci-contre.
Les Thermes consistent en un bâtiment central, entouré d'un jardin, clos d'un mur d'encointf», avec exèdres et salles de divertissements. L'établissement entier occupe un carré de 330 m. de côté; le palais central mesure 220 m. de long sur 114 de large. La disposition des locaux est analogue à^ celle des Thermes de Dioclétien. L'entrée est au N.-E.: on s'engage d'abord dans la salle rectangulaire du Friuidarium: .m cenirs la Piscine et SUT les côtés les Apodyteria; on passe ensuite dans le Tepidarium, h l'extrémité duquel, à dr. et à g., sont deux exèdres toiu-nées vers les cours des Palestres et, en face, par une autre pièce plus petite, on accède dans le Calidarium, salle ronde de 35 m. de diamètre. Siu-les côtés, nombreuses salles disposées symétriquement autoiu: des deux rectangles des Palestres. À noter: la structure en briques, l'audace et la nouveauté des formes architectoniques et les systèmes de chauffage. La grandiosité de l'ensemble produit ime impression profonde d'admiration; le contraste dos couleurs entre les miu^s embrasés par le soleil et l'azur du ciel est un des effets de coloris les plus admirables des ruines romaines. Quelle devait être la majesté, la beauté du monument, dans toute son intégrité, alors qu'il était
164 R. 1; plan, p. 1. ROME la voie Appîeime.
revêtu de marbres de couleur et de métaux, animé par des jets d'eau, peuplé de nombreuses statues, visité par une foule joyeuse! Aujourd'hui, de la décoration, on ne voit plus que quelques fragments architectoniques, qui révèlent le goût baroque du III^ s. ap. J.-C, surtout par l'introduction des figures au milieu de la luxuriante décoration des fleiuï, et dans les très beaux chapiteaux composites aux figiu-es de divinités. - L'enceinte est formée de portiques avec petites pièces (salles de bain et boutiques) s'ouvrant sur rintériem-: deux immenses absides se trouvent vers les angles S. et O. et, au milieu du côté S.-O., se trouve ime exèdre d'où l'on pouvait assister à divers spectacles. -À l'angle E., on peut descendre pour visiter quelques édifices ensevelis sous les Thermes et remis au jour par les fouilles récentes: entre autres, un Mithrœum ou sanctuaire souterrain de la secte des adorateurs du Soleil.
Vis-à-vis des Thermes est l'église St-\érée-et-St-Ac-hillôe (PI. III 20-23; le gardien est au X" 28), autrefois église de Fasciola, dont on faisait mention déjà en l'an 337, refaite par Léon III vers l'an 800 et par Sixte IV, et restaurée par le cardinal Baronius en 1597.
Intérieur à trois nefs. L'ambon, très ancien, et le candélabre pascal, proviennent de l'église St-Sylvestre i)i Capite (S. Sihestro in Capite). Les plutea (balustrades) et le maître-autel (au-dessous est ensevelie Ste Domitilla) sont des Cosmas, du XIIP s. À l'arc triomphal, mosaïque du temps de Léon III (795-816) représentant la Transfiguration (le Christ entre Moïse et Élie et trois Apôtres prosternés); à dr., la Vierge avec l'Enfatit Jésus et un Ange; à g., l'Annonciation. Dans l'abside, trône épiscopal sur lequel est gravé un fragment de la XXVIII* homélie de St Grégoire; 11 la prononça de ce trône, dans la première église dédiée aux deux saints qui était sur la \-ia Ardeatina.
Le Viale Baccelli atteint la voie Appienne qui se bifurque, formant à g. la via Latina. La voie Appienne, à dr., prend à cet endroit le nom de via di Porta S. Sebastiano.
La NÙa di Porta Latina conduit en 5 min. à la Porta Latina (PI. III 27), CUV. dans l'enceinte d'Aurélien, où il y a deux toiurs de Bélisaire. Avant d'arriver à la porte, à g., est St-Jean-devant-la-Porte-Latine (S. Giovanni a Porta Latina), église du V* s., refaite en 772 et plusieurs fois restaurée, avec 4 colonnes antiques au portique et 10 à l'intérieur, et un beau campanile du XIV« s.; à dr., est St-Jean in Oleo (S. Giovanni in Oleo), i^etite cliapelle octogonale, érigée, dit-on, à l'endroit où St Jean l'Évangéliste subit sain et sauf l'épreuve de l'huile bouillante, et refaite peut-être siu: les plans de Bramante.
En suivant la voie Appienne, on trouve à dr. St-Césaire (S. Cesareo; PI. III 23), église très ancienne, refaite à la fin du XV P s.
Intérieur (frapper à la porte à dr.): beau plafond de Clément VIII. Admirables travaux des Cosmas: devants des deux autels latéraux, ambon, candélabre, transennes, trône épiscopal, maître-autel (les deux anges placés au-dessoiis pro^^ennent probablement d'un tombeau du XV* s., de Paolo Romano). Dans l'abside, on admire une mosaïque, le Père Éternel, exécutée sur les dessins du chevalier d'Arpin.
Plus loin, à g., le Sépulcre des Seipions (PI. HT 24), découvert en 1780. Jours et heures de visite, p. 13.
la Forte St-SélMstien. ROME R. 1; plan, p. 1. 165
Ia famille Cornélia fut une dea plus grandes de Rome et peut-être aucune autre ne donna autant d'hommes illustres à la République. Ce tombeau qui date du IIP s. av. J.-C. appartint à ime branche de cette famille, les Scipions; le premier qui y fut enseveli fut L. Cornélius Scipio Barbatus, consul en 298 av. J.-C, aïeul de Scipion l'Africain. Le tombeau est à deux étages et creusé dans le tuf. Beaucoup d'objets ont été portés au Vatican, d'autres ont été dispersés. Les ossements des Cornelii furent transférés dans la Villa Querini près de Padoue.
Un peu à l'E., est le Columbarium de Pomponius Hylas (entrée 1 L.; fermé de juillet à septembre), lieu de sépulture à petites loges, semblables à des niches de colombier, destinées à contenir les lunes avec les cendres des défunts. C'étaient des sépultures en commun ou construites pour en vendre les niches. Celles-ci se transmettaient aussi par prêt ou par don. Siu" les petites loges étaient écrits les noms des personnes ensevelies, sur des encadrements de stuc ou des tablettes de marbre. Dans chaque niche, il y avait deux ollse (urnes) ou, plus rarement, ime, trois ou quatre. On descend par un escalier dans une chambre souterraine, intéressante pour les stucs et les peintures qui la décorent. Il y a trois autres columbaria, tout près, dans la Vigna Codini (a\i N" 13; sonner; pourboire). Le plus beau, appelé à fer à cheval, à cau.^e de sa forme, se compose de trois galeries voûtées; il est décoré de stucs et de peintures et contient un grand nombre d'iurnes cinéraires en marbre, d'une facture élégante. Le plus grand peut renfermer 600 lurnes. Le plus petit fut construit en l'an 10 ap. J.-C.
Un peu avant la Porte St-Sébastien, est l'arc de triomphe appelé Ar« de Driisus (PI. III 24), mais c'est probablement l'arc (le l'aqueduc d'Antonin sur la Voie Appienne. Des trois arcades primitives, il reste celle du milieu, avec colonnes de jaune antique d'ordre composite. - Nous voici arrivés à la Porte St- Sébastien, jadis Porte Appienne, la plus belle de l'enceinte d'Aurélien, refaite par Bélisaire. Au delà, la voie Appienne, !>. 220, continue; la visite, que l'on peut rattacher à cet itinéraire, ne doit être laissée de côté par personne.
On rebrousse chemin jusqu'au piazzale di Porta Capena et l'on prend vers le S.-O. le Viale Aventino.
Tourner à g. dans la première rue que l'on suit pom: arriver à Ste-Balbina, (PI. m 20), église du V* s., mais entièrement refaite; àl'intériem- (s'adresser à la porte de l'hospice voisin, à dr.), trône épiscopal des Cosmas et deux œuvres magnifiques: le tombeau du cardinal Stefatw Surdi, par Giovanni Cosmati et un bas-r;lief de Mino da Fiésole. En prenant la 2* rue à g., on va à St-Sabas (S. Saba; PI. III 17), église ancienne, dédiée à St Sabas abbé (439- 532), refaite en 1205, restaurée en 1465 et, scrupuleusement, en 1909. -À la façade, prothyron roman et loge supériem-e originale. À g., sarcophage roman (époux et Junon déesse du mariage). Beau portail des Cosmas, de 1205. Intérieur à trois nefs, séparées par des colonnes diverses provenant d'édifices païens. On a refait la.schola cantoruma,\ec les anciens ornements des Cosmas. Restes de peintures, sarcophages, etc. - Les travaux récents de restauration ont mis au jour l'oratoire souterrain de Ste Sylvie (m. en 604), mère de St Grégoire le Grand (s'adresser au sacristain): traces de peintures d'un certain Martino, moine, de la fin du VII* s., époque où l'église appartenait aux Basiliens. Il y a deux inscriptions énigmatiques d'un intérêt notable.
A une bifurcation du chemin, on voit un pan des murs de Servius TuUius, d'environ 30 m. de long et 10 de haut (l'arc est d'une époque plus récente). Suivre à g, la via di Porta
U6 R. 1; v^nn, p. 1. ROME le Testaccio,
S. Paolo, qui aboutit à la Porte St-Paui (PI. III 18), autrefois Porta Ostiense; la partie intérieure est du temps d'Aurélien et était à 2 arcades; la partie extérieure, refaite, date d'Honorius (402). Dehors, aux murs à dr. s'appuie la *Pyramide de Caïus Cestius (PI. III 15), préteur, tribun du peuple et membre du Collège des Septemviri epulones, ordonnateurs des banquets sacrés, mort en 43 av. J.-C. Construite en briques, avec revêtement de marbre, elle mesure 37 m. de haut et 30 de base; elle fut élevée en 330 jours.
En rentrant par la Porte St-PauI, prendre à g. la via délia Marmorata et tourner pour s'engager dans le premier chemin à g., jusqu'à l'entrée du Cimelière protestant (PI. III 15; ouv. depuis 7 h. jusqu'au coucher du soleil), très pittoresque avec son bosquet de cyprès touffus, d'un vert sombre: tombeaux d'Alex, de Humboldt (1769-1859), Jolm Keats (1796-1821), John Bell (1763-1820), John Gibson (1790-1866), Alex. Macdonald(1847) et l'urne renfermant les cendres de Shelley (1792-1822).
Au fond de la rue, le Mont Testaceio (PL I ïl 15), colline de 35 m. de haut, de 850 m. de périmètre, formée des têts d'amphores (testi) entassés là, comme en un lieu de décharge, et provenant d'un entrepôt (Emporium) voisin, port de l'anciemie Rome, qui se trouvait au delà de l'abattoir (Mattatoio). Du sommet, panorama. - Reprendre la via délia Marmorata; au N" 94, est la Gyp^oîhtMîue, fondée par M. le Prof. Emmanuel Lœwy et renfermant des reproductions des principales sculptures préhelléniques, helléniques, hellénistiques et romaines. Cette collection, très utile à l'étude de l'art ancien, est une des plus considérables qui existent. Directeur: M. le Prof. Lucio Mariani. En côtoyant la base de l'Aventin, on atteindrait le Tibre que l'on pourrait suivre jusqu'à la piazza Bocca delîa Yerità, p. 50.
Au contraire, en revenant un peu en arrière, on prend la via del Priorato, qui monte sur la colline et l'on trouve à g. le grand Couvent des Bénédictins (1892-1896), avec la belle église St- Anselme, qui en dépend, exécutée sur les plans du P. Hildebrand de Hemptine. Tournant ensuite à g., on arrive à la jolie place ornementée par G. B. Piranesi; au X" 40, on voit le Priem-é de Alaîte (PI. lil 13-14; ouv. le mercr. et le sam. après 9 h.). En appliquant l'œil au trou de la serrure du portail, on voit se dessiner, au fond de l'allée principale du jardin, la coupole de St-Pierre. Dans une salle du 2* étage, il y a les portraits des grands maîtres de l'Ordre, à partir de Gérard (1113). Du Jardin, décoré d'un fort beau palmier, on entre à .Ste-Aîariede-PAvenîin ou du Prieuré (S. Maria dell'Aventino ou del Priorato; PI. III 13), église bénédictine, jadis comprise parmi
l'Aventin. ROME R. 1; plan, p. 1. 167
les maisons d'Albéric, sénateur et prince de Rome au X« s.; elle appartint ensuite aux Templiers et à présent est à l'Ordre souverain de Malte.
L'Intérieur à une nef, remis à neuf par Giovanni Battista Piranesi, le graveur bien connu, en 1765, est un des spécimens les plus caractéristique de l'arcliitecture de son temps. À dr., tombeau du cardinal Spinelli: c'est \m vieux sarcopiiage ayant pour décor les Muses; statue de Piranesi; tombeau de Bartolomeo Carafa (m. en 1405), par Paolo Romano.
Plus loin est St-Alexis (S. Alessio; PI. III 13, ancienne église St-Boniface), près de laquelle, au X« s., les Grescentius érigèrent un couvent. Cette église appartint aux moines Basiliens, puis aux Bénédictins, puis aux Prémontrés. En 1217, Honorius III la consacra à St Alexis. Actuellement, c'est l'église de l'Hospice des aveugles, installé dans le Couvent.
Intérieur (si l'église est fermée, sormer à la porte à g.) à trois nefs, refait par Tomaso de Marchis en 1750. Dans l'abside sont deux colonnes incrustées de mosaïques, les seules qui soient restées des 19 exécutées pov Giovanni Cosmati. Dans la nef latérale g., escalier de bois, sous lequel, selon la tradition, vécut et mourut St Alexis. Après avoir pendant longtemps mendié, le Saint revint à la maison paternelle, et y demeura comme ser^^teur pendant 17 ans, jusiiu'à sa mort, sans se faire reconnaître.
Au delà, *.Stc-Sal)inc (S. Sabina; PI. lll 13), la perle de l'Aventin, église érigée par le cardinal Pietro d'IHîria (425- 432), probablement sur remj)lacement des maisons de la matrone Sabine, près d'un temple de .Junon Reine. Elle fut restaurée en 824 et en 121G, puis donnée par Honorius III à St Dominique, pour l'ordre qu'il venait de fonder. Gâtée par Domenico Fontana, elle a été savamment restaurée par A. Munoz en 1919.
L'église est précédée d'un petit portique du XV* s., qui, par une porte à g., conduit dans im vestibule où est la célèbre *porte en bois, de la 1'* moitié du V« s., aux 18 tableaux sculptés (l'ordre probablement a été changé à travers les siècles) représentant des scènes des deux Testaments (le Cruciliment est la 2* représentation que l'on a de ce fait, dans l'histoire de l'Art).
L'*Intérieur à trois nefs est l'unique exomple qui subsiste à Rome d'im.'î basiliciue du V* s., sœur de celle? de Ravenne. Des mosaïques qui devaient la décorer entièrement, une seule subsiste au-dessus de la porte; 7 hexaniètres en lettres d'or y soiit iîiscrits siu* fond azuré, avec le nom du fondateur (430); sur les côtés, les figures de l'Église née du judaïsme (ex eircumcisU) et de l'Église née des gentils (ex <jentibus). - Les nefs sont séparées par 24 magnifiques colonnes cannelées, corinthiennes, provenfmt 'l'ini temple païen (de Diane ou de Junon Reine). Les arcs sont ornés d'un'' magnifique décoration du V» s., de marbres polychronvs (opits sectile). Dans la nef du milieu, plafond à charpentes découvertes. Dans le pavcm^^nt, belle pierre tombale, en mosaïque, de Munoz de Zamora (m. en 1300), par Jacopo Torriti. On y a reconstruit, avec les anciens fragments, la schola cantorum et les ambons. - Dans la nef latérale dr., colonne antique, provenant d'une construction antérieure à l'église dn V* s.; dans la Chap. de St-H>/acinthe, fresques des Zuccari; au fond dci la nef, tombeau du cardinal Valentino Ausi da Montereale (1485), de récoî" d'Andréa Hregno. - À la voûte de l'abside, fresque des Zuccari, du XVI» s.; c'est la répétition
168 R. 1; plan, p. 1. EOME le Borgo.
de l'ancienne mosaïque avec l'adjonction de saints nouveaux. - Nef latérale g., Chap. Elci, de style baroque; à l'autel, *N.-D. du Rosaire avec St Dominique et Ste Catherine, chef-d'œu\Te de Sassoferrato. De là, on voit dans toute leiu: beauté les fenêtres (5 à la façade, 26 dans les nefs et 3 à la tribune) à transennes aux dessins variés. Dans le jardinet du Couvent, on montre im oranger, planté par St Dominique. Dans le Couvent, on conserve la chambre de St Dominique, transformée en chapelle. Dans le reste du Couvent, un beau Cloître de 1216-1225 (103 colonnes) a été transformé en lazaret.
Un peu plus loin, à g., le vicolo di S. Sabina descend vers la via délia Salara, d'où, à dr., on arrive à la pi. Bocca délia Yerità, p. 56.
Xl\'. — Le Borgo et St-Pierre.
Somjialre: le *Château St-Ange, p. 169; le *Palai3 de Justice, p. 170; le Borgo Xuovo, p. 171; le *Palais Giraud p. 171; la *pl. St-Pierre, p. 172; la *Basili que de St-Pierre, p. 173; les *Grottes Vaticane^, p. 179; r*asceusion de la coupole de St-Pierre, p. 180; le borgo S. Spirito, p. 180.
Le Borgo est le quartier situé au X. de la rive dr. du
Tibre, entre Monte Mario et le Janicule.
On l'appelait dans l'antiquité Ager Vaticanus: Caligula y construisit un cirque dans lequel Néron fit martjTÏser les Chrétiens (65); plus tard Adrien y éleva son mausolée. - L'église St-Pierre fut élevée pour consacrer le souvenir du martjTc du Prince des Apôtres qui avait eu lieu dans le cirque Néronien; tout-efois le paganisme persista obstinément dans cette localité et diua jusqu'à la tin du IV^ s., comme l'attestent les temples de Cybèle Phrygienne et de Mitlira. Autoiu de la première église St-Pierre se groupèrent chapelles, églises, couvents et se foruu un quartier habité par des corporations de pèlerins. Saxons, Francs, Lombards: on l'appela le Borgo (bourg), le désignant ainsi d'im nom germanique. Léon IV, de 848 à 852, entoura le borgo de murs hauts de 40 pieds et le fortifia avec des tom^ rondes contre les incursions des Sarrasins. Le quartier prit alors le nom de Cité Léonine. Des restes de ces murs d'enceinte existent encore à ro. de St-Pierre. La cité Léonine devint ensuite la citadelle de la Papauté. Le duc de Spolète y assiégea le pape Jean VIII; Arnulphe de Carintliie assaillit en 896 les fortifications et obligea Boniface VI à le coiu-onner empereur. Grégoire VII, persécuté par l'empereur Henri IV, se réfugia dans le Château St-Ange (mausolée d'Adrien, transformé en forteresse) et fut déliATé par Robert Guiscard (1084). Après le sacre de Barberousse à St-Pierre, les Romains att-aquèrent la Cité Léonine qui subit un autre assaut douze ans plus t^rd de la part de la population. Pendant la résidence du Saint-Siège à Avignon, le Borgo déchut et les ruines s'y amoncelèrent; mais loi-sque les papes, revenus à Rome, fixèrent leiu- demeure au Vatican, ime nouvelle période de prospérité commença poiu" toute la cité. Eugène IV et Sixte IV, au XV« s., et, au commencement du XVI«, Jules II et Léon X, s'occupèrent des embellissements du Bourg qui coïncidèrent avec ceux du Vatican: on agrandit l'ancien territoire en l'unissant au X. au Borgo Angelico, dont le nom resta à la pittoresque Porta Angelica, plus tard démolie.
Le Borgo demeura propriété pontificale, indépendante des autorités du Capitole, jusqu'à l'époque de Sixte-Quint. Ce pape l'imit à la %-ille en 1586. formant ainsi le XIV^ quartier (rione). Après le pillage de Rome de 1527, la bom-geoisie riche quitta le (luartier (^ui devint l'un
le Pont St-Ange. ROME R. 1; plan, p. 1. 169
des plus pauvres et des moins habités de Rome. La Cour papale, dont le rayonnement s'étendait sur toute la ville, manifesta au Vatican par des œuvres grandioses son activité religieuse, politique, artistique, tandis que le Borgo resta abandonné. En 1870 il fut réuni au royaume d'Italie, r« exterritorialité » concédée par la « loi des Garanties » étant limitée au Palais du Vatican avec l'église St-Pierre et les jardins. Depuis 1880, le nouveau quartier des Prati di Castello a surgi au delà de la Porta Angelica et du Château St-Ange, p. 171.
On accède au Borgo par le corso Vittorio Emanuele, en traversant le pont Victor-Emmanuel (PI. II 9), le plus beau des ponts modernes de Rome, achevé en 1911 et décoré de quatre groupes monumentaux et de quatre Victoires: en amont on jouit, surtout au coucher du soleil, d'une vue superbe sur les bords du Tibre. On peut également pénétrer dans le Borgo en passant plus haut, sur le Pont St-Ange (PI. II 9) en face du Château, le plus beau et le plus célèbre des ponts anciens, construit par P. yElius Adrien en 136 pour servir d'entrée monumentale à son mausolée, et appelé, d'après son nom, Pons yElius ou Adrianus.
Clément VII fit placer en 1530 à l'entrée du pont les statues de St Pierre (école de Lorenzetto) et de St Paul (école de Paolo Romano, 1464): en 1688 on compléta la décoration par les dix statues d'anges sculptées d'après les dessins du Bernin. Les trois arches du milieu du pont sont anciennes, les autres aux deux extrémités ont été restaurées et agrandies en 1892-94, lors de la construction du Lungotevere. Le Tibre, atteint souvent le sommet des arches en les cachant presque complètement: son débit est alors d'environ 4.000 mètres cubes par seconde (débit dans la période d'étiage: 90 m,^ par seconde). Pour endiguer les eaux du fleuve, même dans les périodes de crues exceptionnelles, on a construit, à partir de 1875, les Lungotevere, quais mesurant 10 k. de long, soutenus par de grands murs hauts de 13 m.
En face du vieux pont, se dresse le *Château St-Ange (PI. 1 i 9; Castel S. Angelo, Mausolco ou Mole di Adriano), énorme tour ronde bâtie par ordre d'Adrien comme mausolée pour lui et ses successeurs et transformé à travers les siècles.
Commencé en 135 par Adrien, le mausolée fut achevé en 139 par Antonin le Pieux. Il se composait d'une substruction carrée (84 m. de côté et 50 m. de haut.) supportant une tour cylindrique en péperin et en travertin de 64 m. de diamètre, revêtue de marbre; au-dessus de cette tour s'élevait un tumulus de terre planté de cyprès. Le monument était surmonté par un autel carré, portant un quadrige de bronze guidé par le Soleil, image d'Adrien gouvernant le monde. Plusieurs empereurs romains jusqu'à Caracalla (217 ap. J.-C.) y furent ensevelis. Transformé en forteresse dès le commencement du moyen âge, entouré d'ouvrages de fortification, il devint le château fort de Rome. Selon la légende, i)endant la peste de 590, le pape St Grégoire le Grand, qui passait le pont ^lius avec une procession pour obtenir la cessation du fléau, vit soudain apparaître au
170 R. 1; vlan, p. 1. EOMB le Château St-Ange.
faîte du château un ange remettant son épée au fourreau; cette visiou annonçât la tin de la peste, dont en effet Èome ne tarda pas â être déli\Tée; d'où le nom du monument. Presque entièrement détrmt par les Eomains eu 1378, le mausolée fut restaui-é et fortiûé à plusieurs reprises; par Boniface IX qui confia les travaux à Xicola d'Arezzo, par Xicola,s V, qui se servit des arch. Eossellino et L. Alberti, et par Alexandre VI. Ce dernier confia les travaux à Sangallo, qui construisit les donjons octogonaux aux angles. Jules II fit construire la loggia vers le fleuve; Léon X habita longtemps la forteresse et y donna des fêtes et de.s spectacle,?. Clément VII s'y réfugia et y subit le siège des Lansquenets (1527), pendant lequel B. Cèllini aiirait tué, d'après ce qu'il affirme, le Connétable de Boiubon. Pie IV fit construire par Laporeili les remparts extérieurs; Urbain VIII pour%'ut le château de fonderies de canons, de casernes, etc. Depuis 1901 le général 3Iariano Borgatti l'a restauré. Au sommet de l'édifice, statue de St Michel en bronze par Verschaffelt; celle-ci remplace depuis 1752 une statue en marbre de Ptafl'aello da ^iontelupo.
Intérieur. La ^-i5ite, p. 12, se fait par groupes sous la conduite d'un gardien (jui donne des explications. On entre directement dans l'enceinte carrée par les portes de bronze, situées en face du pont St-Ange. Un cheudn de ronde, dit cnnbulacre de Boniface IX, la sépare de la masse ronde du monument. En face des portes de bronze, on pénètre à Tint, de la masse ronde par im vestibule aboutissant, au centre du monument, aune salle, où se trouvait la statue d'Adrien. À dr. de cette salle commence une rampe douce (restes de la mosaï lue du pavé); au bout, l'ascenseiu- de Léon X et xm escalier bâti sous Alexandre VI. On le prend à g. et tout aussitôt on passe au-dessus de la chambre sépuicrale, où se trouvent les niches occupées autrefois par les urnes fiméraires de plusiems emperems. Un peu plus haut on passe à côté d'tme porte, à g., qui serait celle de la prison où fut enfermé Cagliostro et on aboutit à la première terrasse, di%-isée eu deux par im bâtiment, qui est l'ancien appartement pontifical. La partie O. de la terrar-se, où nous souunes, porte le nom de COUB DES BOULETS. Ou y voit, à g., des boulets en pierre (d'où son nom); à dr., dans plusieiurs salles, une reconstruction du mausolée d'Adrien, d'après Borgatti, la reproduction d'un laboratoire de chimie et d'mie pharmacie dans le goût du XVII* ^.; au fond, la chap. de St-Ange-d^ns-les-nue", dont la façide est de Michel- Ange. - La partie E. de la terrasse forme la COUR DE l'huile. On y remarque une fontaine du temps d'Alexandre VI. De là on peut \-isiter les ir.agasins qu'Alexandre VI fit creuser dans la masse ronde pour y cons-rver le blé et l'huile nécessaires aux habitants du château, ainsi que divers locaux qui ont servi de prisons. Parmi les détenus on cite Cellini et Béatrice Cenci. - L'Appartement pontiîica! a 2 étages: rez-DE- CHAUSSÉE: salles décorées et renfermant des collections d'estampes, d'armes, etc. I" étage: aux deux extrémités, une loge à trois baies; celle du S. (de Jules II) a été dessinée par Bramante; celle du X. a été bâtie sous Paul III. C'est de cette dernière que l'on pénètre habituellement dans les pièces. On entre d'abord dans la vaste bibîinthcqv.e de Paul III, décorée par Luzzi et Sermoneta. Â g. ime porte mène à la Salle des Archives et du Trésor. À l'angle g., im corridor décoré de grotesques conduit à la partie S. de l'étage, où il y a trois pièces décorées par Perin dcl Vaga et la Salle de bain de Clément TII, deccrée par Jules Eomain. - Terrasse supérieure: on y monte de la bibliothèque de Paul III par un escaUer étroit de l'époque romaine. De la terrasse on jouit d'ime fort belle vue sur Rome, en particulier sur le Vatican. Si l'on continuait l'ascension à Tint, de la tour centrale, on arriverait à la terrasse de i' Ange, surii^-outée de la statue de St Michel.
L'enceinte pentagonaie, qui renfermait le château proprement dit, a été démoUe en partie. On accède à ce qui en subsLste par le X" 95 du quai. Ou suit une première allée droit devant soi, puis on descend à dr. et on passe sous les arcades du corridor d'Alexandre VI, reliant le château au Vatican. On incline sur la dr. et l'on voit à g. une construction basse et allongée, bâtie par ordre d'Urbain VIII pour ser\ir de caserne. On y a
Is Lutigotevere Vaticano. ROME lî. 1; plan, p. 1. 171
installé le musée du génie militaire (ouv. le mardi et le jeudi, 10-13 h., 1 L. 50; le dim. 1 '-13, entrée gratuite): objets relatifs à l'ait militaire, plaus de fortification:?, gravures, instruments de t^légr.U'liift optique, collection de documents historiques, bibliothèque technique, etc.
En remontant le cours du Tibre sur la rive droite, on arrive au pont Umberto 1° et au *Palais de Justice (PI. I-Ii 12), œuvre majestueuse et solennelle de Gugl. Calderini (1889-1910). La nature du terrain, situé à proximité du fleuve et sillonné de sources souterraines, nécessita la construction d'une platée du béton ayant en quelques points l'épaisseur de 11 m. I.e palais, tout en travertin, a coûté une cinquantaine de millions. C'est un rectangle de 186 m. sur 120, très richement orné.
Au portail principal, le groupe de la Justice entre la Loi et la Force; à la façide et à l'intérieiu" de la cour imposante, dix statues colossales de jurisconsultes, par Ximenes, Maccagnani, Tripisciauo, Gallori, etc. Les fresques de la Grande Salle sont de Cesare Maccari.
Derrière le palais, se trouve la pi. Cavour (PI. I 12) mesurant envii'on 240 m. sur 130, embellie par un square au milieu duquel s'élève le mo7i. Cavour (sculpteur Galletti).
Au N. de cette place s'étend le quartier des Prati di Castello, formé en partie de maisons de rapport, en partie de villas et de petits hôtels (villini). Des trams le relient à St-Pierre à l'O., à la pi. du Peuple à l'E.
Dans ee quartier, nia Pompeo Magno, près de la pi. dei Quiriti, se trouve r *église somptueuse de S. Gioacchino {PL 1 S), par Raff. Iugaaii(1890), érigée pour le jubilé sacerdotal de Léon XIII. Ornée de belles colonnes en granit aux chapiteaux de bronze, décorée de mosaïques et de fres(£ues, cette église moderne n'est pas sans intérêt. Elle est à troiî nefs et surmontée d'une coupole en aluminium, peinte à l'intérieur en bleu de ciel et i)arse:iiée d'étoiles; les verrières et les peintures miuales représentent la flore et la faune eucharistiques, les symboles de la Pentecôte et les Vertus. Chaque nation a sa chapelle décorée de peintures se rapportant à l'histoire religieuse du pays même. la crypte est ornée de fresques de V. Monti.
En reprenant le Lungotevere en aval du pont St-Ange (Lungotevere Vaticano), on rencontre, entre ce dernier et le pont Victor-Emmanuel, la piazza Pia, d'où partent quatre rues. La façade de la maison entre la via Borgo Vecchio (à g.) et la via Borgo Nuovo (à dr.) est ornée d'une fontaine. Ces deux rues sont parcourues par le tram: on prend celle de Borgo Nuovo, percée par Alexandre VI (1499; jadis via Alessandrina). On rencontre d'abord, à dr., l'église S. Maria in Traspontina, de 1566-87, ensuite la place appelée de Scossacavalli (peut-être à cause d'un fragment de statue équestre, coxa cavalli) sur laquelle donnent trois palais. Au N. le *I*aîals Giraud, aujourd'hui Torîonia (PI. li 9), reproduction ravissante du Palais de la Chancellerie, qu'A. Montecavallo fit (1496-1504) pour le card. Adriano da Corneto. Au S. le Palais des Pcuitenzieri (PI. II 9), construit par Baccio Pontelli (ou Meo del Caprino ou Giac. da Pietrasanta) pour le card. Dom. Délia Rovere (1480), auj. aux Pénitenciers, confesseurs attitrés de St-Pierre. À l'O., le Palais des Convertendi, sur l'emplacement d'un palais que Bramante